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Financement de la sant? : Michel Venne pour veiller au grain

Durant l’hiver 2005, l’Institut du Nouveau Monde (INM) avait initi? un dialogue public entre quelque 200 citoyens et experts sur notre syst?me de sant?. Ceux-ci avaient d?battu des grands enjeux de la sant? au Qu?bec dans huit r?gions. Deux recommandations principales avaient ?t? faites ? l’issu de cette initiative : un virage en faveur de la pr?vention et un virage en faveur de la participation des citoyens dans la gouverne du syst?me.

Dans un chapitre de l’ouvrage 100 Id?es citoyennes pour un Qu?bec en sant? qui rend compte des r?sultats de ce dialogue unique au Qu?bec et dans le monde, la pr?sidente du Conseil de la sant? et du bien ?tre, H?l?ne Morais, appelle justement ? l’engagement citoyen comme m?thode pour am?liorer le syst?me qu?b?cois de sant?. Pour elle, celui-ci est un bien public, c’est-?-dire qu’il appartient ? toute la collectivit?. Puis vient l’implacable diagnostic :

Notre syst?me de sant? et de bien ?tre, comme bien d’autres syst?mes publics dans le monde, est travers? par des luttes d’influence o? se confrontent diverses tendances id?ologiques et politiques ainsi que diff?rents lobbies, qu’ils soient ?conomiques, technologiques ou sociaux. Cette r?alit? se retrouve ? tous les niveaux du processus d?cisionnel. Il en r?sulte un certain chaos qui affecte le syst?me dans son leadership, son administration et sa capacit? d’atteindre des r?sultats.

H?l?ne Morais, « L’engagement des citoyennes et des citoyens : pour un meilleur syst?me de sant? et de bien-?tre », dans 100 Id?es citoyennes pour un Qu?bec en sant?, Montr?al, Fides, 2005, p. 70-72.

D?j? en 2000, dans un recueil de textes qu’elle dirigeait avec Michel Venne, Sant?. Pour une th?rapie de choc !, H?l?ne Morais voyait la privatisation comme une chim?re. Pour elle, les solutions aux probl?mes ?taient connues. Elles exigeaient, et exigent toujours, une transformation en profondeur des pratiques et des modes d’organisation.

Depuis lors, le jugement Chaouilli est venu embrouiller les d?bats.

Si vous croyez que le groupe de travail sur le financement du syst?me de sant? pr?sid? par Claude Castonguay va pr?cis?ment se pencher sur son financement, vous ?tes soit na?f, soit carr?ment du c?t? de ceux qui veulent utiliser le pr?texte du financement pour changer la donne. Car ne nous y trompons pas. Il y a beaucoup plus que le financement en jeu dans toute cette histoire.

Je ne doute pas de la sinc?rit? de Claude Castonguay. Je ne doute m?me pas de celle de Joanne Marcotte. Seulement, les deux ont clairement ouvert leur jeu en faveur de l’assurance priv?e. Michel Venne, de son c?t?, ?crivait en novembre 2005, alors que le ministre Couillard avait encore le contr?le des orientations du syst?me de sant?, que « l’ouverture ? l’assurance priv?e pour couvrir les services qui constituent le coeur du syst?me de sant? (les actes m?dicaux et les soins hospitaliers) est le contraire du financement public » (La m?decine ? deux vitesses n’est pas un droit). Couillard lui avait en quelque sorte donn? par la suite raison en limitant s?rieusement l’ouverture ? l’assurance priv?e.

La Dame du public-priv?, notre ministre des Finances qui coupe dans les revenus de l’?tat m?me si les deux tiers des ?lecteurs ont vot? contre cette id?e, a tass? Couillard et pris les choses en main. Comme c’est son habitude, elle va se concentrer sur les questions de financement, alors que les enjeux sont beaucoup plus complexes. Le comit? de chercheurs du R?seau de recherche en sant? des populations du Qu?bec avait d’ailleurs identifi? six grands enjeux d?coulant du jugement Chaouilli dans le but d’animer un d?bat rationnel.

Malheureusement, le d?bat sur la sant? est tout sauf rationnel.

Michel Venne, le choix du Parti Qu?b?cois pour le groupe de travail sur le financement de la sant?, aura fort ? faire pour contrer le vent de droite qui risque d’emporter la solidarit? devant la maladie.

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