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Lettre ouverte aux autres humains

Ce texte percutant s?adresse tout sp?cialement ? mes amis Qu?b?cois qui suivent ce blog?mais je pense qu?actuellement, peu importe le pays ou la province qu?on habite, nous sommes un peu tous dans la m?me situation.?

Merci Louis!

Jo ^^


L’?veil 2011

par Denis McCready

Je ne veux pas vous faire rire, ni vous faire pleurer. Je ne vous connais pas individuellement, mais je vous aime collectivement, pour l?instant. Il peut m?arriver de ne pas vous dire bonjour, mais je me l?ve chaque matin en pensant ? vous, mais surtout ? vos enfants, ? leur avenir, ? notre coin de pays.

Ce texte pourrait ressembler ? un caprice d?intellectuel, je le vois plut?t comme un texte pr?r?volutionnaire, un appel ? consid?rer l?insurrection. Si vous ?tes confortables dans votre vie actuelle, je suis venu vous parler dans le casque.

C?est qui ce gars-l? pour venir nous donner sa petite opinion du monde? Br?ve pr?sentation.

Je suis presque n? sur l?asphalte en 1968. Pas sur le trottoir directement comme ?dith Piaf, mais presque. J?ai grandi sur l?asphalte et le ciment des trottoirs du Plateau-Mont-Royal. Pendant un temps, je consid?rais ce p?rim?tre qui allait du parc La Fontaine au parc Laurier et de De Lorimier ? Saint-Denis comme mon territoire. Mon pays. Habit? par mon peuple. Avaient droit de cit? ceux qui, comme moi, avaient laiss? la peau de leurs genoux sur les trottoirs, une sorte de citoyennet? du sang. On avait saign? sur le m?me trottoir, on avait eu mal dans le m?me lieu, on ?tait des fr?res. Mes voisins de la classe ouvri?re ?taient aussi mes concitoyens; les visages de l??poque ?taient un univers o? s?exprimait la g?ographie de la pauvret?. Notre langage n?avait pas encore ?t? ?mascul? par les ap?tres de la rectitude mentale. J?aimais regarder l?univers en dehors de mon quartier d?filer par la fen?tre de la grosse familiale de mon p?re quand nous faisions un tour de char. On appelait ?a un char. Comme chez les Romains. Un monstre d?acier avec des roues immenses. Huit cylindres. Tout allait bien au Proche-Orient. Avec Sesame Street, Fan Fan D?d?, Sol et Gobelet, Fanfreluche, Cousteau et la Mutuelle d?Omaha, j?ai appr?hend? le reste du monde en noir et blanc ? la t?l?vision. Puis est arriv? un ?trange magazine que je ne comprenais pas parce que c??tait en anglais: National Geographic. Heureusement, il y avait les photos couleur. Je devais avoir 4 ou 5 ans la premi?re fois que j?ai ouvert ?a. C?est l? que j?ai rencontr? des hommes et des femmes de tous les pays du monde. Tous diff?rents, tous humains. Une grande famille dans un village sur le point de devenir global.

Je suis un citadin, comme d?autres sont des hommes des bois. ?a ne m?emp?che pas de penser que la ville moderne du 20e si?cle est devenue un endroit absurde o? vivre, un lieu qui peut ?tre cruel et qui facilite le contr?le des populations, le contr?le des individus et de leur pens?e. Chaque jour, on nous dit quoi penser, quoi acheter, comment vivre et surtout on nous dit de ne pas changer le monde. Il faut donc r?inventer la ville ou la d?truire. Et pour ?a, j?ai besoin de vous.

Une ville, c?est captivant, mais rappelons-nous que nous pouvons devenir captifs. Je comprends ceux qui veulent se sauver la fin de semaine. C?est une question de sant? mentale. Notre proximit? est dangereuse quand elle nous contraint comme une cage autour d?un rat. Henri Laborit, dans le film Mon oncle d?Am?rique d?Alain Resnais, expose les r?sultats de ses recherches avec des rats. Le chercheur fran?ais a enferm? deux rats dans la m?me cage. Quand il ne se passe rien, ils sont tout ? fait ?civils? l?un avec l?autre, mais d?s qu?on passe un courant ?lectrique dans le plancher, ils s?attaquent l?un ? l?autre. D?s que le courant s?arr?te, ils arr?tent de se battre. Les rats r?pondent ? l?agression immat?rielle en attaquant automatiquement ce qu?ils pr?sument ?tre la source de l?agression: l?autre. Ce test ne laisse aucune s?quelle sur les deux rats. Ensuite, Henri Laborit a r?p?t? l?exp?rience avec un seul rat dans la m?me cage. Le rat n?a pas d?autre rat ? attaquer. Il sursaute, souffre, subit cette agression sans aucun exutoire physique. Laborit d?couvre que s?il fait subir ce traitement au rat r?guli?rement, l?animal d?veloppe un cancer, et Laborit th?orise qu?un corps qui subit une agression sans se d?charger finit par s?attaquer ? lui-m?me. ?a ne veut pas dire que vous devez vous battre avec l?humain le plus proche d?s que vous ?tes de mauvaise humeur! Ou violenter votre chien ou des pigeons, SVP. Non. Mais rappelez-vous que pendant que vous ?tes occup? ? vous ?battre? avec les autres habitants de votre ville, vous ne pouvez combattre ce qui vous fait vraiment mal: l??tat et la corporation.

Depuis des mois, partout dans le monde, les peuples se soul?vent et renversent leur gouvernement, parfois dans une r?elle prise de pouvoir venant de la rue, parfois en tant que simples pions sur un ?chiquier qui a d?j? ?t? jou? pour eux, tant?t dans l?all?gresse pacifique, tant?t dans un bain de sang. Les citoyens du monde veulent se lib?rer de leurs dirigeants parce que ces gouvernements ont ?chou? de mani?re accablante.

Les Qu?b?cois ont autant de raisons d??tre en col?re. Nous sommes collectivement bien nantis, nous mangeons relativement ? notre faim, nous sommes libres de nos opinions politiques ? quand on se compare, on se console, diront certains ?, mais la col?re sommeille. Vous le savez, vous la sentez. On nous ment, on nous pille, on ?rode nos libert?s fondamentales, on nous monte l?un contre l?autre. Ne soyons pas b?tes; ne nous rendons pas malades ? force de subir cette agression sans r?agir. Si on a mal ensemble, il faut agir ensemble.

En ce moment, nos infrastructures routi?res sont devenues le symbole du Qu?bec: des politiciens et des corporations s?assoient et d?cident de d?penser l?argent de vos imp?ts en pla?ant la priorit? sur leur b?n?fices communs: la cotisation politique pour le politicien, l?argent excessif pour la corporation, qu?elle soit une entreprise de construction de routes ou de barrages hydro?lectriques, un empire m?diatique, une compagnie de boissons gazeuses ou une compagnie de p?trole, de gaz ou de minerais. Nos ponts tombent et tuent, et on ne sait pas qui est responsable. Le pouvoir est exclusif, le profit priv?, la dette publique et la b?tise anonyme.
Apr?s l?invention de la ville moderne, nous avons assist? ? l?invention de la ville virtuelle. Et en bon peuple gr?gaire que nous sommes, nous avons investi les lieux d?Internet massivement: courriel, sites Web, blogues, Facebook, Twitter, Google+, etc. Nous sommes des citadins tr?s volontaires, tant dans notre cit? physique que sur Internet, mais nous sommes divis?s. Par les petites querelles quotidiennes, par les divertissements inutiles et abrutissants. Les messages de ceux qui veulent nous informer et nous aider sont difficiles ? entendre parce qu?il y a beaucoup de bruit. On est plus int?ress? par une recette de cuisine que par une recette pour devenir libre. Notre capacit? d?indignation est compl?tement d?boussol?e. On hurle dans les tribunes publiques de tout acabit parce qu?un p?re a tu? ses deux enfants ? un acte horrible ?, mais on ne l?ve pas le nez de nos t?l?phones ?intelligents? quand notre premier ministre nous annonce qu?il va vendre le grenier de nos ressources naturelles ? des pays ?trangers pour une bouch?e de pain. On ne rousp?te pas contre les implications de cette d?cision du gouvernement de donner un prix ? l?eau potable trait?e par les usines de notre ville afin que des compagnies l?embouteillent pour faire des millions de profits. On ne bronche pas lorsque notre ex-ministre des Ressources naturelles, Mme Nathalie Normandeau, fait de l??-plat-ventrisme devant la compagnie P?trolia, respectant un ordre de cette corporation de fermer sa gueule sur l?entente entre cette compagnie et Hydro-Qu?bec: la soci?t? d??tat a c?d? le p?trole de l??le d?Anticosti ? une ressource collective ? pour une redevance gard?e secr?te pour l?instant. Je vous ?pargne l??nonc? du bilan environnemental possible, mais sachez que cette r?serve de p?trole est accessible seulement par fracturation hydraulique et qu?elle pourrait entra?ner jusqu?? 3 trillions de dollars de profits. Si on coupait la pomme en deux avec P?trolia, on r?glerait la dette du Qu?bec et on pourrait payer les soins de sant? de tous les enfants ? na?tre cette ann?e jusqu?? leur mort. Mais M. Charest pr?f?re vendre nos ressources naturelles au moins offrant. Les compagnies mini?res vident notre sous-sol depuis des ann?es pour une petite poign?e de change (? peine 3% de redevances r?elles) et si l?exploitation du gaz de schiste allait de l?avant, cela se ferait sous ce r?gime; autant dire qu?on prendrait un risque environnemental ph?nom?nal avec la vall?e du Saint-Laurent ? notre garde-manger ? pour des pinottes. Je vous ?pargne le discours sur l?hydro?lectricit?, je me suis exprim? l?-dessus dans le film que j?ai produit ? Chercher le courant ?, mais avec le projet de la Romaine, on nage en pleine absurdit? de d?penser huit milliards de dollars pour produire de l??lectricit? qu?on va vendre ? perte. Le Plan Nord du gouvernement Charest va co?ter 80 milliards de dollars d?investissement, mais va rapporter seulement 28 milliards de revenus ? l??tat? Il est fou cet homme ou quoi? On d?penserait 80 pour gagner 28. Imaginez la t?te d?un banquier ou d?un directeur de Caisse populaire si vous alliez n?gocier un pr?t pour une maison avec ce genre de logique de revente. On vous expulserait ? coups de pied dans le cul. Si on laisse faire le gouvernement actuel, l?avenir de nos enfants se r?sumera ? travailler sous terre dans une mine du Plan Nord pour un patron ?tranger. Je n?ai pas envie de devenir l?esclave d?une corporation qui pompe nos ressources et vide notre pays de sa richesse. L?eau, le p?trole, les mines, le gaz naturel, l?hydro?lectricit?, ce gouvernement se comporte comme un prox?n?te et nous vend ? des vautours en nous disant que c?est pour notre bien. Et quand ils nous auront bien vid?s, qu?on ne sera plus qu?un territoire expurg? de ses ressources, ils nous laisseront d?penser le peu d?argent gagn? dans cet ?change qui s?apparente ? un vol pour nettoyer les oc?ans de merde toxique qu?ils auront laiss?s derri?re eux.

Mais nous n?avons pas dit notre dernier mot et il est encore temps. C?est ici que vous avez votre r?le ? jouer. Vous ?tes des citadins, oui, mais il est temps de devenir de vrais citoyens. Regardez plus loin que votre quartier, regardez plus loin que vos divergences partisanes, qui sont autant de mani?res de nous diviser. Si nous ne terminons pas ce qui a ?t? commenc? dans les ann?es 60 avec la R?volution tranquille, que nous soyons f?d?r?s au Canada ou souverains, nous resterons un peuple esclave des corporations ?trang?res. Les citoyens de la vall?e du Saint-Laurent se sont r?unis, se sont coalis?s et ils ont r?ussi ? envoyer le message aux gouvernements et aux compagnies gazi?res qu?ils avaient leur mot ? dire dans le dossier du gaz de schiste. ?a se passait dans leur cour. Mais notre cour ? tous, c?est le Qu?bec. Pr?sentement, le gouvernement nous m?prise et des compagnies comme P?trolia tentent de museler la critique en utilisant les tribunaux; il est temps de se lever et de poser un geste de citoyens libres.

Le Qu?bec est maintenant comme une grosse ville. Nous sommes physiquement proches l?un de l?autre, nous sommes connect?s l?un avec l?autre. Imaginez, en 1962, Ren? L?vesque a fait le tour de la province avec un tableau noir pis une craie pour rejoindre des gens majoritairement non ?duqu?s afin de leur faire comprendre qu?il fallait devenir ?Ma?tres chez nous? en nationalisant l??lectricit?. Une r?volution tranquille, mais une r?volution quand m?me. Vos oncles, vos p?res, vos m?res m?me se sont ?chin?s ? sortir notre province du moyen ?ge pour nous donner une richesse collective et un avenir moderne, pis vous restez tranquilles ? attendre de recevoir le courriel qui va vous dire que la r?volution commence demain.

Alors que les fascistes sont ? Qu?bec et ? Ottawa, que l?opposition est ?dent?e, pendant qu?on torture des enfants en votre nom, pendant qu?on vend le sous-sol qu?b?cois pour le prix d?un vieux char, vous continuez de vous regarder le nombril, soucieux de votre standing dans une clique, convaincus que votre recyclage hebdomadaire et vos balades en v?lo font de vous des citoyens dignes de ce nom. ? mon sens, vous n?avez pas encore prouv? que vous avez droit de cit?.

Vous avez aujourd?hui entre les mains l?outil le plus r?volutionnaire depuis la machine ? imprimer de Gutenberg, et tout ce que vous trouvez ? dire avec, c?est: ?chus saoul?, ?j?mange de la poutine?, ?checke la pitoune?, ?j?fais dodo?, ?mon chien y? cute?!

Vous n??tes pas ignorants pourtant! Vous consommez journaux, TV, radio, Web. Et le probl?me est l?. Vous consommez. Un citadin paie des taxes; un citoyen participe ? la cit?. Vous avez arr?t? de penser et d?agir, alors que notre province se fait violer par des bandits. Vous restez ? rien faire pendant que des ?trangers pis des tra?tres ? cravate ?lus ? l?Assembl?e nationale du Qu?bec complotent pour vous voler vos soins de sant?, vos ?coles, vos ressources naturelles, votre libert? d?expression et votre libert? de presse. Dans certains pays, des peuples ont pendu leur chef d??tat pour moins que ?a. Ce n?est pas une suggestion, c?est une observation.

Vous dormez comme un peuple de poteux d?pressifs, obs?d?s par vos p?res qui ne vous ont pas assez aim?s pis vos m?res qui vous prot?geaient trop, suicidaires en hiver et l?gumes en ?t?, critiqueux sans ?pine dorsale, petits g?rants d?estrade dans un stade qui ne vous appartient m?me plus, g?n?ration de nouveaux moutons ?lectriques qui se laissent manger la laine sur le dos par une corporation ?trang?re qui a donn? une grosse enveloppe brune pour faire de vous des esclaves modernes.

R?veillez-vous, r?veillez-vous, r?veillez-vous. Vous vous faites mentir en pleine face et au lieu de vous organiser, vous restez assis ? attendre que quelqu?un donne le signal. Dans votre t?te, la solidarit?, c?est quand deux lofteurs se mettent en gang pour bitcher une conne obs?d?e par la grosseur de son cul ? la TV.
On est les descendants d?une bande de capot?s qui ont d?couvert l?Am?rique en canots d??corce, qui commer?aient avec les Indiens au lieu de les massacrer, qui baisaient les Indiennes au lieu de leur donner des couvertures infect?es par la variole, le peuple qui a accueilli les Irlandais et les ?cossais, les Italiens, les Chinois, les Vietnamiens, les Ha?tiens, m?me si on n?avait presque rien ? leur offrir sauf de la place. On est un peuple qui s?est affranchi sans armes des patrons anglais et ?trangers qui nous maintenaient dans la mis?re. J?ai un message pour vous: ils sont de retour.

On est en danger de perdre ce pourquoi nos anc?tres se sont battus, parfois m?me jusqu?en Europe. Je suis un citadin gr?gaire, je vis dans ce gros village avec vous, mais je n?ai pas envie de me battre tout seul. SVP. R?veillez-vous, r?veillez-vous, r?veillez-vous maintenant.

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3 Commentaire

  1. avatar

    L’air de la ville rend libre était dicton commun avant le 18e siècle… comme quoi les perceptions changent et qu’on oublie ce qu’était la vie auparavant… peut-être que vous n’impliquez pas qu’avant c’était mieux comme c’est romantique qui idéalise toujours le passé sans le connaître réellement… comme les écolos vénérant l’époque pré-industrielle… avec pour l’Europe des famines au 4 ans, la nature n’étant ni bonne ni mauvaise(on peut aller dans un pays très pauvre aujourd’hui pour voir l’équivalent de comment c’était mieux avant…) des espérances de vie beaucoup plus basse, une alimentation très limité (et dans le choix), des épidémies comme la malaria (le mot vient d’Italie) que toutes les étangs fournissaient en masse avec leur compagnon les maringouins, de l’eau pas potable et des senteurs (et même dans les villes anciennes, on l’admet) seraient insupportable pour n’importe quel urbain d’aujourd’hui… Dans les milieux peu denses, tous se connaissent et des fois ça devient oppressant, surtout si on est pas conforme. C’est comme être un ‘étranger’ et allez vivre dans un petit village du Québec: vous serez toujours perçus comme un étranger, un intrus.

    Les serfs n’étaient certainement pas plus libre qu’un urbain d’aujourd’hui!

    Ceci étant dit, en cette air de liberté physique plus grande que jamais, d’accès à toutes les grandes oeuvres de l’humanité,au livre d’histoire et nouvelles sur internet, l’homo televisus, amorphe, pas curieux, ne cherchant pas la vérité et acceptant qu’on le bombarde de pubs insignifiantes volontairement, il abdique de lui-même sa liberté…
    Soyez curieux, chercher vérité, débattez, vivez du beau, du bien, du vrai, justice défendons et ayons vigueur de défendre le joyaux qu’est la liberté, de la campagne à la ville pour le mieux des générations futurs!

  2. avatar

    Trop bon… je ne peux pas me retenir :
    (Y) (Y) (Y)

  3. avatar

    Excellent texte!! (Y)

    Merci (F)

    Amicalement

    André Lefebvre