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Centpapiers

  • Financement de la santé : Michel Venne pour veiller au grain

    27 juin 2007 | 0 commentaire(s) | vu 483 fois

    Durant l’hiver 2005, l’Institut du Nouveau Monde (INM) avait initié un dialogue public entre quelque 200 citoyens et experts sur notre système de santé. Ceux-ci avaient débattu des grands enjeux de la santé au Québec dans huit régions. Deux recommandations principales avaient été faites à l’issu de cette initiative : un virage en faveur de la prévention et un virage en faveur de la participation des citoyens dans la gouverne du système.

    Dans un chapitre de l’ouvrage 100 Idées citoyennes pour un Québec en santé qui rend compte des résultats de ce dialogue unique au Québec et dans le monde, la présidente du Conseil de la santé et du bien être, Hélène Morais, appelle justement à l’engagement citoyen comme méthode pour améliorer le système québécois de santé. Pour elle, celui-ci est un bien public, c’est-à-dire qu’il appartient à toute la collectivité. Puis vient l’implacable diagnostic :

    Notre système de santé et de bien être, comme bien d’autres systèmes publics dans le monde, est traversé par des luttes d’influence où se confrontent diverses tendances idéologiques et politiques ainsi que différents lobbies, qu’ils soient économiques, technologiques ou sociaux. Cette réalité se retrouve à tous les niveaux du processus décisionnel. Il en résulte un certain chaos qui affecte le système dans son leadership, son administration et sa capacité d’atteindre des résultats.

    Hélène Morais, « L’engagement des citoyennes et des citoyens : pour un meilleur système de santé et de bien-être », dans 100 Idées citoyennes pour un Québec en santé, Montréal, Fides, 2005, p. 70-72.

    Déjà en 2000, dans un recueil de textes qu’elle dirigeait avec Michel Venne, Santé. Pour une thérapie de choc !, Hélène Morais voyait la privatisation comme une chimère. Pour elle, les solutions aux problèmes étaient connues. Elles exigeaient, et exigent toujours, une transformation en profondeur des pratiques et des modes d’organisation.

    Depuis lors, le jugement Chaouilli est venu embrouiller les débats.

    Si vous croyez que le groupe de travail sur le financement du système de santé présidé par Claude Castonguay va précisément se pencher sur son financement, vous êtes soit naïf, soit carrément du côté de ceux qui veulent utiliser le prétexte du financement pour changer la donne. Car ne nous y trompons pas. Il y a beaucoup plus que le financement en jeu dans toute cette histoire.

    Je ne doute pas de la sincérité de Claude Castonguay. Je ne doute même pas de celle de Joanne Marcotte. Seulement, les deux ont clairement ouvert leur jeu en faveur de l’assurance privée. Michel Venne, de son côté, écrivait en novembre 2005, alors que le ministre Couillard avait encore le contrôle des orientations du système de santé, que « l’ouverture à l’assurance privée pour couvrir les services qui constituent le coeur du système de santé (les actes médicaux et les soins hospitaliers) est le contraire du financement public » (La médecine à deux vitesses n’est pas un droit). Couillard lui avait en quelque sorte donné par la suite raison en limitant sérieusement l’ouverture à l’assurance privée.

    La Dame du public-privé, notre ministre des Finances qui coupe dans les revenus de l’État même si les deux tiers des électeurs ont voté contre cette idée, a tassé Couillard et pris les choses en main. Comme c’est son habitude, elle va se concentrer sur les questions de financement, alors que les enjeux sont beaucoup plus complexes. Le comité de chercheurs du Réseau de recherche en santé des populations du Québec avait d’ailleurs identifié six grands enjeux découlant du jugement Chaouilli dans le but d’animer un débat rationnel.

    Malheureusement, le débat sur la santé est tout sauf rationnel.

    Michel Venne, le choix du Parti Québécois pour le groupe de travail sur le financement de la santé, aura fort à faire pour contrer le vent de droite qui risque d’emporter la solidarité devant la maladie.

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