Accueil / T Y P E S / Articles / Gen?se des gangs de rue
Flickr: SliceofNYC

Gen?se des gangs de rue

Flickr: SliceofNYC
Flickr: SliceofNYC

Dominic Desmarais vol.13.6 – Dossier Gang de rue
Le ph?nom?ne des gangs de rue s?amplifie ? Montr?al, touchant 10% des jeunes. Apparus dans les ann?es 1980, ces groupes partent d?sormais ? la conqu?te de la province. Ils attirent des jeunes r?vant de pouvoir et de richesse.

Le visage fra?chement ras?, les cheveux coup?s courts, la chemise soigneusement repass?e, l?inspecteur-chef Jean Baraby, de la police de Montr?al, ressemble au bon p?re de famille typique. Seule la pr?sence d?une attach?e de presse dans son bureau rappelle la d?licatesse du sujet. Le ph?nom?ne des gangs de rue, c?est du s?rieux. De sa voix chaleureuse, le policier transmet ses connaissances: ?Dans les ann?es 1980, c??tait des ados. C??tait des batailles en dehors des ?coles, dans les parcs. Il n?y avait pas d?activit?s criminelles. Si je fais un parall?le, dans les ann?es 1960?1970, les francophones se battaient contre les anglophones.?

Pr?vention gang de rue dans les ?coles
Alain Cl?ment est ?galement policier. Depuis cinq ans, tous les mercredis, il se rend ? l??cole secondaire Henri-Bourrassa pour pr?venir les ?l?ves de secondaire I des m?faits d?adh?rer aux gangs de rue. ?Avant, tu pouvais trouver un gang qui volait des voitures. Ils ne faisaient pas d?argent. Ils se sont rendus compte qu?il y avait de l?argent ? faire et ont dit aux plus jeunes comment faire.? Mais voil?, ces jeunes de la premi?re g?n?ration ont vieilli, se sont endurcis. Ils ont emprunt? la voie de la criminalit?, offrant de nouveaux mod?les pour les jeunes fr?res, les cousins. ?Maintenant, tu peux faire carri?re dans les gangs de rue. Il y a des mod?les. Les plus jeunes regardent ?a et se disent ?wow, je peux faire comme eux!??, explique l?inspecteur Baraby. Les jeunes se r?unissaient par besoin de valorisation, par d?sir de constituer une famille. Les intervenants pouvaient alors combler leur besoin d?affection. Les choses ont ?volu?, le roi dollar a point? le bout de son nez. ?La valeur, aujourd?hui, c?est l?argent. Le jeune a tout ce qu?il veut dans la vie. Il est millionnaire. Il a les filles, la drogue. Comment dire au jeune qu?il est un mauvais mod?le??, explique Harry Delva, coordonnateur des projets jeunesse ? la Maison d?Ha?ti depuis 13 ans. L?homme en conna?t un rayon. Il s?occupe d?un projet de patrouilleurs de rue compos? de jeunes dont certains ont flirt? avec des gangs. Ils essaient de conseiller leurs pairs dans le quartier Saint-Michel ? Montr?al.

M. Delva reconna?t qu?il est aujourd?hui plus difficile de ramener les membres de gangs dans le droit chemin. ?Entre 1997 et 2000, des jeunes, qui ne faisaient pas n?cessairement partie de gangs, se sont enrichis avec des fraudes. Ils ont encourag? nombre de jeunes ayant envie d?adh?rer ? un gang. Maintenant, ces jeunes ne cherchent plus une famille mais une richesse, explique M. Delva. En voyant des jeunes qui ont r?ussi, les gangs se sont dit qu?ils pouvaient y arriver.?

Les jeunes ? risque d?adh?rer ? un gang de rue
Quel jeune ?prouve le besoin de s?int?grer ? un gang? ? en croire l?inspecteur Baraby, tous les jeunes sont susceptibles d??tre recrut?s. Chantal Fredette, criminologue et sp?cialiste des gangs de rue au Centre jeunesse de Montr?al, apporte des pr?cisions. Les plus ? risque viennent de familles dont l?un des membres fait d?j? partie d?un gang. Une tr?s grande majorit? des jeunes qui ont d?j? des probl?mes y trouvent leur niche, explique la chercheure. ?Le d?fi, c?est d?identifier, parmi les jeunes des gangs, les 10 ? 20% qui vont constituer le noyau dur, qui sont tr?s criminalis?s. Un des facteurs, c?est la pr?cocit?. Celui qui fr?quente t?t les gangs, par exemple ? neuf ans, va ?tre plus ? risque. Le 10% du noyau dur a la perception que la vie est dangereuse, qu?il y a deux c?t?s: les gagnants et les perdants. Pour gagner, il faut imposer?, s?exclame la jeune femme tout en gesticulant. ?Pour une minorit? de jeunes au Qu?bec, en 2005, le gang de rue offre une meilleure perspective de vie que tout autre chose?, constate la criminologue qui a rencontr? une trentaine de ces jeunes pour r?diger un rapport sur le sujet.

Violence extr?me et gang de rue
L?univers des gangs est extr?mement violent, a observ? Chantal Fredette dans ses recherches. Il faut ?tre tol?rant ? la violence pour supporter ce climat. Il y a un 20% des jeunes qui ont cette tol?rance?, note-t-elle.

Dans ses visites ? la polyvalente Henri-Bourrassa, le sergent Alain Cl?ment a senti lui aussi l?apparition de ce probl?me: ?Depuis les 5 derni?res ann?es, je constate autant d??v?nements, mais ils sont de plus en plus violents.? L?acc?s facile aux armes expliquerait l?intensit? des altercations. ?C?est plus facile pour eux d?acheter une arme qu?un paquet de cigarettes?, dit Harry Delva d?un ton d?tach? de celui qui a tout vu. Les jeunes ont les moyens de s?outiller. D?autant plus qu?ils ont un r?seau de drogue, de prostitution, d?extorsion ? prot?ger.

??a ressemble au temps d?Al Capone. Ce qu?on voit, ce sont des r?glements de compte entre gangs pour un territoire. Maintenant, ils sont partout. Parce que les motards ont lib?r? certains secteurs, les gangs de rue d?cident d?occuper et d?agrandir leurs territoires. Quand ils se rencontrent au centre-ville, ils se tirent dessus?, d?crit M. Delva.? Accroupi, les coudes sur les genoux, il se rel?ve, esquissant une mimique d?impuissance. Attir?s par le gain, les gangs de rue reluquent les territoires d?laiss?s par les motards, affaiblis ? la suite de l?op?ration polici?re Printemps 2002 qui a permis de mettre derri?re les barreaux plusieurs Hells Angels et Rock Machines.

Gang de rue en r?gion: Gasp?sie, Lac St-Jean, Sherbrooke?
Lib?r?s de cette concurrence, les gangs s?exportent. ?Ce qu?on constate, c?est que les membres de gangs s?installent en p?riph?rie de Montr?al et vont faire des activit?s plus ?loign?es comme le trafic de stup?fiants, la prostitution juv?nile. On en a retrouv? en Gasp?sie, au Lac St-Jean, en Outaouais et ? Sherbrooke. Ils ne sont pas encore rendus ? s?y installer?, avoue l?inspecteur Baraby, qui rajoute du m?me souffle la mise sur pied d?une escouade de choc. Pour contrer cette expansion, la Police de Montr?al, de Laval, la S?curit? du Qu?bec et la GRC ont uni leurs forces.

Cette nouvelle union polici?re sera-t-elle suffisante pour contrer le ph?nom?ne? Probablement pas, de l?aveu de l?inspecteur. ?Tant qu?il y aura l?app?t du gain, il va toujours y avoir des jeunes qui vont s?y int?resser. On a pas la pr?tention de penser qu?on va enrayer le probl?me. Comme la prostitution, on travaille fort, mais on peut pas l?emp?cher.? R?aliste, le coordonnateur de la Maison d?Ha?ti n?en pense pas moins. ?C?est un ph?nom?ne qui est l? pour rester, croit-il. Autour, on a la vente de drogues, la prostitution. C?est de l?argent facile. ?a fait partie de notre soci?t?. Mais on peut baisser ?a, pr?venir, diminuer le nombre de gens qui entourent les gangs.?

Dossier Montr?al-Nord: la mort de Fredy Villanueva, les ?meutes et les pistes de solution.
Autres textes sur Gang de rue:

Le d?fi des gangs de rue

Les filles dans les gangs de rue

Les jeunes nous parlent de sexe et des gangs de rue

Rap et?criminalit?

Gen?se des gangs de?rue

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Au cœur du « Pletzl » : 21 rue des Rosiers

La première mention de la rue des Rosiers date de 1230. Située à l’emplacement de ...