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4 février 2011 |
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vu 878 fois Image Flickr par pasc007
Le concept du « développement durable », exhumé des propos de René Dumont qui l’employa le premier lors de sa campagne aux élections présidentielles de 1974, connaît, depuis les épisodes médiatiques de Stockholm, Nairobi, Johannesburg et Rio-de-Janeiro, sans oublier celui du protocole obsessionnel de Kyoto contre le réchauffement climatique, un succès général planétaire qui ne semble pas devoir être contesté, hormis par d’horribles capitalistes sans scrupules ou par des simples d’esprits notoires.
Cette parfaite harmonie réunissant sous une même bannière au nom de la « défense de la planète » des individus de tendances politiques adverses, de niveaux sociaux différents ou de confessions opposées, constitue la preuve rassurante qu’il existe encore des thèmes susceptibles d’obérer les clivages de toutes sortes et des causes capables de mobiliser l’énergie de chacun pour le bien de tous.
Toutefois, sans être un imbécile fini ni vendeur de semences OGM chez Monsanto, il paraît loisible d’émettre une note discordante dans cette mélopée du bonheur futur en mettant en cause le détail des ingrédients de la recette qu’ « on » nous propose. En effet, il s’avère que nous avons bien à faire, en l’occurrence, à ce fameux « on », celui là même qui préside, par exemple, aux destinées de la foule sentimentale de notre bon Souchon.
Voici donc les questions qu’un individu ordinaire et non conditionné par les médias est en droit de se poser :
Au delà de ces questions objectives, rappelons nous que, depuis toujours, l’une des stratégies militaires les plus efficaces consiste à détourner une offensive ennemie dans une impasse, ou à envoyer un projectile inamical s’écraser sur une fausse cible construite à cet effet. Or, par comparaison et après l’analyse qui va suivre, nous pourrions fort bien arriver à la conclusion que cette affaire de « développement durable » n’est un gigantesque leurre exposé sur la place publique mondiale par le capitalisme, pour s’éviter de prendre en pleine figure un missile fatal à sa propre durabilité. Afin de démontrer cela, sondons méticuleusement et en profondeur les différents piliers de cette grande cause.
1er pilier : La planète est en danger. Faux ! La planète pourrait très bien survivre par une température moyenne de +50°C, balayée par d’incessants vents radio actifs et de continuelles pluies acides, peuplée de colonies d’amibes perverses dans des poches d’eaux putrides et de cancrelats lubriques dans des steppes désertiques, ou, au choix, par une température moyenne de –50°C, sans effet de serre ni Gulf Stream, recouverte de neige et de glace, et peuplée de gros ours blanc rieurs et de petits manchots blagueurs, ou, encore, totalement recouverte par des eaux riches d’une magnifique flore luxuriante et colorée ainsi que d’une faune aquatique évoluée n’ayant rien à envier à l’ex-espèce humaine en terme de conservation durable des écosystèmes. N’en déplaise aux éminents spécialistes anthropiques (c’est à dire ceux qui étudient les effets de l’activité humaine sur les équilibres naturels), et au risque d’écorner l’orgueil sans limite des scientifiques « dompteurs de nature », nous devons bien nous rendre à l’évidence que l’homme n’a, et n’aura jamais, le pouvoir de « détruire » la planète. De plus, il est probable que notre planète qui a une âme (Mais oui ! Pourquoi pas ? L’immense majorité des terriens croit bien en l’existence d’une présence divine, qu’y aurait il donc de si aberrant à être intimement convaincu que la planète est un être pensant et doué de raison ? OK ! Bien, fermons la parenthèse et continuons), notre mère nourricière, donc, qui pense et qui nous regarde (si !si !) doit bien rigoler en constatant notre vanité et franchement se gondoler les côtes océaniques en nous observant tenir conférences et colloques permanents dans le but de mesurer l’effet possiblement néfaste sur elle de nos misérables petits pets nauséabonds.
2ème pilier : La santé de l’homme est en danger. Voilà qui est déjà un petit peu moins présomptueux, mais largement aussi contestable ! les activités modernes de l’homme génèrent un certain nombre de pollutions, c’est à dire une dissémination de produits et d’éléments toxiques dans l’environnement (air, eau, aliments,…). Ceci, est vrai, mais dire que cela affecte la santé de l’homme est objectivement faux ! En effet, depuis l’ère industrielle l’espérance de vie des hommes a été multipliée par 3 et ne cesse encore de s’améliorer. Et ce phénomène est plus important dans les pays « développés façon non durable », c’est à dire les grands pays industriels, que dans les pays « développés façon durable », c’est à dire les pays dits du tiers-monde dont l’activité anthropique et très faible voire nulle. Dire que les diverses pollutions (et notamment celles générées par l’agriculture intensive) mettent la santé de l’homme en danger est un raisonnement certes recevable, voire sympathique, mais il est éminemment subjectif, car il n’aboutit à aucune conclusion irréfutable, alors que dans le même temps tous les indicateurs montrent que la santé humaine s’est considérablement améliorée avec l’avènement de la civilisation industrielle. Mais il est possible que ces messieurs-développement-durable préfèrent subir des épidémies de variole et de peste noire plutôt que de se voir infliger des chimio- et tri-thérapies polluantes. Après tout c’est un point de vue comme un autre…..
3ème pilier : Le réchauffement climatique menace l’homme. Voilà le grand thème porteur ! Cette gigantesque tarte à la crème fera à elle seule l’objet d’un prochain article détaillé, dont nous nous contenterons de donner ici le découpage :
Nous ne contestons pas toutefois que le chemin du développement durable soit pavé de bonnes intentions, mais nous prétendons qu’il est sans issu, inutile et, tel l’arbre qui cache la forêt, qu’il cache un autre chemin qu’ « on » ne veut pas nous montrer.
Malgré les antithèses volontairement polémiques que nous venons d’exposer, il est bien évident qu’un programme de société se proposant de diminuer la pollution industrielle et agricole, d’économiser les ressources naturelles ou de les préserver afin que les générations futures n’en soient pas privées, de ne pas massacrer la nature, de commercer équitablement avec les pays les plus démunis, et de faire vivre les hommes en harmonie malgré leurs différences , ne peut qu’être jugé favorablement par tout humaniste, même de façade.
Malheureusement cette société idyllique, où les équilibres biologiques seraient enfin atteints, les écosystèmes définitivement stabilisés, l’urbanisation parfaitement maîtrisée, l’agriculture tranquillement raisonnée (etc…) tient de la franche utopie, venant du grand public, doublée d’une réelle hypocrisie, venant de « ceux qui savent ». En attendant, le développement durable fait le bonheur des technocrates, planificateurs et réglementaristes de tous poils qui se déploient en bon ordre, groupés en colonnes de colloques, batteries de séminaires, paquets de livres et revues, régiments de discours. Ces intellectuels purs « faiseurs de société » et « redresseurs de dérives » n’ont bien entendu jamais tenu le moindre outil industriel ou artisanal dans leurs mains, mais rêvent de construire une société idéale régie par des centaines de milliers de lois, décrets et règlements portant sur les moindres aspects de l’activité humaine afin qu’elle devienne conforme aux normes ISO qu’ils édictent. Entraînés par leur élan bureaucratique, ils échafaudent l’urbanisation durable sous l’égide de la loi SRU (Solidarité renouvellement urbain), à condition d’être compatible avec le SCOT (Schéma de cohérence territorial), tout en tenant compte du PLU (Plan local d’urbanisme) et des orientations du PADD (Projet d’aménagement et de développement durable), nonobstant la préemption possible de la SAFER (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), sous réserve d’exclusion par le PPRN (Plan pour la prévention des risques naturels) ou du PPRT (Plan de prévention des risques technologiques), à moins bien entendu que le PSMV (Plan de sauvegarde et de mise en valeur) ne se substitue au PLU en vertu de l’art.L.313-1 à 313-3 du Code de l’urbanisme. Et il en va ainsi pour tous les autres secteurs d’activité, certains devant subir encore plus de contraintes. Ajoutons que les exemples décrits ici ne concernent que la situation existante, et que chaque avancée dans le développement durable implique le rajout d’une couche supplémentaire de réglementation. Il va sans dire que cette inflation législative voit son mouvement accompagné par un accroissement homothétique de taxes, impôts et contributions diverses, et d’un gonflement « durable » des effectifs techno-bureaucratiques de concocteurs de lois, de contrôleurs d’applications et d’encaisseurs de taxes.
La réalité est que tout ce joli monde s’agite pour rien ! Comme nous l’avons déjà dit plus haut, le chemin est malheureusement sans issu, car ce qui nous attend ne s’appelle « développement durable », mais « régression industrielle ». A défaut d’être utopiques, si ces braves gens voulaient se contenter d’être simplement un tout petit peu optimistes, ils devraient au minimum requalifier leur développement durable en « stagnation durable ». Leur tâche resterait certes encore très ardue, mais elle conserverait un semblant de réalisme de bon aloi.
En fait, cette affaire de développement durable pourrait passer pour une aimable plaisanterie si elle n’était relayée par les médias et les politiques du monde entier, et son manque de crédibilité est encore souligné par le fait qu’un thème aussi fondamental que celui de l’épuisement prochain des ressources fossiles ne constitue pas le socle, ni même un quelconque pilier du concept. Or, s’il est incontestable que la société industrielle est apparue et s’est développée à partir et avec l’énergie fossile, il peut paraître probable (en tout cas pas impossible) que cette même société industrielle disparaisse (ou du moins régresse très sensiblement) avec la disparition de ces ressources. En tous cas, il pourrait sembler logique que le développement durable prenne en compte ce petit problème. Or, ni le phénomène de la déplétion (diminution progressive et inéluctable des volumes de production après que ceux-ci aient franchi un pic maximal), ni celui du croisement des courbes de l’offre et de la demande de pétrole (moment où la demande mondiale montante excédera la capacité de production descendante), ni les échéances de fin de vie des ressources et minerais à consommation constante (« durable »), ne sont analysés ou pris en compte, sauf par touches discrètes ou évocations furtives. A tel enseigne que dans aucun des deux excellents ouvrages intitulés « Le développement durable », celui de G. Wackermann (Ellpises) ou celui de F. Mancebo (A. Colin), nous ne trouvons le moindre chapitre consacré à l’éventuelle possibilité d’une régression industrielle due à la déplétion fossile, ni même à une simple analyse de cette donnée géologique.
Tous ces éléments concourent à démontrer que le « développement durable » est bien un concept par lequel le capitalisme instrumentalise et manipule des individus, souvent de bonne foi, afin de jeter un écran de fumée politiquement correct devant la réalité inavouable du déclin prochain et inéluctable de notre civilisation industrielle.
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