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Flux et reflux d?une histoire qui se r?p?te

 
 
 

Publi? par Marc Lafontan?|?Libell?s 😕

(..). Depuis deux si?cles, c’est qu’il y en eut un sacr? paquet de crises, de krachs, de d?pressions et autres g?teries du m?me style. Et pas que des petites crises, mais des ?normes, de celles qui font croire ? l’apocalypse. Mais qui s’en rappelle ? Celle de 1929 reste encore dans les m?moires, mais elle a ?t? pr?c?d?e par de nombreuses autres : en 1873, en 1865, en 1836. ? chaque fois, des coups de poing dans la gueule.Le monde civilis? croit ne jamais pouvoir s’en relever et il reprend toujours du poil de la b?te, les banques souvent ? l’origine de la tourmente renaissent de leurs cendres pour entamer un nouveau cycle.
 

Le 9 mai 1873, affolement ? la Bourse de Vienne.

Une semaine apr?s l’ouverture de l’Exposition universelle destin?e ? magnifier le r?gne de l’empire austro-hongrois, c’est le krach. La bulle sp?culative immobili?re de l’Autriche ?clate. En quelques heures, des centaines de banques font faillite, entra?nant la ruine de centaines de milliers de petits ?pargnants. Les ?tablissements financiers sont incapables de r?cup?rer l’argent pr?t? sans discernement aux soci?t?s immobili?res et aux particuliers pour construire ? Vienne. Un seul exemple ?difiant : la banque Placht et Fels se r?v?le incapable de r?unir 9 000 florins d’avoirs alors qu’elle affiche un passif de 2,76 millions de florins. C’est inimaginable.

Fi?vre immobili?re

Une fois de plus les banquiers paient leur totale irresponsabilit?. Comme tous les Autrichiens, ils eurent la folie des grandeurs quand la France a commenc? ? verser d’?normes indemnit?s de guerre apr?s la d?faite de 1870. Vienne et de nombreuses autres villes lanc?rent des programmes immobiliers ?normes. Les particuliers suivirent le mouvement en construisant des immeubles et des maisons. Il fallut emprunter. Les ?tablissements financiers ne demandaient que cela. Ils commenc?rent ? ?mettre des pr?ts hypoth?caires comme vache qui pisse. La sp?culation s’envola. Quand, pour un ensemble de raisons, la confiance s’effrita, ce fut donc la d?route boursi?re et bancaire.La crise s’?tend rapidement ? l’Allemagne dont les banques ont connu la m?me fi?vre immobili?re. Par exemple, entre 1871 et 1873, la Bourse de Berlin avait enregistr? 95 nouvelles banques dont la Deutsche Bank. Avant l’effondrement, les ?tablissements immobiliers cot?s en Bourse versaient des dividendes exceptionnels compris entre 10 et 15 %. Le krach balaie ces soci?t?s comme f?tus de paille. Les uns apr?s les autres, les groupes financiers sautent comme bouchons de champagne lors d’un mariage princier. La faillite la plus spectaculaire est celle du financier Stephan Keglevich qui avait ?t? le plus jeune parlementaire du Parlement hongrois en 1861. Dans la foul?e, des milliers de petits investisseurs qui se croyaient riches et malins se retrouvent sur la paille, Gros-Jean comme devant. En Autriche, pour sauver les meubles, les banques disposent d’un fonds de 20 millions de florins, mais il est plus vite ass?ch? qu’un puits d’oasis apr?s le d?barquement d’une caravane de chameaux. Selon les journaux de l’?poque, un millier de petits ?pargnants se suicident. Pas de krach pour les entreprises de pompes fun?bres.

Cascade de faillites

Apr?s avoir nettoy? les banques outre-Rhin, le krach d?cide de visiter Paris, o? il y aurait une autre bulle immobili?re sympathique ? faire exploser. Effectivement, dans la foul?e des travaux du baron Georges Eug?ne Haussmann, les banques fran?aises avaient elles aussi jou? la construction ? fond. Aussit?t le vent de la terreur souffle sur la Bourse parisienne. ?mile Zola d?crit parfaitement les m?faits de la crise immobili?re dans son roman La Cur?e. Apr?s avoir croqu? Paris, le krach se sent d’attaque pour prendre ? la gorge l’Am?rique. ? l’automne, la Bourse new-yorkaise, qui est euphorique depuis la fin de la guerre de S?cession et surtout gr?ce au boom du rail, commence ? vaciller. Davantage encore que leurs confr?res europ?ens, les banquiers am?ricains avaient pris de gros risques en pr?tant ? tire-larigot. Quand la crise europ?enne d?barque, elle est la goutte d’eau qui fait d?border le vase d?j? bien rempli de compagnies ferroviaires en difficult? et de scandales politico-financiers. La confiance dans le monde bancaire am?ricain s’effondre aussi rapidement que Hiroshima sous la bombe A.

Les faillites se d?clenchent en cascade. La crise devient panique le 20 septembre 1873, quand Wall Street doit fermer dix jours apr?s la faillite de la plus grande banque am?ricaine de l’?poque, la Jay Cooke. Un t?moin de cette ?poque confie que “l’organisation ?conomique s’?croula avec des accents de cataclysme primitif”. Le taux de ch?mage ? New York s’?l?ve alors ? 25 %. Dans les grandes villes, les sans-emploi manifestent pour r?clamer l’ouverture de chantiers publics. La police r?pond aussit?t ? coups de gourdin. De nombreuses gr?ves paralysent le pays, se concluant par des ?changes de coups de feu avec les milices priv?es engag?es par les patrons. En Europe centrale, la d?pression fait ?galement rage, plongeant de nombreuses populations dans la mis?re. Lesquelles passent leur propre rage sur les Juifs lors de pogroms. Les boucs ?missaires habituels.

Mais, rassurons-nous, le capitalisme est cyclothymique. Les crises financi?res finissent par s’essouffler. Ph?nix des temps modernes, les ?tablissements financiers se remplument pour mieux aborder la crise suivante. Nous y sommes…

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