Accueil / L O C A L I S A T I O N / AMÉRIQUE LATINE / Grand guignol à Punta Cana (2)

Grand guignol à Punta Cana (2)

Hier, nous avons fait connaissance d’un personnage intervenu dans l’incroyable affaire barbouzarde de Punta Cana. Si le sujet est intéressant, ce n’est pas par son côté « sportif » ou « mercenaire » en goguette. Non ce qui est le plus passionnant, c’est de voir comment l’extrême droite s’y prend quand il s’agit d’intoxiquer les médias, en distillant ici et là des opinions ou des avis, qui peuvent très bien être le contraire les uns des autres, la particularité de ce mouvement étant qu’il repose sur des personnalités, fort imbues d’elles-mêmes, qui travaillent parfois ensemble sur un sujet commun, mais qui laissent vite apparaître leur différences, sinon leurs oppositions. Deux jours après avoir laissé fuiter leur implication, ils s’écharpent déjà devant les caméras ! Et ce spectacle vaut le détour, entre un conseiller en sécurité déjà pris en défaut, un député européen aux propos anti-homos ou contre l’avortement ou l’islam sidérants, une journal d’extrême droite venu relayer ses exploits en ignorant les autres participants et derrière le rideau un Jean-Marie LePen habitué au tourisme à Punta Cana, apparu sous forme d’un autre (jeune) larron encore. C’est bien Grand guignol qui a débarqué là-bas… sous les yeux d’une marine française bien absente, alors qu’elle surveille la région depuis des années, et d’un gouvernement resté sans voix, n’étant visiblement, pas désireux de se mettre à dos les militaires, tous, jugulaire au menton partisans de « faire quelque chose » pour deux « ex » d’entre eux. Bienvenu au Grand Cirque antillais, bienvenue aux surprises et aux étonnantes révélations sur l’emprise de l’extrême droite dans les médias français et chez les militaires.

naudinChristophe Naudin, pour y revenir, malgré ses casseroles (évoquées précédemment), est un agitateur qui n’est pas dénué d’un solide sens du commerce, car c’est aussi une des personnes qui vit sur la peur que l’on fabrique parfois : outre sa société prise dans la tourmente IKEA est aussi à la tête d’une autre société de sécurité (Caps Training, axée sur l’imager scanner) qui profite de la peur créée par d’autres, ou même… par ses soins (dans son listing, une bonne partie des aéroports français : on conçoit qu’à partir de là il se soit créé quelques facilités pour lui-même ou deux de ses nouveaux amis !). Dans un reportage terrible sur lui réalisé par Elise Lucet, on comprend mieux les principes biaisés qu’il utilise pour « placer » sa société de sécurité. Dans ce saisissant reportage, il se fait en effet piéger et ridiculiser en avouant toucher de l’argent d’une entreprise qui fabrique des broyeurs-déchiqueteuses de documents, alors que dans un autre reportage télévisé on le voyait fouiller une poubelle pour en sortir un papier dont il affirmait qu’il permettait de « voler l’identité » de celui qui l’y avait jeté. Pris sur le fait, dans le reportage, de bien montrer en évidence la MARQUE du broyeur, en gros plan, il sera obligé de reconnaître que oui, il avait passé un accord avec les fabricants pour faire ce reportage qui une fois encore attisait la peur chez les gens (il avouera en tirer « 2000 euros par an » dans l’interview). Le « spin-doctor » s’en prend plein la tête ce jour-là, car Elise Lucet, plutôt tenace, on le sait, démontre avec brio que ces peurs manipulées sont totalement bidonnées. Dans son reportage sur  » « Le Business de la Peur », c’est à 55 minutes après le début du visionnage. Vous le verrez fuir physiquement  les questions  embarrassantes pour lui quelques minutes plus loin… lorsqu’on lui montrera les tripatouillages des chiffres de l’usurpation d’identité,  annoncés à 210 000 par lui et à 10 297 par la Police… On sait que la peur de l’autre est un des moteurs essentiels de l’extrême droite, et Naudin participe donc à créer cette atmosphère qui favorise grandement l’explosion de l’extension des idées d’extrême droite, justement. Naudin a d’autres dadas aussi, telle la biométrie, qu’il tente d’imposer partout… car bien entendu il tire profit directement des installations de protection y ayant recours, avec sa société « Caps Training ». Bien entendu, il se défend d’être lui même d’extrême droite…

Le procureur dominicain si décrié (son procès a été bâclé, ça personne n’en doute pour ne pas trop mettre en évidence la déliquescence des services de lutte contre le trafic de cocaïne, dans lequel un nombre considérable de fonctionnaires dominicains est impliqué, sur ce quoi je reviendrai aussi ici, soyez en sûr) ne connaissait pas la personnalité sulfureuse de l’homme venu en tant qu’expert aérien, mais il avait bien perçu que l’ancien fouilleur de dossier de la police française ne venait pas seulement formuler une parole experte. Il venait donner un coup de main direct aux deux pilotes, qui avaient déjà semble-t-il pris contact avec un autre personnage connaisseur à la fois de l’armée et de la République Dominicaine. Ça c’est la deuxième découverte qui nous relie à nouveau… à l’extrême droite, encore elle. On l’a en effet assez vite appris, par l’individu lui-même, qui a tôt fait de mettre en ligne une étonnante photo sur son compte twitter. En date du 21 octobre, on  voyait en effet un Aymeric Chauprade en mocassins pour bateaux entouré des deux pilotes en tongs et sandalettes, photographiés à l’hôtel Embajador où ils résidaient (ils n’étaient donc pas repartis en prison pendant leur appel). Prêts à prendre le bateau, en quelque sorte. Voire l’hélicoptère comme on l’a appris… d’un journal d’extrême droite, Valeurs Actuelles, très fier visiblement d’impliquer Chauprade dans l’affaire, avec preuves à l’appui… Tout cela sentant fort l’orchestration d’officine ou les dissensions internes (c’est à qui sort le scoop le premier pour tirer la couverture à lui !). Quant à s’assurer de quel bord politique est ce sauveur tombé du ciel, pour cela, il suffit de jeter un œil sur son compte twitter, où juste en dessous de son post du 21 figure celui de la veille, qui se présente ainsi :

chauprade bis

C’est pour le moins flagrant ! On a bien affaire à un extrémisme de droite. Et à une organisation très fière de nous présenter au plus vite comment elle a opéré : et là, comme par hasard encore, c’est le magazine le plus à droite existant en France (avec Rivarol), « Valeurs Actuelles », qui ne tenant plus, a lâché le morceau. UnknownEn donnant sans s’en apercevoir, trop entraîné dans la gloriole à tirer du rapatriement, un élément fort important du puzzle. Valeurs Actuelles, il faut le savoir, fait partie du groupe Valmonde qui est devenu une filiale à 100 % de la holding Dassault Communication de Serge Dassault avant de passer chez  Sud Communication, (avec Pierre Fabre), le résident du comité éditorial du groupe Valmonde étant  François d’Orcival. De son vrai nom Amaury de Chaunac-Lanzac, celui qui aujourd’hui encore commet des éditoriaux provocateurs et choisit des « unes » immondes (telle celle-ci, ou celle figurant à gauche ici dans le chapitre). Partisan de l’Algérie française dans sa jeunesse, il a débuté sa carrière politique chez  Jeune Nation (mouvement d’extrême droite dissous en 1958) pour devenir le président de la Fédération des étudiants nationalistes mais en écrivant en même temps dans la revue  Défense de l’Occident de Maurice Bardèche mais aussi à celle de de Dominique Venner, le suicidé de Notre Dame (Europe-Action). Valeurs Actuelles, si désireux de montrer que l’extrême droite est bien derrière l’affaire (ça semble vraiment les exciter comme des puces cette affaire !) a en effet sorti rapidement un dossier surprenant sur comment s’est passée l’exfiltration des deux pilotes. En mettant en ligne une surprenante preuve des préparatifs: celui de la location d’un hélicoptère de la société Helidosa. Notamment son Bell 429 Global Ranger, numéro de série 57142 et immatriculé HI931, recruté pour transporter les deux évadés vers les Antilles. HI-931Le magazine prend un malin plaisir à montrer la facture réglée par Chauprade en personne : 12 110 dollars, ce qui n’est pas rien. Qui donc a pu le renseigner ? On songe au même Chauprade, bien sûr, ravi de se faire une telle publicité !! On n’imaginait pas l’ex titulaire de la chaire au Collège Interarmées de Défense, devenu depuis député européen, capable de sortir une telle somme pour ce qui est complaisamment présenté, en prime, comme une opération de diversion dans la rocambolesque présentation de l’opération. Pourquoi donc Chauprade, s’interroge alors la presse, qui découvre vite qu’il connaît très bien la République Dominicaine, et dont les amis – et les ennemis- sont forts intéressés à détruire sur Wikipedia par vandalisme d’IP tout ce qui pourrait nuire à sa réputation Visiblement, ce monsieur n’a pas que des amis dans la vie ! C’est Europe 1 qui a lâché le premier le morceau sur son cas : « parfait connaisseur de la République dominicaine. Toujours est-il que la République dominicaine est un pays qu’Aymeric Chauprade connaît bien. Géopoliticien, il a été conseiller de l’ancien président, Leonel Fernandez, et a résidé quatre ans durant sur le territoire. L’homme a aussi uAVEC-LE-PRESIDENT-DOMINICAIN-2009-300x225ne carrière militaire, puisqu’il a été professeur au Collège interarmées de défense et officier de réserve dans la marine nationale. » Un Leonel Fernandez, dont un trafiquant notoire, Quirino Ernesto Paulino,  condamné à 10 ans de prison pour trafic de cocaïne, a dit il y a peu (en février dernier) qu’il lui aurait reçu de sa part 4,6 millions de dollars en cash de 2002 à 2004 … Quinto, arrêté en décembre 2004 avec 1,4 de coke, la plus large saisie jamais faite en République Dominicaine ! Cas particulier de Quririno : c’est un homme d’affaires mais aussi, et c’est plus courant là-bas, un ancien capitaine de l’armée de la République dominicaine (dans la Force aérienne dominicaine ou FAD): la République Dominicaine n’est certes pas le Danemark de Shakespeare, mais plusieurs choses semblent quelque peu pourries dans le pays !!!


dahitsu5
La prise qui remonte à loin était assez faramineuse en effet. « Le 18 Décembre, 2004 a été découvert et arrêté un camion contenant 1.387 kilos de cocaïne, d’une valeur de 30 millions de dollars, qui provenait de Colombie. Le camion venait de la région sud de la République Dominicaine et se dirigeait vers la région industrielle du Nord, pour en traiter le contenu et et l’envoyer vers leur destination finale, les États-Unis. Le conducteur du camion était Tirso Cuevas Nin, en compagnie de l’ancien colonel Lidio Arturo Nin Terrero, dahitsu2ce dernier était le chef de la prison de sécurité maximale de Azua qui, au moment de son arrestation, se déplaçait dans le petit camion Daihatsu (cf. les quatre images provenant de la DNCD). Les deux ont été interceptés par des agents de la DEA et de la Direction nationale de contrôle des drogues (DNCD). Nin Terrero a déclaré être juste un passager et a affirmé ne pas savoir ce qui était dans le camion. Jusqu’au 18 mai 2008, Nin n’a jamais changé sa déclaration selon laquelle il a reçu une « bola » (c’est un remède de cheval du pays, constitué d’une boule dont les ingrédients sont non précisés, qui est dissous dans l’eau et bu comme les gens pour les faire guérir). Des questions sur le rôle du président, dahitsu6d’un pays soumis au narcotrafic, ce n’est pas ce qui manque. Pour lui, bien sûr, l’affirmation du trafiquant n’était de la provocation et de l’agitation politique. Et pourtant, des événements aujourd’hui oubliés demeurent fort troublants. En 2008, par exemple, le pilote Harold Manzano Garcia était tombé entre les mains de la  Dirección Nacional de Control de Drogas (DNCD), avec à bord de son appareil, un modèle Areospatiale dahitsu4Dauphin AS365N2 de couleur bleu-nuit immatriculé N646GE.  Chauprade a cette époque-là n’est pas encore conseiller du président dominicain, avec qui il se fera complaisamment photographier… en 2009 (photo chapitre du dessus, mise en ligne sur son propre CV). Il est resté quatre ans à son service, entre 2009 et 2012. Le 4 octobre 2012, le même hélicoptère présidentiel se fera remarquer en taillant en pièces un coin de hangar de l’aéroport Higuero, à St Domingue, piloté cette fois par un dénommé Fidel Báez (voir ci-dessous à gauche). Le N646 GE était en fait un hélicoptère de remplacement de l’appareil officiel, dont les problèmes récurrent avaient provoqué son envoi aux Etats-Unis en 2013 : il datait déjà de plus de 20 ans.

hangar endommagéMais ce fameux hélicoptère défaillant va faire l’objet d’une étrange présentation chez les soutiens des deux pilotes alors encore retenus. Dans la revue « Piloter », qui a ouvert ses colonnes au collectif pour faire rentrer en France les des deux pilotes, un article est en effet bizarrement  consacré au « fameux » à hélicoptère présidentiel :  « la présidence de la République Dominicaine ne dispose qu’un d’un vieil hélicoptère Dauphin AS 265-N (immatriculation 3029 de la Fuerza Aera de la Républica Dominicana). Un mois avant le verdict condamnant Pascal Fauret et Bruno Odos, on a appris que, « faute de crédit pour payer la réparation », le Dauphin était simplement « abandonné » dans l’atelier américain où il avait été mis en révision. Il serait question de le remplacer par un Falcon 50 d’occasion… Coup de chance, la Dirección Nacional de Control de Drogas est placée sous les ordres directs du Président de la République. » Les sous-entendus des défenseurs des pilotes ont été fort surprenants parfois durant ces derniers mois. L’info provenait de acento.com.do et d’Hispanola TV. La thèse défendue par Jean-Pierre Otelli, de « Piloter »(ici en Fouga Magister (1)) étant assez simplette : « c’est un secret de polichinelle à Saint-Domingue que cet acharne- ment a été motivé par la volonté de protéger les véritables responsables au sein des services dominicains, mais aussi dans le but de s’approprier l’avion. Les autorités dominicaines pensaient qu’une condamnation de l’équipage impliquait obligatoirement la saisie définitive de la machine » écrit-il en août 2015Une thèse qui était largement répandue dans l’entourage même des deux pilotes, dans les forums surtout : selon ces gens, le Falcon 50 sur lequel aurait lorgné les dominicains aurait ainsi été en quelque sorte « kidnappé ». Une thèse pratique pour évacuer tout problème de contenu : c’était donc le contenant qui était visé !!! Simplette, en effet, cette théorie l’était ! Le nouvel hélicoptère présidentiel est devenu en réalité un peu plus tard un Dauphin, EC 155B, datant de 2004, acheté aux États-Unis et amené au pays le 7 Juillet 2014. C’était l’ex N151PM, ex N151MP, ex G-LBAI, ex N672LE.. photo ci-dessous). le premier modèle du type EC 155 avait volé en 1998. Le Falcon d’Afflelou retenu n’avait donc en fait rien à voir dans ce remplacement d’appareil présidentiel ! On avait bien eu affaire à une manipulation orchestrée et entretenue par le comité de défense des deux pilotes !

N672LE

Le hic, surtout, c’est que c’était aussi pour en revenir à  2008 le pilote personnel « bis » du Président de la République N646 GE; et que c’était aussi devenu l’hélicoptère de la présidence, en effet. Pour se défendre, le responsable du bureau présidentiel Rafael Nunez avait évoqué un « frère » de Garcia, et que celui-ci ne « pilotait qu’occasionnellement l’hélicoptère »… En répense aux attaques, le président demandera à ses militaires et ses policiers de faire corps contre ces accusations sans vraiment susciter l’enthousiasme. L’explication du pourrissement constaté tenant dans l’affaire Rosado Fermin, dont je vous parlerai bientôt en détail : en résumé le directeur d’une compagnie aérienne mêlée à un trafic de cocaïne. Ses nombreuses indélicatesses fiscales l’avaient fait repérer. Elles mèneront à au carte de Los Sapos (le gang des crapauds)  mais aussi… à celui de Sinaloa, au Mexique. Parmi les personnes arrêtées dans ce vaste coup de filet, on relèvera Juan Ramon Perez Rosado, qui était aussi un ancien officier de la police nationale, Carlos Manuel Ramirez de la Force aérienne, et le Lieutenant Henry Valdez Garcia. L’armée, en première ligne dans le trafic, comme c’est le cas… Au Venezuela ! Dans un épisode de « Coke en Stock » à venir, vous verrez que cette découverte impliquait aussi le patron de CaribAir, lui aussi accusé de narcotrafric. avin incendiéEtrangement, le 11 mars 2014, un juge, Elka Reyes Olivo, libérait une bonne partie de ceux impliqués, leur interdisant de sortir du territoire, tout en effectuant la saisie de 4 appareils détenus depuis octobre 2012. « Dans l’acte d’accusation, on pouvait lire qu’au début de 2012, un agent infiltré de l’état comme pilote, pour déterminer dans quel le but avait-il été embauché pour faire se poser en Apure, au Venezuela, un avion bi-moteur et recevoir en récompense 40 000 dollars » note ici Arecoa.com, laissant entendre que depuis 2012 tout le monde était surveillé, et que certains vols avaient été suivis, en attendant de plus gros chargements à prendre en flagrant délit… la justice et la police dominicaine (ainsi , visiblement, cherchait à remonter vers de plus gros poissons encore… le New-York Times avait lui aussi découvert ce trafic, montrant le 26 juillet 2012 la photo du Cessna T210 M Centurion immatriculé XB-KTC tombé en pleine jungle de l’Apure le 7 mai (2012). Selon le bureau du Safety Network, ce sont deux appareils qui avaient été brûlés par les vénézuéliens, et non abattus, le début d’une autre longue saga dont j vous ai déjà parlé ici. Les photos des deux appareils avant et après leur incendie avaient fait la une de Noticias 24, visible ici. Le journal américain diffusait alors un incroyable schéma : celui du nombre d’appareils (121 !) ayant décollé du Venezuela pour atterrir prioritairement au  Honduras, ainsi que dans tout l’arc ouest du Golfe du Mexique, mais aussi vers Haïti et… la République Dominicaine. Selon le schéma, les convoyages par voie aérienne ne représentaient que 20% du trafic !!! Sachant que le plus petit modèle (le Centurion) pouvait contenir jusqu’à 600 kilos de cocaïne, c’est donc au minimum 72 tonnes qui auraient ainsi transitées par la voie des airs ! 

sub-venezuela3-popup

Parmi les personnes arrêtées, des militaires, donc; mais aussi des gens de la DNCD et des policiers : Hiraldo extradéce fut ce jour-là un camouflet complet contre la lutte antidrogue que prônait alors Leonel Fernandez… d’autant plus que l’on avait fini par remonter jusqu’au cerveau de l’affaire, qui n’était autre que Francisco Antonio Hiraldo Guerrero, l’ancien directeur en personne de la DNCD de 2006 à 2008, et dont l’adjoint direct s’appelait …. Quirino Paulino !!! Grâce à la drogue, l’homme avait engrangé 14,6 millions de pesos sur 25  comptes bancaires différents, dont 19 à son nom (ou à celui de sa belle-mère, Céleste Peña González de Vries !). Les biens immobiliers ayant été mis au nom de sa femme, Bethany Rivas Peña de Hiraldo. l’un des immeubles d’Hiraldo abritait la Fundación Dios es Bueno (« Dieu est bon ») ! Le président Fernandez pouvait-il être ignorant de ce que manigançait véritablement son responsable de l’antidrogue, la question reste en suspens. Ce que lui a alors conseillé de faire Chauprade en est une autre…  lors de l’enquête il avait été calculé qu’Hiraldo Guerrero avait au moins effectué 25 voyages d’en moyenne 400 kilogrammes de cocaïne, chacun équivalait à 100 000 dollars minimum. Le président pouvait-il ignorer à ce point une telle dérive ?

FiestaChauprade, donc, conseiller » du même président, et la galaxie frontiste qui l’entourait toujours à l’époque (depuis une sortie islamophobe à l’emporte pièce, Marine LePen a pris ses distances avec lui) : « L’implication du FN en République dominicaine ne m’étonne pas », confie à L’Express un bon connaisseur de la vie politique locale. Selon cette source, Jean-Marie Le Pen s’est rendu à de nombreuses reprises en vacances sur l’île, hébergé chez un homme d’affaires corse et « facilitateur » des investissements hexagonaux en République dominicaine. Un « très proche » de Leonel Fernandez, l’ancien président qu’a conseillé Aymeric Chauprade pendant trois ans. «  Ah tiens, voici la mouvance corse maintenant ! Ne manquait plus qu’elle !Historiquement, c’est tout ce qu’il y a de plus évident, pourtant.  Rappelons que la célèbre bande de la Brise de Mer, auteur d’attaques de type militaire, au bazooka notamment, avaient élu justement domicile en République Dominicaine dès 1998 : « au mois de mai 1998, des informations selon lesquelles « un groupe de corses » serait arrivé en République Dominicaine en novembre 1997 pour acheter un hôtel-casino, « le Dominican Fiesta » (ici en photo promotionnelle à gauche), pour une valeur de 12 millions de dollars. Parmi les membres de ce groupe figurent MM Luciani et Rossi ainsi qu’une femme prénommée « Marie-Claire », architecte de profession. Les points de contact du groupe, implantés dans la partie hollandaise de l’île de Saint-Martin, sont deux sociétés d’acheminement de courriers et de valeurs. Ces sociétés, « Fernandez courrier service » et « Caribe United », acheminent l’argent, de Miami à l’aéroport international de Saint-Domingue où il est récupéré par le patron, d’origine corse, d’une société implantée sur l’aéroport. La somme transférée au mois de mars 1998, s’élève à 6 millions de dollars, et est portée à la connaissance de la police française mais le manque de coopération des autorités de la République dominicaine ne permettait pas d’approfondir, ni de vérifier ces renseignements » (2)…  les mêmes qui avaient des liens avec des mafieux russes, à Kemerovo, avec l’obscure banque de transport Kuzbass (Kuzbasty  transporty bank) du mafieux Vladimir Slabskin, qui gérait un casino à  Kemerovo. 

chauprade blondasseChauprade (ici aux côtés de Marine le Pen) est en effet également un chaud partisan de la Russie et de ses nouveaux riches tendance russes blancs : « le géostratège du FN avoue se rendre plusieurs fois par an en Russie, où il a tissé de nombreuses «amitiés», notamment avec le milliardaire Konstantin Malofeev, qui consacre une partie de sa fortune et de son entregent à la promotion de la famille russe, de l’orthodoxie mais aussi des séparatistes ukrainiens. Kiev le considère comme le grand argentier des «bandes armées» dans l’est de l’Ukraine.  » Malofeev, qui alimente la guerre en Ukraine et se présente comme celui qui parle à l’oreille de Poutine, dans… Valeurs Actuelles ! L’homme, qui est aussi à la tête du fonds d’investissement Marshall Capital, et de la fondation (caritative) Saint-Basile-le-Grand, a été sanctionné par l’Union européenne pour « financement illégal de groupes armés et d’actions terroristes » en Ukraine ! Le 4 juin 2014, Chauprade a organisé à Vienne avec l’aide (et l’argent de) Malofeev (photo signée Radiovox) une journée de rencontres entre élus du Front national français (FN), des des ultranationalistes russes, dont le « célèbre » Russe Alexandre Douguine, qui en France (3), passait au « Local » de Serge Ayoub (!) ceux du FPÖ autrichien et du parti bulgare Ataka, fasciste et xénophobe… fin septembre 2014, oligarqueLe FN contractait un prêt de 9 millions d’euros auprès de la banque russe First Cezch Russian Bank (FCRB)…  un financement pour lequel  Jean-Luc Schaffhauser, un ancien consultant de chez Dassault, aurait beaucoup joué de sa personne. en dénichant cette banque… minuscule. Selon Mediapart,  « parallèlement à l’emprunt par le FN de 9 millions d’euros, l’association de financement présidée par Jean-Marie Le Pen a reçu, en avril 2014, deux millions d’euros d’une société chypriote détenue par Yuri Kudimov, un ancien du KGB reconverti dans la banque d’État russe VEB Capital. L’argent a été envoyé depuis un compte suisse. Le Pen affirme qu’il s’agit d’un prêt »… bien sûr. Autre gag de la saga interne du FN : dans un numéro de Spécial Investigation fort récent de Canal *+, le fameux Chauprade se plaignait à mots couverts de l’influence de Malofeev sur le groupe de Marine le Pen en le catégorisant comme étant…. « mafieux «  !!! 210015799Officiellement, c’était pourtant un « ami« . Ces gens-là sont décidément complotistes et paranos en tout ! En photo à gauche, Aymeric Chauprade au forum sur la famille à Moscou le 10 septembre 2014… il avait débuté ce jour là son discours par un retentissant « éminences honorables, invités, chers amis ! Je voudrais remercier les organisateurs de ce forum sur la famille et le futur de l’humanité. Avec une attention particulière pour la fondation St. André et pour mon ami Konstantin Maloféev que je salue ici, qui s’investit beaucoup pour la défense de notre cause patriotique et spirituelle »..  un discours fort applaudi. Juste après, une tirade marquait son territoire de pensée fort… limité : « cette guerre prend une forme individualiste dont les gouvernements de l’UE et le gouvernement des USA sont les principaux promoteurs. Ils se font les promoteurs de la culture de mort contre la culture de vie, de l’avortement, de la destruction du mariage fondé sur la différence sexuelle, de la théorie du genre, de tout ce qui va contre la vie et de tout ce qui est en train de construire un monde de barbarie ». Sous un costume bien coupé d’honnête homme, Chauprade enfile les perles anti-homo et Pro-vie à l’encan. Une vraie caricature, et une vraie duplicité surtout !

montretoutLes comptes suisses de LePen, alimentés en lingots d’or ? Un vieux serpent de mer, soulevé la première fois en 1981 avec l’annonce d’un compte ouvert chez UPS; mais revoilà qu’il ressort du Golfe du Mexique avec le journal Mediapart, qui en a retrouvé un autre, doté de 2,2 millions d’euros, un joli bas de laine composé en majeure partie, effectivement, de… lingots d’or. Jean-Marie collectionne les lingots, depuis son héritage « capté » des ciments Lambert (4).  « Si Jean-Marie Le Pen a souvent défrayé la chronique judiciaire, ce n’est pas que pour ses jeux de mots racistes. Les conditions de son héritage du cimentier millionnaire Lambert en 1976, qui l’a rendu propriétaire de l’hôtel particulier de Montretout, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), d’un immeuble parisien, d’avoirs financiers conséquents, posent question. Une fortune estimée à « 40 millions de francs lourds » par son ex-épouse, Pierrette Le Pen. La même que Le Pen chargeait, racontait-elle à Genève Home Informations en 1987, de retirer de son compte suisse des « petits nègres », code correspondant à 10 000 francs. En 2013, Le Pen justifiait ses voyages en Suisse dans les années 1980 par la diabolisation subie alors, ayant, disait-il, « du mal à trouver du crédit dans les banques françaises ». Depuis, le Front national a ouvert un nouveau front bancaire à l’Est, en se finançant auprès de banques russes… pour ses activités publiques. Pour entasser son magot personnel, la Suisse – comme l’or – reste une valeur sûre ». Un compte en lingots, donc, géré par un très proche de Jean-Marie : son majordome, depuis 1994 : Gérald Gérin, qui a aussi été son ancien assistant parlementaire (à tout faire, donc) mais aussi le trésorier de l’association de financement du parti d’extrême-droite, Cotelec (le précurseur de Jeanne, donc !). Aujourd’hui l’homme est à la fois l’assistant parlementaire de l’eurodéputée FN Marie-Christine Arnautu et l’assistant personnel de Jean-Marie Le Pen.

6828730_pUn compte suisse sans nom véritable, à vrai dire  : « le compte appartenait à un trust, une structure juridique qui permet théoriquement de dissimuler l’identité des bénéficiaires du dit trust, appelé Balerton Marketing Limited, raconte Mediapart, qui explique que le compte du trust est passé de HSBC à la Compagnie bancaire Helvétique à la veille des élections européennes il y a un an, en mai 2014 ». Un trust particulier, installé aux Iles Vierges,  indique l’Humanité : « Balerton Marketing Limited », « structure gérée depuis Genève », nous apprend le site d’information, par Marc Bonnant, un avocat d’affaires dont le nom apparaît comme intermédiaire dans l’affaire SwissLeaks » un avocat sulfureux, ayant largement épousé les idées de celui pour qui il serait le mandataire. Ce que l’interessé nie farouchement : « contacté par Le Temps, il réaffirme le démenti déjà opposé à Mediapart: «Je ne gère et je n’ai jamais géré l’argent de Jean-Marie Le Pen. Je ne suis pas l’ayant droit de fonds des Le Pen ou du Front national.» «Je ne connais ni son majordome, ni sa chambrière», ironise-t-il encore. Certes, Marc Bonnant admet qu’il administre les fonds de Balerton Marketing Limited, mais «ce ne sont ni ceux de Jean-Marie Le Pen, ni ceux de Marine ou de Marion. Ils n’ont ni de près ni de loin à voir avec le FN», affirme-t-il. » Ou ça devient passionnant, c’est quand on apprend que le même avocat a réclamé la bagatelle de 4 milliards de francs suisses pour d’Elena Rybolovlev, dans son divorce d’avec Dmitry Rybolovlev, plus connu comme étant l’homme d’affaires russe propriétaire de l’AS Monaco. Sentant le vent venir, Rybolovlev avait revendu juste avant sa société minière Uralkali à des trusts chypriotes. Une structure offshore, qui lui permettait de ne pas déclarer la même fortune, pour n’avoir à verser que 564 millions à son ex !

Le 4 novembre, le fameux manoir de LePen était perquisitionné, suite à l’enquête de Tracfin. Le soupçon de fraude fiscale en est la raison. Pour LePen, qui se présentait ‘les mains propres » lors de sa campagne de 2007,  c’est aussi d’une autre dissimulation dont il est accusé : « d’autres soupçons d’irrégularités visent les assistants payés par Jean-Marie Le Pen. Ce dernier a salarié au Parlement européen son assistant personnel Gérald Gérin ou encore sa secrétaire personnelle en Ile-de-France Micheline Bruna. Début 2014, on retrouvait également parmi les bénéficiaires de l’enveloppe mensuelle celui qui était alors le vice-président du FN en charge des élections: Jean-François Jalkh (député européen depuis juillet 2014, ndlr). De même pour Julien Sanchez, élu maire de Beaucaire en mars 2014, et qui fut aussi adjoint du responsable du service de presse du parti ». assistantGérin, depuis, a été remplacé par un autre « petit jeune » tout droit sorti de l’armée, qui a pour nom… Pierre Jean Boleslaw Malinowski. Interviewé fort récemment sur son cas, le vieux lion a affirmé en bottant en touche que ce même Malinowski est « surtout un collaborateur d’Aymeric Chauprade« . En somme, l’assistant parlementaire de Jean-Marie est aussi l’assistant de celui qui sert de poil à gratter à sa fille… un assistant aux propos surprenants (on l’écoute ici se présenter) : «  je préfère me promener dans les bois de ma campagne, près de Reims, plutôt que de me rendre dans les dîners mondains qui se tiennent sur Paris. Je ne cherche pas la notoriété. Sur le plan politique, je peux simplement dire que j’ai un profond respect pour le président Poutine. J’ai eu l’honneur d’être dans sa tribune à Moscou, le 9 mai, puis de déjeuner au Kremlin avec les vétérans de la Seconde Guerre mondiale – ce en l’absence du gouvernement socialiste. Il est le dernier rempart contre la décadence universelle. » Ouh là, on a du lourd aussi, là, avec le minot de JM, qui préfère les balades dans la nature au brouhaha parisien ! Signalons que ce jour-là, Laurent Fabius avait assisté au déjeûner (mais pas à la parade militaire). Malinowski aurait-il la vue basse ?

spy gameChauprade, qui pour attirer encore plus le chaland vers sa personne, révèle avant hier que l’opération avait même un nom de code : « Diner en ville« .  On se dit que ça sonne comme dans une production hollywoodienne, cette façon de présenter les choses de façon aussi cavalière, qui frise le grotesque complet. Et effectivement : des cinéphiles retrouvent vite l’origine du choix incongru : c’est en effet aussi le nom d’une d’une exfiltration hollywoodienne, celle de Brad Pitt, effectuée par Robert Redford dans le film « Spy Game » de Tony Scott… les deux complotistes qui se prennent pour des James Bond, décidément ils n’ont peur d’aucun ridicule, ces deux là !!! A Part que Naudin n’a rien d’un Brad Pitt, loin s’en faut, et que Chauprade est à mille lieues des engagements politiques et sociaux d’un Redford ! Mais Christophe Naudin a une autre corde à son arc : il sait aussi naviguer. En eaux troubles, en yachtman aguerri, comme vous vous y attendiez, j’imagine : ça, ce sera pour demain… avec un autre invité surprise au grand guignol de Punta Cana. Mais vous avez son nom, déjà, en ayant lu cette page … ah un petit cadeau de fin de page : Naudin en train de nous expliquer le latin et le sens du mot biométrie. Rien que ça vaut le détour.  Au détour aussi de son discours, un petit schéma : on y distingue l’adresse IP de l’individu, mêlée aux empreintes digitales (5). Orwell, vous avez dit ?

 

Reportage (Suisse) un peu mou sur la Brise de Mer :

http://www.rts.ch/play/tv/zone-d039ombre/video/le-gang-corse-de-la-brise-de-mer?id=4088564

couvre(1) le même Otelli photographié jeune à bord d’un Fouga de l’armée n’a en fait piloté que des avions légers (Cessna 172 et Cap 231) comme l’indique ici un posteur en forum, ulcéré d’avoir lu ses propos sur les pilotes d’Air France lors de la catastrophe du vol AF447. Marc Leroy, commandant de bord d’A330 et ancien officier pilote de l’Armée de l’Air l’avait aussi vertement repris. Il est intervenu à plusieurs reprises sur le sujet comme ici encore. Otelli, a une vision de l’aviation plutôt… discutable, à regarder que les titres de certains de ses ouvrages… accrocheurs, disons (celle ici à droite, il faut oser, en effet…). A noter que la société d’édition d’Otelli a sorti aussi « Pilote de Crusader » de Claude Gaucherand. L’homme a fini contre amiral, avant de s’illustrer dans l’humanitaire au Sahel chez Aviation Sans Frontières à bord d’un Cessna 182. Ce monde des anciens militaires de l’aviation est bien petit… Gaucherand, qui cite facilement du John le Carré,  a aussi été le conseiller militaire de Jean-Pierre Chevènement, qui aujourd’hui se rapproche de Dupont Aignan…

(2) pour savoir qui est ce Douguine, relisez donc ceci :

http://www.centpapiers.com/poutine-n’est-jamais-alle-lune-2/

y figure une photo de Dougine en plein exposé en janvier 2011 dans le fief de Serge Ayoub…

(2) lors du procès de l’assassinat de Sabri Brahimi, le 29 janvier 2009, et de celui de Thierry Castola, à Bastelicaccia, on avait pu noter l’attitude d’un des accusés principaux juste après : « À l’heure de l’exécution de Sabri Brahimi, en plein coeur d’Ajaccio, Guy Orsoni affirme qu’il se faisait « couper les cheveux chez le coiffeur, sa tante », en l’occurrence. Il quittait la Corse le lendemain pour Marseille et, quelques jours plus tard, s’envolait avec trois de ses coaccusés en République Dominicaine. » Il sera arrêté deux ans plus tard en  Espagne, à Madrid. Dans cet étrange procès, tous seront acquittés sauf Orsini,qui écopera de 8 ans, accusé seulement d’avoir fait des faux papiers. Le parquet qui avait fait appel a été débouté en septembre dernier…

(4) l’histoire est racontée ici:

http://blog.francetvinfo.fr/derriere-le-front/2015/05/06/lheritage-lambert-une-des-causes-de-la-suspension-de-jean-marie-le-pen.html

http://www.politique.net/2007122602-enquete-sur-la-fortune-de-le-pen.htm

(5) parmi les hauts faits du fameux « conseiller » de BFM : « en se basant sur les expériences des Red-Team de l’administration américaine, il est le premier à conduire des tests de sûreté en 2003 et 2005 dans les aéroports français à la demande du député Charles de Courson (UDF), tests qui sont désormais reproduits régulièrement par la police ou par les douanes pour évaluer la perméabilité des aéroports » selon Wikipedia. Voilà qui a dû être très pratique en effet pour faire passer deux copains de virée aux portiques, non ? Orwell, vous avez dit ?

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

Grand guignol à Punta Cana (1)

 

Commentaires

commentaires

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

Ils font leur nid dans le ni-ni

Un grand nombre d’électeurs, autant à gauche qu’à droite, ont choisi de ne pas choisir, ...