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FLQ, histoire d’un mouvement clandestin, de Louis Fournier

Au Qu?bec, on se dit content, voire soulag?, de vivre dans un syst?me ou chacun est ?gal et o? la violence est inutile lorsqu’il s’agit de r?soudre un probl?me d’ordre politique. Les Qu?b?cois sont ?galement chanceux, puisqu’ils n’ont pas ? vivre dans la peur omnipr?sente que survienne une attaque terroriste. De telles affirmations nous rappellent que la m?moire collective est bien courte.

En effet, il ne faut pas retourner tellement loin dans l’histoire du Qu?bec, ? peine 35 ans, pour r?aliser que des actes terroristes ont ?t? perp?tr?s sur notre sol, dans le cadre des op?rations men?es par le Front de lib?ration du Qu?bec (FLQ). C’est dans cet ordre d’id?e que Louis Fournier a r?dig? ce que plusieurs qualifient d’« encyclop?die du FLQ », c’est-?-dire le livre FLQ, histoire d’un mouvement clandestin, paru pour la premi?re fois en 1982, puis revu et augment? en 2004. Syndicaliste engag? ayant œuvr? pendant plusieurs ann?es au sein du Fond de solidarit? des travailleuses et travailleurs du Qu?bec (FTQ), Louis Fournier a, depuis toujours, le sort de la soci?t? qu?b?coise ? cœur. C’est donc avec le Qu?bec ? la gauche de son cœur qu’il a r?dig? un document exhaustif de quelques 531 pages d?crivant la mont?e d’un mouvement radical pour l’ind?pendance du Qu?bec ainsi que les ?v?nements qui en constituent l’histoire. L’int?r?t d’?crire FLQ, histoire d’un mouvement clandestin, pour ce journaliste politique, ?tait d’autant plus grand qu’il a lui-m?me particip? ? la propagande du FLQ lors de la crise d’octobre 1970. En effet, ? l’?poque il ?tait journaliste ? la CKAC et a ?t? le premier ? diffuser le c?l?bre Manifeste du FLQ, sans l’approbation des autorit?s, par qui il a d’ailleurs ?t? arr?t? par mesure pr?ventive. Dans son ouvrage, Louis Fournier ne d?fend pas de th?se, mais pr?sente plut?t les faits, tels qu’ils sont, en ne laissant aucun d?tail au hasard. Tout en nous mettant dans le bain des r?bellions patriotes de 1837-1838, l’histoire qu’il nous raconte d?bute le 22 juin 1960 alors que les ?lections portent au pouvoir Jean Lesage qui entra?nera le Qu?bec dans la R?volution tranquille. Cette m?me histoire se termine le 20 mai 1980, o? la derni?re manifestation du FLQ sera enregistr?e, la journ?e m?me d’un r?f?rendum pour l’ind?pendance du Qu?bec. L’auteur relate donc l’histoire du Front de lib?ration du Qu?bec sur une p?riode de 20 ans et le moins que l’on puisse en dire, c’est que ces 20 ans ont ?t? tr?s mouvement? d’un point de vu politique.

Tout comme l’histoire, l’auteur ne peut pas ?tre compl?tement objectif, d’autant plus qu’il a lui-m?me pris part, d’une certaine mani?re, au mouvement ind?pendantiste. Bien qu’il essaie le plus possible de l’?tre, il y a mis un je-ne-sais-quoi dans son ?criture qui fait en sorte qu’une fois la lecture de ce livre, j’ai eu envie d’adh?rer au FLQ. Il arrive donc tr?s bien ? transmettre la passion des felquistes ? travers son r?cit. Puis, sans aucun doute, on peut dire que l’auteur est un vulgarisateur et un ?crivain hors pair.

Finalement, les journalistes avaient tout ? fait raison de qualifier ce livre d’« encyclop?die du FLQ ». C’est r?ellement ce que c’est, d’ailleurs je crois que l’on devrait songer ? changer son format de poche, au profit d’un format encyclop?die. Peut-?tre que l’œuvre de Louis Fournier se vend mieux dans ce format, mais je suis convaincue que plusieurs lecteurs ont comme moi ?t? tr?s d??u de constater toutes les longueurs provoqu?es par de nombreux d?tails trop sp?cifiques. Par exemple, lorsque l’auteur parle d’une personne, il ne fait pas que mentionner son nom, il fait une description de la personne en incluant son ?ge, sa profession ou son domaine d’?tude et parfois m?me, il parle de ses parents. Apr?s quelques pages, on oublie vite de qui a fait quoi et ? la fin du livre, on ne se souvient plus des quelques 800 personnes ?nonc?es par l’auteur.

Cependant, cet ouvrage est id?al pour la recherche puisque chaque sujet abord? par l’auteur est bien class? ? la fin du livre. On retrouve ?galement tous les noms mentionn?s au cours du r?cit avec le ou les num?ros de pages o? l’on peut les trouver, quelques pages de photos ainsi que la liste des citoyens arr?t?s par la police et l’arm?e lorsque la loi sur les mesures de guerre a ?t? d?clar?e. Il s’agit donc d’une œuvre tr?s compl?te et je recommande ? monsieur et madame « tout le monde » de choisir autre chose pour livre de chevet, ? moins qu’il soit adepte de la lecture en diagonale.

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    François Marginean

    Si vous aimez les détails croustillants, je vous suggère d’écouter ou même contacter Benoit Perron, chargé de cours à l’UQAM et animateur à CISM de l’émission Zone de Résistance.

    Ses recherches et celle du journaliste Louis Hamelin démontrent clairement que le FLQ a été infiltré et ensuite complètement détourné par les services secrets comme la GRC et de la CIA. Ils sont les vrais acteurs qui ont fait sauter de la dynamite dans les boîtes aux lettres et autres actes de terreur. Cette crise a été monté en mousse pour justifier les mesures de guerre et venir intimider la ferveur québécoise. On a des preuves que la crise fut planifiée et téléscopée d’Ottawa. Il y a bien sûr eu des sincères éléments québécois FLQ, mais en grande partie, ils furent naïfs et mal organisés et se sont fait passé un sérieux sapin, situation qui s’est fini en épingle avec la mort de M. Laporte, qui, à la lumière de tout ce qui a été trouvé et déclassifié, n’aurait pas été tué par le FLQ. Il y avait de puissants intérêts à le voir mort par plusieurs, dont la mafia avec qui il avait des liens, fait documenté. Sordide histoire en fait. Un dossier explosif.

    Écrivez à M. Perron pour tous les détails. Il est le spécialiste. perronb@sympatico.ca

    Voilà !

    François Marginean