Inscrivez-vous pour participer au site : commentez, rédigez et communiquez !
http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
14 février 2012 |
4 commentaire(s) |
vu 1 919 fois Par Patrick Mignard
Dans les discours officiel, en particulier des dirigeants allemands et français, il n’est question que de « plan de sauvetage de la Grèce »… Or, c’est un peu comme si dans un naufrage, on essayait de sauver le bâtiment en laissant périr l’ensemble des passagers,… sauf le capitaine et son entourage immédiat.
Ce qui se passe actuellement en Grèce, laisse la plupart des peuples européens sans réaction, quand il ne s’agit pas d’indifférence. Pourtant ce pays n’est que l’élément – le plus faible ( ?) – d’un ensemble qui est en train de se déliter : la zone euro… et par voie de conséquence toute une conception – libérale – de l’Europe.
Sur injonction du Fonds Monétaire International, de la Commission Européenne et de la Banque Centrale Européenne, réunion présidée par le 1er ministre grec, ce dernier, Luckas Papademos a indiqué que la coalition gouvernementale était d’accord pour la réduction des dépenses publiques (1,5% du PIB)… Une telle réduction devant être obtenue par une réduction des salaires et des charges sociales. Ce nouveau plan de rigueur permettra à la Grèce de recevoir en échange 130 milliards d’euros de la communauté européenne. Une telle décision a provoqué une levée de boucliers des deux principaux syndicats grecs qui ont appelé à la grève… Ce qui a n’en pas douter ne changera rien !
Le 20 mars, date à laquelle arrivent à échéance 14,4 milliards d’obligations, si les mesures mentionnées ne sont pas prises, c’est le défaut de paiement avec toutes ses conséquences dans le milieu bancaire européen. Défaut de paiement, déclenchant les CDS (Crédit Défaut Swap) – véritables bombes à retardement – dont le rôle est de justement assurer contre tout défaut de paiement sur la dette grecque (entre autres) et dont on sait les dégâts qu’ils provoqueraient en cas de déclenchement dans le système bancaire.
Mais ce n’est pas tout. Sans doute férues de mythologie grecque, la France et l’Allemagne – avec le soutien de la commission européenne, ont décidé qu’une partie des aides européennes accordées à la Grèce, serait versée sur un compte particulier qui garantirait le remboursement de la dette du pays… reproduisant ainsi le mythe de l’épée de Damoclès. L’infrastructure de l’économie grecque est ainsi éventrée sur l’autel de la finance internationale. Les privatisations massives, censées booster l’économie, vont en fait engraisser un secteur privé, national et international qui n’en finit pas de s’abreuver aux sources de la dette. L’économie grecque est dépecée et confisquée.On assiste aujourd’hui à l’acte final de la liquidation de l’économie grecque en tant que puissance économique en Europe. Le FMI dit vouloir éviter la « faillite de la Grèce »… formule d’un cynisme absolu car ne faisant référence qu’aux aspects financiers… Faillite il y a, non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan social et politique.
On l’aura compris, les milieux financiers, les fonds de pensions, les banques, les Hedges Funds, se paient sur la bête,… autrement dit sur le peuple grec. Dans la mesure où la « règle du jeu » consiste à protéger les intérêts financiers, à assurer l’ordre économique européen, et au-delà mondial, à exiger que l’endettement de l’État passe par le portillon ruineux de l’emprunt sur les marchés financiers, d’ailleurs devenus impossibles – par le taux d’intérêt obligataire inaccessible… Il ne reste plus au peuple grec qu’à payer l’addition. C’est tout le sens et le contenu des mesures imposées par l’Europe et par le Gouvernement grec qui, de toute manière, n’a pas de choix pour quelques uns d’entre ses membres,… Quant au reste ils sont consentants. La Grèce en est à son septième plan d’austérité et de liquidation des services publics, alors que les six précédents ont fait la preuve de leur parfaite inefficacité,… aux conséquences sociales dévastatrices :
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
Malgré cette situation le FMI, la BCE , la Commission Européenne et le couple Sakozy/Merkel, demandent encore un effort de rigueur ( ?).
Une telle situation ne peut qu’entraîner des conséquences politiques redoutables. Outre le fait que la classe politique a perdu tout crédit, l’Europe des marchés financiers est entrain d’humilier la Grèce, autrement dit de semer les ferments de la renaissance d’un nationalisme. L’extrême droite grecque ne s’y est pas trompée, retirant ses représentants du gouvernement (quatre ministres), qui est entrain d’imposer la nouvelle rigueur. Le manque de perspective politique de ce que l’on hésite d’appeler la Gauche ne peut qu’accélérer ce processus de radicalisation nationaliste. Processus classique dans lequel l’extrême droite, en l’absence de toute alternative, s’impose par la démagogie comme « solution ». Laquelle extrême droite apparaît aussi aux classes dirigeantes comme le moyen de « rétablir l’ordre » en limitant les libertés publiques. Cela ne vous rappelle-t-il rien ?
Sans vouloir faire une comparaison, qui ne pourrait être qu’abusive, on ne peut cependant s’empêcher de songer aux conséquences de la crise des années trente en Allemagne. Si le pays est différent, de même que le contexte historique, les « eaux glacées du calcul égoïste » du capital, creusent les mêmes sillons qui dévastent le tissu social et politique… Et en l’absence d’une alternative politique crédible – ce qui est le cas en Grèce, mais aussi dans les autres pays européens – c’est la porte ouverte à toutes les aventures.
En effet, la Grèce n’est pas la seule dans cette situation. Tous les pays de la zone euro, sont logés à la même enseigne. Tous subissent la dictature des marchés financiers conséquence de la déréglementation financière. Les politiques de rigueur sont généralisées et ne sont que le type de « pseudo solution » que connaissent les politiciens de Droite comme de Gauche,… autrement dit, à court terme et dans le contexte politique actuel, en Europe, aucune issue sérieuse n’est à envisager pour « sortir de la crise ».
« Alarmisme » diront certains. Pas tant que ça ! Les politiciens de tous poils nous endorment avec leurs discours et leurs promesses… Surtout quand se profilent des échéances électorales. Le réveil va être rude !
Patrick MIGNARD
Février 2012
Voir aussi :
« LA TENTATION NATIONALISTE »
[...] Grèce : la mise à mortCent PapiersDans les discours officiel, en particulier des dirigeants allemands et français, il n'est question que de « plan de sauvetage de la Grèce »… Or, c'est un peu comme si dans un naufrage, on essayait de sauver le bâtiment en laissant périr l'ensemble des …et plus encore » [...]
00:24, le Mardi 14 février 2012Super, on voit bien la merde à faire ce que demande l’europe. Mais pour etre complet et pouvoir choisir, il faut juste décrie l’autre élément du choix qui consiste à sortir de l’euro, se déclarer en faillite et à la fin du mois, comme les finances publiques sont plus que jamais déficitaires, aller demander aux banques et autres, de « preter » encore quelques milliards juste pour payer les frais de fonctionnement d’un état qui a érigé l’incivilité de ne pas déclarer ni payer ses impots et l’absence de regles de vie en communauté comme un mode de fonctionnement normal !
Moi je ne veux pas payer si ils ne paient pas leurs impots et si ils préfèrent que la bonne loi soit celle des pot-de-vin et de la corruption !
Leur systeme est en faillite, que propose M.MENARD ?
02:37, le Mardi 14 février 2012Je m’appelle Hélène…
http://www.lejournaldepersonne.com/2012/02/je-mapelle-helene/
Je m’appelle Hélène…Je suis grecque… la Grèce… quelle étrange tendresse ?
Ma ville natale ne s’écrit plus en lettres capitales
ATHÈNES mère, marraine !
J’ai décidé sous l’œil de cette caméra
De mettre fin à mes jours
De m’arroser d’essence et de m’immoler par le feu
Parce que je n’ai pas envie de te céder
Pour une poignée d’euros
Ni de concéder une goutte d’hydrogène et deux gouttes d’oxygène pour combler un trou que l’Europe a creusé pour nous abuser toutes les deux.
Athènes, mère, marraine !
Je n’ai pas envie que tu meures
Je n’ai pas envie qu’on t’assiste
Pour respirer, manger ou bouger
Je n’ai pas envie de te confier à un tiers
Ni te mettre entre les mains de quelques pervers europhiles… des financiers déguisés en justiciers pour te sous-traiter comme une vulgaire marchandise avant de te retirer tes organes vitaux et te vider de ton sang et jeter tes mémoires dans les poubelles de l’histoire…
Pour eux, ta vie ne vaut pas un euro
Et un euro qu’est-ce que ça vaut ?
15:50, le Mardi 14 février 2012Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
15
vu 10 916 foisTous droits réservés, Cent Papiers 2006-2011 | Roule sous Wordpress
SylvainGuillemette a répondu:
février 15th, 2012 à 05:51
En effet, les impôts impayés ont coûté cher, mais encore… Toutes les sociétés capitalistes vont dans le même trou noir. Alors, on fait quoi?
C’est le capitalisme, le problème, pas les Humains et leur nature. Le capitalisme ne partage pas les richesses, alors les gens envient les mieux nantis, et trouvent des raccourcis.
Abolissons le salariat! Abolissons le capitalisme! Brûlons les banques!