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En finir avec la lutte des classes

Comment mettre fin ? la lutte des classes, et consubstantiellement ? l’exploitation de l’homme par l’homme? Apr?s l??chec de l?exp?rience men?e par les pays d?Europe de l?Est entre 1917 et 1990, cette question reste pos?e, mais demeure toujours sans r?ponse. Le consensus mou de la pens?e unique socialo-capitaliste tente tant bien que mal, mais avec quelque succ?s toutefois, d??vacuer ce sujet embarrassant en noyant les peuples dans un cocktail opiac? de consum?risme et d?acquis sociaux.

Aujourd?hui, il ne semble pas qu?il existe une seule analyse r?elle et lucide, donc utile pour l?avenir, ?manant de quelque parti ou de quelque courant officiel qui soit.

L?analyse lib?rale

La chute du mur de Berlin constitua du pain b?ni pour le capitalisme, qui acc?da de fait au statut mondial d?id?ologie dominante, passant ainsi en pertes et profits ces ??petites?? 53 ann?es de cette d?marque politique inconnue. Cette analyse se d?compose en deux parties.

La premi?re partie ?mane directement du syllogisme suivant?:

  1. le marxisme-l?ninisme est une doctrine visant ? abolir l?exploitation de l?homme par l?homme?;
  2. les peuples soumis au marxisme-l?ninisme ont rejet? cette doctrine au bout de 53 ans.
  3. les peuples sont donc favorables ? l?exploitation de l?homme par l?homme

La deuxi?me partie vise ? reformuler diff?remment le point 3 du syllogisme en une tournure politiquement plus correcte, qui devient alors : ??le marxisme-l?ninisme, ?a ne marche pas?!??. Et si d?aventure, au cours d?une pol?mique quelconque, ce simplisme s?av?re insuffisant, on rajoute alors?: ??voyez comme les acquis sociaux ont progress? avec nous?!??. D?s lors tout d?bat qui voudrait s?orienter sur le th?me de l?exploitation de l?homme par l?homme est aussit?t marginalis?.

L?analyse socialiste?:

Cette analyse est en tous points identique ? l?analyse lib?rale

L?analyse stalinienne

Nous nommerons ??stalinienne?? toute pens?e communiste traditionnelle, m?me si celle ci pr?f?rerait sans doute ?tre qualifi?e de ??khrouchtchevienne??. Cette analyse consid?re que la politique bolchevique ?tait la bonne, mais que le petit p?re de peuples a succomb? aux sir?nes de l?abus de position dominante, et que les populations ne s?en sont jamais remises. La solution consisterait donc ? recommencer la m?me histoire, mais sans le goulag, et tout irait bien?! Cette analyse, outre qu?elle t?moigne d?une myopie historique grave et d?une inculture politique av?r?e, se r?v?le la plus hypocrite de toutes car elle n?ose m?me pas dire son nom. C?est la politique du mensonge permanent et du d?ni, c?est bien le syst?me stalinien.

L?analyse trotskiste

D?s 1930, L?on Trotsky a d?nonc? la d?rive stalinienne du communisme sovi?tique et son analyse en temps r?el de la situation de l?URSS constitue une ?uvre unique, lucide et pertinente, voire pr?monitoire de l??chec de 1990. Elle n?est toutefois pas suffisante pour proposer des solutions adapt?es aux individus actuels, sur-aiguillonn?s qu?ils sont par la soci?t? de consommation et anesth?si?s par la politique des acquis sociaux.

Ce que Marx n?avait pas vu

Quand on relit les ?crits de K. Marx (politiques, ?conomiques, philosophiques), on est frapp? par l?incroyable actualit? de ses propos. Au plan politique, c?est l?analyse des ??techniques?? de la bourgeoisie pour gouverner et g?rer les difficult?s et crises passag?res. Au plan philosophique, c?est l?id?e que l?homme se d?termine par son action sur la nature (le travail). Au plan ?conomique, c?est la description des rouages internes du capitalisme qui aboutit au concept de lutte des classes. Il est bien ?vident qu?une pens?e aussi compl?te, pertinente et visionnaire n?a pas d??gale dans la production intellectuelle humaine ? ce jour. La lucidit? de Marx lorsqu?il pronostique d?s 1850 le d?veloppement du machinisme et son incidence sur l?organisation de la soci?t? est proprement stup?fiante?!

Toutefois si nous transposons l?analyse marxiste de nos jours, nous obtenons des conclusions tr?s diff?rentes de celles de son auteur. En effet, contrairement ? ce que disent les partis marxistes actuels, que ce soient les staliniens du PCF, ou les trotskistes du NPA, les caract?ristiques de la lutte des classes doivent ?tre r?actualis?es. Voyons cela d?un peu plus pr?s.

Marx a expliqu? en 1850 que le capitalisme engendrait une soci?t? de classes et que le prol?tariat, en tant que classe exploit?e (??opprim?e??, ou ??ali?n?e??), constituait une force r?volutionnaire destin?e ? pendre le pouvoir. Qu?en est il 160 ans apr?s?? Pour rendre lisible notre transposition, nous devons tout d?abord op?rer quelques ajustements s?mantiques. Nous remplacerons tout d?abord le terme ??prol?taire?? par le terme ??salari?. Puis nous remplacerons ??lutte des classes?? par ??lutte pour les acquis sociaux??. Enfin nous remplacerons ??bourgeoisie?? par ???tat patron??. De fait, tous les partis marxistes ont abandonn? l?option r?volutionnaire (c?est ? dire celle de la prise du pouvoir par une classe et la rupture avec le capitalisme). La preuve en est l??volution r?cente de la Ligue Communiste R?volutionnaire (LCR) qui, apr?s avoir tent? de gommer pendant des ann?es l?adjectif ??r?volutionnaire?? (on voyait LCR ou Ligue Communiste, mais plus ??Ligue Communiste R?volutionnaire?? en toutes lettres) a fini par se transformer en ??Nouveau Parti Anticapitaliste??, ce qui constitue une appellation navrante car un parti ambitieux ne se d?finit pas par opposition ? quelque chose mais par rapport au projet qu?il porte en lui.

La marginalisation politique des staliniens (presque plus d??lecteurs?!) et la gesticulation strat?gique des (soi disant)trotskistes (pauvre L?on?!) signifient tout simplement que la classe ? laquelle ces partis marxistes s?adressent n?est plus r?ceptive ? leur discours. Et si cette classe (les ??salari?s??) n?est plus r?ceptive, c?est qu?elle ne se consid?re plus comme exploit?e, ali?n?e ou opprim?e, et qu?elle a, de ce fait, perdu son caract?re r?volutionnaire.

Marx n?a jamais pr?tendu que le r?le historique du prol?tariat (lire ??salari?s??) ?tait d?arracher, par la lutte, des acquis sociaux au patronat. Il s?agissait bien de ??prise du pouvoir?? et de rien d?autre. L?ensemble des partis de gauche s?est donc reconverti dans un r?le quasi syndical consistant ? promouvoir la ??d?fense et l?accroissement des acquis sociaux?? s??loignant ainsi radicalement de la pens?e marxiste.

Il y a toutefois un param?tre important que Marx n?a pas vu, ou pas pris en compte (mais nous lui pardonnerons car il y a des limites au g?nie). Il s?agit du r?le historique de l?Energie ! Selon Marx, c?est le d?veloppement des techniques et de la science qui a permis l??mergence du capitalisme en transformant la soci?t? artisanale en soci?t? industrielle. Cette analyse n?est d?ailleurs pas contestable, ni contest?, par aucun ?conomiste toutes tendances confondues. Mais il en va de l?analyse politique comme de la m?decine. Il ne faut pas confondre le sympt?me et la cause. Le probl?me n?est donc pas d?attribuer l??mergence du capitalisme au d?veloppement des techniques, ce qui revient aujourd?hui ? enfoncer une porte ouverte, mais ? rechercher la ou les causes qui ont permis le d?veloppement de ces m?mes techniques. A ce point du raisonnement, nous entrons dans le vif du sujet, car il y a r?ellement deux pens?es qui s?affrontent. L?une est religieuse, l?autre agnostique.

La religion du progr?s?:

Les adeptes de cette pens?e (c?est ? dire 95% des habitants des pays d?velopp?s) consid?rent que le progr?s des techniques est d? au g?nie humain et que la soci?t? industrielle qui en a d?coul? est, de ce fait, devenue irr?versible. Ces religieux ?tant fanatiques, mais pas tout ? fait incultes, reconnaissent toutefois que la d?couverte des ressources fossiles (charbon, p?trole, gaz) et des minerais (fer, cuivre, zinc, etc?) a favoris? ce d?veloppement, mais ils sont fermement persuad?s que le mouvement amorc? depuis 160 ans (une p?riode pourtant infiniment courte au regard de l?histoire de l?humanit? et des civilisations) ne pourra jamais s?arr?ter, ni r?gresser. Ces d?vots de la modernit? balayent all?grement d?un revers de manche le probl?me de l??puisement in?luctable des ressources fossiles et des minerais en se retranchant derri?re une croyance aveugle en ??ceux qui s?en occupent??. Force est de constater que le culte de ces nouvelles divinit?s constitue, sur le plan de l?histoire religieuse, une r?gression surprenante, puisqu?il nous ram?ne ? un polyth?isme qu?on pensait aujourd?hui r?volu ou, tout au plus, r?serv? aux tribus les plus recul?es de nos for?ts tropicales. Bien mieux, si jadis les dieux de la pluie, du feu, de la luxure, etc? restaient proches des humains en ?tant clairement identifi?s, aujourd?hui les nouveaux d?miurges sont des entit?s abstraites, aux contours flous et mal d?finis (politiciens??.. magnats des multinationales???centres de recherches???). Au plan des saintes ?critures, rien?! Pas de bible, pas de coran, pas d??p?tre, ? Au plan du sacerdoce, rien?! Pas de messe, pas de pri?re, pas de sacrifice,?Au plan de la communication, rien?! Pas d??mission TV, pas d?article de presse, pas de conf?rence,? Le silence, rien que le silence?! Comment le progr?s des techniques et la soci?t? industrielle pourront ils continuer sans l??nergie fossile. Myst?re?!? Ou plut?t gr?ce ? un raccourci incantatoire?: ??Ils s?en occupent?!??. Dormons tranquille, les nouveaux dieux veillent sur notre civilisation?. Les individus les plus instruits lancent toutefois des mots, sans les comprendre, tels que?: ??moteur ? eau, pile ? combustible, hydrog?ne, etc?.??. Et ? la question toute simple?: ??sommes nous pr?ts techniquement pour l?apr?s fossile??, la r?ponse est unanime?: ??oui, nous le serons?!??. Mais cette question n?est jamais r?ellement pos?e, ni dans les d?bats politiques, ni dans la presse, ni ? la TV, ni ? la radio, ni nulle part. Il s?agit en fait d?une question implicite, contenant en elle m?me une r?ponse implicite. Et c?est ? l?abri de cette omerta intellectuelle que vit actuellement la plus puissante civilisation que notre plan?te ait jamais connue?

L?agnosticisme ?nerg?tique?:

Les adeptes de cette pens?e (5% des habitants des pays d?velopp?s) consid?rent qu?en l??tat actuel des connaissances humaines, il n?existe aucune preuve certaine que notre civilisation puisse remplacer les 12.000 millions de tonnes ?quivalent p?trole utilis?s chaque ann?e sur la plan?te (chiffres IEA 2007 ? augmentation ? pr?voir ??gr?ce?? ? la Chine, l?Inde, le Br?sil, etc?) par quelque chose d?autre que le fossile, ni qu?elle puisse remplacer le fer, le cuivre, le tungst?ne, le s?l?nium, l?uranium, etc? par de nouvelles mati?res premi?res restant ? d?couvrir. Ces individus sont m?me tout pr?s de penser que le progr?s technique, donc la soci?t? industrielle, donc le capitalisme, n?ont pu se d?velopper ??que?? gr?ce ? la d?couverte des ?nergies fossiles.

Sur la question du progr?s technique, les religieux du progr?s soulignent avec force que certaines avanc?es de la science ne doivent rien au p?trole. Voire?!. En 40.000 ans (c?est ? dire depuis la pr?histoire jusqu?? 1850) les seuls progr?s techniques notoires ayant r?ellement eu un impact sur le mode de vie des humains sont au nombre de trois, ? savoir la roue, le m?tier ? tisser et l?imprimerie. Par contre en 160 ans (c?est ? dire de 1850 ? 2010), ce nombre est quasiment incalculable?: voiture, avion, train, t?l?phone, t?l?vision, ordinateur, internet, outils m?caniques, m?dicaments, engrais, tracteur, pesticides, etc?. D?s lors comment expliquer que ??le g?nie humain?? ait autant stagn? pendant 40.000 ans et qu?il se soit d?cha?n? subitement en quelques 160 ans pour atteindre des proportions qu?aucun pr?dicateur, fut-il illumin? par Yahv? en personne, n?aurait pu imaginer, m?me au centi?me?! Doit on y voir une soudaine mutation g?n?tique inexpliqu?e, notre ??lobe?? scientifique ayant soudain pris une ampleur insoup?onn?e par le pith?canthrope?? N?est ce pas plut?t un bienfait de la r?publique (merci Robespierre, rendons lui enfin hommage) qui a su lib?rer, dans le sang, la puissance cr?atrice de l?esprit humain en le d?livrant de ses cha?nes?? Ou peut ?tre est ce le r?sultat de l?av?nement de cette mythologie moderne dont nous avons parl? plus haut et par cons?quent la preuve de la force et de la toute-puissance de nos nouveaux dieux??

La r?ponse est pourtant toute simple et beaucoup plus prosa?que?: c?est gr?ce au p?trole?!? Le terme p?trole ?tant consid?r? comme g?n?rique et incluant les ?nergies fossiles et les minerais, il est bien ?vident que c?est ? lui que nous devons nos ??toutes petites 160 ann?es?? de civilisation industrielle. Nous lui devons donc ?galement le capitalisme et la lutte des classes.

Poursuivons notre raisonnement?: si le p?trole vient ? s??puiser (ce qui est absolument certain) et que nous n?ayons rien pour le remplacer ? l?identique de son rapport prix/rendement ?nerg?tique (ce qui est plus que probable), c?est la fin de la soci?t? industrielle, ou pour le moins, le d?but de sa r?gression. D?pl?tion du p?trole, r?gression industrielle, et d?croissance ?conomique constituent donc la trilogie soci?tale la plus plausible pour les ann?es ? venir. Mais si la d?croissance s?installe et que les moyens industriels diminuent, c?est la fin du capitalisme, puisque celui ci est pr?cis?ment n? du d?veloppement industriel!?

Il est malheureusement ? craindre que cela ne soit pas simple, parce que le capitalisme est maintenant bien install? et qu?il ne va pas dispara?tre tout seul. Il est ? redouter qu?il sache s?adapter ? la d?croissance sous des formes sans doute moins spectaculaires et peut ?tre moins lucratives (et encore ce n?est pas s?r?!), mais le probl?me de l??radication de l?exploitation de l?homme par l?homme ne sera pas r?solu par la simple d?croissance industrielle. Pour liquider efficacement le capitalisme, il faut aussi une action politique men?e par une classe opprim?e (cf. Marx).

A ce point de notre raisonnement, nous aboutissons donc ? la conclusion qu?il faut r?unir 2 conditions pour liquider (pacifiquement) le capitalisme et abolir l?exploitation de l?homme par l?homme?:

  1. L?existence d?une classe ??r?volutionnaire??
  2. L?existence d?une crise ?conomique majeure

Dans le sch?ma marxiste, le point 1 suffit. Lorsque les bolcheviques prennent le pouvoir en octobre 1917, la classe prol?tarienne existe et se mobilise, mais nous ne sommes pas dans une situation de crise ?conomique extr?me, m?me si la grande guerre est aux fronti?res de la Russie et si le peuple slave souffre de mille maux. Les marxistes-l?ninistes liquident alors un capitalisme naissant et embryonnaire qui n?a rien ? voir avec le capitalisme triomphant de la mondialisation actuelle.

Pour venir ? bout d?un adversaire aussi redoutable que le grand capitalisme du 21e si?cle, il faut miser sur autre chose que sur une r??dition pas ? pas des balbutiements sovi?tiques.

* Premi?rement : Il faut que le monstre soit s?v?rement ?branl? dans ses bases par une secousse ?conomique majeure. Cette situation sera probablement effective dans la prochaine d?cennie compte tenu de la d?pl?tion des ?nergies fossiles. Nous le disons clairement?: sans situation d?exception, c?est ? dire de tr?s grave crise ?conomique? (la ??petite?? crise des subprimes ne constitue pas une situation d?exception), il n?y a aucune chance de pouvoir ?radiquer le capitalisme, donc d?abolir l?exploitation de l?homme par l?homme.

* Deuxi?mement : Il faut que l?action politique soit initi?e par une classe opprim?e. Nous avons vu plus haut que cette classe ne peut pas ?tre celle des salari?s, qui ont perdu leur caract?re ??r?volutionnaire?? par l?accumulation des acquis sociaux, au point d?en faire des quasi-privil?gi?s du syst?me, ou pour le moins, de confortables ??accepteurs?? du capitalisme. Cette classe opprim?e, qui peut devenir le levier d?une telle r?volution pacifique, est celle des travailleurs ind?pendants.

En outre, ces deux conditions doivent ?tre r?unies simultan?ment :

  1. si une crise ?conomique majeure intervient, mais qu?il n?existe pas de projet politique port? par une classe clairement identifi?e et objectivement opprim?e, le changement de soci?t? n?aura pas lieu.
  2. si une classe clairement identifi?e et objectivement opprim?e existe et porte un projet politique, mais qu?il n?y a pas de situation de crise ?conomique majeure, le changement de soci?t? n?aura pas lieu

Les travailleurs ind?pendants

Il y a environ 2 millions de travailleurs ind?pendants (ou travailleurs non salari?s ? TNS) en France (contre 22 millions de travailleurs salari?s). Les travailleurs ind?pendants ont le choix entre plusieurs statuts juridiques possibles selon qu?ils exercent en nom propre ou en soci?t?. S?ils exercent en nom propre il peuvent ?tre?: profession lib?rale, artisan, commer?ant. S?ils exercent en soci?t?, il peuvent ?tre?: g?rant majoritaire de Sarl, ou associ? de soci?t? en nom collectif.

Dans notre soci?t? actuelle o? l?immense majorit? des personnes r?clame le maximum de protection au quotidien, de droit dans tous les domaines et de garantie sur l?avenir?; les travailleurs ind?pendants sont les seuls individus ? prendre des risques dans leur activit? professionnelle et ? ne rien r?clamer ? l??tat patron. Ils mettent souvent en jeu leur patrimoine personnel pour d?marrer, consolider ou soutenir leur emploi. Ils ne b?n?ficient d?aucun « filet de s?curit? » en cas d??chec. Ils ne peuvent pas compter sur une indemnisation de type Assedic, ni sur aucun recours judiciaire de type Prud?hommes.?Malgr? cela, l?administration fiscale et sociale les consid?re ? l?identique des travailleurs salari?s et ne fait pas de distinction entre les revenus salari?s et les revenus non salari?s pour l??tablissement de l?imp?t et des pr?l?vements obligatoires.

Il serait pourtant logique (d?un point de vue math?matique) et juste (d?un point de vue politique) de consid?rer qu?un revenu obtenu en prenant des risques financiers, personnels et judiciaires ne puisse ?tre tax? de la m?me fa?on qu?un revenu obtenu sans engager de responsabilit? personnelle. Ce crit?re de prise de risque appara?t comme fondamental et tranche radicalement par rapport ? celui du recours permanent ? l?Etat Providence. Il est pourtant totalement ignor? par la loi et le discours politique.

Les travailleurs ind?pendants constituent la seule et derni?re force vive d?une soci?t? dans laquelle la majorit??des individus refuse la lutte contre l?adversit? et abdique tout effort non garanti de r?sultat.?Ils constituent la classe d?favoris?e dans notre soci?t? actuelle. Ils doivent se rassembler et porter un projet politique complet, constructif et ambitieux pour r?organiser une soci?t? bient?t priv?e de l??nergie fossile.

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