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Grand guignol à Punta Cana (3)

Voir note de l’auteur (*)

Cette affaire de Punta Cana révèle bien plus de choses qu’il n’y paraît. C’est avec elle, par exemple, qu’on s’est soudainement rappelé que la République Dominicaine, Jean-Marie LePen la connaissait très bien, puisqu’il y  réside tous les ans (en automne) depuis des années, et qu’il a sur place des amis assez particuliers. Qu’en ramenait-il comme souvenirs à chaque voyage, telle est la question. Le même Jean-Marie empêtré aujourd’hui dans une affaire de lingots d’or dissimulés en Suisse et dont on ignore la provenance réelle, bien qu’on subodore le détournement financier de son propre parti, entre autres solutions évoquées. L’histoire nous mène aussi en Belgique, sur la piste d’autres lingots sur un ancien aérodrome désaffecté de l’Otan rendu aux civils, où il se passe d’étranges apparitions ailées, celles du bébé-Falcon, notamment. Mais elle nous mène aussi en Europe, en Roumanie, mais aussi en parallèle en Afrique, ou là aussi des avions pleins de lingots ont atterri pour repartir… vides. Les objets de la roublardise des grands escrocs manipulateurs africains, les cousins des jeunes arnaques nigérians du Net qui soutirent de l’argent aux plus crédules avec un brio évident. Et tout ça, nous mène en fait… à une belle fausse piste pour le vol du Falcon d’Afflelou…

Punta Cana et le FN, c’est en tout cas une vieille histoire. En novembre 2014, il y a a peine un an, les médias avaient perdu Jean-Marie de vue. En fait, il passait alors ses vacances d’hiver  à… Punta Cana, quel hasard (en fait il y va depuis des années à la même époque, quand il ne compte pas ses lingots suisses, sans doute !) pour « y écrire ses mémoires », paraît-il. Chez un « ami corse », selon Paris-Match et dans « hôtel aux sept restaurants  (?) »… selon l’Express. Difficile de retrouver lequel, « d’ami corse »…  En 2012, LeMonde rappelait son séjour habituel en ces termes : « M. Le Pen, qui revient de trois semaines de vacances en République Dominicaine, est reposé »… en 2008, il y était déjà. Et avant 2008 aussi, mais pas au même endroit : « au temps du FN prospère, Jean-Marie aimait à séjourner à Saint-Barth, chez l’ami Le Rachinel, député européen, mais surtout l’imprimeur historique du Front.« Depuis, les deux sont fâchés à morton le sait, Rachinel étant passé chez la concurrence (et dissidence) de Carl Lang, en se faisant au passage rembourser 6 millions d’euros par le FN, ce qui avait porté un coup très dur au parti, qui avait même dû se résigner à vendre son « paquebot »…

EryxPunta Cana depuis des années, et auparavant aussi les Antilles, où Jean-Marie est allé naviguer tôt. C’est l’ex-épouse répudiée de Jean-Marie, Pierette, celle qui avait posé nue dans Playboy par bravade qui l’a raconté dans son livre en évoquant une croisière, organisée par un des meilleurs amis de son mari, juste après le baptême de leur fille… Marine (ah tiens !) : « Éric fit très bien les choses. Le baptême eut lieu en grande pompe à l’église de la Madeleine. Pour ceux qui ne croient pas « aux signes », je ferai remarquer qu’il s’en présenta un, de taille ; l’aumônier Pohpot qui officiait, et déposa l’eau sur le front et le sel sur la langue de Marine. Pohpot était une célébrité. Connu de tous les hommes du « Milieu » es-qualité d’aumônier de la prison de Fresnes. (…) Le baptême eut lieu le 25 avril 1969. Eric et Jean-Marie se fréquentant hors de la maison, je ne le voyais que rarement. Pourtant, lorsque des amis louèrent « L’Eryx II » (l’ancien bateau du comte de Vogüé (1)), Eric fut de la croisière aux Caraïbes (…) Au retour, ils furent arrêtés pas la police. Dans un premier temps, Jean-Marie me dit : C’était fatal ! Il gagne trop d’argent. Le fisc lui cherche des misères… Quelques jours plus tard des journaux me tombèrent entre les mains. Je lus : Eric Bottey exerce un phénoménal proxénétisme hôtelier et Véronique (ndlr : sa compagne) dirige l’ancienne maison de Mme Claude rue de Bougainvilliers… Jean-Marie refusa évidemment de m’expliquer et s’en tira par une dérobade : «  Laisse donc ! En attendant, j’interdis que Marine regarde la télé jusqu’à nouvel ordre ! » Marine était en effet très attachée à Éric Bottey. Avec elle, il débordait de gentillesse : un vrai parrain (…) ». « Eric » n’était autre en effet que Henri Botey, dit « Monsieur Éric » était en effet proxénète et règnit alors avec sa femme Carmen Vallet sur des tas de bouges parisiens : La « Bohème », le « Yellow Dog », le « Tiffany », le « Sulky », le « Lautrec »; car il était alors devenu « l’Empereur de Pigalle » comme on le surnommait (on l’appellait aussi « rase-mottes » tant il est petit). Tombé pour proxénétisme, il réapparaîtra en 2011 sur les mêmes accusations, mais entre temps il s’était dégotté des prête-noms. L’Oryx II était un beau schooner de 25 mètres, construit en 1964 par Camper&Micholson, qui naviguera ensuite beaucoup en Polynésie. LePen effectuera d’autres croisières, dont une avec le père de Laurent Joffrin, avec qui il était ami. Monsieur Eric, pendant ce temps, continuera, lui, à compter les billets…

HI-924Les hélicoptères, le conseiller présidentiel dominicain Chauprade semble bien les connaître. Celui qu’il a loué 12 110 dollars, sans qu’il ne s’en soit aperçu, est pourtant plein de renseignements, ou plutôt la société à laquelle il appartient. La société Helidosa ne transporte en effet pas que des gens. Un autre modèle de la même firme a été en effet à l’origine d’un conflit qui nous renseigne sur ce à quoi il servait parfois, et sur ce qui se passe exactement là-bas. C’est le directeur des douanes, Juan Fernando Fernandez qui avait mis le feu aux poudres en bloquant un autre appareil de la société, alors chargé d’une cantine fermé et parait-il « piégé », envoyé par la compagnie canadienne Barrick Gold. Une société minière, qui exploite la plus grande mine d’or de République Dominicaine, en accord avec le gouvernement, et dont l’exploitation a commencé récemment. Le coffre scellé contenait de l’or, selon ses propriétaires, pour une valeur de 11 millions et 600 000 dollars, ce que les autorités auraient bien voulu vérifier. « Les journalistes couvrant la section des Amériques ont la preuve de la version de l’expédition de l’or et de l’argent, qui a été transporté à partir du site de la mine à l’endroit, dans un hélicoptère du ministère des Travaux publics, selon l’ingénieur Gonzalo Castillo. Le numéro de l’appareil de la société dominicaine SA (Helidosa, visible icifondée en i992, est le HI-924 selon les rapports obtenus à partir de l’aéroport international des Amériques. » Un conflit sur un transport d’or dont les responsables de la mine ne veulent pas révéler la teneur exacte ? voilà qui rappelle… toute l’affaire de Punta Cana depuis le début: ce serait en ce cas une affaire double, mêlant cocaïne et or en fait. La mine canadienne produit-elle plus d’or qu’elle n’en déclare, et comment cet or est lui aussi « extradé » du pays, voilà une piste intéressante à suivre en effet, en tout ça c’est ce que soupçonne l’Etat Dominicain. Mais Barrick Gold est fort suspicieux, et veille partout à sa réputation : difficile donc de savoir ce qui s’y passe vraiment.

gold miningD’autant plus l’extraction de l’or traîne une fort mauvaise réputation qui n’est pas qu’environnementale. En 1996, la banque Lehman Brothers Inc, bien connue comme catastrophe industrielle, avait ainsi fortement recommandé d’investir dans une mine qui aurait été basée sur « le gisement le plus riche au monde » selon son découvreur. Elle était Située à Busang dans les Philippines, une recommandation faite à partir d’un géologue, John Felderhof , qui aurait découvert le gisement en 1989 et entraîné avec lui le canadien David Walsh pour fonder Bre-X Minerals. C’étaient alors précipités sur l’affaire les trois plus grands groupes miniers spécialisés, Barrick Gold, Placer Dome, et Freeport-McMoRan Copper & Gold. Une deuxième banque, banque J.P. Morgan adoubera elle aussi le projet, sans chercher plus loin. Le gouvernement indonésien (corrompu) avait ensuite débarqué pour réclamer et obtenir 40% des parts du gisement. En fait il n’y avait rien à extraire, mais le responsable du projet minier, Michael de Guzman, le véritable créateur de l’arnaque, avait trompé les résultats des premiers forages en « salant », à savoir en mettant des particules d’or d’autres régions proches, extraites de rivière (ou même des morceaux de son alliance) pour continuer à faire monter les prix d’abats des parcelles à creuser. Tout était faux, mais tout le monde avait investi… et tout le monde perdra beaucoup d’argent dans l’affaire (100 millions de dollars se sont paraît-il évaporés dans l’histoire, payés par les investisseurs, espérant des bénéfices en retour !). En 1997, les archives des forages prennent feu, comme par hasard (on pense que c’est de Guzman qui les a détruites lui-même), et quelque temps après le même de Guzman… meurt, en tombant d’un avion au dessus de la jungle… on retrouvera bien un corps trois jours après (seulement alors qu’il était tombé en pleine jungle, on voit ici son corps prétendu ramené dans un filet)corps retrouvé, mais des doutes sérieux demeurent encore aujourd’hui sur le fait que ce soit vraiment le sien. Etrange décès en effet. Entre temps, les grands groupes avaient dû se rendre à l’évidence qu’il n’y avait rien à extraire à Busang… selon Wikipedia « La Mine d’or de Bre-X Busang est un scandale financier caractéristique des engouements spéculatifs sur la Bourse de Vancouver, qui est en fait une extension de la Bourse de Toronto. » En Europe, le quotidien La Tribune résumera toute l’affaire en une seule expression bien frappée : pour le journal suisse, cela avait été une « arnaque plaquée or »... le magazine TV « Masterminds » de Canada’s CBC News a raconté l’histoire en détail. On peut le voir ici. La crédulité des banquiers et des grands groupes miniers avait été tout simplement sidérante dans l’affaire !

st-trondL’or, comme deuxième piste de l’affaire ? C’est possible en effet. Souvenez-vous. Lors de l’enquête, il avait été décrit à la juge chargée de l’enquête qu’à la Môle, le même avion avait déjà atterri, venant de Punta Cana, mais avec à bord des valises moins nombreuses et bien plus lourdes. Un avion de la même société avait fait un vol avec à bord ce type de valises vers St-Trond (Sint-Truiden) minuscule aérodrome belge dans la province de Limbourg« Depuis des années, un marché parallèle s’est développé en République dominicaine. Le gouvernement et le géant canadien Barrick Gold, qui exploite sur l’île une immense mine d’or, se livrent une lutte sans merci sur le montant des taxes. Et les trafiquants en profitent pour faire sortir en douce quelques kilos d’or sale. Mais pourquoi vouloir ramener de l’or de République dominicaine ? Là encore, c’est Nicolas Pisapia qui donne la réponse : « Ça leur sert à faire des investissements immobiliers », dit-il aux enquêteurs. Franck Colin, lui, nie en bloc : « Absolument pas. Je comprends les conditions dans lesquelles il se trouve. Je ne veux pas lui faire plus de mal mais je n’ai aucun lien avec des notaires ou des agents immobiliers à Quito ». Colin se décharge de toute responsabilité et affirme n’avoir fait que l’intermédiaire entre Daryan et Nicolas Pisapia, » avait -on pu lire dans Le Point le 10 mars 2015. Dans le Parisien, même son de cloche avec les étranges atterrissages à St-Trond : St-Trond « Jean L. est courtier en aviation d’affaires, il fait l’intermédiaire pour la location de jets privés. A la demande d’un businessman belge, il a organisé, entre novembre 2011 et décembre 2012, quatre vols entre Le Bourget et le petit aérodrome belge de Saint-Trond, en faisant notamment appel à SN THS. Motif officiel de ces déplacements : convoyer de l’or st-trond beechbrut. Mais la juge d’instruction s’interroge sur la nature réelle de la marchandise. Des soupçons qu’elle assoit sur les déclarations des pilotes qui ont effectué ces vols. « C’était bizarre, car je devais me poser sur un petit terrain militaire désaffecté en Belgique et, en aucun cas, je ne devais me détourner de ma route, explique l’un d’eux. Si je ne pouvais pas me poser sur ce terrain, je devais faire demi-tour et revenir au Bourget. » Toujours selon ce pilote, le passager à embarquer portait « cinq ou six valises énormes et rigides ». « Une fois arrivé en Belgique sur le terrain désaffecté, deux voitures sont arrivées. A peine arrivés que les valises étaient chargées », poursuit le pilote, qui invoquera la météo pour refuser un deuxième voyage après ce transport « douteux ». Chez SN-THS, certains c’étaient donc aperçus de quelque chose, bien avant l’affaire de Punta Cana !!! Certains pilotes, en tout cas !!!
crusader fauretMais pas seulement : dans le livre récent « L’Affaire Air cocaïne de s Marc Leplongeon et Jérôme Pierrat », le second dirigeant de SN-THS, Fabrice Alcaud, affirme avoir eu des doutes sur le vol… avant même son départ, et en avoir fait part à la DGSE. En photo à droite, le KingAir 350 OO-GMJ d’Air Service Liège sur ce fameux aéroport de St-Trond. Dans les années 90; on avait même pu photographier deux Crusaders français et un se poser sur la base aérienne belge alors encore en activité lors d’un meeting aérien . A l’époque, on s’amusait pas mal dans l’aéronavale comme on le raconte dans un blog dédié : le 25 novembre 1994, à la fin du meeting de St Trond, justement, un Crusaders a décollé ailes repliées et est resté 30 minutes en l’air de cette façon : il n’y a que 8 pilotes au monde à avoir tenté l’expérience pour devenir membre du très fermé « wing-folded club F-8«  nous raconte le site contenant les archives des Crusaders français. l’histoire ne dit pas si Pascal Fauret, ci-dessus à bord de son appareil, a fait partie de ce club fort restreint… de pilotes casse-cou, ayant hérité de l’admiration ce jour-là de tous ses pairs… en photo, l’expérience menée par un pilote américain. à Naples (en Floride)… (ça sera aussi fait avec un Phantom F-4B ( le N°. 152327) ! Le drôle de pari avait débuté semble-t-il au « Death Angel squadron » de Da Nang, au Viet-Nam, en 1966… et avait été refait à Miramar par un jeune pilote du Navy Fighter Squadron VF-53 « Iron Angels » le 22 janvier 1968…

falcon SN-THSAu sujet de St-Trond, la juge en charge du dossier français va obtenir des pilotes de SN-THS des témoignages incroyables sur un petit biréacteur qui était venu s’y poser. Dans le livre « L’Affaire Air Cocaïne: Mafia et jets privés », deux dépositions apparaissent. La première est celle d’une pilote appelée Samantha, qui lui dépeint une étrange virée en Falcon 10 (le seul avion que possède en fait en propre SN-THS (*), le modèle Modèle Falcon 10 N° de série 203 immatriculé  F-GPGL, ici à droite dans son hangar, lors de sa vente aux enchères) vers le petit aérodrome belge.  » C’était un vol, il y a deux ou trois ans. C’était pour SN-THS. Il fallait se mettre à vide au Bourget puis récupérer un passager. Il fallait le déposer en Belgique et repartir sans le ramener […]. C’était bizarre car je devais me poser sur un petit terrain militaire désaffecté en Belgique et en aucun cas je ne devais me détourner de ma route. Si je ne pouvais me poser sur ce terrain, je devais faire demi-tour et revenir au Bourget. Il fallait partir très tôt pour arriver aux aurores en Belgique. Il faisait à peine jour pour pouvoir se poser », raconte-t-elle ». Puis pour les suivants, le passager se fait accompagner de valises qui ressemblent plutôt à des cantines de métal l: » Ensuite est arrivé un chariot avec cinq ou six valises énormes et rigides. J’ai été surprise de voir de si grandes valises en métal […]. On a passé le filtre tous ensemble, mais le problème est qu’à cette heure-ci le Bourget est une vraie passoire. J’avais des doutes et je ne savais pas si la personne derrière son écran était vraiment regardante. » Ce jour-là, Samantha n’avait pas réussi à porter une seule des valises, tant elles étaient lourdes. L’avion à peine arrivé en Belgique, sur le petit terrain désaffecté, deux grosses voitures noires étaient venues récupérer le passager, environ 70 ans et d’origine flamande, ainsi que ses bagages ». Un second témoignage confirme l’étrange ballet au même endroit : « et cette fois-ci c’est Émilien, lui aussi pilote, qui s’y colle. Tout comme Samantha, il raconte un voyage en Falcon 10 à destination de la Belgique et de l’aéroport désaffecté de Saint- Trond. « J’ai récupéré au matin l’avion qui avait été chargé sans ma présence, dit-il. Pour pouvoir charger les valises, l’aménagement intérieur de l’avion avait été enlevé. Un seul siège pour le passager avait été gardé. » Le vol était « au départ du Bourget et à destination de Saint-Trond, raconte Émilien. Un endroit où l’on ne peut pas se poser par mauvais temps. Les instructions étaient de retourner au Bourget si l’on ne pouvait pas se poser. On est partis là-bas, on a pu se poser et on a été accueillis par une personne se présentant comme le directeur de l’aérodrome, mais je ne sais pas s’il s’agissait vraiment de lui. Il y avait deux grosses voitures : une de type 4 x 4 et une de type Espace. Ils étaient là pour prendre le passager et charger les valises. Le vol paraît louche mais, sur le coup, ce qui m’a paru bizarre est le fait de partir du Bourget et de devoir y retourner si l’on ne pouvait pas se poser ». Et cela s’est passé avant l’affaire de Punta Cana !!!

falcon 10Le Falcon 10 ? Un petit jet privé bien connu des militaires… et de l’Aéronavale, tient, quel hasard. Connu par Patrick Philippot, le plus capé des pilotes de « Cruse » (Crusader) qui a apponté apponté 867 fois dont 160 de nuit avec la célèbre 12 F, a fini sa carrière comme commandant de la 57 S sur… Falcon 10 « Mer », par exemple.  L’avion de Dassault, surnommé « miniFalcon« a  servi à tout chez les marins : « de transport VIP Marine et ministériels, pour des missions d’entraînement au profit des bâtiments à la mer telles que calibrations, radar, plastron, acquisition/ détection d’objectifs, et, pour les pilotes, entraînement radar et au vol sans visibilité ». Tous les pilotes de l’Aviation Embarquée, opérationnels habituellement sur les avions de l’Aéronautique Navale, passent un jour sur Falcon 10 de la SRL pour s’entraîner au VSV ou tester leurs qualifications. Les missions de liaisons englobent les nombreux déplacements qu’impliquent le commandement et la gestion d’une force navale. Certaines destinations peuvent être lointaines comme Dakar », par exemple » note le site dédié. Voilà donc pourquoi on trouve tant d’anciens pilotes de Crusaders que d’Etendard reconvertis en pilotes de petits Falcon… ou de plus gros, tant Dassault tient à garder ses avions proches les uns des autres pour faciliter le passage de l’un à l’autre. L’autre grand utilisateur de Falcon étant Olivier Dassault, qui possède le sien propre, peint selon ses goûts (une jolie réussite) avec lequel il s’était rendu à plusiers reprises en Colombie, dans la villa »Cactus »  de Thierry Gaubert témoin de mariage de Nicolas Sarkozy, une villa proche de celle de  Jean-Philippe Couzi – les deux sont reliées par un tunnel (2), comme celles d’Escobar -, l’ancien époux d’Astrid Betancourt, la sœur de l’autre) mais ça aussi c’est encore une autre histoire (3).

Etrangement, le même petit Falcon effectue en septembre 2012 plusieurs aller-retours entre Lyon et Burgas ou Varna tel ce trajet relevé le 13 septembre 2012 par Flight Radar :

trajet falcon 10

Des voyages vers la Roumanie ou la Bulgarie d’un côté, quelques uns vers la Belgique, SN-THS, cette micro-structure est très affairée en cette année 2012 (on peut avoir une idée de la taille de l’entreprise en regardant le peu de choses qui a été mis en vente aux enchères lors de sa fin : même en informatique, c’était le strict minimum, tout tenait sur un MacMini – à moins que l’essentiel ait été gardé par la justice !). En fin d’année, un premier voyage a lieu vers Punta Cana, en Falcon 50 déjà : « décembre 2012 : Le Bourget – Puerto Plata (République dominicaine) – Saint-Tropez avec escale aux Açores. A bord, on retrouve les pilotes Fauret et Odos, et Pisapia. Au retour, le Falcon transporte sept ou huit bagages très volumineux. Leur déchargement est digne d’un film à grand spectacle : deux voitures pénètrent sur le tarmac pour récupérer les valises. Frank Colin assiste à la scène depuis la terrasse de l’aéroport. Sa présence dans le Var ? Pour voir le « bel avion », justifie-t-il. François-Xavier Manchet, douanier de 48 ans, est en poste à Toulon. Vieil ami de Frank Colin, lui aussi est présent à Saint-Tropez à l’arrivée du premier vol du Falcon. C’est d’ailleurs grâce à son intervention que les deux voitures pénètrent sur la piste. Le dossier comporte plusieurs écoutes téléphoniques troublantes entre lui et Colin, comme ce jour où l’homme d’affaires lui demande de se débarrasser d’une voiture. En décembre 2012, Manchet établit un document officiel antidaté de déclaration d’espèces pour son ami qui se balade avec 500000 € en liquide ». Pour le fameux douanier, on y reviendra plus tard, si vous le voulez bien. On notera surtout la présence, déjà de Pisapia lors de ce premier vol, et le rôle trouble d’un douanier de la Môle. Difficile aujourd’hui pour les pilotes de dire qu’ils ne se connaissaient pas, ou si peu, comme l’a affirmé dimanche soir à la télévision Pascal Fauret : « Nous n’étions pas mariés. Depuis le départ, nous avons été noyés dans la dénomination ‘les quatre Français’ mais ce n’était pas un vol de copains. J’étais là dans le cadre de mon travail ». Certes, mais de porter des valises volumineuses des clients, toujours les mêmes, à plusieurs reprises, ça crée des liens d’amitié, même si ce n’est pas l’amitié virile des pilotes sur porte-avions…  des valises aussi lourdes que celles amenées en Belgique à St-Trond, via le petit Falcon !

gulfstream congoDe l’or (vrai ou faux ?) circulant en jet, un intervenant de forum déjà cité était venu en parler, mais dans un autre endroit du monde : l’Afrique. « Tout cette histoire me rappelle l’ affaire du jet privé à Goma en 2011, un sublime Gulfstream V,  immatriculé N886DT (Voir *) de la compagnie Arcadia aviation (ex VP-BEP, numéro de fabrication 636. ex N556GA and N910V, chez Amoco-BP),, la photo est un document FlightWare, est bloqué à l’aéroport après une course poursuite avec les policiers dans la ville où il a quelques morts. Il y avait 450 kg d’ or et 4 millions de dollars à bord appartenant à un seigneur de guerre local (officiellement – il s’agîssait de Bosco Ntaganda, surnommé « Terminator » en raison de sa sauvagerie proverbiale), qui vient d être transférer à la CPI de la Haye  (nota : son procès c’est ouvert le 2 septembre 2015) l’équipage a finit par être libéré, et l’avion convoyé à Kinshasa, peut être l’est il encore ? » avait écrit « warbirdreamer ». Et effectivement, à part que l’avion vole à nouveau : là aussi ça avait eu un côté « hollywoodien ». Ça ressemblait en effet à un film, là encore:  « C’est un coup digne d’Hollywood – jeudi dernier, un jet Gulfstream est arrivé à l’aéroport de Goma avec deux Nigérians, un Français et un Américain à bord. Selon les sources locales, l’avion a été immédiatement reçu par les gardes fidèles du général Bosco Ntaganda, inculpé par l’ICC. Ces soldats ont débarqué certaines boîtes et se sont dirigés vers la ville. Sboscoelon une version des événements, la Garde Républicaine s’est lancée dans la poursuite, mais s’est arrêtée quand elle a vu que les boîtes se dirigeaient vers la résidence de Bosco. L’équipage a été arrêté par les agents du renseignement congolais, les moteurs de l’aéronef encore en train de tourner. Et donc, qu’y avait-il dans les boîtes ? Selon le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, 6,8 millions de dollars. Les premières autorités congolaises ont suggéré que Bosco pouvait être derrière eux, mais le chef du renseignement d’Amani Leo, le colonel Wilson Nsengiyumva (également un ex-officier de la CNDP), a dit que Bosco avait dirigé cette opération d’infiltration contre les hommes d’affaires congolais anonymes qui « avaient essayé de voler les richesses du pays « .  Selon d’autres sources, cependant, Bosco (ici à gauche, photo du Great Lake Post) essayait de vendre en fait près de 500 kilos d’or – d’une valeur d’environ 20 millions de dollars sur le marché international, si elle est de qualité décente. Qui donc avait-il amené cet or à Bosco ? Il est vrai que beaucoup de ses soldats contrôlent des zones minières, mais le commerce de l’or passe en général par Bukavu ou Butembo, et pas par Goma. Et 500 kilos représenterait une somme énorme, un huitième de commerce de l’or estimé dans le Kivu, bien que ces estimations sont très approximatives, compte tenu de la nature clandestine de ce commerce. Et qui sont présumés et ses partenaires d’affaires ? enfant soldatLa presse suggère qu’ils sont américains, avec Edouard Carlos St. Mary III, Nigérians pour Adeola Ehinmola et Mukaila Aderemi Alexander Lawal, et un citoyen français avec Stéphane Franck M’Bemba. » Ce dernier étant un agent chargé de la sécurité de la Camac (pour « Cameroon-American » la société pétrolière installée à Houston de l’industriel Kase Lawal). Avant de quitter Abuja, l’équipe de la Camac avait reçu «les assurances, la haute considération et l’estime» du conseiller à la sécurité du président Goodluck Jonhattan, l’ambassadeur Layiwola Lasseinde ». Le gouvernement aussi s’était visiblement fait berner ! L’idée de base étant d’acheter les 500 kilos d’or congolais (ou 450) environ 10 millions de dollars, et d’en doubler la valeur une fois rendu aux USA… le deal avait été signé à New York même, le 2 décembre 2010, par un gros industriel américain d’origine camerounaise.. qui espérait cupidement doubler sa mise. Pour en revenit à « Bosco Terminator’, ce qui lui est activement reproché, outre cette affaire d’or, c’est surtout l’emploi d’enfants soldats (la photo plus que parlante provient ici d’Info Afrique).

dossier CAMAC ONUTout avait été étrange de bout en bout dans cette affaire d’avion débarqué réputé plein d’or (à droite la photo de l’appareil à Goma, dans le dossier à charge de l’ONU) : « le 15 mars 2011, le Gulfstream, les quatre passagers et le pilote sont transférés à Kinshasa, où le parquet général de la République se saisit du dossier. La justice autorise à garder 112 jours aux arrêts les inculpés, dès lors que ces derniers sont susceptibles d’être passibles d’une peine supérieure à six mois de prison. Mais Flory Kambage Numbi, le procureur général de la République, opte pour une «amende transactionnelle». Vendredi 25 mars, après avoir accepté de verser une amende de 3 millions de dollars (2,1 millions d’euros) pour «blanchiment de capitaux, achat illégal et détention illicite de substances minérales», les inculpés ont été libérés du centre pénitencier de Kinshasa. Libres de quitter le pays ». Superbe !! A part que les « prisonniers » sont logés au « Kivi Light Hotel » et que celui-ci… appartient à Bosco Ntaganda, qui ira jusqu’à leur proposer la note des 112 jours au tail d’un cinq étoiles, ce qu’il était loin d’être !

protagonistesLe 26, l’équipe redécolle du Congo… mais sans les lingots d’or, et même lesté de billets qui s’avèrent tous être des faux !!! Tout n’était qu’une immense arnaque, dans laquelle était tombée le business man Kase Lawal (en gris la présentation Powerpoint qui a servi d’appât), qui dans l’affaire avait perdu au bas mot… 30 millions de dollars (certains estiment la perte à 62 millions !). Dans le deal signé à New-York, il devait partager la somme à 40% pour lui, 30% pour l’américain St Mary et 30 pour le basketteur intermédiaire… (qui eux s’étaient fait payer semble-t-il !). Il s’était fait avoir, malgré son image d’industriel aguerri : Powerp3-d5c8a« sa société Camac Energy, dont le siège est à Houston, négocie aujourd’hui près de 100 000 barils de pétrole par jour, dont une partie produite dans ses blocks nigérians d’Oyo. Cotée au New York Stock Exchange, la société, est, avec près de 2 milliards de dollars (1,4 milliard d’euros) de chiffre d’affaires, l’une des plus importantes entreprises du business afro-américain. Ses contacts, tant avec les milieux politico-affairistes du Nigeria que dans les cercles du pouvoir américain et les milieux de l’énergie de Houston, ont permis à Kawal de devenir aux Etats-Unis incontournable dans le business international, particulièrement avec l’Afrique. Après avoir déjà été employé par les administrations Bush et Clinton au sein de commissions dédiées au commerce international, puis avoir contribué financièrement à la campagne sénatoriale d’Hillary Clinton en 2008, celui-ci a été nommé le 20 novembre 2010 powerp2-b9643par la Maison Blanche au sein d’un comité de 30 personnes sur la politique économique internationale« . Lawal un des généreux donateurs de la campagne électorale de Barrack Obama, s’était fait berner par des escrocs bien ordinaires (comme intermédiaire on était tombé sur Dikembe Mutombo, star du basket US originaire du Congo ancien joueur de basket de la NBA chez les Houston Rockets, converti à l’aide humanitaire…. et au profit) : « Le rapport de l’ONU nous apprend que Ntaganda et d’autres hommes forts de l’est-congolais sont de fait en relation avec «un réseau à grande échelle d’escrocs en faux or travaillant dans toute l’Afrique de l’est». Parmi eux, justement le Camerounais Eddy Michel Malonga, le vrai-faux propriétaire de l’or sur Nairobi, ainsi qu’un autre compatriote, Yusuf Omar, recherché par les services de renseignement congolais. Un homme qui, deux mois avant l’affaire du Gulfstream V de la Camac, avait utilisé la même arnaque pour tenter de gruger, a nouveau à Goma, et une nouvelle fois avec la complicité de Ntaganda, le passager d’un jet Hawker 4000 arrivé de Dubaï: le pakistanais Tariq Fawad Malik, agissant pour le compte de la très trouble société Black Pearl International. Arrivé au Congo avec deux millions de dollars en cash, il fit capoter le deal après avoir découvert que l’or qu’on lui proposait était en fait de la pacotille »…  L’avion utilisé était un jet Hawker-Beech 4000 immatriculé (photo de 2010 de Billy McNally sur Flickr), loué à Dubai Empire Aviation Group166 au nom de hawkerBlack Pearl Capital Limited, de Dubai, ayant comme adresse une boîte aux lettres (P.O. Box 211050). Un avion appartenant à UBS Leasing AG en Suisse, qui l’avait loué à Elegant Aviation Limited, aux bons soins de soins de la Codan Trust Company Limited, dans les îles Vierges britanniques !! L’avion étant alors exploité par Empire Aviation Group, de Dubaï ! Toujours la même série de sociétés écrans pour perdre les enquêteurs et leurrer la sécurité des aérodromes !!! Celui-là, en tout cas ne voulait pas se faire connaître. Sur Mutumbo, rien dans sa biographie sur l’affaire : on écorne pas une légende !

La suite fut pire encore pour la société qui avait fourni l’avion : « en raison de la saisie, Southlake se retrouvait en défaut sur les 43 millions de dollars de prêt sur l’avion et son créancier VFS Financement, une filiale de General Electric, l’avait poursuivi dans le comté de Dallas en mars 2011. Southlake s’était mis entre temps sous le chapitre 11 de protection de la faillite, le même mois. Le vendredi 21 Septembre 2012, le Dr Kase Lawal en en qualité de directeur de Camac était condamné à verser 32 millions d’indemnités aux propriétaires de Southlake Aviation, David Disiere, Teresa Disiere et Disiere Partners, après que le tribunal ait déterminé que les responsable de CAMAC International Corp avaient fait volé l’avion de Southlake au dessus du pays africain sans même avoir d’autorisation ». SN-THS, rappelons-le, n’a pas survécu longtemps à l’affaire de la saisie du Falcon… qui ne lui appartenait même pas. Aux dernières nouvelles, l’avion, désormais en piteux état sans entretien depuis plus de deux ans, est en passe d’être racheté » pour en faire… des pièces détachées ! J’ai traité en détail toute l’affaire ici. Southlake n’a pas résisté à la mise en faillite. On peut encore voir en vente aujourd’hui son autre Gulfstream N168WM datant de 1986.

Sur un forum, un intervenant ajoute sa pierre (précieuse !) au dossier : « fait intéressant: un tribunal de l’Arizona a décidé l’an dernier que deux hommes d’affaires étaient coupables d’avoir fraudé des investisseurs pour plus de 640 000 dollars dans un système pyramidal qu’ils avaient mis en place avec un certain Edward Carlos St. Mary qui dirige une société appelée Axiom (…) L’investissement ? Acheter des diamants. La devise de la société était « acheter pas cher, pour vendre haut. » Apparemment, ça n’a pas fonctionné cette fois ». Selon la presse américaine, l’une de ces personnes était en effet un négociant en diamants de Houston (Texas), Edward Carlos St. Mary (ici à droite), au « passé suspect » : il a déjà tenté d’autres escroqueries, dont il était à chaque fois passé au travers, d’aucuns affirmant qu’il bénéficiait pour cela de l’aide active de la CIA. « Des dossiers de jurisprudence à son égard montrent des jugements par défaut contre lui totalisant plus de 1,5 million de dollars et l’un d’entre eux lui enjoint de rembourser 700 000 de plus. Les avocats des lésés affirmant ne pas avoir réussi à localiser des actif de Carlos St. Mary qui n’a remboursé aucune fraction du montant convenu, quelque soit l’établissement concerné. En attendant, il vit dans une maison enregistrée au nom de son épouse d’une valeur de près de 1,6 millions de dollars aux Woodlands ». « Le gars était très charmant « , a déclaré l’avocat John Venzke, qui représentait un groupe de trois investisseurs qui ont perdu de l’argent avec lui « il vendrait de la glace aux Esquimaux s’il le pouvait ». Un site s’inquiète de ce lien supposé : « revenons au jet en question, selon le ministre Lambert Mende, porte-parole du Gouvernement congolais, le jet en question est recherché par les autorités américaines, mais il se cache au Congo pour l’exploitation des minerais du général-épicier. Au fait, ce jet trafiquait de l’or, tandis que selon Mende, il était recherché pour trafic de drogue, d’armes et munitions de guerre. Allez-vous croire que les services américains soient assez incompétents pour ne pas réussir à localiser ce jet ? ». Car c’est bien là tout le problème :disiere house l’appareil aurait-il aussi servi pour d’autres trafics illicites ? On songe à des armes, ou à de la drogue, avec les vilaines habitude de la CIA !!! » Selon Daniel Hopsicker, David Disiere lui-même, qui se présentait partout comme pilanthrope, n’était pas non plus un saint. Sa société d’assurances Cascade Insurance Co. de Shreveport en Louisiane tombée en faillite, il avait recruté comme homme d’affaires l’ancien Gouverneur Edwin W. Edwards contre qui il témoignera en justice, alors qu’ils étaient tous deux accusés de détournements de fonds leur valant jusqu’à 200 années de prison ! D’autres casseroles furent aussi reprochées à Edwards : le congressiste  Cleo Fields avait ainsi été filmé en 1997 recevant 20 000 dollars en billets d’Edwards ! Il  sera condamné à 10 ans pour racket. En 2014, il souhaitait à nouveau se représenter au Congrès ! Il perdra largement (32% contre 68 %) face à son concurent républicain  Garret Graves, Disiere continuant lui à vivre dans sa luxueuse propriété  de 1452 m2 à Southlake, avec ses 7 garage pour une valeur de 3 500 000 dollars (ici à droite).

1-million-dollarsOk, allez-vous me dire, mais SN-THS dans tout ça ?  Eh bien la société installée à Bron, soupçonnée de transporter aussi de l’or par la juge qui instruit actuellement l’affaire avait aussi un pied à terre en Afrique, dans le même pays que celui où avait atterrit le Gulfstream aux faux lingots, une société dont les déboires mirobolants pourraient aussi expliquer plein de choses. Mais ça, ça sera pour demain si vous le voulez bien… une chose à la fois, ce dossier est tellement lourd ! Presqu’aussi lourd que 26 valises à bord d’un Falcon ? 26 valises qui ne pouvaient pas contenir de l’or cette fois-là, car sinon, me chuchote à l’oreille l’ami Falcon, l’avion n’aurait jamais réussi à décoller (4) ! La piste, revenue récemment sur la discussion via l’ineffable commandant de bord Philippe Henneman , lui aussi ancien de l’Aéronavale, s’effondre en toute logique. Reste celle des devises… Même en petites coupures, 2,3 m3 de billets de banque… font également un joli paquet : comme le dit ici un bloggeur, répondant à l question « Quelle place peut prendre 1 million de dollars en grosse coupures (des billets de 100$) ? » .  « Et bien voici la réponse, 1.000.000$ ça tient dans un sac McDo, un tambour de machine à laver, un bac a légume de frigo ou un micro-onde ! C’est assez compact en fait … » A 2 millions chaque valise comme évaluation, on est déjà à 52 millions de dollars. Ce qu’a gagné l’actrice Jennifer Laurence l’année 2014. Ou le prix des permis d’exploitation des gisements miniers de cuivre et de cobalt de Luiswishi et de Lukuni (à 20 km au nord de Lubumbashi, la deuxième ville en taille de la République démocratique du Congo), cédés par La Gécamines à Congo Dongfang International Mining, filiale locale du groupe minier chinois Zhejiang Huayou Cobalt Co...!!! Ne reste donc que … la coke, comme solution !

L’exemple est devenu un cas d’école, intitulé ici « Business Aircraft Operations: Transactional and Operator Risks What can really go wrong when things go wrong? » signé David M. Hernandez, Vedder Price P.Cn chez Corporate Jet.

http://www.chron.com/news/houston-texas/article/Case-of-the-big-man-and-the-oil-man-2532426.php

http://www.mediacongo.net/show.asp?doc=19647#.VjfkbbzQbcc

http://www.theatlantic.com/international/archive/2012/03/the-warlord-and-the-basketball-star-a-story-of-congos-corrupt-gold-trade/253813/

« Evidemment, les membres de la famille de la star du basketball n’ont jamais été arrêtés et le nom de Mutombo n’a jamais été mentionné dans cette affaire jusqu’à la publication d’un rapport de l’ONU sur l’activité des milices congolaises dans lequel il a été démontré que Mutombo Dikembe et sa famille étaient à la tête de ce complot.  Quand on interroge Mutombo Dikembe et M. Lawal sur cette transaction, ils affirment tous deux n’avoir aucun commentaire à faire. Mais M. Carlos déclare avoir gardé des preuves de ce marché (enregistrements et copies de SMS).Selon le négociant de diamants, la dernière fois qu’il a vu l’or, il était dans un coffre à la Banque Centrale du Congo et il sait juste que le Général Ntaganda a fini avec une partie considérable de l’argent de M. Lawal et que le reste est sûrement entre les mains du gouvernement ou ne fusse que les $3 millions de l’amende perçue [pour leur libération]. Et lui rien…. Je suis sûr que ce qui s’est passé n’était qu’un plan sournois et calculé » a-t-il déclaré.

Note de l’auteur (*):

 L’ami Falcon me précise que Le F10 F-GPGL dont il est question dans l’article a été vu à St Trond le 10 décembre 2012, pour le vol THZ103, décollage à 7h52 GMT, que le Falcon 10 n° 103 F-GPGL attribué par moi à SN-THS ne leur appartenait pas en fait : « il s’agit exactement d’un Falcon 100 (avec un 4ème hublot à droite) qui appartenait à Polygone SA, une filiale de GL Events / Olivier Ginon, le 3ème actionnaire de SN THS juste pour pouvoir utiliser leur hangar. SN THS n’a jamais possédé d’avion en propre. et enfin que le Gulstream de la « photo du N886DT n’est pas le G-V-636, mais le G-III-463″…

(1) c’est la famille qui gère le château de Vaux le Vicomte, propriété familiale.

(2) Le document fort intriguant reçu le 1er juillet 2011 par Gaubert et envoyé par Couzi est ce mail, qui évoque la vente de « Nibar », un bar à prostituées au nom évocateur (pour des français !) mais aussi des travaux bizarres, dont la démolition d’un « quai » et d’un « mirador »  et l’existence d’un « tunnel qui n desservirait  » après travaux « que la terrasse de ta chambre »… un tunnel ? Mais pour quoi faire ?

(3) racontée ici :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/sarkozy-apres-le-mega-naufrage-le-110787

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/sarkozy-apres-le-mega-naufrage-le-111035

(4) en l’occurrence : une valisette  » Spinner Cosmolite »de Samsonite fait comme dimensions  69cm x 46cm x 29 cm = environ 92 litres (0,092 m3). 26  exemplaires font donc 2,39 m3 de capacité totale. Un seul m3 d’or pèserait déjà à lui seul… 19,3 tonnes !

On peut relire :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/une-election-americaine-ca-se-151926

document essentiel ; le rapport de l’ONU sur les ressources minérales de la République Démocratique du Congo et leur convoitise, où apparaît Mutombo.

http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=S/2011/738

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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    L’ami Falcon me précise que Le F10 F-GPGL a été vu à St Trond le 10 décembre 2012, pour le vol THZ103, décollage à 7h52 GMT, que le Falcon 10 n° 103 F-GPGL attribué par moi à SN-THS ne leur appartenait même ps : « il s’agit exactement d’un Falcon 100 (avec un 4ème hublot à droite) qui appartenait à Polygone SA, une filiale de GL Events / Olivier Ginon, le 3ème actionnaire de SN THS juste pour pouvoir utiliser leur hangar. SN THS n’a jamais possédé d’avion en propre. et enfin que le Gulstream de la « photo du N886DT n’est pas le G-V-636, mais le G-III-463″…

    comme quoi il faut rester attentif !!