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Halte à l’ignoble massacre des blaireaux !

Chaque année en France, outre les nombreux blaireaux écrasés sur les routes et ceux qui sont tirés au fusil lors des périodes de chasse, environ 12 000 de leurs congénères sont exterminés dans des conditions atroces au nom de la tradition. Il est urgent de mettre fin à la cruauté et au sadisme de la « vénerie sous terre », également nommée « déterrage »…

« Vénerie sous terre », telle est l’appellation officielle de cette chasse d’un autre temps, pratiquée en contraste flagrant avec les discours lénifiants des autorités politiques et administratives sur le « respect de la vie animale ». Depuis le 28 janvier 2015, le parlement a même inscrit dans le Code civil (nouvel article 515-14) la reconnaissance officielle des animaux comme des « êtres vivants doués de sensibilité ». Une inscription qui devrait engager tous les citoyens, sans que cela souffre d’exception.

Hélas ! il semble que cela ne soit pas le cas dans la réalité pour les blaireaux : les conditions dans lesquelles les chasseurs interviennent – au nom de la tradition – pour les tuer par déterrage relèvent en effet de pratiques barbares qui restent de facto trop souvent tolérées. Ces actes de cruauté, à juste titre dénoncés par les associations de défense des animaux, et notamment par l’ASPAS, sont pratiqués en violation délibérée de la loi. Ils doivent par conséquent être non seulement combattus, mais éradiqués !

C’est en général – mais pas toujours – en se basant sur une autorisation préfectorale liée à la constatation de dégâts au plan local que les « veneurs » sont requis pour mettre à mort les blaireaux fauteurs de désordres. Le crime de ces irresponsables mustélidés, principalement consommateurs de lombrics dont ils sont friands : avoir, en creusant les galeries de leurs « garennes », causé des dégradations à des cultures, à des parcs et jardins, ou bien encore à des talus de voirie.

La méthode utilisée pour le déterrage est toujours la même : lorsque la garenne est repérée, le veneur lance un chien spécialisé et particulièrement agressif – le plus souvent un Russel terrier – dans l’antre du blaireau pour l’obliger à reculer toujours plus profondément sous la menace des crocs. Il arrive cependant que l’animal traqué oppose une vive résistance ; elle peut se traduire par de graves blessures pour le chien, occasionnées par les puissantes et très acérées griffes du blaireau.

Qu’à cela ne tienne, à un chien blessé peut en succéder un autre. Jusqu’au moment où le blaireau se trouve acculé au fond de sa garenne, très souvent après de longues heures d’un indicible stress et parfois affaibli par des morsures. Dès lors, le chasseur intervient à la pioche et à la pelle pour creuser le sol et atteindre l’endroit – l’« accul » – où l’animal est terré. Lorsque le trou est suffisamment large, le veneur extrait le blaireau à l’aide d’une grosse pince métallique aux allures d’instrument de torture médiéval ; puis il l’achève au couteau quand ce n’est pas à coups de pioche !

Il faut savoir en outre que la vénerie sous terre conduit au massacre systématique des blaireautins lorsqu’il y en a ; ces malheureux animaux sont déchiquetés vivants par les chiens ! Et il en va de même pour les autres bêtes qui trouvent refuge dans les vastes garennes de blaireaux ; celles-là aussi sont massacrées par les chiens.

La chasse par déterrage, considérée comme sadique hors de nos frontières, est interdite dans la presque totalité des pays d’Europe. La France fait donc exception, les veneurs invoquant le droit de pratiquer une « chasse traditionnelle », fût-elle barbare, à l’image de la chasse à la glu aux dépens des oiseaux, récemment interdite par le Conseil d’État.

Il est malheureusement à craindre que les responsables de l’exécutif français ne soient pas désireux de mettre fin à ces pratiques sadiques. La manière dont Emmanuel Macron ne cesse de donner des gages aux chasseurs – un puissant lobby électoral – laisse augurer encore d’innombrables mises à mort indignes. Combien de dizaines de milliers de blaireaux seront encore massacrés dans ces conditions barbares avant qu’un courageux responsable politique n’y mette fin ?

A propos de Fergus

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Autodidacte retraité au terme d'une carrière qui m'a vu exercer des métiers très différents allant d'informaticien à responsable de formation, je vis à Dinan (Côtes d'Armor). Depuis toujours, je suis un observateur (et de temps à autre un modeste acteur) de la vie politique et sociale de mon pays. Je n'ai toutefois jamais appartenu à une quelconque chapelle politique ou syndicale, préférant le rôle d'électron libre. Ancien membre d'Amnesty International. Sur le plan sportif, j'ai encadré durant de longues années des jeunes footballeurs en région parisienne. Grand amateur de randonnée pédestre, et occasionnellement de ski (fond et alpin), j'ai également pratiqué le football durant... 32 ans au poste de gardien de but. J'aime la lecture et j'écoute chaque jour au moins une heure de musique, avec une prédilection pour le classique. Peintre amateur occasionnel, j'ai moi-même réalisé mon avatar.

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2 Commentaire

  1. avatar

    Fichtre, quel galimatias ! L’auteur de ce papier ne connait rien au sujet qu’il prétend traiter. C’est une litanie de préjugés, d’affirmations infondées.
    La vènerie sous terre du blaireau est un mode de chasse très organisé, respectueux de l’animal chassé et de son environnement dont l’encadrement juridique a été refondé à plusieurs reprises récemment.
    Cessez de ressasser des légendes urbaines et renseignez-vous http://www.afevst.org

    • avatar

      Bonjour, Jean

      Désolé de vous contredire, mais ce que j’ai écrit est très exactement ce qui est dénoncé par le associations de défense des animaux.

      Qui plus est, dans ma propre famille (principalement constituée de paysans d’Auvergne) il y a des chausseurs. Et parmi eux, deux ont pratiqué ce déterrage, non avec des russell mais avec des fox-terrier. La différence : ils ne tuaient pas les blaireaux à coups de pioche mais d’un coup de fusil.

      Ceux-là, trop âgés maintenant, on arrêté, mais d’autres perpétuent dans leurs villages ces pratiques choquantes, certains par haine des blaireaux, auteurs de dégâts – pourtant limités – dans leurs cultures.

      Je n’ai pas pour habitude de raconter n’importe quoi !!!

      A cet égard, je vous invite vous aussi à vous renseigner. L’ASPAS est sans doute l’association qui parle le mieux de ce problème.

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