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Financement universitaire : quel type de soci?t? voulons nous?

Au Qu?bec, le gouvernement actuel souhaite augmenter la part du financement universitaire pris en charge par les ?tudiants et augmenter le financement priv? des universit?s. Ainsi, les droits de scolarit? augmenteront de 75%, ? 3793$ par ann?e. Le gouvernement dit pouvoir conserver l?accessibilit? aux ?tudes en augmentant les budgets des programmes de pr?ts et bourses. Un d?bat fait actuellement rage ? savoir si cette fa?on de faire est la bonne, ?tant donn? l?importance capitale de l??ducation dans nos soci?t?s modernes. Personnellement, je crois que bien qu?il est important d?avoir des universit?s bien financ?es et comp?titives ? l?international, les frais de scolarit? et les dons du priv? servant des int?r?ts financiers doivent rester bas, afin de permettre l?acc?s aux ?tudes pour toute, de garantir une certaine ind?pendance des universit?s vis-?-vis de la sph?re ?conomique et comme d?autres solutions sont envisageables.

Dans un premier temps, on observe qu?une augmentation des frais de scolarit? diminue l?acc?s ? l??ducation, et cela malgr? les programmes de pr?ts et bourses. En effet, ce ph?nom?ne a ?t? observ? en Ontario lorsque les droits de scolarit? du programme de m?decine ont ?t? augment?s, comme ce programme est tr?s couteux pour les universit?s et qu?il garanti un salaire ?lev?. Bien que ces arguments soient fond?s, cette augmentation eut un effet pervers?; on a observ? que le revenu familial moyen des ?tudiants a augment?, ce qui fait que les emplois payants seront davantage occup?s par les enfants des parents plus riches. ? l?inverse, on observe dans les pays o? les frais de scolarit? sont plus bas une plus grande fr?quentation universitaire des jeunes issus des classes plus pauvres de la soci?t?. Comme l??ducation est un ascendeur social important, il est donc primordial de garder les frais de scolarit? bas afin de favoriser l??galit? des chances.

Un deuxi?me enjeu extr?mement important est la d?pendance des universit?s envers le financement priv?, principalement en ce qui concerne la recherche. En effet, il arrive souvent que des projets de recherche soient financ?s par une compagnie en ?change de l?obtention des brevets d?coulant de ces projets. Cela m?ne parfois ? des situations totalement aberrantes; aux ?tats-Unis, un doctorant a ?t? oblig? de ne pas r?pondre ? une question d?examen comme la r?ponse ? cette question tombait sous le secret industriel, le professeur lui ayant fourni la r?ponse ?tant sous contrat avec une entreprise au sujet de ce domaine de recherche! Aussi, la recherche du financement priv? pousse les universit?s ? favoriser les domaines de recherche les plus rentables ?conomiquement. Par exemple, on favorisera les recherches qui d?bouchent sur des concepts commercialisables imm?diatement. Cela nui particuli?rement ? la recherche fondamentale, qui donne moins de r?sultats imm?diats mais qui permet souvent de faire des avanc?s majeures plusieurs d?cennies plus tard. ? titre d?exemple, c?est gr?ce ? la th?orie de la relativit? d?Einstein que les GPS ont pu ?tre d?velopp?s!

Si nos universit?s on vraiment besoin de financement suppl?mentaire, c?est du c?t? des dipl?m?s qu?il faut chercher. En effet, les dons personnels aux universit?s qu?b?coises? sont beaucoup plus faibles que dans les provinces anglophones du Canada. Une premi?re ?tape pour augmenter ces dons serait d?abord de responsabiliser les dipl?m?s par rapport ? l?institution qui leur a permis de monter dans l??chelle sociale. On pourrait aussi imaginer une situation o? les ?tudiants s?engager, conditionnellement ? l?obtention d?un emploi, ? verser un certain pourcentage de leur salaire pendant un nombre d?ann?es pr?d?finis, ce qui permettrait de participer au financement universitaire une fois les b?n?fices obtenus, et non payer davantage dans l?espoir d?obtenir un b?n?fice, cette derni?re approche limitant l?acc?s aux ?tudes des ?tudiants moins ais?s financi?rement. Il serait important qu?une telle mesure soit modulable en fonction du programme et donc du r?le des dipl?m?s dans la soci?t??: un travailleur social, qui gagne peu et travaille pour l?am?lioration de la soci?t?, ne devrait payer qu?une faible somme en comparaison ? un ing?nieur, par exemple.

En conclusion, il est important de conserver des universit?s offrant une formation de qualit? aux ?tudiants, afin de rester comp?titifs dans une ?conomie ou le savoir prend de plus en plus de place. Cependant, cela ne doit pas se faire au d?triment de l?accessibilit? aux ?tudes, qui est l?ascenseur social le plus efficace. Ainsi le principe d??galit? des chances, si important pour une soci?t? libre et d?mocratique, pourra ?tre? conserv?.

 

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    « Si nos universités on vraiment besoin de financement supplémentaire, c’est du côté des diplômés qu’il faut chercher.  »

    Mais ces diplômés, une fois sur le marché du travail ont accès à énormément d’exemption sur leurs impôts. Donc le gouvernement s’arrange pour « taxer » le futur diplômé qui n’a aucune protection.

    Le coût sur l’éducation universitaire n’est qu’une autre taxe déguisée sur les revenus futurs des diplômés. Ensuite les députés feront des discours affirmant que l’éducation est un investissement de gouvernement pour notre société; mais comme la société ne peut plus ajouter « d’investissements », le gouvernement oblige les étudiants à « payer ».

    Ce n’est qu’une preuve additionnelle de la mauvaise gestion de nos taxes.