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Centpapiers

  • Grève à l’UQAM : l’acharnement de la ministre se poursuit

    24 mars 2009 | 0 commentaire(s) | vu 603 fois

    Photo : Flickr limako

    Photo : Flickr limako

    Après avoir négligé de reconnaître la part de responsabilité du gouvernement dans le naufrage de l’îlot Voyageur, la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), poursuit son acharnement envers l’Université du Québec à Montréal. Après 21 mois de demandes syndicales réclamant le démarrage d’une négociation visant le renouvellement de la convention collective et les embauches de professeurs et qui n’ont eu pour réponse qu’un silence, après que la direction de l’UQAM ait obtenu à sa propre demande un rapport permettant de connaître la situation salariale dans les universités québécoises (le rapport AON) et qui permet de voir très clairement que les demandes syndicales n’ont finalement rien de farfelu (rattrapage salarial de 10% à faire pour une tâche équivalente à ce qui se fait ailleurs), la position de la ministre n’a pas changé : tout laisse croire que des universités québécoises, l’UQAM est celle qu’elle affectionne le moins.

    En effet, les pseudo-offres déposées par la direction de l’UQAM au syndicat des professeurs (SPUQ) la semaine dernière et qui ont été présentées comme finales, même s’il s’agissait des premières depuis 21 mois, témoignent bien du fait que l’UQAM est en réalité en tutelle, puisque ces offres ont émané directement du gouvernement (MELS et Conseil du trésor), sans même qu’on cherche à s’en cacher.

    Ces offres, qui tiennent en 4 pages à double interligne, qui semblent écrites à la hâte et ne ressemblent en rien à l’ombre d’une convention collective, proposent une hausse des salaires de 2% alors que la ministre a pourtant annoncé par le passé et à plusieurs reprises que les demandes syndicales semblaient « raisonnables ». Elle ne semble donc pas en définitive adhérer à l’idée que l’UQAM puisse être aussi importante que les autres universités montréalaises, pas même aussi importantes que les petites constituantes du réseau UQ, comme l’UQAR ou l’UQTR, où les salaires sont meilleurs qu’à l’UQAM. Il ne s’agit donc apparemment pas d’un problème de crise économique, mais d’une question de préférence pure et simple.

    Ces pseudo-offres proposent également l’embauche de 25 professeurs, alors que le syndicat en demande 300, pour réduire l’écart qui existe entre l’UQAM et les autres universités en ce qui a trait au rapport prof/étudiant et qui constitue un bel indicateur de l’importance relative de la charge de travail. Voilà qui est pour le moins surprenant : l’UQAM verra vraisemblablement 35 de ses profs prendre leur retraite la même année. La proposition aura donc pour effet de RÉDUIRE le nombre de professeurs d’une dizaine, alors que le besoin de renforts pour redresser cette institution fragilisée n’a jamais été si évident. Doit-on vraiment rappeler que les professeurs sont le coeur de l’université et que son développement dépend presque entièrement d’eux?

    La ministre n’a pas encore compris que l’UQAM n’est plus qu’une « boîte à cours ». Ses professeurs y mènent désormais autant de recherches d’envergure que dans les autres universités québécoises, sans parler des services aux collectivités qui y sont beaucoup mieux développés qu’ailleurs. Dans cette course, les talents sont évidemment précieux, mais pour attirer et retenir ces derniers, il est nécessaire d’au moins pouvoir leur offrir des conditions de travail équivalentes à ce qu’on trouve ailleurs. Actuellement, les munitions manquent à l’UQAM pour qu’elle puisse se tailler une place. Il est difficile de ne pas croire que cette situation plaît à la ministre, tant les gestes qu’elle pose et le discours méprisant qu’elle tient sont révélateurs.

    C’est vrai, les étudiants ACTUELS et les autres employés de l’UQAM font actuellement les frais de la grève. Ils devront cependant comprendre que n’est jamais de gaîté de coeur qu’on se lance dans une telle entreprise : c’est pour déranger. Et pour l’avenir.

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