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Centpapiers

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    • Journalisme pendant une dizaine d'années dans un quotidien régional en France, Olivier Pierson est arrivé au Québec en juin 2007 pour ne plus repartir. Depuis, il est journaliste pigiste, en collaborant notamment pour des sites internet consacrés à l'emploi et au monde de l'entreprise. Il est aussi l'auteur d'un recueil de chroniques intitulé Dans mon Québec au Canada.

    Haïti : l’espoir sous les décombres

    16 janvier 2010 | 0 commentaire(s) | vu 1 159 fois
    Photo : letemps.ch

    Photo : letemps.ch

    Pourquoi faut-il toujours des catastrophes pour se donner la main ? C’est la réflexion que m’inspire le séisme qui vient de frapper Haïti. Je parcours un journal qui relate la tragédie. Vingt-quatre pages où rôde la mort qui dénotent à côté de mon café au lait et de mon confort québécois. J’aperçois des ruines, des cadavres et un titre énorme qui écrase les lignes d’un article : « Désolation ». Moi aussi, je suis désolé. Désolé de constater que le malheur est meilleur diplomate que tous ces gouvernements et ces nations qui s’efforcent de ramener la paix à leur table, ou à tout le moins de l’inviter.

    Donc, quand une ville s’écroule, quand les morts s’entassent et s’enlacent, la résistance s’organise. Les collectes spontanées d’argent, de vivres et de matériel en tous genres prouvent qu’on peut encore avancer dans la même direction sur cette Terre. Les colères de la nature, qu’elles viennent du sol, des océans ou du ciel nous rappellent une criante évidence : que c’est pas bien compliqué d’aider son prochain, qu’une main tendue est plus réconfortante qu’un fusil, et qu’une armée de bénévoles sera toujours plus puissante que la plus technologique des armées.

    Haïti, c’est triste, c’est horrible…, c’est tous ces sentiments mêlés qui vont pousser entre les décombres… Mais une fois encore, il faut mettre la race humaine devant le fait accompli pour lui enseigner que sa nature première n’est pas belliqueuse. Si l’homme pouvait être un loup pour l’injustice, nous en sortirions tous grandis.

    Ce qui est triste dans ce genre d’histoire, c’est la mort programmée des bons sentiments qu’on va balayer sous le tapis du temps. L’oubli va encore nous donner bonne conscience et garder notre morale intacte en nous rappelant que la vie continue. C’est aussi un paradoxe gravé dans notre écorce : nous avons besoin du malheur des autres pour maintenir l’espoir dans un monde qui en manque cruellement. La solidarité qui déploie ses ailes et plane sur les cicatrices béantes d’une catastrophe fait un bien fou, car nous ne faisons alors plus qu’un.

    Il y aura d’autres tremblements de terre et d’autres malheurs sans frontières pour secouer les amnésiques que nous sommes, et décréter la mobilisation des coeurs et des esprits. Dommage que cette capacité à dépasser les différences, les races et les langues, soit moins coriace que tous ces conflits larvés et imbéciles où l’être humain ne sort jamais grandi…

    Alors oui, je suis désolé…

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