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Fondation de Trois-Rivi?res

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ANDRE ?LEFEBVRE

Le 1er juillet 1634 Monsieur de Laviolette met pied ? terre sur le Platon de Trois-Rivi?res avec quelques artisans. Ils viennent y construire un fort. Le 8 septembre de la m?me ann?e, arrivent les p?res J?suites Paul Le Jeune et Jacques Buteux ??pour le salut des ?mes?? de ces Fran?ais. Le 18 f?vrier 1635, ce Monsieur Laviolette est parrain d?une Am?rindienne de 35 ans que l?on nomme Anne. L?ann?e suivante, le 17 avril 1636, une jeune indienne d?environ 15 ans est baptis?e par le p?re Jacques Bouteux dont le nom de Marie lui est donn? par son parrain Monsieur Laviolette.

Voici la liste des noms illustres des d?buts de Trois-Rivi?res?: ? ??Capitanal?? (Chef Algonquin), Jacques Buteux (J?suite), Jean Cuiot, Jacques Hertel, Jean Godefroy, Marie Leneuf, Thomas Godefroy, Guillaume Pepin, Michel Leneuf, Jacques LeNeuf, Gaspard Boucher, Bertrand Fafard, Christophe Crevier, ?tienne Lafont, Pierre Lefebvre, Guillaume Isabel, Urbain Beaudry, Antoine Desrosiers, Jean Sauvaget, ?tienne Seigneuret, Fran?ois Marguerie, Jean Amyot, S?v?rin Ameau, Pierre Bouchet, Maurice Poulain, Anne de Noue, Pierre Guillet, Jean Verron, Marin de Repentigny, Duplessis Kerbodot (Gouverneur de 1651 et 1652).

Ce Duplessis-Kerbodot n?est pas l?anc?tre de Maurice Duplessis premier ministre du Qu?bec, comme on l?a suppos? ? tort. La lign?e ancestrale de Maurice Duplessis est?: N?r?e Duplessis (Marie Genest), Joseph le Noblet Duplessis (M.-Louise Lefebvre), joseph (M.-Rose Caron), Isidore (?milie Rouette) et Jean-Baptiste Duplessis (Fran?oise Lacerte). Ce dernier Jean-Baptiste ?tait un enfant Mascoutin, achet? aux Iroquois ? l??ge de trois ans par Louis Gatineau Duplessis et baptis? ? D?troit. Gatineau-Duplessis le garde comme domestique jusqu?? ce qu?il ?pouse Fran?oise Vacher dit Lacerte. Preuve additionnelle que les Am?rindiens sont importants dans l?histoire des Qu?b?cois.

Ce monsieur Laviolette, fondateur de Trois-Rivi?res, n? en France vers 1604, dit-on sans preuve, ?tait un ??employ? ? la traite des fourrures??; autrement dit, un ??coureur de bois??. En fait, il ?tait commis principal de la compagnie de la Nouvelle France. Il n?existe que trois mentions de ce personnage qui fonda officiellement Trois-Rivi?res, dont deux sur des Actes de Bapt?me. Ce qui signifie que, nous, on ne le connait pas et, plus significatif encore, que Champlain et surtout les J?suites ne le ??reconnaissent?? pas. D?o? la certitude qu?il ?tait bel et bien ??coureur de bois??.

Apr?s avoir b?tit l??tablissement de Trois-Rivi?res, il en garde le commandement jusqu?au 17 avril 1636. On pr?tend qu?il repart pour la France ? la fin de l??t?; mais s?il ?tait ??coureur de bois??, il n?est certainement pas reparti en France. Il serait mort en 1660. Mais rien de tout cela n?est assur?. En r?alit?, l?identit? de Monsieur de Laviolette n?est pas connue.

Notons qu?en 1634 Jean Nicollet est au lac Michigan, dans le futur Wisconsin et revient ? Qu?bec pour le 15 ao?t 1635.

Nous avons d?j? corrig? le fait que ce n?est pas Samuel de Champlain qui reprend Qu?bec des mains des fr?res Kirke. Revoyons donc ce personnage de Th?odore Bochart du Plessis.

Le travail de recherche de Yannick Gendron sur le personnage est absolument remarquable. Entre la remise de Qu?bec en 1632 et l?arriv?e de Champlain en 1633, on s?inqui?te des bateaux anglais qui franchissent Qu?bec de nuit pour se rendre aux Trois-Rivi?res o? se fait traditionnellement le commerce aupr?s des peuplades autochtones. Ce qui confirme ce que nous disions plus haut, au sujet des ??coureurs de bois?? qui faisaient la traite ? Trois-Rivi?res depuis 1615. Le Sieur Bochard du Plessis s?occupe de couper la voie vers Trois-Rivi?res, aux bateaux anglais.

Yannick Gendron?:

?? Non seulement fut-il un influent personnage en Nouvelle-France, mais il s?est surtout illustr? en sol trifluvien au moment de la fondation de l?habitation en 1634. Toutefois, ? l?instar du sieur de La Violette, il s?agit d?un illustre inconnu dont on avait perdu la trace en 1636. ? son retour en France, Th?odore Bochart du Plessis rentrait dans les rangs familiaux sous le nom de Th?odore Bochart du M?nillet. Cela dit, c?est sa pr?sence en Nouvelle-France, plus particuli?rement ? Trois-Rivi?res qui m?importe dans le pr?sent article.

Les talents diplomatiques de Th?odore Bochart du Plessis seront mis ? l??preuve d?s ses premiers jours dans la colonie. C?est un r?le que les J?suites lui reconnaissent d?j? et qu?ils solliciteront ? maintes reprises au cours de son s?jour (Sauf qu?il ne faut pas oublier qu?il a besoin d?un truchement pour le faire). En effet, ? peine arriv? ? Tadoussac, vers le 3 juillet 1632, le P?re Le Jeune se tourne vers Bochart, ? son lieutenant ?, pour qu?il prenne en d?lib?r? le sort de trois otages iroquois que des ? Sauvages ? menacent d?ex?cuter en guise de repr?sailles. Le lieutenant de Ca?n devient alors le m?diateur entre les nations ? la demande des J?suites : ils veulent sauver les trois Iroquois. ? Monsieur du Plessis dit qu?on donneroit ce qu?on pourroit, et qu?au reste il ne faudroit pas grande chose, qu?on pourroit demander ces trois personnes Hiroquois en eschange d?un Fran?ois qu?ils ont tu?, il y a quelques ann?es, ou ? tout le moins en demander deux, et qu?asseurement on les auroit : le Truchement qui leur avoit parl? m?avoit asseur? que la chose estoit facile ?. Toutefois, au final, deux des trois Iroquois seront tu?s ? d?horrible fa?on ?, alors que le plus jeune d?entre eux aura la vie sauve, probablement adopt? par ses tortionnaires. D?s lors, l??quipage reprend la route pour prendre possession de Qu?bec.

La Br?ve relation de voyage de la Nouvelle-France du P?re Paul Le Jeune raconte comment se d?roule la reprise de Qu?bec aux mains des fr?res Kirke le 5 juillet 1632 : ? L?Anglois ayant veu les patentes sign?es de la main de son roy, promit qu?il sortiroit dans la huictaine; et de fait, il commen?a ? s?y disposer, quoy qu?avec regret […] Le mardy suivant, 13 de juillet, ils remirent le fort entre les mains de monsieur Emery de Ca?n et de monsieur du Plessis-Bochart, son lieutenant ?.

1632?: ? L?hyver a est? long & fascheux en ce pays, peut-on y lire. Depuis le 27 Novembre jusques ? la fin d?Avril la terre a toujours est? blanche de neige : & depuis le 29 du mesme mois de Novembre jusques au 13 avril nostre petite riviere a toujours est? glac?e, mais en telle sorte, que cent carosses eussent pass? dessus sans l?esbranler??.

L?arriv?e de Champlain ne vient que renforcer son r?le et son statut. Et il l?exprime de fa?on toute particuli?re ? Trois-Rivi?res.

D?s le 7 juin 1633, Bochart poursuit son travail aux Trois-Rivi?res aupr?s de capitaines am?rindiens. Les Fran?ais veulent des garanties quant ? l?exclusivit? du commerce. Consid?rant que l?administration de la colonie s?effectue par une compagnie d?di?e au commerce des fourrures, il s?agit d?un mandat strat?gique : c?est Bochart qui m?ne les discussions (avec un truchement) octroyant aux Am?rindiens, faisant la traite aux Trois-Rivi?res, les m?mes consid?rations et conditions qu?? ceux qui faisaient le commerce ? Qu?bec. Bien que Trois-Rivi?res soit devenu la plaque tournante de la traite des fourrures, Bochart exerce quand m?me une surveillance sur l?ensemble du territoire. Ainsi remarque-t-il les all?es et venues de groupes de canots sur le grand fleuve, ou prend-t-il en chasse des capitaines anglais qui traitent dans les environs de Saguenay ou de Tadoussac.

Alors que Samuel de Champlain n?gocie l?embarquement de J?suites avec les Hurons au d?part de Qu?bec, Bochart pose les m?mes gestes ? Trois-Rivi?res. Bochart incite les Am?rindiens ? suivre les enseignements des J?suites, loue la valeur de leur parole et leur fait observer une certaine sobri?t?. Dans ce contexte, Th?odore Bochart du Plessis retourne en France avec le titre de G?n?ral de la flotte, tout en exer?ant aussi dans les faits, son autorit? sur terre. Il reviendra au printemps suivant ? la t?te d?une flotte renouvel?e, alors que le commerce est enfin r?tabli avec les peuplades locales.

L?arriv?e des vaisseaux ? Qu?bec en juin 1634 sous le commandement de Bochart est une grande source de r?confort; pour le corps, puisqu?ils sont charg?s de vivres, pour l?esprit, parce que la correspondance en provenance de l?Europe ne leur parvient qu?une seule fois par ann?e.

Tel que convenu en 1633, la traite se fait dor?navant ? Trois-Rivi?res. Champlain d?cide donc d?y ?tablir une habitation. C?est la raison pour laquelle deux barques s?y rendent au d?but du mois de juillet 1634. Le P?re Le Jeune en d?crit ainsi les d?tails. ? Le premier juillet, le P?re Br?beuf et le P?re Daniel partirent dans une barque pour s?en aller aux Trois-Rivi?res, au-devant des Hurons. La barque alloit commencer une nouvelle habitation en ce quartier-l?. Le P?re Davost, qui estoit descendu ? Tadoussac pour l?assistance de nos Fran?ois (arriv?s les premiers), suivit de nos P?res trois jours apr?s, en la compagnie de monsieur le G?n?ral, qui se vouloit trouver ? la traite avec ces peuples??. Il n?est pas rare, dans la fa?on de faire, d?envoyer une barque ou une chaloupe en ?claireur avant l?arriv?e des personnes en autorit? (Sauf que cela peut tr?s bien ?tre Champlain qui le fait en envoyant le ??truchement?? M. de La Violette). De toute ?vidence, la premi?re barque transporte les vivres et le mat?riel. La seconde est sous la conduite du G?n?ral. La construction d?une habitation, la pr?sence des J?suites et celle de Bochart en cette p?riode de l?ann?e concourent ? favoriser la traite au profit de la Compagnie. Notons que celui qui a titre de ??G?n?ral?? est Bochard du Plessis.

Le P?re Br?beuf rench?rie dans sa propre version des faits dans la Relation de 1635 avant de partir en mission. Il explique le contexte dans lequel Bochart fait preuve de persuasion ? J?y fis tout mon pouvoir; nous redoublasmes les pr?sens, nous diminuasmes nostre petit bagage et prismes seulement ce qui concernoit le sainct sacrifice de la messe et ce qui estoit absolument n?cessaire pour la vie. Monsieur du Plessis y interposa son authorit?; monsieur Olivier (Le Tardif?) et monsieur Couillart (Guillaume?), leur industrie, et tous les Fran?ois, leur affection??. Cela dit, tout (ou rien) indique que Bochart passe l??t? ? Trois-Rivi?res.

Il se rend p?riodiquement ? Qu?bec pour rendre compte des d?veloppements r?cents (peut-on penser que le ??truchement?? Laviolette est en charge lorsque Bochart est absent?). Le 4 ao?t 1634, il descend des Trois-Rivi?res pour informer Champlain des travaux sur l?habitation : ? Il nous dit encore qu?on travailloit fort et ferme au lieu nomm? les Trois-Rivi?res, si bien que nos Fran?ois ont maintenant trois habitations sur le grand fleuve de Sainct-Laurens : une ? K?bec, fortifi?e de nouveau, l?autre ? quinze lieues plus haut, dans l?isle de Saincte-Croix, o? monsieur de Champlain a faict bastir le fort de Richelieu. La troisiesme demeure se bastit aux Trois-Rivi?res, quinze autres lieues plus haut, c?est-?-dire ? trentes lieues de K?bec ?. Quelques jours plus tard, le G?n?ral de la flotte quitte Qu?bec, charg? de fourrures, pour aller ? Tadoussac, y faire la traite, et de l?, partir vers la France.

Le 4 juillet 1635, Bochart revient de France. Les activit?s qu?il m?ne dans la vall?e du Saint-Laurent sont ? peu de choses pr?s les m?mes que celles des derni?res ann?es. Install?s ? Trois-Rivi?res, il patrouille sans cesse le fleuve afin de s?assurer de la bonne marche du commerce des fourrures. Il regagne la France avec ses pelleteries en ao?t 1635.

S?amor?ant avec le d?c?s de Samuel de Champlain le 25 d?cembre 1635, la Nouvelle-France est le th??tre d?un v?ritable changement de garde en faveur de la foi et de la religion. ?trangement, ce n?est pas le second de Champlain, Th?odore Bochart du Plessis, en France ? ce moment-l?, qui prend le relais, mais bien plut?t Marc-Antoine Brasdefer de Ch?teaufort, fervent catholique et futur commandant aux Trois-Rivi?res.

? son retour en Nouvelle-France ? l??t? 1636, Bochart s?installe encore une fois ? Trois-Rivi?res. Comme les ann?es pr?c?dentes, il y est principalement pour le commerce. Une seule variable change radicalement la donne ? br?ve ?ch?ance : l?arriv?e de Charles Huault de Montmagny, chevalier de l?Ordre de Malte, ? titre de gouverneur ? la fin du mois de juin 1636. Bochart est rapidement mis ? contribution pour ses connaissances du territoire et des moeurs de ses habitants. Le 2 juillet 1636, il vient en appui au nouveau gouverneur lorsqu?il assiste ? une r?union avec les Am?rindiens. ? Ce mesme jour, le Capitaine des Sauvages de Tadoussac estant ? K?bec, avec une escouade de ses gens, qui s?en alloient ? la guerre, d?sira de parler en conseil ? Monsieur le Gouverneur, en un mot aux Fran?ois [?] Voulant parler, il osta son chapeau, et fit une reverence assez gentiment ? la Fran?oise, puis adressant sa parole aux Capitaines, notamment ? Monsieur du Plessis, qu?il appella son puisn???.

Le 15 juillet 1636, Bochart arrive ? Trois-Rivi?res28. Il poursuit son travail diplomatique aupr?s des Iroquois. ? Le dix-huictiesme, monsieur le G?n?ral partit de Trois-Rivi?res pour monter ? la rivi?re des Hiroquois, o? il estoit attendu des sauvages jusques au nombre de deux ou trois cens pour parler de leurs guerres. Il me dit qu?il y alloit pour les r?concilier, car il y avoit quelque dissention entre eux [?] Monsieur du Plessis a appais? tout cela [?] ?. Il s?agit d?un rare exemple o? Bochart tente de r?tablir la paix entre deux peuplades am?rindiennes (Il a d? employer un truchement ?videmment). Le P?re Le Jeune ajoute : ? Le dernier jour de ce mois, monsieur le G?n?ral retourna aux Trois- Rivi?res. Voicy les particularitez de son voyage. Ayant trouv? les sauvages assemblez ? la rivi?re des Hiroquois, il leur parla des diff?rens qu?ils avoient les uns avec les autres et leur fit faire quelques pr?sens pour avaler plus doucement, comme ils parlent, leurs m?contentemens. En un mot, il mit la paix parmy eux et pour accoustumer toujours leurs oreilles ? entendre parler de nostre cr?ance, il leur disoit que s?ils aymoient les Fran?ois, ils devoient aymer et ?couter ceux que les Fran?ois ch?rissent et ausquels ils pr?tent l?oreille; qu?ils leurs devoient donner leurs enfans pour les instruire. Il parloit de nous, adjoustant que le grand capitaine, venu de nouveau ? K?bec, avoit est? instruit dans nos ?coles; que luy-mesme avoit est? enseign? de nostre main et que s?ils d?siroient que nous ne fussions pas qu?un peuple par ensemble, qu?il falloit commencer par l?. A tout cela ils r?pondirent h?! h?! h?! selon leur coustume, quand ils approuvent quelques discours ?.

Le 15 ao?t 1636, Bochart est toujours ? Trois-Rivi?res pour la traite. Or, les Hurons tardent ? venir et il se r?sout ? quitter le 20 ao?t suivant s?ils ne se pr?sentent pas, ? la saison de naviguer estant fascheuse sur le d?clin de l?automne ?. Le P?re Daniel, parmi cette tribu, fait donc envoyer un canot pour annoncer l?arriv?e des marchandises : ? J??cry ? monsieur du Plessis qu?il y a peu de canots, mais qu?ils portent tr?s grande quantit? de marchandises ?. Finalement, les Hurons atteignent Trois-Rivi?res le 19 ao?t suivant. ? Si tost que nous vismes paroistre leurs canots sur le grand fleuve, ?crit le P?re Le Jeune, nous descend?mes du fort pour recevoir le P?re Daniel et le P?re Davost et quelques-uns de nos Fran?ois que nous attendions; monsieur le G?n?ral s?y trouva luy-mesme ?. Sans aucun doute, il incarne, ? ce moment-l?, la plus haute autorit? ? Trois-Rivi?res. Il faut remarquer, encore une fois, la ??pudeur?? d?montr?e au sujet des noms de ces ??quelques-uns de nos Fran?ois?? qui sont, ?videmment, des ??coureurs de bois canayens??.

Le 29 ao?t 1636, Bochart l?ve l?ancre ? Qu?bec et quitte d?finitivement vers la France.

Le P?re Le Jeune nous renseigne sur l??tat dans lequel le G?n?ral laisse Trois-Rivi?res au mois d?ao?t 1636 : la modeste habitation de 1634 est maintenant un poste de traite avec toutes les commodit?s de l??poque tant au plan logistique que d?fensif. ? L?habitation des Trois-Rivi?res est agrandie de deux corps de logis, d?un magazin, et d?une platte forme garnie de canon. Voil? ce qui s?est fait, mais non pas tout ce qui doit se faire pour la conservation du Pa?s ?. De par sa pr?sence en p?riode estivale alors que Trois-Rivi?res se transforme en foire commerciale, de par son implication aupr?s des nations am?rindiennes et de par les travaux qui sont effectu?s sous son commandement, Th?odore Bochart du Plessis peut ?tre consid?r? ? plus d?un titre le fondateur de Trois-Rivi?res (Si on oublie la tendance des J?suites ? flatter les autorit?s en leur attribuant les exploits des ??coureurs de bois??).

Je suis parfaitement d?accord avec l?opinion de Yannick Gendron au sujet de l?importance de Bochard du Plessis pour l??tablissement de Trois-Rivi?res; par contre, cela n?efface pas le fait qu?un certain ??Monsieur Laviolette?? ait ?t? celui envoy? EN PREMIER sur le site en 1634 et rien de d?montre que ce ??Laviolette??, m?me si ceci n?est qu?un surnom, soit le m?me personnage de Bochard du Plessis. D?ailleurs, le J?suite Le Jeune, lors de bapt?mes d?enfants indiens mentionne le nom de Duplessis ou Duplessis Bochart lorsqu?il est parrain de Th?odore (Montagnais) le 22-08-1636; il mentionne ?galement le nom de Delaviolette lorsque celui-ci est parrain de Anne Ouiperigoue le 18-02-1635 (Premier bapt?me d?indien ? Trois-Rivi?res). Donc pour le p?re Le Jeune, il est question de deux personnages distincts et le premier sur place est Delaviolette. ? noter qu?il y a plus d?un seul bapt?me pour chacun des deux personnages ? diff?rentes occasions.

Ajoutons qu?un certain Nicolas Nau dit La Violette, natif d?Orl?ans, est parmi les 40 colons engag?s par Guillaume de Caen en 1632 pour ?tablir une nouvelle installation . Il embarque avec ?mery de Caen pour venir reprendre Qu?bec de la main des fr?res Kirke. Champlain n?arrivant qu?en 1633, on peut penser que La Violette alla visiter le futur ?tablissement et les ??coureurs de bois?? install?s ? Trois-Rivi?res un an auparavant. Yannick Gendron l??limine parce que, dit-il, Nicolas Nau dit La Violette n?est pas marin et ne peut donc pas naviguer sur le St-Laurent. L?objection me semble futile puisque La Violette partira de Qu?bec, en canot ou en barque, pour ?tablir Trois-Rivi?res.

? suivre

Andr? Lefebvre

 

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