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Gaz naturel : Mario Dumont a trahi ses membres

Lors du soul?vement contre le projet du Suro?t, Mario Dumont et l’ADQ avaient appuy? la population en demandant au premier ministre Jean Charest d’abandonner la construction d’une centrale aliment?e au gaz naturel. Le point de presse de Dumont ? l’Assembl?e Nationale du 19 janvier 2004 ?tait sans ?quivoque : ce projet ?tait contraire aux objectifs de Kyoto et repr?sentait un mauvais investissement sur les plans ?nerg?tique et scientifique (1).

Dans son programme ?lectoral, l’ADQ s’engage ? promouvoir le d?veloppement des ?nergies « propres » comme l’hydro?lectricit?, l’?nergie ?olienne, la g?othermie et l’?nergie solaire. La formation politique promet ?galement de s’engager dans la lutte aux changements climatiques et d’atteindre les cibles du protocole de Kyoto (2).

Mais voil? que les ambitions ?cologiques de Mario Dumont entrent en collision avec la mission fondamentale de son parti : le d?veloppement ?conomique. Quelques jours avant No?l, le chef de l’opposition a donc d?cid? d’appuyer les lib?raux en donnant son accord au projet de loi 204 qui donne le feu vert ? la construction du port m?thanier Rabaska. Trois semaines plus t?t, le chef de l’opposition avait particip? ? une rencontre entre le premier ministre Stephen Harper, la chambre de commerce de Rivi?re-du-Loup et les promoteurs du projet de Gros-Cacouna (3).

Non seulement ces appuis aux deux ports m?thaniers semblent ?tre en contradiction avec le programme de son parti et ses positions ant?rieures sur l’environnement, mais Mario Dumont ne semble pas ?tre pr?occup? par la s?curit? de ses ?lecteurs. En effet, le gouvernement du Canada s’est encore oppos? ? un projet similaire en refusant un droit de passage maritime essentiel ? un futur port m?thanier aux Etats-Unis. Le premier ministre Harper refuserait d’obtemp?rer ? une demande officielle qui exige que le Canada permette ? des navires de baigner en eaux canadiennes afin d’atteindre un port m?thanier qui serait construit dans l’?tat du Maine. Selon le gouvernement canadien, « il serait beaucoup trop dangereux de permettre aux p?troliers d’emprunter ce passage, l’un des moins s?rs au Canada… ». Le d?put? n?o-brunswickois Greg Thompson a par ailleurs mentionn? que « les risques qu’un d?versement survienne ?taient tout simplement trop ?lev?s pour permettre aux p?troliers d’y passer. » (4)

Les bateaux devront donc naviguer dans le d?troit de Head Harbour afin d’atteindre le port m?thanier de Pleasant Point (5). Ce plan d’eau, consid?r? par le gouvernement canadien comme ?tant probl?matique ? la navigation, ne semble effectivement pas beaucoup plus large que le fleuve St-Laurent en face de l’Ile d’Orl?ans… Est-ce que les gouvernements canadiens et qu?b?cois ont utilis? les m?mes normes pour calculer le niveau de danger pour la navigation maritime ici m?me au pays ?

La demande en gaz naturel conna?t une hausse importante aux Etats-Unis. Les am?ricains se voient donc oblig?s de se tourner vers l’importation de gaz naturel liquide (LNG) mais l’opposition du public aux ports m?thaniers et les nouvelles restrictions associ?s ? la protection du territoire, rendent la vie difficile aux promoteurs. Comme c’est l’usage avec les paquebots, nos voisins du sud obligent les p?troliers ? ?tre escort?s par des navires militaires afin d’acc?der au port m?thanier. Ces navires ont l’autorisation d’intercepter une embarcation qui se retrouve trop pr?s du p?trolier et si elle repr?sente une menace ? la s?curit? territoriale. La construction de ces installations ? l’ext?rieur des zones dens?ment peupl?es ou (id?alement) en territoire canadien, repr?sente actuellement la solution privil?gi?e par les autorit?s am?ricaines. La construction d’un port m?thanier est d?j? lanc?e ? St-Jean (N.-B.) et d’autres sites sont consid?r?s en Nouvelle-?cosse et au New-Jersey (6).

Toutefois, le promoteur du port m?thanier de Pleasant Point a demand? au gouvernement am?ricain de fermer le gazoduc canado-am?ricain si le Canada refuse l’acc?s des p?troliers vers leurs installations. En se basant sur les r?gles de la libert? d’entreprise et de la saine concurrence, la compagnie Quoddy Bay demande donc au pr?sident Bush de convaincre son homologue canadien de favoriser l’?conomie au d?triment de la s?curit? (7).

Seuls les partis d’opposition auraient pu faire entendre les voix des citoyens qui contestent le projet Rabaska. Si j’avais vot? pour l’ADQ et Mario Dumont, je serais fort d??u de la tournure des ?v?nements. M?me dans l’optique o? l’on est d’accord avec ce mode d’approvisionnement ?nerg?tique, on peut au moins questionner le choix du site.

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    - L’Energie sacré problème, surtout après avoir délibérément gaspillé tous ces produits en l’espace d’un siècle à peine, va falloir songer a imposer les ressources dont seul l’astre solaire est capable de nous fournir pour encore quelques millions d’années.

    - Car l’éolien contrairement a l’idée populaire et largement répandue, est aussi une ressource liée aux influences solaires. La géothermie de mème ; car à l’origine notre terre faisait partie entière de cet astre si souvent vénéré par le passé, et ils avaient certainement un peu raison de lui attribuer des vertus.

    - Notre relation avec le temps doit très rapidement ce changer pour des temps reliés avec notre éconosphère, il y a urgence.

    - Courrir dans tous les sens, la tète dans le guidon, pour certain gonflés aux cachetons (médicaments anti-stress) Cette société « moderne » de part le monde qui a sue nous délivrer momentanément des contraintes matérielles (et pas pour tous, loin s’en faut) ne parviendra jamais à nous satisfaire totalement , il faut faire ce constat, et tenter de renouer avec d’autres idéaux moins matérialistes et consuméristes, ces principes sont désormais ringards.

  2. avatar
    François Marginean

    Puisque vous soulevez cet important sujet, voici quelques liens importants à faire entre les différents acteurs qui ont beaucoup à gagner dans ce projet de port méthanier à Rabaska. Vous allez comprendre comment les Paul Desmarais, Dumont, Charest, l’Institut Économique de Mtl (qui est la base et la source idéologique de Mario Dumont), Bush et les É-U ainsi que Sarkozy sont liés ensemble, et vous ne serez plus surpris de la tournure des événements.

    - Desmarais impliqué dans le rapprochement Sarkozy-Bush ?

    par Pierre Dubuc , Mondialisation.ca, Le 13 septembre 2007
    L’aut’journal

    Desmarais est un proche de Sarkozy et de la famille Bush. George Bush le père et Nicolas Sarkozy sont des habitués du domaine Sagard que possède la famille Desmarais dans Charlevoix.

    Gaz de France, Suez et Rabaska
    Les accointances de Desmarais et Sarkozy ne s’arrêtent pas là. Dernièrement, Sarkozy a autorisé la privatisation de la société d’État Gaz de France (GDF) au profit du groupe Suez. Après avoir promis, il y a quelques années, aux organisations syndicales qu’il ne permettrait jamais que l’État détienne moins de 70% du capital de GDF, l’actuelle privatisation ne laisse que 34% du capital à l’État français.

    Le Canard enchaîné du 5 septembre titrait : « Suez-GDF : une bonne affaire pour les amis milliardaires de Sakozy ». Le journal satirique français rappelle que l’actionnaire principal de Suez « est le milliardaire belge Albert Frère, un intime de Sarko, associé à la plus grosse fortune canadienne, Paul Desmarais, qui invita naguère le Président en vacances ».

    Soulignons que Albert Frère et Paul Desmarais étaient les deux seuls non-Français présents au restaurant le Fouquet’s à Paris pour célébrer la victoire de Sarkozy le soir des élections présidentielles françaises.

    Il n’est pas inutile de rappeler que Gaz de France, maintenant contrôlé par Power Corporation par l’intermédiaire de Suez, est un des principaux groupes intéressés dans le projet de port méthanier Rabaska à Lévis.
    Gaz de France, Hydro-Québec et l’Institut économique de Montréal
    Pour la presse française, la privatisation de GDF annonce une hausse du prix du gaz. Cela nous rappelle qu’une étude toute récente de l’Institut économique de Montréal favorable à la privatisation d’Hydro-Québec était un vibrant plaidoyer pour une augmentation des tarifs d’électricité.

    Une des principales raisons invoquées par les auteurs de l’étude était de rendre le gaz naturel plus compétitif avec l’électricité. On parle bien entendu du gaz naturel qui arrivera par navires à Rabaska. Une partie du gaz naturel sera exportée aux Etats-Unis, l’autre partie servira de substitut à l’électricité afin, là aussi, d’augmenter les exportations d’électricité du Québec vers les États de la cote Est américaine.

    Bouclons la boucle en soulignant que les éditorialistes des grands médias de Gesca, propriété de Power Corporation, sont pour la mission en Afghanistan, ont applaudi à tout rompre l’élection de Nicolas Sarkozy dont ils proposent le programme de droite comme modèle pour le Québec et appuient sans réserve le projet Rabaska.

    La Presse, le Soleil et les autres médias de Gesca ont également accordé un traitement princier à cette étude de l’Institut économique, largement financé par Power Corporation et dont la p. d-g. est nulle autre qu’Hélène Desmarais, la fille de Paul Desmarais.

    - Carlyle, les Desmarais et le toujours corrompu Sarkozy

    Sarkozy a passé une partie de ses vacances chez les Desmarais cet été et le voici maintenent qu’il vend la société d’État française, Gaz de France (GDF), à rabais à Suez. Or Suez est largement détenue par Power Corporation, la compagnie des Desmarais (voir plus bas), Paul Desmarais Jr. siège sur le conseil s’administration de Suez et en plus de la part de Suez qu’il détient indirectement à travers PCC, il détient 2000 actions de Suez directement.
    Le fait intéressant que notre très cher Jean Charest est lui aussi lié aux Desmarais, ce que je ne savais pas, et l’explication de pourquoi Jean Charest insiste sur les projets absurdes de términaux méthaniers au Québec pour livraison de gaz auz ÉU alors même que les villes côtière étasuniennes ne veulenent pas des projets. En effet une recherche sommaire sur le site de Rabaska nous révèle que GDF (maintenent posséssion des Desmarais grâce à Sarkozy) est un des trois partenaires du projet ! (Pour ce qui est de Gros-Cacouna je n’ai pas pu, en cinq minute de recherche internet, trouver de lien super fort avec les Demarais, mais il y a quand même celui-ci : les partenaires de Gros-Cacouna sont Petro Canada et TransCanada et Investor’s Group, filière de Power Corporation détient 2,31% de TransCanada).

    Donc après avoir essayé de nous contaminer en voulant installer le CHUM à la gare de triage d’Outremont, il semble bien que les Desmarais essaient de nous donner un mélange explosif et polluant avec les ports méthaniers !

    • ADDENDUM : Le Groupe Investor’s détient aussi 3,35% des parts de Enbridge, le deuxième partenaire de Rabaska, et 6 des 14 membres du Conseil d’Administration de GazMétro (le troisième partenaire du projet) siègent aussi sur le conseil d’administration de GDF ou de Enbridge. En plus, Enbridge detient 32,06% des parts de GazMétro inc et GDF détient 17,56% des parts de GazMétro inc. Il est aussi intéressant de noter qu’un tière (4 sur 12 : BAXTER JAMESON A ; HILL JOHN A ; LEIBLER KENNETH R ; PUTNAM GEORGE III) des directeur/rices de Petro-Canada (un des deux partenaire de Gros-Cacouna) sont aussi directeur/rices de Putnam, une compagnie étasunienne récemment achetée par Power Corporation !