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Centpapiers

  • France – Faubourg 36 : du grand spectacle !

    26 septembre 2008 | 0 commentaire(s) | 406 views affichage(s)

    Dans le Paris de 1936, rien ne va plus pour le Chansonia, un célèbre cabaret music-hall du quartier populaire du Faubourg. Le Front Populaire au pouvoir, c’est la guerre entre les socialistes parfois communistes et les chefs d’entreprise quelques fois étiquetés fascistes. Les syndicats foisonnent et les employés révoltés font la grève. Le Chansonia, quant à lui, reste fermé dans l’attente d’être détruit par le nouveau propriétaire, Galapiat, le magnat de l’immobilier, joué avec beaucoup de nuances et de finesse par Bernard-Pierre Donnadieu. Le chef éclairagiste, plusieurs fois cocu et désormais chômeur, Pigoil, est en voie de perdre le fils que lui a laissé sa femme partie refaire sa vie et qui réclame maintenant le môme Jojo.

    Si absolument tous les personnages sont intéressants et bien définis et bien développés, le film repose principalement sur l’évolution de Pigoil, incarné par un Gérard Jugnot charismatique et attachant. Aidé de ses amis fidèles, le rebelle syndicaliste Milou (interprété par un Clovis Cornillac crédible) et le fanfaron Jacky (candidement joué par Kad Mérad), Pigoil tentera de remettre sur pieds le Chansonia pour ainsi redonner vie au Faubourg et peut-être même reprendre la garde de son garçon. Le résultat sera évidemment boiteux, et la persévérance sera nécessaire devant les nombreux obstacles. Et vous, spectateurs, aurez la chance d’assister à un film grandiose tout en musique et en couleurs !

    Le réalisateur du film Les Choristes a en fait adapté, pour son deuxième long métrage, une idée que le duo Frank Thomas et Reinhardt Wagner avaient mise en textes et en musique il y a plusieurs années. Faubourg 36 a donc été scénarisé à partir de la bande sonore, d’une qualité exceptionnelle d’ailleurs. Christophe Barratier n’a eu qu’à ajouter son univers et l’histoire recherchée, complexe sans être compliquée. Et il y a mis le paquet, il y a de tout ! Les triangles amoureux, l’amitié père-fils (ou fils-père), la montée de la belle starlette naïve (la peu connue Nora Arnezeder incarne à perfection le rôle de Douce), la sortie de l’ermite (Pierre Richard offre une solide performance), et j’en passe volontairement.

    Et si on évite de retomber dans nos souliers durant le visionnement, on ne sentira pas la recette, bien qu’efficace, derrière le déroulement de la bobine. Le grand nombre de personnages avec leurs multiples facettes, les paillettes du spectacle et la musique enivrante vous permettront d’entrer totalement dans l’histoire, et loin de moi l’idée de dénigrer la recette quand elle est bien étudiée et exécutée comme c’est le cas pour ce film.

    En somme, une bonne idée n’est rien sans une structure fixe. Ancré par un bon scénario, de bons acteurs (autant principaux que secondaires), beaucoup d’humour (à la fois niais et politiquement recherché), de la musique, des décors grandioses et des éclairages mettant en valeur les couleurs brillament dosées, Faubourg 36 aura assurément une place de choix aux prochains Césars.


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