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France: De la vague brune au raz de Marine

de_la_vague_brune_au_raz_de_marineLes claques se suivent et se ressemblent et pourtant, tous les partis, de la gauche à la droite, se rejettent mutuellement la responsabilité de leurs échecs.

La gauche de la Droite reproche à Sarközi d’avoir poussé son parti encore plus à droite, puisqu’il reprend les idées du FN, lui faisant remarquer que les électeurs ont finalement préféré l’original à la copie…

La gauche de « la Gauche » reproche à Hollande d’avoir trahi ses engagements, et d’avoir mené une politique de droite…VallsMacron sont là pour en attester.

En attendant, Hollande a réussi l’exploit de perdre presque toutes les régions que son parti détenait avant son arrivée…

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Quant au Centre, il y a tellement longtemps qu’il ne sait plus où il habite, qu’il est tenté de se mortifier, d’autant que, pris en otage par les « républicains », il se voit contraint de refuser le front républicain proposé par la gauche, laquelle veut faire barrage au FN.

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Chez les écolos, pas mieux, Baupin, vice président de l’assemblée nationale accuse « les questions au gouvernement » qui auraient fait voler en éclat la belle « unité républicaine ».lien

Mais les lenteurs des Verts à sortir d’un gouvernement qui avait trahi très tôt ses engagements écologistes, sont surement encore plus responsables de leur score étriqué.lien

En réalité, ils sont donc tous coupables…

D’autres montrent du doigt les abstentionnistes, mais si on donnait au vote blanc le pouvoir d’annuler une élection lorsqu’il atteint un certain taux, on verrait surement venir par millions ceux qui s’abstiennent…

Au-delà du fait que les électeurs du FN ne sont pas les plus âgés du pays, lesquels ont encore quelques souvenirs de ce qui s’est passé dans les années 40 (lien) il faut aussi constater que le sursaut de mobilisation du dernier moment, n’a rien empêché, et que les électeurs sont, de déceptions en déceptions, décidés à ne plus aller voter pour le moins pire, même si Dany Boon appelle ses « biloutes » à ne pas voter FN. lien

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Après avoir constaté l’échec de la droite, suivi par celui de la gauche, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir tenter le FN.

http://www.lepoint.fr/images/2015/11/12/2500802lpw-2500913-jpg_3153058.jpg

On pourrait aussi s’interroger sur la déclaration des fanatiques de Daesh qui revendiquent le succès électoral du FN, expliquant que sans les récents attentats, les français n’auraient pas autant été si sensibilisés à l’insécurité. lien

D’autant qu’un certain Claude Hermant, membre de la sécurité du FN dans les années 90, informateur probable de la police, est soupçonné de trafic d’armes.

Il travaillait notamment avec un trafiquant de Charleroi, et Coulibaly y avait acheté ses armes, pour mener l’attaque contre l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes. lien

Il est probable que nous n’en saurons pas plus, puisque le secret défense a été mis là-dessus…lien

Au-delà de ces démêlés, une bande dessinée vient d’être publiée, et elle mérite le détour.

Sous le titre, « la présidente », les auteurs François Durpaire, et Farid Boudjellal, ont imaginé une fiction de plus en plus probable, celle qui verrait en 2017 l’élection au poste suprême de Marine Le Pen. lien ?

Le scénario, précis, imaginatif, et inattendu nous propose un gouvernement assez hétéroclite comme on pourra en juger.

Son problème majeur étant qu’elle n’a pas de majorité pour gouverner, elle doit rapidement trouver de l’aide dans le camp de la droite.

Elle arrive rapidement à convaincre Gérard Longuet d’accepter le poste de 1er ministre, en lui promettant qu’elle ne veut plus « sortir de l’euro »…ce qui permet à Longuet d’accepter, et à Marine de dire à ses collègues : « le con, il a mordu à l’hameçon »…

Celui-ci à donc la charge de former un gouvernement, et en deux tours de main, c’est chose faite : Morano au ministère de la famille, et « l’emmerdeuse » (comprendre Marion-Maréchal) à « l’école et aux savoirs fondamentaux  », ce qui ne manque pas de piment, eu égard à sa connaissance limitée de l’histoire de France (lien) et du français. lien

Je ne vais pas dévoiler la suite des élus, afin de ne pas priver les lecteurs de bonnes surprises, mais je peux dévoiler quelques noms : Thierry Mariani, Steeve Briois, David Rachline…seront les heureux bénéficiaires, mais il y a aura aussi des déçus.

En effet, son choix fait grincer quelques dents, comme celles de Gilbert Collard qui se voyait déjà à la justice, celles de Robert Ménard, qui en est tout retourné, ou de Bruno Gollnischqui n’en est pas revenu…

Plus tard, ces oubliés vont monter un front du refus qui va mettre à mal le gouvernement de Marine

En attendant, elle promet : « fini le surplace : je proposerais une loi le matin, la ferais voter l’après midi, et la promulguerai le soir  »…promesse qui évidemment ne pourra être tenue.

Puis elle va voir la chancelière allemande, pour montrer ses biceps, lui annonçant « je ne suis pas venue pour obéir aux exigences de l’Europe  »… hélas, ils vont vite se dégonfler devant Merckel qui finalement lui déclare : « travaillez mieux vos dossiers, madame, Schengen prévoit une clause qui autorise chaque état à rétablir ses frontières durant une période limitée, ce que la France avait fait en 2011 au moment des printemps arabes  »…décontenancée, la présidente va rentrer au pays en déclarant « Merckel veut la guerre, elle va l’avoir  »…

Les drapeaux européens seront décrochés de tous les établissements publics…

Pour montrer sa volonté de changement, elle imposera une photo d’elle assise à son bureau, histoire de montrer que, contrairement à ses prédécesseurs, elle travaille…de plus, un buste de Marianne à son image sera imposé dans toutes les mairies.

Arrivent les législatives qui confirmeront la victoire des frontistes…

Elle provoque un référendum pour légaliser la sortie de l’euro, au grand désarroi deLonguet qui comprend enfin qu’il a été manipulé, sauf qu’elle a oublié que la dette sous droit français à rembourser en nouveaux francs n’est que le 30% de la totalité, les 70%restant provoqueront un surcout de 293 milliards de Francs français.

Les épargnants français seront tentés de garder leurs économies en euros, plutôt que dans un nouveau franc déprécié.

Suivra un lundi noir à la bourse, puisque les investisseurs étrangers vont jouer la prudence, d’autant que les actions françaises détenues à l’étranger sont de l’ordre de 70%.

Comprenant que l’un des dangers qui la menace est aussi la Télévision publique, elle multiplie les brimades jusqu’à obtenir ce qu’elle voulait : grève générale de France Télévision…grève qui va s’enliser, affaiblissant ainsi le pouvoir des chaînes publiques, et elle s’appuiera sur TF1, dont Patrick Buisson a été nommé président, pour museler facilement l’information.

Des fiches seront faites sur tous les journalistes hostiles au FN, en cherchant les casseroles qu’ils pourraient avoir…puis ce sera au tour des internautes…

Mais tout ça va aller de mal en pis : une dette publique montant à 130%, une perte de pouvoir d’achat de 20%, la disparition d’un million d’emplois supplémentaires n’ayant rien arrangé.

La situation se tendra, le peuple est dans la rue, la police aussi, le ton monte, Florian Philippot, Président de l’assemblée nationale, devant la bronca de la foule qui n’en peut plus, baisse les bras, déclarant « il ne faudrait en aucun cas brusquer la République »…,

Marine n’en a cure, l’état d’urgence est décrété…d’autant plus facile que son prédécesseur l’avait inscrit dans la constitution.

Et de renoncements, en hésitations, et finalement, après l’enlèvement du président de l’assemblée, un mystérieux personnage va s’inviter dans le bal, « le meneur », lequel s’est mis une partie des services ainsi que l’armée dans sa poche, va poser ses conditions, menaçant d’un putsch s’il n’est pas nommé 1er ministre…

La présidente s’interroge…elle a 24 heures pour se décider… la bd va se finir en point d’interrogation avec une Marine qui sombre, et qui déclare : « je ne sais pas… »

Les auteurs ont agrémenté leur album d’un sticker qui déclare : « vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas »…mais au pays des Lumières, les plombs ont sauté.

Ce n’est bien sur qu’une œuvre de fiction, mais comme dit mon vieil ami africain : « c’est toujours trop tard quand le poisson découvre l’hameçon ».

L’image illustrant l’article vient de static.skynetblog.be

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

 

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2 Commentaire

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    Rien qu’en l’appelant Marine, vous lui faites bien trop d’honneur, Olivier.

    Appelez-là donc la blondasse, ça la décrirait beaucoup mieux et ça simplifirait. Votre scénario est heureusement improbable : les français ne son pas bêtes à ce point là. Son père l’avait déjà eu dans le baba, au moment où un des fidèles de Jospin avait fait bande à part. Il s’appelait Chevènement. C’est en restant candidat qu’il avait permis à JMLP de passer devant Jospin. Il fricote en ce moment avec les rouges-bruns. L’un de ses premiers conseillers de l’époque s’appelait Philippot. Oui, le même crétin qu’aujourd’hui, celqui a passé beaucoup de temps à mettre une épaisse couche de bleu tendre sur un mouvement bleu dur. Aujourd’hui on peut appeler ça une girouette politique. C’est pour ça d’allers que le le parti va se prendre un vent de plus.

    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/11/le-techno-florian-philippot-de-chevenement-a-le-pen_1628230_1471069.html

    Florian Philippot a un parcours assez rare à l’extrême droite, qualificatif politique qu’il récuse. Multidiplômé, M. Philippot vient aussi du chevènementisme, époque 2002, où des « républicains des deux rives » soutenaient l’ancien ministre de Lionel Jospin.

    Installé sur la rive droite du chevènementisme, c’est par Paul-Marie Coûteaux qu’il a rencontré Mme Le Pen avant les élections européennes de 2009. « Je me suis rendu compte que l’on partageait une même vision, raconte-t-il. J’ai toujours été militant d’un projet de redressement de la France. » Mme Le Pen, elle, a très vite été impressionnée par ce « techno » à l’allure discrète, voire un tantinet effacée, et par sa capacité à pondre des notes sur tous les sujets.

    Au sein de l’IGA, M. Philippot a « pour ami et collègue » Jean-Yves LeGallou, ancien bras droit de Bruno Mégret au Mouvement national républicain (MNR), honni par bon nombre de partisans de Jean-Marie Le Pen. Aujourd’hui, M. Le Gallou est un personnage-clé de l’extrême droite française, une sorte « d’intellectuel organique ». C’est lui qui théorisa la préférence nationale pour le Front national.

    M. Philippot a joué les intermédiaires entre Mme Le Pen et M. Le Gallou pour l’organisation de « deux déjeuners ». « Jean-Yves Le Gallou est loin des partis, il est bien où il est », assure M. Philippot qui reconnaît des divergences politiques entre Mme Le Pen et M. Le Gallou. Sur cette question, il assure qu’un rapprochement « ne serait pas souhaitable », mais que « tous les conseils sont les bienvenus ».

    Comme le dit le priver du nord, « un kien nfé pa un ka » (un chien ne fait pas de chat)
    j’ai aussi en réserve sur les prétentions électorales du même Phillipot celui là : Al’ prind sin tro d’cul pou l’intrée d’ein’ cathédrale’, (il se la pète grave, en traduction) mais ça risque fort d’être mal interprété alors je choisis le premier plutôt….

  2. avatar

    Comme le dit le priver du nord

    lire le « proverbe du nord, » bien entendu !