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Centpapiers

  • Guérir le système de santé par la prévention

    2 novembre 2006 | 0 commentaire(s) | vu 207 fois

    La carte soleil mérite-t-elle son nom ?

    À l’ombre des grandes idées, l’éducation tarde à prendre la juste place qui lui revient à l’intérieur de notre système de santé… Pendant longtemps, nous avons séparé des éléments essentiels un peu comme on sépare des ministères ; La santé et l’éducation (les loisirs et les sports, devrait-on ajouter) font encore aujourd’hui figure de fiers combattants qui s’arrachent jusqu’à la dernière pièce d’un porte-feuille dont les billets se font de plus en plus rares. Déjà, les récentes annonces en santé nous confirment que le secteur privé s’infiltre, profitant de la diminution des ressources et en toute logique de l’augmentation des besoins d’une population vieillissante.

    Mais ces « vieux » constituent-ils le problème réel ? Malheureusement, à l’âge avancé de la population se mélangent les problèmes grandissants du diabète, de la sédentarité et de l’obésité chez les plus jeunes. Notre génération sera-t-elle la première à voir son espérance de vie diminuer ? De grandes questions se posent et nous devrons très bientôt y répondre efficacement. Heureusement, tout cela ne nous empêche aucunement, humbles citoyens, de débuter une réflexion sur cette perspective d’avenir. C’est peut être par cette voie uniquement que nous pourrons éviter de léguer à nos enfants un système encore plus malade que ceux qui le supportent depuis sa création.

    Une approche pluraliste

    La récurrence des nombreux problèmes vécus par le système de santé québécois (nous pourrions également transposer ses problématiques aux autres provinces) encourage le questionnement et l’émergence de nouvelles solutions. Il en va de même de la vision globale que nous avons du système. Lorsque nous abordons la question du financement des institutions publiques, nous avons aussitôt le réflexe d’opposer santé et éducation. Quel domaine prioriser ? Hors, de récentes réflexions montrent que l’état de santé de la population découle de plusieurs facteurs. Certains spécialistes, dont l’auteur Jean-Claude Sailly, vont même jusqu’à affirmer qu’une augmentation de l’investissement en santé pourrait empirer le problème. Pour ces derniers, les solutions se trouvent partout ailleurs. À ce titre, une étude publiée dans le American journal of Public healt et rapportée par la journaliste Vicky Boutin montre « [...] l’importance des milieux scolaires dans l’adoption de saines habitudes de vie [...] ». Ainsi, réduire la malbouffe présente dans les écoles primaires et secondaires et augmenter le nombre de périodes consacrées à l’éducation physique est une forme d’investissement pour notre système de santé puisqu’il contribuerait, à moyen et à long terme, à la diminution de l’obésité et du diabète chez les jeunes. Devons-nous rappeler qu’une récente étude affirme que le taux d’obésité surpasse actuellement le taux de malnutrition à l’échelle mondiale ?

    Le troisième larron

    La protection de notre environnement doit aussi être pris en compte. La pollution atmosphérique grandissante (on recense maintenant la présence de smog dans les villes de Québec et de Trois-Rivières) est responsable de l’augmentation du nombre de maladies respiratoires. Lors d’une récente conférence sur les changements climatiques, Steven Guilbault, représentant de Greenpeace au Québec, indiquait que « Lors des épisodes d’extrême chaleur qu’a connue l’Europe l’an dernier, le nombre de décès s’est élevé au-delà de 30 000 ( !). » Nous pourrions aussi parler de la période des allergies estivales, qui selon l’ouvrage « Vivre les changements climatiques » devient de plus en plus longue.

    Les mots clefs seraient donc prévention et éducation. Tout cela semble incroyablement simple en théorie, mais qu’en est-il vraiment en pratique ? Pour en arriver à des actions réelles et durables, nous devons avoir des solutions réalistes adaptées à notre société. Et malheureusement, cela implique aussi de parler de pauvreté. Les écoles pourront favoriser un milieu plus propice à la santé, il reste qu’il s’avère toujours très difficile pour une famille sous le seuil de pauvreté de préparer des repas sains et équilibrés. Une visite à l’épicerie du coin suffit pour constater que les aliments riches en matières grasses et en calories vides sont beaucoup moins coûteux et souvent offerts en plus grande quantité. De plus, la scolarité a une incidence marquée sur la qualité de vie et donc sur la santé en général. Pour atteindre nos objectifs, il faudra en conséquence trouver des moyens efficaces pour lutter contre les inégalités sociales et surtout contre le cercle vicieux de la pauvreté.

    Déjà, un travail de réflexion et de création s’est amorcé. Il n’y a pas si longtemps, les éditions Fides publiaient « 100 idées citoyennes pour un Québec en santé », en collaboration avec l’INM : un recueil contenant le fruit de la première réunion stratégique de l’Institut du Nouveau-Monde qui a rassemblé 175 citoyens des quatre coins du Québec ainsi que plusieurs spécialistes du domaine de la santé. Il ne reste qu’à trouver une vague à cette goutte d’eau. En somme, nul besoin de porter le titre de médecin ou de ministre pour encourager des changements à l’intérieur d’une société aux trop nombreuses idées de révolution, mais avant tout en mal d’évolution.

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