Flocon de Ph?nix

 

Un ouvrage de Mary Summer Rain se rapporte ?galement au ph?nix?: ??L?envol du Ph?nix. No-Eyes parle des changements ? venir??. R?cit retra?ant les visions partag?es entre la vieille gu?risseuse Chippewa aveugle No-Eyes et la jeune Summer Rain. Le r?cit se situe en 1982-1983, il ?voque des changements plan?taires?: effondrement ?conomique, catastrophes naturelles, divers accidents, agitation sociale, r?voltes. Cependant, le point culminant sera ??la venue de l?Age de la Paix?? et ??la renaissance de l?Arbre Sacr? dans le Grand Cercle des Nations, quand le Ph?nix ressuscit? planera en paix au-dessus de la Terre.?Wikipedia??

***

?

Le matin est tout petit. Mais le jour sera grand.

Au bord de la route, je stationne l?auto et j?enfile mes raquettes. Les flocons d?licats descendaient du ciel. L?gers comme des parachutes de froid, se balan?ant dans une invasion ? faire loucher. Tout beau! Tout beau! Et c?est comme ?a que j?ai retrouv? toute la manne gonflant le sol des bois.

On ne vieillit que deux fois?: le jour o? l?on se croit vieux et le jour o? l?on commence ? l??tre mais avec le grand sourire fou de l?enfant. Comme si plus rien n?avait d?importance, sauf le vivant.

Et c?est cela qu?on a tu??: notre belle liaison avec la vie.

Dans ce froid emmitouflant, au c?ur des arbres qui portaient chacun une poign?e de neige, il suffisait de marcher et de regarder la beaut? du monde en m?me temps que la douleur du froid.

L?esprit s?enferme dans un flocon. L?esprit s?aimante ? la douleur du froid mordant le bout des doigts.

Plus une piste de li?vres depuis qu?on a ras? les arbres de l?autre c?t? du bois?. Un grande tranche de vie. Sans laisser rien debout.

M?me avec les raquettes, de la neige jusqu?aux genoux. Un petit pas pour l?Humanit?, mais un grand pour moi.

?a m?a rappel? mes 12 ans dans le petit village o? je suis n?. Il n?y avait rien pour s?amuser ? l?int?rieur de la maison. Alors, on creusait des tunnels sous la neige, tard le soir, puis on retournait ? la maison compl?tement ?puis?s et tremp?s en entrant.

Le matin est tout petit, mais il sera grand? Car ?chapper ? tout ce bruit, ? ce massacre de la Vie pour la petite vie n?a fait que me retrousser.

La veille, nous ?tions coll?s ? l??cran de l?ordi, par Skype, vers la Colombie. Des enfants qui jouaient? Des enfants qui hurlaient, des enfants ??trop de vie??.

On nous apprend si vite ? mourir? On fait de nous des cendres et apr?s il faut en rena?tre. On a le choix entre se morfondre dans des avenirs vendus par des institutions financi?res ? mitraillette ou la vie de tous les jours. La simple. La riante. L?enfantine. ?La folle?

Les petits bonheurs sont de grands bonheurs quand ils n?ont pas de structures. C?est la spontan?it?, c?est la blessure d?une chute, c?est les pleurs et les rires m?lang?s. C?est tout dans les petits riens. C?est le temps, oui le temps si tellement vol? de ne rien faire? Parce que ne rien faire est sans doute plus vivant que de tenter de tout faire.

La neige est l?.

Et je marche en regardant chaque arbre comme s?il avait sa propre vie. Certains sont but?s, d?autres s?ch?s, d?autres vigoureux. La for?t n?est pas raciste? Nous, les humains, nous le sommes. Couleur de peau? C?est bien peu? Le racisme mondialiste se compla?t dans le placement ?tag? des humains qui ont de la ??valeur?? et ceux qui n?en n?ont pas.

L??rable ne rejette pas le c?dre. Le c?dre garde ses aiguilles en hiver ?pour oxyg?ner? Mais nous sommes cultiv?s, on n?arr?te pas de nous cultiver. Les librairies sont noy?es d?arbres imprim?s et s?ch?s.

Il faut ?tre tous une ?biblioth?que d?Alexandrie. Br?lons-nous! Mettons le feu ? tout ce qu?on nous vend de mort ?pour remplir des banques, cuisiner des guerres, larder? des orgueilleux-vaniteux qui veulent devenir des Califes ? la place du Calife et que le monde serait ? par cr?do ? remplis que de Califes!

On d?r?ve!

Il y a trop de petits princes d?c?d?s. Non! Ils ne sont pas morts, mais un peu zombies.

C?est la vie, dira-t-on? Non, c?est une h?catombe mondialiste. Et ce son des enfants rid?s qui ont trac? ce parcours.

La neige est comme un amas de petits oiseaux morts, tous blancs, sur lesquels on marche. Des trillions? On ne les compte pas, on y marche comme tous ceux qui marchent sur tous ceux qui sont pass?s en ce monde.

Mais la neige ne dure pas, ici. Elle fond au printemps. C?est magique! Elle coule dans la terre, emprunte le chemin trac? naturellement des rivi?res et se rend jusqu?? nous.

Nous sommes constitu?s d?au moins 70% d?eau.

Je me suis dit, essouffl?, que ces flocons seraient sans doute ce qui me ferait vivre vraiment l?an prochain ou dans les ann?es ? venir.

Je marche sur l?avenir, le mien? Je marche sur l?avenir, le n?tre. Pourtant, il me fait mal, il est froid. Tortionnaire! Il m?emp?che de penser. Et c?est bien ainsi.

J?ai lu apr?s ?tre retourn? ? la maison que l?on veut privatiser l?eau.

J?ai donc march? sur de l?eau future qui sera privatis?e. Et comme je suis constitu? d?eau, je suis moi-m?me d?j? privatis?.

Le pire est que dans ce nouvel esclavage, je n?appartiens plus ? ??quelqu?un??, mais ? quelque chose? Une compagnie en Chine ou je ne sais quoi.

La neige est une cendre froide?

Il faut maintenant marcher pour oublier un futur.

Vivre est devenu une dette. Vivre en toute simplicit?.

Je n?avais pas pris conscience de cette cha?ne n?faste. Je marchais, je marchais? J??crivais au pr?sent, me voil? pris entre le pr?sent et l?avenir. Coinc?.

Alexandrie et ses livres, c??tait sans doute bien. Mais personne ne les avait lus vraiment. Ou du moins si peu de gens?

Je me sens comme le Ph?nix?

Alors, demain, j?irai encore voir ce qui reste de ce monde, mais peu avant, ou apr?s, je parlerai, j??changerai avec tous ceux qui vivent sous le joug du ??progr?s??.

Il est ??normal?? que quelqu?un s?che comme un arbre apr?s son temps et sa t?che d?arbre, mais il n?est pas normal que perdus dans la complexit? nous ne pouvons plus voir la r?alit? et la beaut? de la cr?ation.

On ne nous a pas vol? que ?nos terres, on nous a vol?s TOUTE la Vie.

Demain, je retourne ? la raquette sur neige. Avant qu?un printemps mondialiste siphonne toute la grandeur du monde. M?me avec trois paires d?yeux, six oreilles, vingt mains, si on ne peut saisir tout cela, c?est qu?on a r?ussi ? flamber l?oiseau ? partir de la neige.

J?ai comme pas envie?

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