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Hilton, le gars qui n’a rien compris et qui donne des leçons

Oh, quand on fera le bilan des morts, hélas, on se remémorera les noms de ceux qui auront rempli les cimetières.  Je vous en ai trouvé un, qui après avoir ravagé l’Angleterre, est devenu depuis celui qui parle à l’oreille du président qui ne comprend rien à rien.  Ou plutôt une seule chose : l’argent.  Trump, vous l’avez deviné, par son idiotie fondamentale, a déjà trouvé un argument pour que cesse au plus vite cette situation de crise (mais à sa façon) : elle lui fait perdre de l’argent personnellement, tout simplement, car ces propres hôtels sont depuis en veilleuse et ses golfs ferment les uns après le autres, jetant dehors leurs employés émigrés payés au lance-pierre et sans aucune sécurité de l’emploi. Pour Trump, cela est bien plus important que de s’attaquer à la lutte contre le virus, donc.  Il en est un, en effet, qui lui a soufflé ça dans l’oreille, ce que Donald Trump s’est empressé de reprendre depuis hier :  selon lui, il faut donc déjà arrêter aux USA le confinement (qui vient à peine de démarrer !), car il met à mal l’économie du pays qu’il se vante d’avoir redressée alors qu’il n’y est pour rien. Il s’en est auto persuadé en tout cas, comme tout ce qu’il fait  d’ailleurs. En gros, Trump préfère que les américains continuent à mourir, mais plutôt au travail que chez eux où ils ont moins de chances de le faire, ce qu’il se refuse à comprendre !!! L’irresponsable qui se cache derrière cette insanité totale porte un nom, et c’et un anglais : il s’appelle Steve Hilton.  Et ce gars c’est simple, c’est un danger public pour la planète !!!`

Hilton, fils d’un joueur de hockey hongrois ayant fait défection, est arrivé en politique comme un OVNI avec David Cameron dont il est vite devenu proche, au même moment où il avait rencontré sa femme Rachel Whetstone, qui est une des pontes de Uber.  C’est lui qui s’était occupé de la campagne de pub de Cameron lors de son élection de 1996, grâce à son employeur, l’agence Saatchi &Saatchi. Il est à l’origine de l’affiche de Blair avec un air de Rapetou (ici à gauche). Avec lui, on le comprend tout de suite : pas la peine d’argumenter ou de s’embêter à faire un programme, l’adversaire est un monstre, voilà tout. La politique fourguée comme du produit à vaisselle, c’était d’emblée sa marque de fabrique ! Réductrice, stigmatisante, clivante. Des adjectifs que l’on retrouve aujourd’hui de l’autre côté de l’Atlantique.  Mais là ça n’a pas marché. En 1997, le parti conservateur subira sa pire défaite : la faute certainement à cette affiche jugée trop agressive.

Trois ans plus tard ça s’inverse et Cameron, est alors élu premier ministre.  Sans trop de personnalité, toujours encravaté, il s’entiche de celui-ci qui, toujours en t-shirt, vient bosser en tenue de sport à vélo, ça le change  sans doute de ses costards cravate du 10 Downing Street. Et Hilton, qui se croit alors devenu le génie du lieu, ne cesse de bombarder  le premier ministre d’idées qui paraissent nouvelles « il veut « renouveler le genre » conservateur, mais avec des choses qui  ont le gout d’un vieux bout des années 30. L’isolationnisme, le refus de l’Europe, le limitation de l’immigration, voilà ce qu’il va donc prôner comme « idées nouvelles ». Pour paraître plus social, alors qu’il va conseiller de largement tailler dans le secteur, justement, il sortira en 2015 un ouvrage qui est un sommet d’hypocrisie puisqu’il s’intitule « More Human, Designing a World Where People Come First », dans lequel il débite des fables sur le bienfait des petites entreprises, en visant à contrario les grands trusts, à croire que le passé de son père dans un monde pro-soviétique, fait de grosses entreprises inefficaces l’a marqué. En fait c’est une chapelet d’idées, mais sans aucune justification économique : ça ne peut pas faire vivre un pays ! En somme c’est un peu le Richard Gotainer de la chanson française, qui n’aura fait toute sa vie, en définitive, que des slogans publicitaires, même en faisant des chansons !  En  2016, Cameron, réélu dans un fauteuil, l’écoute toujours autant : et bingo, il se lance dans une idée « nouvelle » signée Hilton qui l’a imaginée avant de partir vivre avec sa femme au USA, en 2012.  Cette idée sera surnommée plus tard le « Brexit ». Et on est toujours en train de patauger dans sa boue…

Depuis il raconte, des USA où il s’est donc expatrié (et réfugié chez Fox News), que « c’était une bonne idée mais qu’elle a été coulée par des bureaucrates ineptes »… encore un propos des années 30 pour ce publicitaire à la sauce Segala qui se targue de politique lui aussi. Evidemment, depuis aussi il s’est fâché avec Cameron qui avait appelé à rester européen… et depuis aussi il est devenu riche, mais il se vante ici de « comprendre les fustrations »…  Toujours aussi « empathique », il dira ce jour-là que « ce que Trump a dit à propos de saisir des femmes par la chatte «était dégoûtant, oui. Mais soyons honnêtes, ce n’est pas seulement Donald Trump qui traite les femmes avec irrespect et les sexualise. »….  Si tout le monde le fait, selon lui…alors des milliers d’Harvey Weinstein peuvent encore courir, ça ne le gêne donc pas !  Interrogé sur ses penchants politiques actuels il avouera sans rire que « c’est difficile de me cerner parce que je suis un peu de Bernie Sanders, un peu de Rand Paul, un peu de John Kasich.  » L’élu de son cœur été plutôt on le sent bien celui du milieu : Rand Paul, du Tea Party, le fils de l’ex candidat à la Maison Blanche (Ron Paul), un ramassis de libertariens, Paul affichant un pacifisme à la Lindbergh, dont on sait aussi ce qu’il dissimule…

Sous Cameron, son premier travail avait été d’achever l’œuvre de destruction de Margaret Tatcher en réduisant par exemple de 25 milliards de livres la sécurité sociale anglaise. Venant alors de saluer l’avènement aux USA « d’Occupy Wall Street » et du  « Tea Party« , il avait entonné le couplet comme quoi selon lui la « démocratie est en crise: elle ne semble plus servir le peuple, mais plutôt des intérêts acquis » ou que « plus vous avez d’argent, «plus le gouvernement prête attention à vos préoccupations» ou bien que « nos démocraties sont de plus en plus capturées par une classe dirigeante qui cherche à perpétuer ses privilèges.»… bref une volée de boulets rouges sur des responsables imaginaires, le fameux « deep state » cher à Trump, et une remise en cause de la démocratie, aux forts accents… nazifiants. Hitler a commencé pareil en effet, il faudrait le rappeler. C’est une pseudo critique d’esprit libertarien, qui a pu plaire à deux mouvements que tout opposait au départ : « ce sont des critiques de notre système auxquelles souscrivent à la fois la droite libertaire et la gauche radicale – le capitalisme de copinage, le «socialisme pour les riches», comme vous voulez l’appeler, même si les solutions divergent radicalement. Tous deux se sont opposés aux plans de sauvetage des banques, mais si la droite libertaire avait laissé les banques faire faillite, la gauche radicale les aurait nationalisées sous contrôle démocratique. Si les ailiers de droite contribuent à élargir la diffusion de ce diagnostic, en laissant à la gauche la latitude de répondre avec nos propres solutions, tant pis » note ici  qui avait bien saisi le danger des propos d’Hilton. En France, cette association tortueuse d’esprit donnera les fameux « rouges-bruns » qui associeront Dieudonné, Soral, ou même les nazillons de Serge Ayoub, qui portaient des affiches totalement opposées dans leurs manifs, Chavez aux côtés d’Assad, avec en cerise sur le gâteau parmi ces joyeux drilles Michel Onfray, philosophe de pacotille, venu nous parler de Proudhon « entre Karl Marx et Adam Smith » !!

Chez Hilton, Trump, qu’il affirmait donc ne pas soutenir, avait donc nécessairement raison en tout cas; « depuis le début de sa candidature à la présidence, Trump a attaqué l’impact dévastateur des dons louches dans le monde réel. Pourquoi les prix des médicaments sont-ils si élevés et coûtent-ils des milliards de dollars aux contribuables américains? Parce que, comme le souligne Trump, les sociétés pharmaceutiques «prennent soin» des politiciens qui fixent les règles. Pourquoi y a-t-il tant de gaspillage dans les achats de défense, avec des milliards dépensés en équipement que les chefs militaires ne veulent pas et ne peuvent pas utiliser? Parce que les énormes sous-traitants de la défense, selon les termes éloquents de Trump, sont des «sangsues» sur le gouvernement – avec les compagnies pétrolières, les compagnies d’assurance maladie et d’autres intérêts financés avec une voie intérieure ». Là encore, c’est simple à dénoncer : il suffit pour ça de voir le virage à 180° effectué par Trump à propos du F-35 : durant toute sa campagne électorale, il l’a dénigré en en faisant le pire avion existant à ses yeux. Quatre ans plus tard, il ne tarissait pas d’éloges sur lui : il le voyait même depuis REELLEMENT invisible ! Dans son langage d’enfant de six ans, ça donnait ça :  « Nous envisageons fortement de déployer certains de nos puissants F-35 sur la base de la Garde nationale aérienne de Selfridge. Et vous savez ce que cela signifie, non? Tu sais ce que ça veut dire. C’est un gros problème. « Donc, Selfridge, tu vas voir beaucoup d’avions très rapides. En fait, ils sont totalement furtifs, alors peut-être que tu ne les verras pas entrer. D’accord ? Tu ne les verras pas entrer, mais ils entreront.  » Difficile de trouver plus… débile. Pas un mot bien sûr, sur les gains personnels réalisés dans les hôtels  et les golfs de Trump quand des militaires y étaient hébergés... Ça Hilton, l’ignore, sans doute…  Ici , la longue liste des critiques de Trump avant de la trouver géniale la brique volante….

 

Un Hilton, ce n’est rien d’autre en effet qu’un Zemmour qui serait devenu économiste. Dans tous ses propos il y a sous-jacent un vieux fond d’extrême droite pas trop digérée. L’un de ses thèmes (« motos ») favoris par exemple, c’est de s’attaquer au  « deep state » ou aux « banksters« , l’expression favorite des gilets jaunes. Suivez bien ici la rhétorique toute tortueuse qu’il va développer pour arriver à sa conclusion prévue d’avance  : « jusqu’à Trump, aucun politicien américain traditionnel n’avait parlé en faveur des travailleurs en ces termes. Personne n’avait contesté l’agenda technocratique des banquiers, des bureaucrates et des comptables (en fait c’est ce que fait Bernie Sanders depuis toujours ! Encore une fois ce qu’énonce Hilton est faux, voir ici à droite un titre de presse sur Sanders !). « C’est pourquoi tant de gens soutiennent Trump et pourquoi il est politiquement important. Bien sûr, je comprends que la rhétorique de Trump provoque parfois une véritable offense. Mais ce n’est pas un fanatique, un raciste ou un fou (ndlr : permettez-moi d’en douter) : c’est juste un amateur politique qui dit la première chose qui lui vient à l’esprit. Après des années de politiciens habiles et calculateurs, l’authenticité brute et prête de Trump a un réel attrait. Cela ne veut pas dire que je pense qu’il ferait un bon président, ou que je le soutiens – je n’en suis pas » (ça c’est ce qu’il affirmait AVANT 2017)… « Mais il a braqué les projecteurs sur certains des plus grands défauts de la démocratie américaine, et son rôle dans la réalisation de changements indispensables pourrait être plus important que celui de ses critiques condescendants et de plus en plus hystériques. Cela comprend la question la plus pernicieuse: l’argent en politique. La Grande-Bretagne n’a aucune raison de se plaindre de la corruption, que ce soit la porte tournante entre Westminster et Whitehall et les salles de conférence des grandes entreprises et de leurs cabinets de conseil ténébreux; ou la façon dont l’argent des syndicats à gauche ou le secteur financier à droite dominent la collecte de fonds des partis. Mais ce qui se passe en Amérique fait ressembler la corruption britannique à un pique-nique. Aux États-Unis, les particuliers et les sociétés riches achètent littéralement les résultats politiques qu’ils souhaitent. Une analyse récente a montré que dans une nouvelle loi destinée à réglementer les banques, 70 lignes sur 85 étaient en réalité écrites par le géant bancaire Citigroup« . Le choix par Hilton du nom de CityGroup n’est pas non plus un hasard : c’est un vieux relent antisémite, celui qu’affectionnent tant les réseaux sociaux pour s’en prendre aux « quatre cavaliers du système bancaire américain (Bank of America, JP Morgan Chase, Citigroupand Wells Fargo) qui possèdent les quatre cavaliers du pétrole (Exxon Mobil, Royal Dutch/Shell, BP Amoco et Chevron Texaco)« … On notera l’appellation, évoquant bien sûr l’Apocalypse !!! Hilton, enfonçant le clou un peu plus loin « C’est une personnalité politique beaucoup plus sérieuse, intéressante et historiquement importante que ne le permettent ses détracteurs. Trump remet en question non seulement certains des principes fondamentaux des idées républicaines, mais aussi ceux des démocrates. La vérité est que nous vivons dans un monde dirigé par des banquiers, des bureaucrates et des comptables. Pendant des décennies, ils ont fait avancer un programme technocratique mis en œuvre par des politiciens de gauche et de droite. » Hilton vantant les mérites d’un Trump qui devait s’en prendre aux banquiers selon lui (et son programme électoral resté bien flou), mais avec toujours des arguments fallacieux  » Les États-Unis aujourd’hui ne sont pas dans un sens significatif du mot une démocratie: c’est une donocratie. »

Hilton oubliant que la première chose mise en avant durant sa campagne électorale, passée ou en cours, étant… la somme d’argent qu’il accumule au fil des jours, apportée par ses supporters les moins fortunés… Le plus grand « donocrate » étant lui-même, celui qui ne reçoit pas le plus en ce moment, mais qui en dépense le moins !!!

Trump étant celui qui reçoit le plus… des PACs, à savoir des comités électoraux républicains où siègent des gens fortunés comme ceux qui récemment ont spéculé sur le coronavirus pour faire fructifier leurs actions (voir ici), mais aussi et surtout sur des dons de sommes de petite taille d’origine obscure : « Dans l’ensemble, 46,7 millions de dollars ont été versés à près de 20 organisations de promotion de Trump, structurées en tant que PAC ou organisations à but non lucratif politiques et portant des noms tels que « Latinos for the President » et « MAGA Coalition », entre janvier 2017 et fin juin 2019, selon les données les plus récentes disponibles. L’écrasante majorité de l’argent provient de donateurs qui donnent 200 $ ou moins » note ici Politico qui parle de « dark money groups » et de « off-brand Facebook advertisers » !!! Trump trompant les gens en 2016 en affirmant par Tweet qu’il avait financé sa propre campagne avec son propre argent, tout en accusant ses rivaux d’être « payés par leurs patrons »  (ici à droite) !

L’un de ses arguments volant bas, à notre nouveau « conseiller coronavirus » c’est aussi que les politiciens n’ont jamais travaillé (Pénélope Fillon n’était pas élue…) et ne comprennent pas le travail, et là aussi c’est historiquement une vielle rengaine de l’entre deux guerres : »Dimanche, à Washington, le Sénat n’a pas fait avancer le dernier programme de secours contre les coronavirus, de sorte que les négociations se poursuivront sur ce qui semble être un plan de relance de 2 milliards de dollars. Parlons de ce plan. Et comme nous le faisons, rappelons-nous de quoi il s’agit – des hommes et des femmes à travers l’Amérique qui ont tout risqué, ont travaillé toutes les heures pour réaliser leurs rêves et créer une entreprise. Les entreprises locales qui ne sont pas seulement des unités économiques, mais le moteur d’une communauté. La plupart des membres du Congrès – la plupart des têtes parlantes à la télévision – n’ont jamais démarré d’entreprise et ne comprennent pas les affaires. J’ai, et je fais. Donc, ce que je vais dire ne vient pas seulement de mon point de vue en tant que personne qui a dirigé la politique au sein d’un grand gouvernement, mais quelqu’un qui a dirigé une petite entreprise – un certain nombre d’entre eux, dont un, un restaurant qui était au cœur de sa communauté ». A droite, c’est un badge affiché en France par la Ligue, porté par les sympathisants des ligues lors de la crise du 6 février 1934. C’est encore une fois un argument type de gilet jaune et c’est très proche des litanies anti politciennes qui ont précédé la seconde guerre mondiale. « Tous des pourris » ces politiciens, criait-on alors ! Surtout les juifs, ajouteront des gens « bien » intentionnés qui, quel hasard, portaient déjà au bras des croix gammées !

Parler de son argent en l’amalgamant au pays et surtout en affirmant avec aplomb des choses fausses, c’est donc son credo : « le président Trump comprend cela aussi. Il a compris les affaires. Il aime les entrepreneurs. Il aime les petites entreprises et les agriculteurs américains et tous les travailleurs qui comptent sur eux pour vivre et subvenir aux besoins de leur famille. Donc, cette courbe économique que nous sommes sur le point de plonger, ce n’est pas seulement une question d’argent. Il s’agit du cœur et de l’âme de ce pays« . A part que la politique agricole que mène Trump est en train de ruiner les agriculteurs ! La raison étant les mauvais accords signés avec la Chine ! Car au lieu de rapporter de l’argent à l’Etat, elle lui en fait dépenser en subventionnant le marché :  « L’administration Trump a d’ailleurs dû débloquer 28 milliards de dollars d’aide fédérale pour atténuer les pertes des fermiers touchés par les nouvelles barrières douanières ». 

Aux States, il a fondé une entreprise appelée Crowdpac qui n’est pas totalement anodine. C’est l’adaptation du crowdfunding à la vie politique… fort contesté.  Il a été obligé de fermer (a été racheté depuis et a été relancé). Un de ses dangers évidents était que son site Web utilisait un algorithme élaboré par des chercheurs de l’Université de Stanford pour suivre les sources de financement des candidats politiques afin de prédire quels seraient leurs choix idéologiques !!! Il travaille aussi chez Fox où il a une émission du titre du nom de son second bouquin,  “The Next Revolution With Steve Hilton » rien que cela. Une interview du NYT du 12 août 2017 est assez savoureuse, c’est pourquoi je vous en laisse un long extrait.  Elle nous montre à la fois son désir d’apparaître et son populisme viscéral qui lui fit plus choisir Trump que Cameron désormais : « un récent dimanche à Los Angeles, M. Hilton est arrivé pour le petit déjeuner un peu tard, vêtu d’un T-shirt gris, d’un short vert fluo et de tongs. Il est petit mais musclé, rasé de près et aux yeux bleu vif. Sur ses poignets, des bracelets de festival usés de Glastonbury et Coachella. Il avait choisi l’un des endroits les plus branchés de la ville, Rose Cafe (avec un menu composé de tartine d’avocat et de limonade à l’huile de mandarine et d’eau filtrée), pour parler populisme. M. Hilton a commandé du shakshuka, du houmous de betterave et du thé avec du lait. « Que se passe-t-il pour la moitié du pays? Qui est perdu? Les victimes de l’agenda élitiste; les défendre, être une voix pour eux », a déclaré M. Hilton. « C’est l’idée derrière le populisme positif, c’est ce qui motive le contenu. » La mission de M. Hilton avec son programme Fox News, a-t-il dit, est de créer une coalition de la classe ouvrière unissant les partisans de M. Trump et Bernie Sanders avec la rage qui a alimenté le mouvement Brexit ». En gros, de fabriquer un mouvement rouge-brun là-bas !!!  Dans le même interview, on s’aperçoit qu’il présente en fait la même fêlure exactement que Trump : « Mon argument est le suivant: blâmons les responsables », a-t-il déclaré. Ces personnes, ai-je ajouté, sont «l’élite mondiale». C’est une position ironique pour M. Hilton à prendre étant donné qu’il fait partie de cette élite mondiale – lui et sa femme vivent dans une maison de 12,5 millions de dollars dans l’un des codes postaux les plus riches d’Amérique. Mais M. Hilton a insisté sur le fait qu’il ne fait pas partie des élites qu’il cible dans son émission. Au cours d’un repas ultérieur à Menlo Park, en Californie, il a frappé la table avec son poing alors qu’il décrivait comment être l’élite «est ce en quoi vous croyez – ces gens, je les vois comme mon ennemi. Ils ont pris le contrôle des leviers du pouvoir. » Un riche, contre les riches ! Les « autres« , le « deep state », les banquiers, les franc-maçons, les juifs…. bref, ça recommence.  Comme juste avant qu’Hitler ne se fasse élire…

Et c’est celui -là, donc, qui vient d’influencer cette baderne de Trump pour ne pas installer de plus long confinement aux USA, au prétexte que ça fait perdre de l’argent à certains… et c’est tout. Ça tuera des dizaines de milliers d’américains, tout simplement. Ceux qui croyaient que dans le mot « populiste » il y avait une petite notion d’avoir le souci des gens en seront pour leur compte. Ces gens-là n’ont vraiment rien à cirer, que l’on crève ou pas ! Et ils sont eux persuadés que ça ne leur arrivera donc pas, ces grotesques ! Ou que leur argent les immunise !!!

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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