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France : un regard anatomique sur l’homo politicus

Les temps sont durs ! Enfin, surtout pour les classes populaires, étrillées par le pouvoir en place. En revanche, tout va très bien pour les nantis, merci Macron ! Dans ce contexte, porter un regard… anatomique sur l’homo politicus qui nous gouverne ou aspire à le faire est-il de nature à nous détendre le temps d’une lecture ? À chacun son opinion…

Du côté de LR, le désastre de la présidentielle, causé par le candidat aux sourcils broussailleux qui aimait trop l’argent, n’a pas été surmonté, et l’on continue dans les rangs de la droite à se faire des cheveux pour l’avenir d’un parti que Laurent Wauquiez, regard dur et menton haut, a enfermé dans une idéologie ultra-droitière qui ne facilitera pas, c’est une évidence, le rapprochement avec le flanc modéré juppéiste. Car c’est un fait avéré, les amis du maire de Bordeaux ont les oreilles agacées et les dents qui grincent en observant ce qui se passe à LR où l’on a adopté sans vergogne nombre d’idées du Front national. On peut même parler de tempête sous les crânes chez ceux qui n’ont pas encore rejoint LREM mais se sont démarqués du parti (à l’image de Dominique Bussereau et Alain Juppé lui-même) ou, le visage marqué par le doute, s’apprêtent à le faire en tournant le dos à leurs anciens amis.

La situation est encore pire au PS, laminé par les scrutins du printemps 2017, au point que nombre d’observateurs se sont tenus les côtes, et pour certains ont ri à gorge déployée devant la déconfiture du pouvoir sortant. Pour autant, si les électeurs résiduels du parti de la rose au poing se font de la bile, les caciques survivants ne se mettent pas la rate au court-bouillon tant ils sont obnubilés par la prise de contrôle – en février 2018 – de ce qui n’est pourtant plus qu’un corps subclaquant aux chairs en décomposition. Ceux-là, de Delphine Batho à Stéphane Le Foll, en passant par Olivier Faure, Emmanuel Morel et peut-être Julien Dray, n’ont pas fini de se bouffer le nez pour prendre la tête du PS sous l’œil goguenard de leurs adversaires, et notamment des Insoumis et des Marcheurs. Nul doute que les éditorialistes en ont déjà l’eau à la bouche. Quant aux rares électeurs fidèles, ils se rongent les ongles de frustration et se font un sang d’encre à l’idée de voir disparaître le vieux parti d’Épinay. Le pire n’est jamais sûr, mais comme le dit de manière imagée un vieil adage populaire « Les socialistes n’ont pas le cul sorti des ronces ! »

Ce n’est pas plus brillant au FN où, les fesses serrées, les militants ont désormais, pour parler trivialement, « les foies » de l’avenir malgré un score historiquement haut pour leurs couleurs au mois de mai. Bras dessus bras dessous avec Nicolas Dupond-Aignan, Marine Le Pen s’était alors poussé du col et jetée dans le débat d’entre-deux tours en prenant par-dessus la jambe les avertissements de prudence, persuadée qu’elle était de dévorer cette couille molle de Macron et, symboliquement, de lui mettre un genou au sol avant de lui plaquer les deux épaules au sol. Hélas ! pour les frontistes, leur candidate n’a, malgré un sourire narquois plaqué aux lèvres, jamais réussi – comme disent nos amis québécois – à « faire passer les amygdales dans les narines » de l’impudent quadra qui la défiait. On comprend le désarroi des militants du FN : le cerveau Florian Philippot désormais parti, comment croire que Marine Le Pen soit encore en mesure de faire à nouveau prendre à l’électorat les vessies pour des lanternes pour reprendre la situation en main ? Et cela malgré la mise à l’index des Patriotes de son ex-idéologue.

Ce duel contre Emmanuel Macron, le candidat de la FI Jean-Luc Mélenchon en avait rêvé. À tel point qu’après avoir mis beaucoup de cœur à l’ouvrage durant la campagne présidentielle, il se faisait fort d’avoir la peau de Marine Le Pen après l’avoir mise en joue dans ces diatribes enflammées dont il s’est fait une spécialité. Douché par son résultat du 1er tour – pourtant bien meilleur qu’en 2012 –, le leader des Insoumis en a perdu sa langue et, mâchoires serrées, a laissé ses troupes sans consigne de vote. Arrivé 4e du scrutin, le tribun de la FI avait, il est vrai, eu les yeux plus gros que le ventre, faute d’avoir pu serrer les coudes avec Benoît Hamon dans l’optique d’une fusion des deux candidatures. Pas question pour autant de dire « pouce » de la part des élus Insoumis : c’est avec détermination qu’ils ont pris de facto le leadership de l’opposition au nouveau président de la République en luttant pied à pied contre chacune des contreréformes sociales qu’il a engagées.

Car c’est un fait : entre les élus de LR qui tendent les verges pour se faire battre, ceux du FN qui perdent leurs nerfs, et les caciques du PS qui contemplent leur propre nombril, les députés de la FI sont à l’heure actuelle les seuls à combattre la politique du gouvernement. Et c’est notoirement insuffisant pour contrer les projets d’Emmanuel Macron ! Mis sur orbite en 2016 dans le cadre d’une stratégie parfaitement maîtrisée consistant à pointer un doigt accusateur sur les vieux partis, puis largement soutenu par les médias mainstream, le président de la République a été élu sans contestation à la barbe des candidats plus chevronnés. Reconnaissons-le, il fallait de l’estomac pour mener à bien une telle entreprise. Depuis son élection, force est de reconnaître que le chef de l’État se « frise des moustaches », si l’on peut ainsi parler d’un personnage glabre. Cependant, gare aux chevilles qui enflent ! D’ores et déjà, quelques dissensions dans la majorité LREM laissent apparaître ce qui pourrait être le talon d’Achille du chef de l’État : un groupe parlementaire dissident. On n’en est toutefois pas là, loin s’en faut : le parti majoritaire semble avoir les reins solides, et les neurones d’Emmanuel Macron sont parfaitement ordonnés pour servir les intérêts de ces oligarques qui ont si largement contribué à le faire  entrer au palais de l’Élysée.

Pour illustrer cet homo politicus, deux morceaux de musique : Couperin, pièces de clavecin du 16e ordre : « Le drôle de corps » débute à 16’ 31’’ et décrit un individu pour le moins bancal. Dans le même esprit, « Le gaillard boîteux » du même compositeur, tiré du 18e ordre de pièces pour clavecin.

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A propos de Fergus

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Autodidacte retraité au terme d'une carrière qui m'a vu exercer des métiers très différents allant d'informaticien à responsable de formation, je vis à Dinan (Côtes d'Armor). Depuis toujours, je suis un observateur (et de temps à autre un modeste acteur) de la vie politique et sociale de mon pays. Je n'ai toutefois jamais appartenu à une quelconque chapelle politique ou syndicale, préférant le rôle d'électron libre. Ancien membre d'Amnesty International. Sur le plan sportif, j'ai encadré durant de longues années des jeunes footballeurs en région parisienne. Grand amateur de randonnée pédestre, et occasionnellement de ski (fond et alpin), j'ai également pratiqué le football durant... 32 ans au poste de gardien de but. J'aime la lecture et j'écoute chaque jour au moins une heure de musique, avec une prédilection pour le classique. Peintre amateur occasionnel, j'ai moi-même réalisé mon avatar.

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