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Gilbert Collard en lanceur de bombe

Il y a des moments comme ça, où vous vous pincez pour savoir si c’est bien ça que vous avez cru entendre.  L’exemple dont je vais vous parler est sidérant, en effet.  Figurez-vous qu’au beau milieu d’un débat que je suivais sur la Chaîne Parlementaire où l’ami Marc Fievet y était invité, Gilbert Collard, qui est avocat mais aussi député FN du Gard a balancé, sans que personne ne s’y attende, une information dont la portée semble avoir échappé ce jour-là à tous les participants, comme au présentateur, Arnaud Ardouin.  Celui-ci avait eu auparavant un peu de mal à empêcher ce même Collard de phagocyter le débat, Dominique Perben, l’ancien ministre présent ce jour-là se contentant de sourire durant toute la discussion, et même à acquiescer à la dénonciation du sort de l’infortuné Fievet.  Venu pour débattre du rôle des « indics » dans la police, suite aux révélations de Libération, voici en effet que l’avocat, qui a aussi été celui de la famille dont une partie à été massacrée dans la nuit du la nuit du 18 au 19 juillet 1981, à Auriol (près ce Marseille), a délivré tout à coup sa version toute particulière des faits avec une assurance sidérante, sans qu’aucun des invités ne réagisse, l’ami Marc, l’aviseur *, semblant même le suivre dans cette version pour le moins étonnante des faits.  Le débat est visible en ligne ici…

présentateurRappelons rapidement l’affaire, déjà relatée par mes soins ailleurs (dans une longue saga terminée sur Cent Papiers, le site de départ ne semblant pas vouloir poursuivre l’histoire sulfureuse de Charles Pasqua, pour des raisons qui lui appartiennent).  Pour ce faire, revenons tout d’abord sur l’atmosphère terrible de l’époque : en 1981, la droite est en effet plus que divisée.  Au sein du RPR, le parti héritier direct du gaullisme, l’atmosphère est délétère : on règle des comptes internes, car on soupçonne tout le monde de soutenir en lousdé… Giscard d’Estaing, honni par les gaullistes.  Un an et demi auparavant, le coup de tonnerre de l’assassinat le 30 octobre 1979 du ministre Robert Boulin (je ne vois pas comment appeler ça autrement, il a été retrouvé noyé dans 20 cm d’eau dans un étang de la forêt de Rambouilletlire ici le dossier) a montré à quel point de rupture les deux partis de droite étaient arrivés.  A l’époque, déjà, les barbouzes de Charles Pasqua avaient été montrées du doigt:  certains avançaient que ce type de disparition de la scène politique était tout à fait dans ses  cordes et l’excuse toute trouvée : le parti crsaddam chiracaignait alors pour son existence, ou plutôt pour l’avenir de son chef, car Boulin annoncé comme futur premier ministre de Giscard, c’en était fini de la carrière de… Jacques Chirac, le patron de « Charly » Pasqu, s’il héritait du poste envié ! Etait souvent cité comme responsable derrière la subite disparition d’un gaulliste bon teint le SAC, le service d’ordre dirigé par Pasqua, l’âme damnée du gaullisme, qui l’avait fondé avec Alexandre Sanguinetti.  Le même évoquera (bien) plus tard un assassinat, pour Boulin, dont l’un des mobiles essentiels aurait été la sortie de dossiers compromettants sur les finances du RPR, dont ceux notamment provenant d’Omar Bongo ou de Saddam Hussein (alors fort tenté par l’atome français !). De l’argent sale, qui payait les dépenses de campagne du candidat Chirac ! lcpns55Etre tué parce qu’on détiendrait des documents compromettants, la thèse à la base de la disparition de Robert Boulin, c’est justement aussi le thème de la tuerie d’Auriol… qui baigne complètement dans le marigot du SAC, elle aussi.  Sur la photo ici à droite les participants au débat sur LCP : « Emmanuel Fansten, journaliste à Libération, auteur de l’enquête – Dominique Perben, ancien Garde des sceaux et aujourd’hui avocat – Gilbert Collard, avocat, député RBM-FN du Gard et Secrétaire Général du Rassemblement Bleu Marine, auteur du livre  » Les dérives judiciaires : et si ça vous arrivait ?  » Paru aux Editions Eyrolles  – Marc Fievet, aviseur de la douane française, inscrit sous le matricule  » NS 55 DNRED « , auteur des livres  » Infiltré au coeur de la mafia  » paru aux Editions Hugo Doc, et  » Gibraltar « , paru aux Editions Michel Lafon ».

gischiracEn 1981, le parti dirigé par Jacques Chirac était devenu paranoïaque depuis quelque temps déjà.  Selon ses dirigeants, si ce n’étaient des giscardiens, c’étaient des communistes (honnis, encore appelés par certains comme étant des « bolcheviks ») qui bientôt allaient mettre des bâtons dans les roues lors de la campagne de leur champion, menée tambour battant au premier tour, et même à l’américaine, Chirac débarquant en meeting en hélicoptère, comme ci-dessous à droite  à Clermont-Ferrand. D’où provenaient ses fonds de campagne pour payer les heures de vol, mystère et boule de gomme : il faudra attendre encore 7 ans (le 11 mars 1988 **) pour voir des lois fixant les règles de financement des partis, ou leur  financement public. Débarqué à Marseille, donc, le 24 février, Chirac avait durci son propos et fait un discours… plus que reaganien : « Chirac est lancé. Il frappe fort en dénonçant, le 24 février, à Marseille, « le collectivisme sournois qui s’est développé depuis sept ans ». « Si c’était cela qu’on voulait, ajoute-t-il, il fallait le dire : on aurait voté Mitterrand et ça n’aurait pas été pire. » hélichiracComme la France a atteint la cote d’alerte en matière de prélèvements obligatoires, le maire de Paris prend le contre-pied du giscardo-barrisme en proposant un grand programme de défiscalisation : la suppression de tout impôt sur le revenu pour tous ceux qui gagnent moins de 5 000 francs par mois et une baisse de 5 % pour tous les autres. Peu de temps auparavant, il prônait le volontarisme et la planification. Désormais, il plaide pour l’initiative privée et le « moins d’État ». L’étatiste est devenu libéral » dit Franz-Olivier Giesbert dans « Chirac, une vie » (***).  Or, le soir du meeting à Marseille, Pasqua a dépêché ses fidèles pour assurer la protection rapprochée du candidat fraîchement descendu d’hélicoptère : il y a ainsi sur place Jean-Bruno Finochietti et Lionel Collard qui avaient déjà assuré « la protection de celui du 23 avril, organisé pour Hyacinthe Santoni et Joseph Comiti », précisent René Backmann et Georges Marion dans le  Nouvel Obs du 1er août 1981 (depuis le corse Santoni est passé chez Dupont-Aignan). Deux membres actifs du SAC, le premier étant un instituteur et le second un ancien de la légion.  Pasqua, ou plutôt son lieutenant, Pierre Debizet, ce pro-OAS qui avait laissé quelque temps sa place à la direction du SAC à… Paul Comiti, pour reprendre le secrétariat général en 1968, après les « événements » qui avaient secoué la France. Debizet avait rejoint auparavant Jean-Baptiste Biaggi, un corse maurassien (disparu en 2009), farouche anticommuniste, qui passera successivement de l’Action française, puis à la Résistance, avant de devenir gaulliste puis de le renier pour devenir partisan de l’OAS, et de soutenir le plus que droitier Jean-Louis Tixier-Vignancour, candidat à l’élection présidentielle et enfin  finir… au Front national (c’était un proche de proche de Bernard Antony).  Le soir du meeting marseillais  Chirac se garde bien d’attaquer davantage Giscard… plus tard une fois battu, il annoncera du bout des lèvres le soutenir, bien entendu…

41Gy0jzgUeL._SX316_BO1,204,203,200_Cette connivence RPR-SAC est précisée aussi dans l’ouvrage « Histoire du SAC » de François Audigier : (…) « les liens RPR-SAC dans les Bouches-du-Rhône ne se limitaient pas à ces parentés gênantes. À Marseille, le RPR ne refusait pas le renfort offert pur le SAC pour coller des affiches ou faire le service d’ordre. L’avocat de Jean-Joseph Maria. Me Henri Ruggeri, plusieurs fois candidat RPR à Marseille, avait bénéficié de cette aide. Lorsque Jacques Chirac vint dans la ville les 24 et 25 février 1981 pour la présidentielle, une vingtaine de membres du SAC étaient présents pour assurer la securité de la salle Valller. Dans ses étapes à Aix-en-Provence, à Salon, aux Baux et à Gap, des adhérents varois du SAC étaient là. À son arrivée sur l’aérodrome d’Avignon-Châteaublanc, le SAC marseillais l’attendait. Comme les journaux le rappelèrent, des inculpés d’Auriol figuraient parmi les gardes du corps de Joseph Comiti. On les avait vus assurer la protection de Bernard Pons lors de réunions électorales. Comme l’établit la commission, plus de la moitié des adhérents du SAC avaient leurs cartes du RPR en 1981. Selon Emile Coutlet, responsable pour la Haute-Garonne. l’Ariège, le Tarn-et-Garonne, le Tarn et le Lot, « les trois quarts des membres du SAC avaient la double casquette »… on ne peut être plus clair.

L’ennemi déclaré n’est déjà plus Mitterrand, contrairement à ce qui continue d’être affiché extérieurement en façade. L’homme à battre pour le RPR… c’est bien Giscard, qui racontera dans ses mémoires son faux coup de fil au siège du parti gaulliste pour demander pour qui il fallait voter, entre les deux tours de l’élection.  «Il faut voter Mitterrand ! » s’entendra-t-il répondre, à son grand étonnement… Tout, et même pourquoi pas Mitterrand, plutôt que Giscard, voilà les consignes données pour le second tour présidentiel par le RPR !!!  

Aujourd’hui, on le sait, ces deux-là se détestaient cordialement ! À la base du parti, plutôt déboussolé, on le conçoit, ça fulmine aussi.  Les militants déboussolés sont partagés entre l’arrivée possible (Giscard reste longtemps en tête des sondages) des communistes au pouvoir, appelés par le Programme Commun mis en place par Mitterrand, et le soutien forcé ou à reculons pour Giscard, une fois Chirac défait (au premier tour).

kommandChez les anciens ultras de la droite, en particulier, on ne sait plus vers qui s’orienter. On rue dans les brancards.  Au sein du SAC, les anciens de l’OAS en particulier craignent fort qu’au sein même de leur groupuscule certains soient tentés de rallier la gauche, une fois celle-ci élue.  Certains se montent le bourrichon, sur le même thème.  Les rivalités s’exacerbent, ce qui peut conduire à des catastrophes, étant donné que toute ce beau monde est armé.  Le soir du 8 mai 1981, abasourdis par l’élection de Mitterrand, ils se mettent tous à délirer.  Moscou est aux portes de Paris entend-t-on chez les nostalgiques de Vichy ! Une paranoïa dont on a peu idée aujourd’hui : A Roubaix, mon ami Jean-Pascal Grevet me racontera cette anecdote : il avait acheté sa maison (le siège du magazine Icônes, où j’ai travaillé, ici à gauche en photo) qui avait aussi été le siège de la Kommandantur avant de devenir… un couvent.  Intrigué par une porte plus récente dissimulée derrière des frondaisons au fond de son jardin, il avait appris qu’elle avait été posée juste avant l’élection, les nonnes craignant de se faire violer par des « gauchistes ou des communistes » une fois Mitterrand élu ! A Marseille, les membres du SAC se gargarisaient aussi de phrases comme celle-ci relève Le Monde : « Le KGB va venir travailler en Corse. » La paranoïa anticommuniste était totale !

La Corse, qui présente aussi un intérêt pour le SAC… qui s’en pattentat-a-l-aeroport-d-ajacciorend aux autonomistes ou, avec sa méthode bien rodée, fabrique de toutes pièces des attentats pour les mettre sur le dos des autonomiste, comme le précise Audigier, qui révèle dans on excellent ouvrage une bien étrange tentative d’attentat…contre Giscard en personne, en Corse, justement : « on pouvait aussi imaginer, comme le suggérait Guy Porte, que Jacques Massié était au fait des agissements clandestins de Francia. L’annexe corse du SAC, lancée en 1975 et dirigée par Pierre Bertollni, était engagée dans une lutte violente contre le FLNC. Yves Courtois, dit « Columbo », trésorier du SAC marseillais et indicateur de Massié, se vantait d’organiser des réseaux antiautonomistes sur 111e de Beauté. Peut-être que Jacques Massié savait pourquoi on ne l’avait plus vu depuis la fin mai 1981 (comme Claude Castellanos, un restaurateur, membre du SAC marseillais, mystérieusement disparu après avoir reçu un coup de fil à son domicile le 16 février 1980) ? Certains voyaient aussi le SAC derrière l’attentat organisé le 16 avril 1981 en pleine campagne présidentielle, à l’aéroport d’Ajaccio, à l’occasion de la venue de Valéry Giscard d’Estaing (et qui avait fait un mort). N’avail-on pas cru apercevoir Jean-Joseph Maria sur des photos prises à l’aéroport quelques heures avant l’explosion ? Une lutte sourde avait été engagée entre Jacques Massié et Pierre Bertolini qui avait trouvé un appui sur le continent en Jean-Joseph Maria. L’inspecteur avait-il pu prendre ombrage de cette alliance et envisager de livrer des preuves, révélant que l’attentat de Campo Dell’Oro contre le président (une action censée nuire à l’image du FLNC) avait été organisée par le SAC ? » Or Yves Courtois, qui servait d’indic à Massié, n’a jamais été revu vivant depuis !

Le SAC, était devenu un véritable repaire de truands sous son patron Debizet  (partisan lui aussi de l’Algérie Française, rappelons-le):  « pour autant, il est très difficile de savoir quels voyous faisaient partie de l’officine. En effet, les fichiers des adhérents, tenus secrets, n’ont jamais été découverts. Sans être exhaustif, loin de là, nous pouvons toutefois en citer quelques uns. « Le Parrain » de Lyon tout d’abord, qui bénéficiait durant les années 60 de puissantes relations policières et politiques. A Grenoble, comme nous l’évoquions plus haut, le boss de la ville bénéficiait lui aussi de la protection du Service. L’homme, cousin d’Alexandre Sanguinetti (homme d’affaire, conseiller du ministre de l’intérieur et homme fort du SAC), régnait alors sur la prostitution de la région grenobloise. Les frères Z (lire les frères Zampa), maîtres des boîtes de nuits parisiennes, ont quant à eux bénéficié de protection jusqu’aux années 70. Un de leurs associés servait en effet de colleur d’affiche et d’agent électoral aux candidats gaullistes. Les truands marseillais ne sont pas en reste. A commencer par deux des principaux compères de Jean-Baptiste Croce durant la French Connection, qui ont eux aussi leur carte tricolore. Du côté de Nice, on citera notamment Bianchini ou encore Giaume. Les boss du Milieu niçois ont à tour de rôle été les dirigeants locaux du SAC. Enfin, pour ce qui concerne Aix-en-Provence, c’est une figure de la criminalité locale, un dénommé Sauveur, qui dirige l’antenne aixoise du Service » résume le site du Parti Radical, qui ajoute un volet impunité assurée : carte_sac-1a181« Il faut bien avouer qu’une appartenance au SAC constitue un passe-droit des plus intéressants pour les truands. La carte tricolore de membre ne place pas son propriétaire au dessus des lois. Mais elle procure néanmoins des avantages indéniables. En effet, lorsqu’un truand titulaire de la fameuse carte tombait dans les mailles de la police, elle lui évitait, en général, d’avoir à affronter la justice. Pour la bonne et simple raison qu’il voyait les poursuites contre lui abandonnées. Certains hors-la-loi pouvaient même être libérés dans la journée suivant leur arrestation. Un certain Maurice Papon (poursuivi pour crime contre l’humanité) aurait été, selon certaines sources, en tant que préfet de Police, coutumier de telles procédures de libération ».  Bigre ! Un homme s’en chargeait de ses libérations : le procureur Chalret, chargé ici par… Lucien Aimé-Blanc : « Chalret était un personnage central chargé d’organiser les libérations conditionnelles de voyous, explique Lucien Aimé-Blanc. Le contrat était simple : on vous fait sortir de prison, mais vous travaillez pour nous ! » « Chaque fois qu’on arrêtait des truands [liés au gang des Lyonnais] à la BRI, trois-quatre mois après, ils étaient relâchés, après intervention de Chalret », ajoute Lucien Aimé, qui rappelle les 10 pages d’écoute le démontrant… l’impunité ouvrait les portes à tout ! A noter que « le Procureur Chalret est l’un des premiers informés que Robert Boulin est mort sur son territoire de compétence et il se rend personnellement sur place, dans des conditions pour le moins suspectes, bien avant l’heure officielle de déclenchement des recherches » note Fabienne Boulin dans une de ses nombreuses demandes de réouverture du dossier. Etrange procureur (*****) que celui-ci…

3100764555_1_3_NJf97hTdA Auriol, un incroyable scénario basé sur ce délire véritable d’arrivée au pouvoir des « bolcheviks » (les assassinats ont lieu le 18 juillet, Mitterrand a été élu le 10 mai !) et des trahisons annoncées ou craintes vont provoquer un massacre, les sbires du SAC n’étant pas caractérisés par une intelligence exceptionnelle, comme j’ai déjà pu l’écrire ailleurs « Des tueurs, des assassins, et des paranoïaques, voilà ce qui constitue les hommes au service de Charles Pasqua, celui qui décide de la vie ou de la mort d’autres personnes, avec Debizet. Une parano qui va provoquer un des pires massacres commis par le SAC… contre l’un de ces hommes, au départ. Cela commence par la découverte d’une tuerie, à Auriol , qui commence par un incendie : « Le 19 juillet 1981, à Auriol, un maçon remarque une épaisse fumée qui s’élève de la villa de Jacques Massié, inspecteur de police et militant RPR. Les gendarmes découvrent sur place de nombreuses traces de sang et constatent la disparition de six personnes : Jacques Massié, son épouse Marie-Dominique, leur fils Alexandre âgé de sept ans, ses beaux-parents Jules et Emmanuelle Jacquèmes, et son beau-frère Georges Ferrarini ». Or Massié est aussi un dirigeant local du SAC, alors en conflit ouvert avec un collègue, Jean-Joseph Maria, surnommé « Kojak » à cause de son crâne rasé, et avec son ami et collègue Lionel Collard ». Une fine équipe, qui a pour leader celui qui s’est présenté comme militaire chevronné. « Jean-Joseph Maria suscite l’adhésion. A l’entendre, il a été colonel de paras et a sauté sur Kolwezi. En réalité, il a été simple soldat dans des bureaux à Nancy et n’est qu’un très ordinaire directeur d’une entreprise familiale de peinture, en mal de reconnaissance ». Ces derniers, devenus complètement paranos, sont persuadés que leur collègue va les trahir et remettre des documents « à la gauche ». Le SAC étant une organisation de tueurs et pas d’anges, ils ont décidé tous deux de s’en débarrasser… physiquement. L’équipe de tueurs réunie est fort surprenante, car elle contient aussi un instituteur Jean-Bruno Finochietti qui n’a jamais fait de mal à une mouche, un parachutiste à l’oreille coupée, Lionel Collard, et trois postiers syndicalistes de la CGT : Didier Campana, qui est aussi motard, Jean-François Massoni et Ange Poletti. Finochietti et Collard étant les deux militants ayant assuré la protection des meetings du RPR et celle de la venue de Jacques Chirac à Marseille, où ils ont été vus !!! Les surprenants cégétistes étant avant tout des nationalistes !

Chose sidérante, peu de temps auparavant, Massié était venu se plaindre… à la police qu’on lui avait tiré dessus en voiture sur l’autoroute et avait dénoncé… le duo Maria (« Kojak ») – Lionel Collard. Pour eux en effet, Massié s’apprêtait à rejoindre… la gauche avec le trésor que constituait la liste des adhérents des Bouches du Rhône !!! « En avril, Massié avait en effet signalé une tentative d’assassinat sur sa personne et montré du doigt ses rivaux du SAC. Le policier passait pour avoir accumulé des documents sur les agissements, passibles des tribunaux sinon de la cour d’assises, de certains membres du mouvement, sur des attentats à la bombe contre une imprimerie anarchiste ou des foyers-hôtels, des actions clandestines violentes contre les indépendantistes corses, via Francia, « filiale » insulaire du SAC (****).  « Les « compagnons » soupçonnent Massié de trahir la cause, au profit de l’UDF locale, voire des socialistes ! » écrivent Frédéric-Joël Guilledoux et Laurent d’ Ancona dans « Le Vrai Gilbert Collard: Mission « casse-couilles démocratique ». Les méthodes du SAC étaient en effet celles de truands véritables : elles allaient de la menace à l’intimidation (« on sait dans quelle école vont tes enfants »), et amènent même parfois à l’élimination pure et simple du récalcitrant.

auriol-ac116C’est ce qui s’est passé à Auriol, en fait une expédition punitive qui a fort mal tourné.  Toutes les personnes présentes dans la villa ont en effet été tuées, étranglés par des cordelettes ou poignardées, alors qu’un seul homme était visé au départ.  Tout s’était fait dans l’amateurisme le plus total, les assaillants dissimulant tellement mal leur visage qu’une des victimes en avait reconnu un : l’instituteur, connu de tout le monde.  Le petit Alexandre avait reçu des coups de tisonnier qui lui avaient brisé le crâne et le fameux instituteur, comme il l’avait avoué, l’avait achevé d’un coup de poignard en plein cœur.  Un instit’ un peu spécial, il est vrai : « curieux personnage, Finochietti, qui était dans sa jeunesse considéré comme néo-nazi et militait pour la libération de Rudolf Hess, avant de devenir instituteur »… avait relevé le Nouvel Obs, fort peu de temps après les faits (il se rêvait aussi en pilote de la Luftwaffe racontée la presse locale, au lendemain de son arrestation !). Voilà qui peut surprendre en effet, que cet instituteur par défaut, au profil plutôt nazifiant  ! C’était la propre sœur de Massié qui avait découvert la maison incendiée, dont toute la famille avait subitement disparu.  « Moi aussi, j’aurais dû être là, avec le reste de la famille ; mais j’étais fatiguée, alors je n’y suis pas allée, avoue-t-elle aujourd’hui comme une faute. Dès que j’ai pénétré dans la maison, j’ai compris. Au sol, il y avait la bague et les lunettes de Jacky (son ami), ainsi qu’une touffe de cheveux et puis le sang… Dehors, quelques mètres plus bas dans la rue, il y avait une autre tache de sang. J’ai tout de suite appelé les gendarmes. »  Ses parents, son frère, sa belle-soeur, son neveu de 8 ans et son ami ont effectivement disparu.  Volatilisés.  On ne retrouvera leurs corps que le 30 juillet, 12 jours après leur mort.

procèsLa juge Llaurens-Guérin chargée de l’enquête ira vite en besogne, aidée par Jean-Claude Vegnaduzzi, chef-adjoint du service régional de Police judiciaire de Marseille, qui conduisait l’enquête : Marina, la sœur de Massié, à peine avoir constaté les faits, était allée tout de suite porter à la juge deux valises complètes de documents que son frère avait stocké chez sa mère, à Charleval.  Au cas où il lui arriverait malheur, sans aucun doute. Les fameux « documents » (out une partie) que les assassins croyaient voir partir vers le nouveau pouvoir en place ! Sur cette remise, les avis divergent : « dès les premiers jours de l’enquête, le magistrat a reçu des policiers le fichier marseillais du S.A.C. « offert » par l’un de ses militants, quelqueparisien-libere-le 23-07-1981s semaines avant la tuerie. Elle y a trouvé les noms de tous ceux qui ont été entendus, une bonne vingtaine. Elle y a aussi trouvé les noms de ceux qui ont été finalement inculpés ». En fait, c’est la liste des 150 sbires recrutés dans la région, qui se croient tout permis depuis des années, auréolés du label SAC, mouvement largement à la dérive, où Massié a confondu caisse de l’association et coffre-fort personnel (« ses amis l’accusaient d’avoir détourné, à son profit, quarante mille francs de cotisations du centre de tir de la C.R.S. 53, à Allauch, où les militants du S.A.C. avaient leurs habitudes. On l’accuse aussi d’avoir gardé une somme de cinquante mille francs versée par une grosse entreprise à un groupe de briseurs de grève, fourni par le S.A.C… » explique le Nouvel Obs) : « a l’abri de cette impunité que garantissait la carte du S.A.C., des trafics clandestins et lucratifs s’étaient organisés ici et là. Il faut dire que du gaullisme musclé des premières barbouzes, il ne reste aujourd’hui pas grand-chose. Les pionniers, qui venaient du service d’ordre du R.P.F., ont été peu à peu remplacés par des aventuriers, des militants d’extrême droite, des nostalgiques de la bataille d’Alger, des paumés attirés par une pauvre mythologie de services secrets bidons.  Aujourd’hui, le S.A.C. est entré en décomposition. A Marseille, par exemple, les grands truands ont compris depuis longtemps qu’il n’est plus le paravent idéal à leurs activités délictueuses. Les quelques militants convaincus l’ont quitté. Les ont remplacés des petits Blancs furieux d’être aussi misérables que les immigrés, des traficoteurs minables, quelques nazillons qui ne croient plus aux groupuscules d’extrême droite et des fonctionnaires — de police ou non — qui espèrent encore que le S.A.C.  sera le marchepied d’une carrière qui s’annonce grise. »  écrit encore le Nouvel Obs, qui décrit bien l’atmosphère régnante, qui est là-bas exécrable. Pasqua, l’ancien représentant en Ricard, a engendré un véritable monstre, on le sait.  Capable de tuer, comme on vient de le voir… aussi bien à Auriol… qu’à Rambouillet (où est retrouvé mort écrabouillé entre deux camions Charles Bignon).  La presse, qui vient juste de découvrir l’affaire, en ressort d’autres, citant notamment le cas non élucidé de Broglie… (on y ajoutera celui de Fontanet).  Le Parisien du 23 juillet reliera le meurtre de Massié à un trafic de drogue ou d’armes, voire de fausse monnaie … l’activité habituelle du SAC !

insignes SACJacques Massié, celui que le commando visait en priorité, avant ce sauvage fiasco, était donc devenu le responsable local du S.A.C, en 1977.  Un poste qu’il avait laissé le jour où il était entré à l’école de police de Cannes-Ecluse, en Seine-et-Marne (un vieux rêve chez lui).  C’est  Jean-Joseph Maria qui lui avait succédé… et qui avait constaté ses détournements : Massié, à l’évidence, tenait  trop grand train de vie, au regard de ses revenus officiels : il roulait parfois en Ferrari 308! Tous les dirigeants du SAC baignaient dans une idéologie d’extrême droite, nostalgiques de l’Algérie Française, et tiraient le RPR vers cette extrémité ultra-droitière.  Le poste par exemple, avait été tenu avant 1977, par un avocat aixois, Yves Destrem, devenu entre-temps adjoint sous le label R.P.R du maire d’Aix-en-Provence, alors qu’il se présentait partout  comme étant de droite extrême et appartenait aussi au SAC… Son bras droit s’appelait Jean Roussel, recommandé comme avocat à Marina Massié, il était lui aussi devenu chef du SAC dans les Bouches-du-Rhône, ce qui en faisait un témoin de l’affaire, et l’excluait donc de la partie civile : Marina, la sœur du défunt, s’était retrouvée avec Gilbert Collard comme seul avocat, par défaut, en quelque sorte. Roussel affichait ouvertement son droitisme : il était en ce moment-là prêteur d’un local situé au dernier étage d’un immeuble utilisé par un groupuscule alors en pleine gestation appelé… le Front National. 80412 Un Gilbert Collard qui ne s’affichait pas alors de ce courant de pensée (son père ayant été pourtant Camelot du Roi avant de faire de la Résistance) : durant tout le procès, il  va héberger chez lui un des pontes de l’extrême droite, lui aussi avocat : « Gilbert Collard a hébergé deux semaines durant Jean-Louis Tlxier-Vignancour, un géant des cours d’assises venu à Aix-en-Provence pour défendre Finochietti. Tixier, c’est un des noms qui comptent dans l’extrême droite. Ancien camelot du roi, il était en charge de l’information en 1940 et 1941 dans le gouvernement de Vichy. Par la suite, il a défendu nombre de responsables de l’OAS, dont le général Salan à qui il évite la peine capitale grâce à une plaidoirie reconnue comme un grand moment d’éloquence judiciaire. En 1965, candidat à l’élection présidentielle – avec comme directeur de campagne Jean-Marie Le Pen, qui a mis en place les « comités T.V. » -, il obtient 5,2 % des suffrages ».  Nul ne sait si Tixier-Vignancour avait appris ou non que Gilbert Collard était aussi franc-maçon… à l’époque, il est vrai… il était alors rocardien et soutenait la candidature de Mitterrand à l’élection présidentielle !!  Au comble de la surprise, les enquêteurs ont découvert en prime que le grand patron du SAC, Pierre Debizet a rencontré M. Massié à Marseille le 10 mai qui précédait, en compagnie de Jean-Joseph Maria, le nouveau chef régional de Marseille, mais aussi d’Yves Destrem, le maire adjoint d’Aix-en-Provence….

$_35L’argent détourné par le disparu, source de rancunes au sein du SAC local, personne ne le nie : « Jacques Massié, qui avait quitté la direction locale du S.A.C. à la suite de son entrée à l’école de police de Cannes-Ecluse, en Seine-et-Marne n’avait pas, dit-on, laissé des comptes en ordre à son successeur, Jean-Joseph Maria » peut-on lire.  L’origine de la rivalité tenace est à chercher aussi dans cette haine, fort particulière à vrai dire:  Maria reprochant à Massié son manque d’éthique évident… alors qu’on découvrira lors du procès qu’il a berné tout le monde, en faisant croire qu’il avait été colonel de parachutistes et qu’il avait même sauté sur Kolwezi.  En fait, réformé pour pieds plats, il avait fait son service militaire dans l’armée de l’air dans des bureaux, à Nancy (c’est Gilbert Collard qui le raconte dans « Faites Enter l’Accusé »).  Tous avaient cru à sa vie fantasmatique, dont ils n’avaient découvert la vérité, totalement écœurés, que lors du procès !  Maria a donc romancé tout sa vie : logique, au sein du SAC on trouve aussi Dominique Ponchardier, l’auteur du « Gorille » dans la Série Noire… on y trouve également le sulfureux  Étienne Leandri, le grand pote de Pasqua. « Indic » de la gestapo et magouilleur, condamné le 21 juin 1948 par la cour de justice de la Seine à 20 ans de travaux forcés « pour intelligence économique avec l’ennemi »... expatrié au Etats-Unis,  il deviendra l’intermédiaire des truands italiens auprès de la CIA, et d’Allen Dulles tout en s’activant dans la French Connection !  On le trouvait, libre de circuler, dans les années 50-60 au célèbre bar des Trois Canards, en compagnie de Tany Zampa, le parrain de Marseille ou des truands Jacky Imbert et Francis Le Belge. Plus tard, toujours chaperonné par Pasqua, il s’illustrera au sein de la SOFREMI, et des ventes d’armes illicites… organisées par l’Etat Français !

collard faites entrerLes trois premiers pieds nickelés arrêtés (le jour même de la découverte de la maison incendiée) résistent un temps aux interrogatoires des policiers.  On n’a pas tardé à les trouver. Les indices donnés par la sœur de Massié les ont vite fait arrêter : son frère lui a dit  en effet, peu de temps avant sa mort avoir été menacé  par un étrange trio : « un instituteur, un chauve et un homme à l’oreille coupée » (ce qui est le cas de Lionel Collard, ouvrier chez Chambourcy, reconnaissable de loin, donc). Les deux derniers étant ceux qui lui auraient tiré dessus en moto.  Le plus fragile est à l’évidence l’instituteur admirateur en secret de nazis, qui s’est rêvé une autre vie de baroudeur, à l’évidence.  Or, selon tout ce qu’on a pu lire jusqu’ici, de différentes plumes, Jean-Bruno Finochietti, qui a même donné des cours au petit Alexandre est confondu par une preuve fondamentale que rapporte Gérard Girel, directeur à l’époque de la Police Judiciaire dans « Faites entrer l’accusé »: l’une de ses empreintes a été retrouvée sur une bouteille de soda laissée sur la table de la maison incendiée, alors que son épouse et sa belle-mère avaient soutenu qu’il était chez lui.  Une « trace papillaire » (une empreinte digitale) qui devient la preuve de sa présence ce soir-là.  41 heures après le début de l’interrogatoire, à la présentation de cette preuve, l’instituteur craque, et avoue les crimes à Gérard de Fabritus, l’enquêteur du SRPJ de Marseille qui le cuisinait sans interruption, désireux avant tout de sauver les vies dont personne ne savait ce qu’il pouvait leur être arrivé à ce moment là encore.  Ses aveux tiendront sur une sorte de bande dessinée. Il avouait dedans avoir massacré Massié (qu’il a d’abord poignardé, et lui a ensuite fracassé le crâne contre une bordure de route, au point que le légiste déclarera pourvoir « glisser son poing dans la boîte crânienne » !) et avoir tenu Alexandre, encore endormi, pour qu’on lui assène des coups de tisonnier sur la tête, et l’avoir poignardé pour mettre fin à ses souffrances.  Mais il se refuse toujours à donner le nom de ses complices et de son donneur d’ordre appelé par lui « Z » ( ce serait Maria et non Debizet, selon l’enquête).  Une sorte de code d’honneur personnel l’en empêche. A moins qu’il ne craigne leur réaction !  Il affirmera à la juge qu’il devait récupérer les documents recherchés et éliminer ensuite Massié, qu’il croyait seul chez lui.  Et que l’expédition punitive avait été un lamentable fiasco, donc, les assassins ayant dû attendre le retour de Massié pour l’occire, lui aussi, au final. 

collard2Or, que vient nous dire aujourd’hui Gilbert Collard, qui connait obligatoirement le dossier comme on a pu le voir, à avoir défendu une proche des massacrés ? Ceci, qui est plutôt sidérant et inquiétant : « j’ai vraiment vécu l’ époque, moi, où l’indicateur travaillait dans la confiance avec le policier et le policier travaillait dans la confiance avec l’indicateur. …. je peux vous dire par exemple que des affaires extraordinaires comme celles du SAC ont été complètement solutionnées par un indicateur .. par un indicateur… et on a habillé l’affaire avec une espèce d’empreinte qu’on a retrouvé sur une bouteille de coca-cola… le policier est devenu un génie… Bon, mais nous on savait très bien qu’en définitive que c’est un indic qui avait tout balancé ». « Vous parlez d’Auriol là » intervient alors Marc Fievet. « Oui, on le savait… »  Oui, c’était bien de la tuerie d’Auriol, dont il parlait, et Gilbert Collard de poursuivre même plus loin sa pensée en insistant sur le cas de Finochietti … Selon l’actuel responsable du FN, donc, la découverte de l’empreinte primordiale accusant Finochietti aurait été une pure invention, destinée à masquer la vraie source qui aurait plombé tout le groupe, à savoir les aveux mêmes d’un Jean-Bruno Finochietti infiltré et indic de la Police !  Ce qui est fort difficile à croire, étant donné le statut de double assassin du même Finochietti ! Et ce qu’il ajoute plus loin, en revenant sur sa première intervention, est en effet confondant : « a aucun moment le policier n’aurait livré le nom de l’indicateur et à aucun moment le juge qui était parfaitement au courant – c’est Madame Llaurens-Guérin je crois-  n’en a parlé. L’affaire a été officiellement solutionnée par un policier qui a eu le coup de chance de trouver une empreinte digitale sur une bouteille de coca, bon… Et je pense voyez-vous que l’indic dans cette affaire est celui dont on a retrouvé l’empreinte sur la bouteille de coca. Il a décérébré un enfant, l’a tué, il a été condamné à 20 ans et il est sorti au bout de 8 ans ou 9 ans. Donc voilà… » Selon l’avocat Gilbert Collard, il n’y a donc pas de doute ; Finochetti était donc selon lui un indic de la police !

collard1L’accusation est gravissime : celle d’une fausse fabrication de preuve de la part des policiers de l’époque, et plus loin encore, le fait que le jugement aurait tenu compte dans sa condamnation, en quelque sorte, du rôle d’indicateur de la police qu’aurait joué Finochietti, un rôle qui aurait été connu de plusieurs personnes selon l’avocat, dont la juge chargée de l’affaire, qui ne l’a jamais évoqué (le procureur avait pourtant requis la perpétuité contre lui) !  Effectivement, force est de constater et de façon assez incompréhensible, il est vrai, que Finochietti a reçu une condamnation moins lourde que les trois principaux condamnés (la réclusion à perpétuité dont ils sont tous sortis aujourd’hui.  C’est Poletti qui a asséné les coups à la tête au petit Alexandre).  Il aurait été relativement épargné, en quelque sorte, alors qu’il a avoué avoir tué de ses propres mains un homme et un enfant, et ce, en raison de son rôle d’informateur selon Gilbert Collard !  C’est pourtant difficilement crédible et encore moins acceptable : la juge affirmant devant les caméras qu’elle avait demandé à Finochetti pourquoi il n’avait pas épargné l’enfant, alors qu’il avait eu la possibilité de le laisser fuir : un informateur serait-il allé jusqu’à cette terrible extrémité ?

On peut chercher ailleurs la relative clémence dru jury : à la fin du procès, Finochietti, le seul a avoir clairement exprimé des remords, avait déclaré il est vrai  ne pas réclamer cette clémence, affirmant « rien ne peut justifier Auriol,  nous ne devions pas faire cette boucherie ».  Voilà certainement ce qui a pesé dans la balance auprès des jurés : inutile d’imaginer un rôle d’indic il me semble.  Finochietti s’est laissé manipuler, de bout en bout à l’évidence.  C’est bel et bien Maria qui l’aurait facilement fasciné à ce point, et entraîné dans ses délires nazifiants, avec son tatouage du KKK : ce que confirmait justement aussi Gilbert Collard dans « Faites entrer l’accusé», qui les présentait alors comme des sortes d’illuminés, des hommes investis d’une mission de « sauveurs de la République », en en faisant un membre d’une équipe d’allumés d’extrême droite débarrassant la France des bolcheviks ou de ceux qui seraient tentés de les rejoindre : difficile en ce cas d’en faire une source fiable pour la Police !  D’où Collard tient-il donc ses informations ? Pourquoi cette tardive « révélation » ?  Attention, on n’a pas affaire à un débutant avec lui : intelligent, il a bien dit ce soir-là « je pense » et non « j’affirme » comme vous pouvez le remarquer dans le débat.  Mais pourquoi donc le fait-il plus de 35 ans après ?  N’y-a-t-il personne pour reprendre à la volée cette terrible double révélation supposée ?  Ce n’est pas la première fois que Gilbert Collard lance ainsi en l’air des propos provocateurs. Mais n’a-t-il pas cette fois franchi la ligne jaune devant les caméras ?  Lui qui a aussi été l’avocat de Marina Massié, qui cherche toujours à comprendre, au point de réussir à rencontrer 30 ans après les faits l’assassin de son ami et de ses parents, à savoir Finochietti  lui-même ?  Selon ses propres dires, Finochetti  n’a pas calmé ses espoirs de comprendre un jour ce qui a pu mener à cette horreur. Et il ne semble en aucun cas lui avoir dit lors de leur surprenante rencontre quoi que ce soit à propos de son rôle exact; celui surtout que laisse supposer Collard. Pourquoi balancer ça ainsi et maintenant ?  Tout est-il bon à ce point chez lui pour se mettre ainsi en valeur ?  Dans un livre il avait affirmé avoir lui-même apporté à la juge les documents remis par Marina Massié, alors qu’il était alors en voyage à Venise….

debizetEpilogue :  Jean-Bruno Finocchetti a passé 13 ans en prison sur les 20 dont il avait hérité.  Il a été libéré le 23 juillet 1994.  Il a ensuite vécu en Italie puis en Biélorussie.  Il s’est remarié depuis et vit désormais de la vente de ses tableaux, paraît-il.  Entre temps, le SAC, dissous par les socialistes au pouvoir n’est pas totalement mort, bien au contraire.  Debizet (ici à gauche au procès, où il a comparu comme témoin seulement), serré par la juge Llaurens-Guérin, sera arrêté… mais aussitôt les pontes du RPR monteront au créneau pour le faire libérer.  Entre-temps, le fichier national des adhérents du SAC avait été mis à l’abri : les socialistes ne le découvriront pas. Debizet avait en effet l’habitude des « déménagements » de ce genre : il avait aussi récupéré des documents de Robert Boulin…(on peut lire c’est « un coup à la Kojak », dans le texte !)  Parmi les ardents défenseurs de Debizet, Bernard Pons, et Jacques Toubon, qui se fendra en particulier d’une superbe déclaration à l’annonce de son incarcération: « c‘est le début d’un processus connu dans les régimes totalitaires, a déclaré sans rire Jacques Toubon. C’est le totalitarisme, c’est la Tchécoslovaquie. Marseille, c’est Prague. » Il est, rappelons-le aujourd’hui Défenseur des Droits (???), ce qui ferait presqu’autant sourire.  Au procès Debizet, alias « gros sourcils » ne sera entendu que comme témoin : il fera un mois de détention préventive à la prison des Baumettes mais bénéficiera vite d’un non-lieu plus que questionnable.  Il a en fait déjà tourné la page du SAC, et fonde le 7 décembre 1991 le Mouvement initiative et liberté (MIL), où l’on trouve un noyau dur comprenant Jacques Médecin, Alice Saunier Seité et Jacques Dominati, un mouvement qui a comme président d’honneur Alain de Boissieu, le gendre du général de Gaulle et comme supporter un certain… Alain Juppé (ce n’est peut-être pas le moment de lui rappeler).  C’est en fait un SAC bis : on y trouve aussi Paul Gaillet…. l’ancien secrétaire fédéral du SAC, ultra-représenté dans le mouvement.  Parmi ses membres d’honneur, on trouve Jacques Godfrain, l’un des principaux responsables du Service d’action civique (SAC) de 1970 à 1976… quel hasard.  On trouve aussi comme adhérents le cancérologue  François Bachelot, devenu en 1986 député du Front national, mais aussi Pierre Lagaillarde ancien député d’Alger et grand partisan de l’Algérie française (ici à droite, décédé en 2014, il était aussi et surtout le fondateur de l’OAS !)). 98317051 On y croise aussi Gérard Ecorcheville, venu directement d’Ordre Nouveau et du Parti des Forces Nouvelles ainsi que son beau frère Alain Robert. Alain Robert, l’animateur d’Occident (******) s’était illustré en faisant partie du commando qui avait attaqué le 2 juin 1964 à la barre de fer le cinéma « le Savoie » (avec un certain Alain Madelin *******!) . Il dirigera aussi le GUD  en 1968. Et Jean Roussel, celui apparu dans la saga d’Auriol…  car c’est une bonne partie du SAC qui a resurgi mêlant anciennes barbouzes et anciens policiers d’extrême droite comme le dénombre ici « No Pasaran » : « Joseph Nicolaï ancien commandant principal de la police de Marseille et membre du SAC (il deviendra  chef du groupe de répression du banditisme de Lyon !).  Gilbert Chabillat, ancien responsable du SAC de 1970 à 1975 (date de son exclusion) et qui s’est reconverti depuis dans le devillièrisme, Humbert Giaconelli, un ancien policier membre du SAC, Henri Neurmond, un autre ancien policier, membre lui aussi du SAC, Me Henri Ruggieri, membre lui du RPR et du SAC ».  Et on y trouve aussi celui qui devait organiser la rafle des opposants pour les enfermer dans des stades, à la Pinochet, en cas de coup d’Etat d’extrême droite en, France dans lequel le SAC se chargerait de l’intendance : « On trouve aussi et surtout Gérard Kappé responsabe du SAC marseillais de 1967 à 1969, connu pour avoir préparé à Marseille en mai 1968, « l’opération stade » consistant à l’arrestation et au regroupement de diverses personnalités et syndicalistes de gauche dans des stades de foot, préfigurant ainsi ceux du Chili de 1973. Viré du SAC en 1969, il créait une fédération sud-est du SAC , mouvement dissident du SAC national. A la même époque d’autrers SAC dissidents se constitueront à l’instigation de Charles Pasqua qui venait d’en démissionner ».  Pour certains, l’affaire des stades était une intoxication réussie... par le SAC !
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hermantUn autre homme du SAC a été oublié dans cette histoire, et pour cause, on n’a jamais retrouvé son corps : Yves Courtois, cité plus haut. Debizet est mort depuis longtemps (en mai 1996), mais le mouvement qui a suivi le SAC existe toujours, avec Eric Raoult comme membre d’honneur. « Présidé par le professeur des universités Christian Labrousse – qui enseigne à Paris II-Assas-, le MIL compte parmi son comité d’honneur Robert Pandraud (ancien ministre – décédé en 2010), Bernard Debré (député de Paris), Yves Guéna (ancien président du Conseil constitutionnel – décédé en 2016), Charles Pasqua (ancien ministre – mort en 2015), Eric Raoult (député UMP de Seine-Saint-Denis, corapporteur de la commission parlementaire sur la burqa), et l’ancien maire de Paris, Jean Tiberi » pouvait-on lire en 2010. Le MIL a aussi ses hommes de main, pour assurer la sécurité des membres de l’UMP (devenus Les Républicains*******).  Le mouvement s’est trouvé un nouveau dada, plus récent, après les « bolcheviks » : les islamistes.  A Lille, un bien étrange informateur de la gendarmerie (Claude Hermant, ancien du DPS de LePen, mercenaire jadis gracié par Sassou Nguesso), vient de se retrouver fournisseur d’armes de Coulibaly, dans la grande lignée des actions de subversion du SAC… celles consistant à armer l’adversaire pour mieux le dénoncer après-coup, à faciliter ses exactions pour lui reprocher après.  Drôle de coïncidence, un tout récent rapport parlementaire signé Georges Fenech vient également de noter « les failles dans notre renseignement ».  Et les failles dans la police ou la gendarmerie rongés par l’extrême droite ou les successeurs du SAC, voire les descendants de Debizet, alors ? Dans l’enquête sur Hermant, pourquoi donc s’est-on à nouveau heurté au « Secret Défense » ? Hermant aurait fait transiter 200 armes, en plus des 5 retrouvées chez Coulibaly… où sont elles donc passées ?  Faut-il suivre le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Patrick Calvar, et sa crainte de l’ultradroite ?

(*) un aviseur, ou sous-marin des douanes, comme Marc Fievet, décrit ici sous le nom de « Marc F », en 2001, par Libération…

(**) puis encore le 15 janvier 1990, le 19 janvier 1995 et le 11 avril 2003 pour que le financement soit contrôlé)

(***) « De tous les candidats, Jacques Chirac, alors âgé de 48 ans, est celui qui impressionne le plus par sa capacité physique à enchainer les déplacements, dans toutes les régions de France y compris dans les Antilles. Les intentions de vote s’en ressentent ; il distance très rapidement son rival gaulliste Michel Debré, dont la campagne est plutôt terne. Le programme électoral et la façon de faire campagne de Jacques Chirac le font comparer à Ronald Reagan, qui a brillamment remporté l’élection présidentielle américaine quelques mois plus tôt. Le matériel publicitaire, les tracts, les affiches, les badges, les autocollants, sont très similaires, et même le slogan, « Chirac maintenant », est décalqué de celui de Reagan (« Reagan now ») » selon Wikipedia.

(****)  le Nouvel Obs avait ainsi répertorié les agissements en France :

1971 – 10 décembre : Descente de police au siège de là Société E.T.E.C., à Paris, qui dissimulait, derrière une entreprise de recouvrement de créances, une officine de trafic d’influences, de chantage et d’extorsion de fonds. Comme la plupart de ses collaborateurs, Charly Lascorz, le patron de l’E.T.E.C., est un homme du S.A.C. Il sera condamné à trois ans de prison, dont un avec sursis.

1972 mars : Dans le quartier Saint-Jérôme, à Marseille, les gendarmes découvrent une imprimerie de faux billets et de faux bons du Trésor. Plusieurs membres du S.A.C. sont arrêtés.

1973 mars : A Toulouse, campagne électorale musclée. Neuf membres du S.A.C. ou des C.D.R. (Comités de Défense de la République) sont arrêtés après avoir tabassé trois Nord-Africains et des colleurs d’affiches du candidat socialiste Alain Savary. Parmi eux, un sous-brigadier de police. Et à Marseille, le 30, un laboratoire clandestin de distillation de drogue est découvert dans la villa « Clotilde ». Les chimistes et leurs complices sont des membres ou des sympathisants du S.A.C.

15 juin : A Lyon, Jean Augé, caïd du milieu et patron du S.A.C. local, est tué de huit balles de 11,43 devant son club de tennis.

1975 Juin : A Paris, enquête de l’Inspection générale de la Police nationale sur les liens qui existent entre des policiers et des proxénètes. Dans leur rapport, les policiers des R.G. révèlent que des mesures de mutations ont été demandées à l’encontre de certains policiers corrompus. Mutations refusées, grâce à la protection du S.A.C. dont ils bénéficiaient.

Août : A Marseille, procès de l’escroc Dominique Calzi. Qui affirme n’avoir agi que sur les instructions du S.A.C. Il est condamné à quatre ans de prison ferme. En détention, Calzi écrit, sous le pseudonyme de Patrice Chairoff, « B comme barbouzes », livre dans lequel il révèle l’étendue et la nature des réseaux du S.A.C. En dix ans, estimet-il, le SAC. a été impliqué dans une doùzaine de scandales politiques et financiers et dans plus de cent soixante affaires de droit commun. Beaucoup de gens ont tenté en vain d’empêcher la parution du livre.

1976 19 février : René Trouvé, correspondant à Toulouse de l’hebdomadaire « le Meilleur » est assassiné. Cinq mois plus tard, la police identifie ses assassins et leur commanditaire, le docteur Birague, patron local du S.A.C. et des C.D.R.

1977 5 juin : Pierre Maitre, ouvrier aux Verreries mécaniques champenoises à Reims, est tué lors d’une fusillade contre un piquet de grève devant la Verrerie occupée par son personnel. Claude Lecomte, membre ‘au S.A.C. et de la C.F.T., ancien candidat gaulliste aux élections municipales de La Courneuve en 1971, est arrêté.

1978 6 juin : Le journal « le Havre libre » publie une photo prise en février représentant Raymond Barre encadré par ses deux anges gardiens locaux, Georges Malyquevique et Ernest Auger, tous deux membres du S.A.C., dont Auger est le responsable au Havre. Les deux sont impliqués dans un trafic de bouteilles de champagne volées sur le port du Havre et dans un trafic de faux billets de 500 F.

1979 Février : A Evreux, à la suite d’un cambriolage, la police perquisitionne l’appartement du peintre Jacques Noé’ et de sa femme Solange, greffière du tribunal. Dans un piano sont découverts deux fusils de chasse, deux carabines 22 long rifle et quinze pistolets, provenant du greffe. Au cours de la même enquête, deux Winchester et un pistolet 357 Magnum sont découverts chez Gérard Pliez, responsable local du S.A.C. Mai : Charly Lascorz, condamné dans l’affaire de l’E.T.E.C. et ancien dirigeant du S.A.C., est inculpé dans une affaire de trafic de métaux non ferreux.

1980 Janvier : A Bastelica, en Corse, les autonomistes s’emparent d’un commando de trois hommes accusés d’appartenir à l’organisation Francia et au S.A.C. et soupçonnés de préparer une pération ponctuelle contre un dirigeant autonomiste.

(*****) le procureur Chalret est mort le 14 juin 1993, dans un accident de voiture. Selon la police, il se serait endormi au volant…  Des indics, il y en a eu dans l’affaire Boulin. Etrangement aussi, ils sont morts assez vite : « un ancien policier, Pierre Allia, aujourd’hui conseiller national UMP dans la 3ème circonscription de Vendée et élevé par un père dominicain, le père Jean Courtois, proche des milieux gaullistes et judiciaires se dit, le 26 octobre 2009, prêt à témoigner devant la justice. Il affirme que son oncle, Fouad Allia, « indic » infiltré dans le « milieu » pour le compte de la police, aurait assisté à l’assassinat de Robert Boulin. Un an plus tard, en novembre 1980, Fouad Allia dit « Michel le libanais » meurt dans une fusillade, dans un restaurant parisien, avenue Trudaine à Paris, avec l’un de ses deux adjoints, « Une exécution », estime Pierre Allia, qui explique que son oncle « craignait pour sa vie », notamment à cause de ce qu’il savait du dossier Boulin. »

(******) Robert a de solides amitiés journalistiques: « Le Groupe union défense, ou Groupe union droit, est un mouvement étudiant d’extrême droite créé en 1968 par l’ancien dirigeant d’Occident, Alain Robert, ami du couple de Koch-Barjot. Il est principalement implanté à l’université d’Assas Paris-II, où a étudié Basile de Koch. Il est aussi apparu dans d’autres grands centres universitaires, comme Lyon-III, où a étudié Frigide Barjot ». Basile de Koch, alias Bruno Tellenne, roi de la nuit parisienne, est chroniqueur clubbing à l’hebdomadaire Voici dans la rubrique La nuit, c’est tous les jours. Il tient une chronique sur la télévision dans l’hebdomadaire ultra-conservateur Valeurs actuelles et collabore régulièrement au site d’extrême-droite Causeur.fr, propriété de l’ancien d’Ordre Nouveau et ancien directeur du magazine d’extrême-droite Minute, Gérald Penciolelli« . Bruno Tellenne a été l’assistant parlementaire et la « plume » de Charles Pasqua. C’est sous son influence que Charles Pasqua se veut un ardent partisan de la peine de mort et préconise une alliance avec l’extrême-droite, déclarant que « le FN se réclame des mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité ».

 (*******) Madelin a aussi été le délégué à la jeunesse dans le comité de soutien à Jean-Louis Tixier-Vignancour dans le 10e arrondissement de Paris.

(*******) « C’est une phalange gaulliste au service de toute la droite: la région de Béziers accueille l’une des sections les plus actives du Mouvement initiatives et libertés (MIL). Dans la galaxie gaulliste, ses militants sont les successeurs du Service d’action civique (SAC), de sulfureuse mémoire. Mais, à la différence de leurs prédécesseurs, ils se veulent «droits». Alain Juppé a-t-il besoin d’hommes aguerris pour assurer le service d’ordre du congrès fondateur de l’UMP? Aussitôt, une escouade du MIL part de Béziers et traverse la France jusqu’au Bourget. La rencontre à Perpignan des ministres de l’Intérieur espagnol et français? Un meeting de Sarkozy à Béziers? Une réunion de Jacques Blanc ou de Raymond Couderc? Ils sont là, avec d’autres, pour veiller au grain » décrivait encore l’Express le 09 janvier 2003. Les dignes descendants du SAC sont de retour !

Sources

https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/consultationIR.action?udId=d_5_7_2&irId=FRAN_IR_009230

http://www.lcp.fr/emissions/ca-vous-regarde/274542-drogue-quand-la-police-devient-dealer

LCP

http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0873_19810801/OBS0873_19810801_025.pdf

http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0873_19810801/OBS0873_19810801_026.pdf

http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0879_19810912/OBS0879_19810912_028.pdf

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-34208050.html

 

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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