• Albert Ricchi

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    • Cadre salarié dans un organisme de Protection Sociale de la région Paca-France, mon blog est consacré à la politique, l’économie, la démocratie, l'environnement ainsi qu’à quelques vraies réformes à entreprendre aujourd’hui afin de réconcilier les citoyens avec la République et la justice sociale.

    France – Pour la reconnaissance du vote blanc

    6 octobre 2008 | 2 commentaire(s) | 369 affichage(s)

    Apparu à l’époque où l’électeur écrivait le nom de son candidat sur le bulletin de vote, le bulletin blanc exprimait tout naturellement le non-choix. Il fut pris en compte jusqu’en 1852, année du décret qui l’a considéré comme vote nul.

    Aujourd’hui, de nombreux citoyens, ne trouvant pas leur bonheur dans l’offre politique, se déplacent néanmoins au bureau de vote en votant blanc. En plus de l’abstention traditionnelle, l’expression des électeurs s’est ainsi diversifiée et l’affrontement bipolaire tend à s’atténuer au profit de choix plus relatifs, le taux de votes blancs ou nuls, traduisant l’état de doute de l’opinion.


    L’analyse précise du résultat de la dernière élection présidentielle 2007 notamment a montré que malgré une forte mobilisation des électeurs, nombreux ont été ceux qui ont refusé de choisir entre une politique libérale et atlantiste incarnée par Nicolas Sarkozy et une politique de « l’ordre juste », mise à toutes les sauces, incarnée par Ségolène Royal.

    Le vote blanc ou nul a ainsi triplé entre le premier et le second tour de l’élection passant de 534 846 bulletins, soit 1,44% des votants le 22 avril à 1 568 426 bulletins, soit 4,20 % des votants le 6 mai…

    Les motivations de vote de l’électeur « blanc » ne sont donc ni le désintérêt ni le manque d’information mais avant tout le refus des candidats en présence et l’hostilité à la politique proposée.

    Il n’y a donc aucune raison de considérer un bulletin blanc comme un bulletin nul. Or, l’article L. 66 du code électoral assimile fâcheusement les bulletins blancs aux bulletins nuls.

    Cette confusion, née à l’origine de la volonté du législateur, ne recouvre plus, ou très partiellement, la réalité électorale actuelle. Il est d’ailleurs intéressant de souligner que les dispositions de la loi du 30 décembre 1988 relatives aux machines à voter prévoient l’enregistrement et la totalisation du vote blanc ! Comme si le législateur, une fois n’était pas coutume, avait anticipé sur les évolutions de l’opinion publique.

    Un sondage récent réalisé par l’IFOP permet de mesurer les attentes des électeurs sur cette question : 7 % des Français (soit 3 millions de personnes) déclarent avoir souvent voté blanc ou nul, 13 % quelquefois, et 16 % très rarement. La reconnaissance du vote blanc rencontre la faveur d’environ 60 % des personnes consultées.

    Ce sont surtout les jeunes électeurs qui se prononcent en ce sens (75 % chez les moins de 35 ans, 86 % chez les cadres supérieurs et professions libérales). Enfin, quelle que soit l’orientation politique des personnes interrogées, une majorité se prononce en ce sens, à gauche ou à droite.

    Devant l’ampleur de ce malaise politique, une question se pose : vaut-il mieux reconnaître le vote blanc comme exutoire civique et élargir ainsi l’offre politique ou encourager une expression protestataire nettement plus périlleuse pour la démocratie ?

    Les arguments ne manquent pas pour justifier la comptabilisation des votes blancs en nombre de suffrages exprimés mais cette réforme, essentielle sur le plan politique, n’a pas pour l’instant vu le jour.

    Le président de la République, Nicolas Sarkozy ne semble pas avoir un tel projet politique dans ses cartons. Réuni dernièrement à Versailles, le congrès a bien voté, grâce aux voix de Jack Lang et de la plupart des 18 Radicaux de gauche, le projet de réforme de la constitution mais on retiendra surtout des maigres modifications adoptées celle permettant au président de la République d’avoir une tribune supplémentaire en venant s’exprimer devant le Parlement. Rien ne concerne la prise en compte du vote blanc.

    Le parti socialiste, quant à lui, affirme toujours vouloir « reconnaître la prise en compte séparée des bulletins blancs, pour une démocratie plus directe » mais n’a jamais pris aucune initiative dans ce sens, lorsqu’il était au pouvoir.

    Mieux, lors de la primaire interne de novembre 2006, destinée à choisir son candidat pour la Présidentielle 2007, aucun bulletin blanc n’avait été mis à la disposition des adhérents socialistes. Seuls 1145 militants courageux avaient toutefois trouvé le moyen de voter blanc pour pouvoir s’exprimer comme ils l’entendaient…

    Les craintes exprimées, ici ou là, à l’égard de celui qui accomplit son devoir civique en votant blanc, par les tenants d’un certain conservatisme, sont le plus souvent excessives car c’est dans l’intérêt de l’électeur de pouvoir exprimer librement son choix.

    L’absence d’élection à la proportionnelle écarte déjà de toute représentation parlementaire plusieurs millions d’électeurs et nos institutions ne s’honorent pas non plus à ignorer le vote blanc qui est une voix à part entière.

    Sa reconnaissance en tant que suffrage exprimé est donc une nécessité pour la démocratie et la défense des droits des citoyens. C’est aussi un outil qui peut permettre de remettre en cause les politiques traditionnelles suivies par les grands partis institutionnels…

    Pour signer la pétition en faveur de la reconnaissance du vote blanc : http://petition.partiblanc.fr/

  • 2 commentaires

    • Inusable

    Bonjour,

    Un an après cette excellente analyse et l’arrêt des activités du Parti blanc, autant continuer le combat avec l’Association pour la reconnaissance du vote blanc, actif sans relâche depuis 1994.

    http://www.vote-blanc.org

    • jbenoit

    Et si l’on n’attendait pas les politiques pour en décider ?

    Le référendum d’initiative populaire pourrait être un moyen de montrer aux élus que certaines questions peuvent être importante pour nombre de citoyens, la prise en compte du vote blanc pourrait être l’une d’entre elle.

    J’essaye de mettre en place un site communautaire totalement gratuit qui aurait pour seul objectif de permettre de proposer, discuter et soutenir ce genre d’idée.

    Si le principe vous intéresse, vous pouvez vous rendre à l’adresse :
    http://www.e-nitiativepopulaire.fr/www/discuter/Fonctionnement-des-institutions/Pour-la-prise-en-compte-du-vote-blanc/

    ou sur le site
    http://www.e-nitiativepopulaire.fr

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