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Centpapiers

  • Film Le mur : appel au dialogue et mise au point de psychanalystes

    19 décembre 2011 | 22 commentaire(s) | vu 1 797 fois

     Nathalie Roussy

    19 décembre 2011

    Ces mots  s’adressent à toute personne qui est au courant de l’affaire du film polémique ‘Le mur, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme’. Je ne ferai donc pas de résumé de cette affaire pour les non-initiés.   Le texte se veut en majeure partie  un appel au dialogue, et il est peut-être le dernier que j’écrirai concernant cette affaire.  Également, je profite de l’opportunité pour présenter la mise au point de quelques psychanalystes. Je vais donc vous donner les références pour que vous puissiez en prendre connaissance.   Quant aux trois plaignants en justice, Estela Solano-Suarez, Éric Laurent et Alexandre Stevens, ils restent pour l’instant silencieux (à raison), jusqu’à ce que la Cour aura rendu sa décision, le 26 janvier 2012. Leurs mises au point, qui ne tarderont certainement pas, seront elles aussi à suivre.

     

    J’ai eu l’inspiration pour écrire ce texte après avoir vécu une journée entière à avoir physiquement la nausée, imprégnée de tout le toxique que cette affaire peut inspirer, si nous ne faisons pas l’effort  d’être en pleine conscience.  N’y cherchez pas d’œuvre littéraire, car je parlerai simplement, d’une manière simpliste. Ces écrits pourront peut-être même vous paraitre enfantins ou idéalistes.   Je suis humaine, donc imparfaite. Je ne suis pas une sage, et pour être honnête, j’ai connu mon lot de colère et, surtout, de pur dégoût, après avoir lu la mise au point d’Aldo Naouri et les réactions haineuses de certaines personnes sur le site Autisme infantile.

     

     

     

    L’enseignement universel
    de Thich Nhat Hanh
    pourrait être utile
    dans la gestion de ce conflit

     

     

    Cette pointe d’intoxication au film Le Mur a été une grâce en quelque sorte de mon côté, car cela m’a ramené à l’enseignement d’amour et de paix d’un homme exceptionnel que j’admire et que je vois comme un modèle à suivre.  Je ne suis pas la seule.  Quiconque n’a qu’à le regarder dans un vidéo pour constater sa force tranquille et la paix qu’il inspire. Je parle de Thich Nhat Hanh, surnommé aussi affectueusement Thây par ses adeptes, que j’ai le plaisir de vous présenter. Thây a été proposé  par Martin Luther-King pour le prix Nobel de la paix en 1967, suite à ses actions pacifiques durant la guerre du Viêt Nam.

     

    J’écris ce texte pour moi-même surtout, pour m’aider à  avoir l’esprit en paix. Je le fais aussi avec le mince espoir de semer ou d’arroser une graine d’ouverture, de paix  et de lucidité auprès de parents d’enfant autiste qui ont pu souffrir énormément en visionnant ce film  polémique.  Un espoir fou peut-être, mais je me dis : « qui n’essaie rien n’a rien ». Et je lâche prise sur les résultats. J’aurai, en tout cas, fait de mon mieux.

     

    Je sais que, pour certains parents, cela ne fera absolument aucune différence.  Aux yeux d’un certain groupe de parents en fait, un gros groupe je dois le reconnaitre, ce film est une bénédiction. Il n’est pas question pour eux de se questionner sur la véracité des « faits » évoqués dans le film Le Mur, mais plutôt une occasion de lancer un débat au sujet de la prise en charge de l’autisme en France. Toutefois, au lieu de s’y prendre de la bonne façon pour améliorer le sort des enfants autistes, ce groupe de parents choisit la voie de la propagande antipsychanalyse.  Il n’est pas important pour eux de savoir ce qu’ont réellement dit les psychanalystes du film, car ce qui est important est que la société s’occupe, enfin, du problème de manque de choix pour que leur enfant autiste soit pris en charge professionnellement. Je ne remets nullement en question le fait qu’il existe un  problème réel en France concernant la prise en charge de l’autisme. Je n’ai absolument rien contre qu’un débat de société soit lancé sur le sujet. Ce que je dénonce, c’est la démarche malhonnête de la réalisatrice du film, et le manque de rigueur et de respect de plusieurs de ses souteneurs. Je dénonce la désinformation et la propagande.  Autrement dit, j’encourage les gens à choisir un chemin juste. Le chemin devrait être plus important que le but. Le public ne sera pas mieux informé si on lui présente un film mensonger. Ceux qui soutiennent la réalisatrice pour la diffusion de son film revendiquent le droit à l’information pour le public. Or, c’est pour le même droit à l’information que je dénonce ce film.

     

    Je lâche prise du côté de ce groupe de parents qui est rempli de colère, de haine et de mépris envers tous les psychanalystes du monde entier. J’ai essayé, à tout le moins, de dialoguer avec eux, mais sans succès.  Mes tentatives se sont soldées par une levée de boucliers et d’injures. On ne peut rien faire avec une personne qui est complètement fermée au dialogue. Mais combien de parents sont souffrants, après avoir vu le film Le Mur, et ne savent plus quoi en penser ?  Combien pourront retirer un bienfait à avoir une autre version des faits, et à être encouragé à ne pas se laisser emporter par une colère mal dirigée ?

     

    Ma perception est que la plupart des psychanalystes qui ont réagi au film le mur sont ouverts au  dialogue avec les parents. Ils sont capables, malgré la rude épreuve qu’ils vivent avec ce film de propagande (j’insiste pour le dire, ils sont mis à rude épreuve), de conserver de la compassion pour les parents  et les personnes qui souffrent après avoir visionné le film.  Ils ne sont pas des saints par contre, alors envers les parents qui démontrent leur souffrance qu’avec du mépris et une fermeture totales, je ne suis pas certaine qu’ils sont capables d’être compatissants envers eux.  Thây le pourrait, mais il y a des limites pour les gens ordinaires, et pour les psys.

    Tout d’abord, je parlerai d’une psychanalyste ‘en vedette’ dans le film, Jacqueline Schaeffer, avec qui j’ai eu des échanges de courrier électronique, dont je me suis abstenue jusqu’à aujourd’hui de publier, pour des raisons que vous comprendrez en lisant les emails.  Dans le premier texte que j’ai écrit au sujet de l’affaire Le Mur,  et dans un courriel personnel qui lui était adressé, je l’ai très sévèrement critiquée.  La réaction de Mme Schaeffer à ma lettre  m’a laissée profondément admirative.  J’en ai retenu une expérience d’être en contact avec une personne profondément humaine et de bonne foi, prête à se remettre en question, intègre et honnête, ouverte au dialogue, prête à prendre son temps pour expliquer à une inconnue son point de vue dans le but non seulement de se justifier, mais aussi pour diminuer ma souffrance qu’elle savait que j’éprouvais après avoir vu le film Le Mur.

    Ce dialogue a permis de faire tomber mes perceptions erronées et de m’ouvrir l’esprit.  Un tel miracle peut  survenir quand deux personnes sont ouvertes au dialogue. On pourra notamment savoir, grâce à la lecture de ma correspondance avec Jacqueline Schaeffer, et Marie-Dominique Amy le souligne d’ailleurs dans une entrevue, que Jacqueline Schaeffer n’a jamais été interrogée au sujet de  l’autisme. L’entrevue s’était déroulée sur le thème  de la sexualité.

     

    Un dialogue a eu lieu également entre Aldo Naouri, pédiatre ‘en vedette’ dans le film Le Mur,  et des mères d’enfant autiste. Ces dialogues semblent avoir débouché, du côté de ces mères, sur une meilleure compréhension, et une plus grande paix intérieure.

     

    Marie-Dominique Amy, Présidente de la Coordination CIPPA, qui répond dans une entrevue radiophonique aux accusations des associations de familles, tend la main aux parents d’enfant autiste, et je la cite : « Vous pouvez même leur donner mon mail, parce que moi j’aime dialoguer avec les parents ».

     

    Des miracles grâce au dialogue, il en survient  entre Palestiniens et juifs qui se rencontrent au village des pruniers, là où habite Thich Nhat Hanh. Le conflit qui oppose Palestiniens et juifs est bien plus profond, vous en conviendrez certainement, que celui qui existe entre les psychanalystes et un groupe de parents d’enfant autiste. Dans les deux cas, il existe beaucoup de souffrances par contre, et loin de moi l’idée de banaliser les souffrances des parents enragés  contre les psychanalystes.  Mais je me dis que, si le dialogue permet une meilleure compréhension et une meilleure relation entre les Palestiniens et juifs, il pourrait faire la même chose avec l’autisme et la psychanalyse. Mais il faut que les deux parties soient ouvertes. Je crois que la plupart des psychanalystes du film Le Mur le sont.

     

    Il ne faut jamais dire jamais, il ne faut jamais abandonner. Mais force est de constater que, en ce qui concerne un certain groupe de parents d’enfant autiste, celui qui est bruyant en intervenant publiquement pour soutenir la réalisatrice Sophie Robert, l’ouverture semble inexistante.  Mais tous les parents d’enfant autiste, même ceux qui ont été déçus, voir choqués ou perturbés après avoir vu ce film ne sont pas aussi fermés.   Et ceux-là, on ne les entend pas publiquement.  Ce texte s’adresse surtout à ces parents là.

     

    J’aimerais partager l’enseignement de Thây. Quoiqu’il est bouddhiste, son enseignement de paix est universel.  Il n’est donc pas nécessaire de devenir un bouddhiste pour intégrer l’enseignement de TNH dans sa vie. Son enseignement contient les  14 entrainements à la pleine conscience, un code éthique universel pour aider à vivre en paix et heureux.
     

    Je trouve tout particulièrement pertinent de rappeler 5 de ces 14 entrainements à la pleine conscience, dans le contexte de la polémique autour du film Le Mur.  Si toute personne qui se penche sur cette affaire pratique ces enseignements, les mauvaises perceptions et la haine qui ont été engendrées par le film pourront s’atténuer.

     

    Loin de moi l’idée de faire la morale, et désolée à l’avance si c’est comme ça que mon intervention est perçue. Loin de moi l’idée de convertir à la religion bouddhiste.  Je ne suis même pas bouddhiste.   Non, si je vous partage certains des entrainements à la pleine conscience, c’est que je crois que ces codes d’éthiques font du sens d’un point de vue humain. Ces enseignements peuvent être suivis autant par un athée que par un chrétien, un juif, un psychanalyste, un parent d’enfant autiste ou un musulman.

     

     

    Premier entraînement : Ouverture d’esprit

     

     

    Conscients de la souffrance provoquée par le fanatisme et l’intolérance, nous sommes déterminés à ne pas faire preuve d’idolâtrie ni à nous attacher à une doctrine, théorie ou idéologie, même bouddhiste.

     

     

    Deuxième entraînement : Non attachement aux opinions

     

    Conscients de la souffrance provoquée par l’attachement aux opinions et aux perceptions erronées, nous sommes déterminés à ne pas être bornés ni à nous attacher à nos idées actuelles. Nous apprendrons et pratiquerons le non attachement aux opinions afin d’avoir l’esprit ouvert aux expériences et aux visions profondes d’autrui. Nous sommes conscients du fait que notre connaissance actuelle n’est pas la vérité absolue et n’est pas immuable. La vérité est à trouver dans la vie et nous observerons la vie en nous et autour de nous à chaque instant, tout en étant prêts à apprendre tout au long de notre vie.

     

     

    Sixième entraînement : Face à la colère

     

    Conscients du fait que la colère bloque la communication et crée de la souffrance, nous sommes déterminés à prendre soin de l’énergie de colère quand elle surgit et à reconnaître et à transformer les semences de colère qui sont profondément enfouies dans notre conscience. Quand la colère survient, nous sommes déterminés à ne rien dire et à ne rien faire sur le coup de l’émotion, sinon regarder profondément notre colère. pour en découvrir ses racines, tout particulièrement dans nos perceptions erronées et dans le manque de compréhension de notre propre souffrance et de celle de la personne contre laquelle nous sommes en colère.
     

    Huitième entraînement : Communication dans la communauté

     

    Conscients du fait que le manque de communication mène toujours à la division et à la souffrance, nous nous engageons à nous entraîner à la pratique de l’écoute compatissante et de la parole aimante. Nous sommes déterminés à ne répandre aucune information dont nous ne sommes pas certains et à ne rien dire qui puisse entraîner division, discorde ou rupture au sein d’une famille ou d’une communauté. Nous ferons de notre mieux pour garder la communication ouverte, pour nous réconcilier et résoudre tous les conflits, aussi petits soient-ils.

     

    Neuvième entraînement : Parole juste et aimante

     

    Conscients du fait que les paroles peuvent créer de la souffrance comme du bonheur, nous nous engageons à dire la vérité et à n’utiliser que des mots constructifs inspirant l’espoir et la confiance. Nous sommes déterminés à ne pas dire de mensonges dans notre intérêt personnel ou pour impressionner les gens, ni à dire quelque chose susceptible de causer une division ou de la haine. Nous ne répandrons aucun bruit sans en être sûrs, et nous nous abstiendrons de critiquer ou de condamner ce dont nous ne sommes pas certains. Nous ferons tout notre possible pour parler ouvertement des situations injustes, même si cela menace notre sécurité.

     

     

    Avant d’enchaîner sur autre chose, j’aimerais profiter de ce texte pour rendre hommage aux professions de psychologue et de psychanalyste.  Le 11e entrainement à la pleine conscience de Thây  nous encourage à adopter un moyen d’existence juste (moyen pour gagner sa vie). . Thây a écrit: « Nous ferons tout notre possible pour choisir des moyens d’existence qui servent à réaliser notre idéal de compréhension et de compassion ».

     

    La compassion fait partie du travail quotidien de la plupart des psychanalystes et psychologues, selon ma conception en tout cas. Pour la plupart, ils le font de bonne foi. Ils font des erreurs, comme tout être humain, et sont prêts à le reconnaitre. Ils font preuve d’ouverture d’esprit en étant prêts à se remettre en question, jour après jour.

     

    J’aimerais également rendre hommage au ‘métier’ de parent, et un hommage tout particulier aux mamans d’enfant autiste pour leur travail et leur dévouement.  J’aimerais leur dire ce que je n’ai jamais dit dans mes écrits reliés à cette affaire : je sais qu’il est difficile d’imaginer ce que c’est que de s’occuper d’un enfant autiste, au jour le jour, et de vivre avec des sentiments de culpabilité presque inévitables, car les mères ont tendance à se sentir coupables même quand elles n’ont pas de raison de l’être. Vous n’êtes pas responsables de l’autisme de votre enfant. Vous êtes seulement responsables de faire tout en votre pouvoir pour rendre la vie de votre enfant autiste la plus douce possible. Et je crois que c’est ce que fait la grande majorité des mères d’enfant autiste.

     

    Maintenant, Je vous partage un extrait d’un texte de Thây, qui me fait songer aux perceptions erronées que j’ai pu constater sur des forums et sites internet divers en lien avec le film Le Mur.

     

    « Comment transformer les peurs

    Les perceptions erronées

    Donc si vous avez le temps de regarder… vous pouvez obtenir la compréhension : ils ont peur, ils souffrent ; ils sont victimes de leur peur, de leur colère, de leur haine, de leur violence ; et personne ne se trouve dans la situation de les aider. Pour pouvoir les aider, il faut faire en sorte que cette peur soit réduite, soit enlevée, soit transformée. Et nous savons très bien que la peur est née des perceptions erronées ; c’est le Bouddha qui a dit cela : « la peur est née des perceptions erronées ». Nous avons peur l’un de l’autre, c’est parce qu’il n’y a pas assez de communication ; il y a des perceptions erronées qui nous séparent ; alors, il faut faire en sorte de restaurer la communication. La peur, le terrorisme ne peuvent pas être déracinés par les bombes ; c’est parce que la peur et la terreur sont nés des perceptions erronées ; et on ne peut pas enlever, détruire les perceptions erronées avec les bombes, avec les fusils, mais seulement avec le dialogue, l’écoute profonde, la parole aimante qui permettent seules d’aider l’autre personne à corriger ses perceptions erronées. Quand on écoute avec compassion, quand on pratique l’écoute profonde, on commence à comprendre pourquoi l’autre personne souffre, l’autre personne a peur, a de la haine et du désespoir. Et nous pouvons réaliser que cette personne-là est vraiment victime de ses propres perceptions erronées, et on se dit : « plus tard, j’aurai du temps pour pouvoir offrir des informations qui pourront aider cette personne-là à corriger ses perceptions » ; vous êtes motivés par la compassion ; vous êtes là assis tranquillement pour écouter l’autre personne, et c’est déjà là un acte d’amour. Et quand vous réalisez que cette personne est victime de beaucoup de malentendus, beaucoup de perceptions erronées, vous vous promettez que plus tard vous ferez de votre mieux pour aider cette personne à corriger ses perceptions. Une fois les perceptions corrigées, une vue juste est obtenue et la peur sera alors diminuée en même temps que la souffrance. Cette personne a une conception d’elle-même, et elle a une conception de vous, de nous ; et ces deux sortes de perceptions peuvent être erronées ; et c’est pourquoi cette personne a agi ainsi avec de la colère et de la haine. Quand l’on écoute cette personne-là, on peut identifier ses perceptions erronées ; et puis on peut aussi en même temps réaliser que l’on est soi-même victime de ses propres perceptions erronées ; si l’autre personne est victime de ses perceptions erronées, moi aussi je peux être victime des perceptions erronées. En écoutant en profondeur comme cela, on peut réaliser qu’on a eu des perceptions erronées sur soi-même et sur l’autre personne ; et cela nous aide à corriger les perceptions en nous-même. »

     

    Après avoir lu cet écrit de la plume de Thây, on peut méditer et se demander : « Qu’y a-t-il derrière toute cette haine et cette colère de certains parents qui interviennent sur le Net  ? » Je répondrais :  beaucoup de souffrance, et beaucoup de perceptions erronées. Il y a, bien entendu, des perceptions erronées du côté des psychanalystes, de mon côté et chez tout le monde. Mais être un humain, c’est être appelé à s’affranchir de ces illusions, car les fausses perceptions sont notre prison.  Avec le dialogue, certaines perceptions erronées peuvent fondre.

     

    Les psychanalystes du film sont ouverts

    pour  un dialogue fait dans le respect et l’ouverture.
    Il ne manque plus maintenant que les parents.
    Un miracle pourrait avoir lieu,
    celui de la compréhension, de la paix,

    de la lucidité et de la pleine conscience.



    Mise au point de psychanalystes


    Je termine avec des références pour que vous puissiez prendre connaissance de mises au point faites par des psychanalystes, au sujet du film Le Mur, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme.

     

    Réaction d’Aldo Naouri. Autisme, une mise au point.

     

    Marie-Dominique Amy, Présidente de la Coordination, répond aux accusations des associations de familles dans cette entrevue radiophonique.  

     

    Jean-Daniel Matet Président ECF . Communiqué de la cause freudienne.

     

    CIPPA. Alerte aux méconnaissances concernant la psychanalyse et l’autisme. Le mur : Témoignages de Bernard Golse, Laurent Danon-Boileau et Pierre Delion

     

    Échanges de courriels entre Jacqueline Schaeffer et Nathalie Roussy

    http://www.centpapiers.com/mise-au-point-sur-le-film-le-mur-les-propos-de-jacqueline-schaeffer-ne-concernaient-pas-l%E2%80%99autisme/90079

     

    Dominique Holvoet , psychanalyste membre de L’Ecole de la Cause freudienne.
    L’audience du procès contre le film  Le Mur  

     

    Le ‘non’ de Geneviève. Haag, secrétaire générale de la Cippa. Réponse aux mises en cause répétées des abords psychanalytiques des troubles autistiques

     

    Geneviève Haag, Bernard Golse et Marie-Dominique Amy.  Autisme : trois psys répondent aux accusations du film « Le Mur »

     

    p.s.

    Suite à des menaces juridiques, Aldo Naouri a supprimé sa page de mise au point. Il est interdit par la loi de publier une correspondance privée. Or, la mise au point de M. Naouri comprenait des échanges avec Sophie Robert, et avec Béatrice Bolling du site web Autisme Infantile.  Mais pourquoi Sophie Robert et Béatrice Bolling ne pourraient-elles pas accepter que soient publiés ces échanges de courriels  entre elles et Aldo Naouri?  Pourquoi une telle censure ?

    Depuis le 21 décembre, la page de mise au point d’Aldo Naouri a été remplacée pour une nouvelle mise au point, sans publication d’échanges de courriel

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  • 22 commentaires

    • nathalieroussy

    Je viens tout juste d’apprendre que M. Aldo Naouri a supprimé la mise au point qu’il avait fait, dans laquelle on pouvait lire les échanges de courriels qu’il avait eu avec Sophie Robert et Béatrice Bolling.

    La loi interdit de publier des correspondances privées sans le consentement.

    L’invitation est lancée à Sophie Robert et Béatrice Bolling de donner leur consentement à ce que les échanges courriel qu’il y a eu entre vous et Aldo Naouri soient accessibles au public. Qu’auriez-vous à cacher dans le cas d’un refus ?

    nathalieroussy a répondu:

    Dans cette mise au point, on apprenait bien des choses. Sophie Robert n’aime pas que le public soit au courant de son attitude envers M. Naouri?

    Il était clair que le droit de réponse de M. Naouri lui avait été refusé. Il avait tenté de donner sa version des faits, et elle a été carrément refusée par Béatrice Bolling, de l’organisation Autisme Infantile.
    Et pourtant, la loi oblige les médias à donner un droit de réponse il me semble. Selon moi, il est à prévoir une action judiciaire de M. Naouri à l’encontre de Sophie Robert. Je considère cette possibilité étant donné que M. Naouri mettait en demeure SR de retirer le ou les extraits où on l’aperçoit dans le film. Après avoir été, après cette mise en demeure, empêché d’exercer son droit de réponse sur le site autisme infantile, et après la réponse consternant de SR, et après avoir été menacé par sa publication des correspondances, il est prévisible que M. Naouri se tourne vers les tribunaux.

    nathalieroussy a répondu:

    Je suis tombée par hasard sur une page web qui parlait de moi (pas en bien en tout cas si on lis les commentaires). Texte ‘Ça sent le roussy, de Nathalie Hamidi, du site Autisme Infantile.

    http://autismeinfantile.com/informations/autisme-infantile/ca-sent-le-roussy/

    Je corrige une double erreur que j’ai faite en écrivant ceci : « il était clair que le droit de réponse de M. Naouri lui avait été refusé. Il avait tenté de donner sa version des faits, et elle a été carrément refusée par Béatrice Bolling, de l’organisation Autisme Infantile ».

    Voici ce que m’a écrit Nathalie Hamidi, d’autisme infantile, qui me corrige :

    « Ensuite, ce n’est pas Béatrice Bolling qui a refusé l’article d’Aldo Naouri, c’est moi. Oui, moi, Nathalie Hamidi, qui décide de la ligne éditoriale du site Autisme Infantile. La cheffe, quoi (je vous la fais simple, vous ne pourrez pas dire que vous n’aviez pas compris).
    Pourquoi, me demanderez-vous? C’est simple: nous avions proposé à Monsieur Naouri une chance de s’exprimer pour dire s’il se désolidarisait ou pas de ses propos et de ceux de ses collègues. Monsieur Naouri n’a pas trouvé judicieux de répondre à la question que nous voulions qu’il aborde, et a préféré vomir sur Sophie Robert, la réalisatrice du documentaire (Y aurait-il une épidémie de gastro? Tout semble indiquer que oui). Pour être franche, je me contrefiche de savoir s’il a aimé le documentaire ou pas, ou s’il a apprécié sa dernière sortie au cinéma. La question posée, le point que nous voulions éclairci, n’a pas eu, encore à ce jour, de réponse. J’ai donc refusé de publier son article, qui n’avait aucun sens dans notre ligne éditoriale. Vous voyez? Ce que vous croyez savoir est en fait faux. Ça ne vous donne pas matière à réfléchir? »

    Aldo Naouri n’a donc pas eu un droit de réponse qui lui a été refusé, car Autisme infantile n’est pas une organisation.

    Aussi, ce n’est pas Béatrice Bolling qui a refusé de publier les commentaires d’Aldo Naouri, c’est Nathalie Hamidi.

    Voilà. Une autre preuve que je suis imparfaite. J’ai manqué de rigueur. Et oui, je fais des erreurs.

    • nathalieroussy

    Sophie Robert et Béatrice Bolling disent qu’elles veulent informer le public? Alors qu’elles donnent leurs autorisations pour publier leur correspondance avec Aldo Naouri et, pourquoi pas, avec Jacqueline Schaeffer.

    Elles pourraient même publier de leur plein gré ces correspondance.

    Sophie Robert veut que le film Le Mur soit diffusé afin que le public sache ce qu’est la pensée des psychanalystes interrogés? Alors, pourquoi ne pas diffuser l’intégralité des rushes? Pour de l’information, cela en serait toute une, et aucun psychanalyste ne s’y opposerait. Alors, qui est contre d’informer le public.

    Je suis en beau maudit, je crois que je vais aller faire les respirations enseignées par Thây.

    diffuser 59h de rushs….techiniquement comment ça peut se faire ?
    Je crois que Sophie serait ravie que vous l’aidiez à faire ça techniquement, et à diffuser au maximum tous les rushs. c’est ce dont elle reve elle aussi..
    le but de Sophie Robert est d’utiliser ces rushs pour ses prochains films.
    les parents sont archi pour la diffusion du maximum d’information, y compris si il n’y apas d’autre solution des 60h de rushs..mais dans tous ces interviews, il ya bcp de choses qui sont ininteressantes…vous regarderiez vous 60h de film ?

    Les plaigants du film assument pleinement leur propos et ne pousuivent pas Sophie en diffamation.

    Ce n’est pas le film « le mur » qui les inquiete, c’est la suite …c’est le fait que tout ce qu’ils ont dit à Sophie puisse etre diffusé.

    nathalieroussy a répondu:

    Magali, vous êtes en contact avec Sophie Robert, et elle ne me répond jamais personnellement. Alors je lui demande par votre intermédiaire trois choses.

    1. Si elle recevait de l’aide financière et du bénévolat pour le temps afin qu’on puisse diffuser, disons, la totalité des entrevues avec Jacqueline Schaeffer, Bernard Golse, Laurent Danon-Boileau et Pierre Delion pour commencer, serait-elle d’accord? Pour ce qui est des plaignants, il faut au moins attendre la décision de la Cour, alors c’est pour ça que je ne parle pas d’eux.

    2. Vous pouvez lui demander en même temps, tant qu’à y être, si elle veut bien répondre à la question : a-t-elle oui ou non parlé d’autisme durant l’entrevue filmée avec Mme Schaeffer? Si non, pourquoi a-t-elle choisi cet extrait dans ce premier film qui traite de l’autisme?

    3. accepterait-elle que soit accessible au public les échanges de mail qu’elle a eus avec Aldo Naouri et Mme Schaeffer? Ces derniers n’ont pas le droit de diffuser ces échanges sans son autorisation, à cause de la loi, mais le souhaiteraient. Je suis certaine que le public serait également intéressé de pouvoir prendre connaissance de ces emails, cela serait une mine d’informations, et là, les gens pourront davantage se faire une opinion sur ce qui s’est réellement passé.

    Pour répondre à votre question : oui je prendrais le temps d’écouter tous les 60 h de film, avec plaisir.

    nathalieroussy a répondu:

    Vous avez écrit ceci Magali : « Ce n’est pas le film « le mur » qui les inquiete, c’est la suite …c’est le fait que tout ce qu’ils ont dit à Sophie puisse etre diffusé. »

    Ne trouvez-vous pas que vous pensez à leur place, sans permettre le doute traverser votre esprit? êtes-vous comme le professeur dans XMEN qui est capable de lire dans les pensées des gens?
    Et si les plaignants n’avaient absolument aucun problème à ce que la totalité des rushes soit difusée? Leur avez-vous demandé? Et si, pour régler tous les différents entre eux et SR, il ne suffisait qu’à une entente : qu’elle fasse son film comme elle l’entend, avec les coupures qu’elle souhaite, mais à une condition que la totalité des entrevues soit aussi accessible pour les personnes plus « curieuses ».

    Bruno Jean PALARD a répondu:

    Nathalie et Magali,

    Je vous copie ci-après l’intégralité du message que j’ai laissé dès le 13 décembre 2011 à 2 h 24 min (heure française)
    sur le site du « Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire », dans le fil de commentaires de l’article « Autisme : trois psys répondent aux accusations du film « Le Mur » « .

    Ceci afin de vous informer que vous n’êtes pas seule à inviter les protagonistes de cette « affaire » à emprunter le chemin du dialogue constructif car bienveillant, dans l’intérêt de toutes et tous.

    Cette invitation est, à ce jour, sans réponse d’acceptation ou de refus.

    Soyez cependant assurée de tout mon soutien – soutien actif si vous l’acceptez – dans votre remarquable car courageuse et honnête démarche,

    Bonne lecture,

    Bruno Jean PALARD

    PS: Lien vers le message original: http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=2832&cpage=1#comments

    Le texte, donc:

    « Bruno Jean PALARD le 13 décembre 2011 à 2 h 24 min

    A toutes et à tous,

    Dans cet extrait de 11 secondes du docu « Le mur » mis sur Youtube, on entend Jacqueline Schaeffer dire, en substance: « les enfants ayant vécu une relation incestueuse avec leur mère s’en remettent moins bien que ceux qui ont vécu une relation incestueuse avec leur père ».

    Oui, je dis « en substance » car je suis bien conscient que pour commencer à mieux apprécier en quoi la psychanalyse contribue, elle aussi car elle n’exclut personne et n’a jamais prétendu « laver plus blanc » que les autres, en quoi la psychanalyse contribue, disais-je, à aider les personnes dites autistes à être « mieux au monde », il faudrait fidèlement retranscrire ici l’intégralité des propos tenus par toutes celles et tous ceux qui s’expriment dans ce documentaire: psys, famille de Guillaume, Guillaume et Sophie Robert.

    Encore mieux: les rencontrer et les écouter…vraiment.

    Et pour que cela ne reste pas un voeu pieu, je lance maintenant un appel au collectif des 39 pour qu’il lance officiellement cette invitation aux intéressé(e)s.

    Une rencontre amicale et fertile sur le terrain… n’est-ce pas plus agréable qu’une déambulation crispée dans la salle des pas perdus d’un palais de justice?

    Merci pour votre attention,

    BJP »

    mpignard a répondu:

    ce sont les psychanalystes qui poursuivent en justice Sophie Robert et pas l’inverse…

    Je pense sincèrement que il y a un reel malaise, de partout :
    - les parents, si il ya 10 ans, ne demandaient pas beaucoup aux pros en charge de leur enfant, en demandent aujourd’hui bien plus : ils sont maintenant informés du fonctionnement particulier de leur enfant ;ils comprennent qu’ils peuvent apprendre à leur enfant à communqiuer avec eux. qu’ils peuvent leur apprendre à lire par ex, et que ces apprentissages peuvent leur permettre de comprendre et donc d’etre moins en position de  » je fais tout pour rester loin des etres humains trop imprevisibles ». Ils comprennent que leur enfant, si il est eduqué, a une chance de rester parmi nous et non dans une institution sans modele referent ( un pair de son age qui fonctionne de manière typique )

    Les parents, qui ont suivi des formations pour apprendre à leur enfant à communiquer, pour apprendre à gerer les troubles de comportement, exigent que les pros fassent de meme.

    - les pros, à qui on a demandé pendant de longues années d’accompagenr l’enfant et pas de l’eduquer, sont pris en etau : d’abord on leur a appris qu’il faut ecouter l’enfant, que c’est lui qui decidera quand entrer en relation, qu’il faut attendre que le desir emerge. On leur a appris qu’il faut que les parents apprennent à rien attendre de l’enfant, pas d’evolution dans les relations. ( enfin je crois ). On leur a appris que le probleme de l’enfant vient des parents, et que donc le parent ne peut pas etre un bon interlocuteur, un partenaire de l’equipe qui suit l’enfant. On leur a appris que le parent ne doit pas se meler de ce qui se passe dans les instituts.
    On leur a appris à se mefier des parents….

    - conséquences : gros clash

    - la suite :
    on ne peut pas revenir en arrière, à l’epoque ou les parents ne savaient rien et ne demandaient rien. c’est impossible. Il faut faire une croix dessus. je veux dire, c’est comme si on montrait à un habitant de RDA qui n’est jamais sorti de son pays la RFA, l’occident…ouaou le choc!

    - ce n’est pas la faute des parents
    - ce n’est pas la faute des pros

    si on doit rechercher absolument un coupable alors il faut voir du coté des formations universitaires: il faut que l’etat mette l’argent dans des formations qui aident CONCRETEMENT et que les pros et les parents aillent ensemble à ces formations. Les parents et pros doivent etre partenaires. la prise en charge doit etre coherente, sinon l’enfant est perdu enfin c’est mon avis…

    Les parents doivent fixer AVEC les pros un programme educatif facile à atteindre.
    Les formations expliquent comment on peut mettre en place un programme educatif…revoir la façon dont le programme est rempli, ça ne doit pas etre une corvée et ça doit etre realisable…

    - En bref je crois que maintenant c’est à l’etat de prendre ses responsabilités : donner des objectifs faciles à atteindre, des formations permettant de les realiser. creer des ponts ente pros et parents.

    Bon voila c’etait ma pensée du soir…pour dire que je comprends les parents et les pros.

    nathalieroussy a répondu:

    Bonjour Monsieur Palard,

    Je voulais vous dire merci de me proposer votre soutien actif. Sauf que je n’ai pas besoin de soutien, dans le sens que depuis le début je n’ai moi-même pas désiré soutenir une personne ou une cause, à part celle de l’honnêteté et de la rigueur intellectuelle. Mais je comprends ce que vous voulez dire tout de même, et je vous en remercie.

    Continuez de soutenir la vérité avec la plus grande honnêteté qu’il vous soit possible, et j’en serai satisfaite. Je crois que vous faites de votre mieux en ce sens. Vous lire est agréable. Merci pour vos commentaires sur le web, ici et ailleurs.

    Bruno Jean PALARD a répondu:

    Bonjour Madame Roussy (!),

    S’il m’était apparu au travers de vos écrits que vous soutiendriez autre chose que votre « quête de vérité », jamais je ne vous aurais proposé mon soutien.
    Ni quoi que ce soit d’autre, d’ailleurs.

    BJP

    je lui transmettrai
    et vous avez raison j’aurais du ecrire  » à mon avis »
    vous pouvez m’ecrire à mpignard@yahoo.fr, je vous repondrai
    magali

    Sophie me dit de vous dire que vous aurez la réponse à vos questions dans son document de réponse au CIPPA “réponse aux psychanalystes” à venir sous peu
    cordialement
    Magali

    nathalieroussy a répondu:

    Je vous avoue Magali avoir de la difficulté à croire que SR répondra à chacune de mes 3 questions dans un document de réponse au CIPPA. Je vais attendre cette fameuse réponse de SR, mais je crois qu’en fin de compte, il n’y aura pas de réponse à toutes mes questions.

    Jacqueline Schaeffer et Aldo Naouri ne font pas partie des psychanalystes de la CIPPA qui ont écrit une mise au point. Je rappelle mes 3 questions :

    1.Si elle recevait de l’aide financière et du bénévolat pour le temps afin qu’on puisse diffuser, disons, la totalité des entrevues avec Jacqueline Schaeffer, Bernard Golse, Laurent Danon-Boileau et Pierre Delion pour commencer, serait-elle d’accord? Pour ce qui est des plaignants, il faut au moins attendre la décision de la Cour, alors c’est pour ça que je ne parle pas d’eux.

    2. Vous pouvez lui demander en même temps, tant qu’à y être, si elle veut bien répondre à la question : a-t-elle oui ou non parlé d’autisme durant l’entrevue filmée avec Mme Schaeffer? Si non, pourquoi a-t-elle choisi cet extrait dans ce premier film qui traite de l’autisme?

    3. accepterait-elle que soit accessible au public les échanges de mail qu’elle a eus avec Aldo Naouri et Mme Schaeffer? Ces derniers n’ont pas le droit de diffuser ces échanges sans son autorisation, à cause de la loi, mais le souhaiteraient. Je suis certaine que le public serait également intéressé de pouvoir prendre connaissance de ces emails, cela serait une mine d’informations, et là, les gens pourront davantage se faire une opinion sur ce qui s’est réellement passé.

    [...] de mieux que Dame Nathalie, qui n’est visiblement ni psychologue, ni psychanalyste, ni autiste, ni mère toxique, ni [...]

    ce ci est un message de Jacques Van Rillaer ( qui n’arrive pas à se connecter au site )

    Chère Nathalie,

    Vos paroles sont pleines de bonnes intentions. Elles illustrent
    parfaitement cette affirmation (tout à fait générale) de Jacques Lacan : «
    Des personnes bien intentionnées, c’est bien pire que celles qui le sont
    mal » (Séminaire XX, éd. Seuil, 1973, p. 64).

    Essayez de convertir le Dr Stevens à votre philosophie. Ensuite les mères
    « enragées », comme vous les qualifiez, pourront plus aisément dialoguer.
    Je rappelle les propos du Dr Stevens dans le film, au sujet de l’approche
    éducative des TCC :
    « Dans le monde francophone, l’envahissement par les techniques
    cognitivo-comportementales est un envahissement nouveau, récent, mais très
    présent actuellement. La psychanalyse se bat contre cet envahissement,
    n’est-ce pas. Certain nombre de collègues, spécialement Jacques-Alain
    Miller, ont pris la tête de cette lutte, de ce combat, d’autres aussi dans
    d’autres mouvements, n’est-ce pas. C’est un combat très important pour
    maintenir vivant la dimension au fond de la subjectivité par…
    c’est-à-dire des singularités de chaque sujet par rapport au fond à cette
    idée comportementale du réglage par cases »
    Mais peut-être direz-vous que Sophie Robert, magicienne malhonnête, a «
    transformé » ces propos et que le Dr Stevens a voulu dire, quelque part,
    tout autre chose que ce qu’il dit là.

    Bien cordialement.


    Jacques Van Rillaer

    Bruno Jean PALARD a répondu:

    Bonsoir Jacques Van Rillaer,

    Alexander Stevens parle de lutter contre l’envahissement des TCC, pas de lutter contre la présence des TCC respectueuses des autres démarches.

    Je tenais à rectifier ce malentendu quant aux propos d’Alexander Stevens.

    A vous lire, respectueusement donc,

    BJP

    nathalieroussy a répondu:

    Je ne connais pas encore la pensée d’Alexandre Stevens. Mais il est fort possible que vous ayiez raison M. Palard. M. Stevens est peut-être tout simplement contre un envahissement des TCC dans le sens buldozer qui tasse tout ce qui n’est pas TCC. Mais il faudrait l’écouter vraiment pour le savoir. Ce serait bien d’écouter toute l’entrevue qu’il a accordé à SR. Ce serait bien, également, de lui poser la question.

    Michel Lemay, spécialiste mondial de l’autisme, est aussi contre cet envahissement des TCC qui exclue toute autre approche. Je l’ai cité plusieurs fois, et au risque d’être redondante, je vais le citer à nouveau :

    « Deux directions me paraissent discutables parce qu’elles s’emparent de la vie de l’enfant au nom d’une théorie univoque :
    -La première consiste à vouloir repérer les prémices de la pensée et de l’action pour les faire répéter inlassablement et les fixer par le jeu de renforçateurs. C’est le piège de l’ABA (Lovaas) par exemple, s’il se prolonge au-delà du démarrage des premiers indices de communication. On fabrique ainsi de pseudo-identités dont les capacités créatrices sont stérilisées au nom d’une modélisation du sujet.
    -L’autre impose ses conceptions de la vie archaïque présumée d’un tout-petit et propose des interprétations dont les preuves sont doublement minces : partir d’une vision non démontrée des premiers processus psychiques inconscients ; s’appuyer sur des comportements dont le sens est inintelligible. Je crains qu’on bâtisse de cette façon des identités d’emprunt dont les véritables émergences seraient déviées puis structurées sur la foi d’un modèle tout aussi étranger à ce que l’être pourrait devenir que la précédente approche.

    Entre ces extrêmes, il est une troisième voie empruntée avec prudence par certains praticiens qui intègrent leur expérience psychodynamique aux courants cognitifs et interactionnels. Je me sens alors à l’aise dans cette position. Que signifie-t-elle?
    Tout enfant sain vient au monde ave un bagage de comportements innés qui le rend assoiffé d’informations. Il est prédestiné à établir un contact étroit avec un environnement maternel afin de se construire avec lui et par rapport à lui. Tout un univers de sensations cherche à trouver un étayage pour articuler les impressions émanant de soi et de l’entourage. Il y a donc d’emblée quelque chose de l’ordre des désirs. Ces derniers ne pourront se structurer que dans la rencontre avec un personnage « maternant » qui apporte des satisfactions. Un écart inévitable existe entre la mise en tension des désirs et leurs gratifications, écart à la fois douloureux et porteur d’un dynamisme puisqu’il va forcer le petit être humain à trouver des modes d’ajustement perpétuels. De l’autoérotisme qui permet l’édification d’une aura de tranquillité à la prise de conscience progressive d’un contenant psychique élaborant des pensées, l’enfant s’appuyant sur des personnes significatives de son entourage devient apte à bâtir un espace pour créer. Le petit autiste ne possède pas par lui-même de telles aptitudes. Il lui faut donc rencontrer un professionnel dont la formation personnelle, théorique et clinique facilite l’émergence d’un certain niveau de langage (gestuel, émotif préverbal et verbal) qui le rend apte à pouvoir utiliser la rencontre avec son environnement familial. Une psychothérapie au sens d’un éveil de la vie psychique est donc nécessaire en inscrivant le sujet dans une relation individualisée, tant les mouvements répétitifs ne peuvent se modifier sans un accompagnement empathique, continu, porteur des mêmes attentes et soutenu par un savoir qui suppose de se connaître dans ses variations émotives. Les forces thérapeutiques reposent sur plusieurs variables :
    ….
    -Une bonne connaissance des mécanismes psychiques mis en jeu par l’enfant dans les domaines cognitifs, affectifs, neurosensoriels et moteurs en se méfiant de toute imprégnation idéologique trop exclusive.
    ….
    -L’acceptation d’être un professionnel parmi bien d’autres, éducateurs de groupes, pédagogues, orthophonistes, ergothérapeutes, travailleurs sociaux dont les fonctions réciproques doivent être connues et respectées »

    référence : L’autisme aujourd’hui de Michel Lemay

    Bruno Jean PALARD a répondu:

    Merci pour votre réaction et pour ce propos de Michel Lemay, Nathalie.

    Mais sachez que je me fiche bien d’avoir raison ou pas quant au sens des propos tenus par Alexander Stevens.
    Car à l’inverse de ce qui est fait dans cette affaire, je ne joue pas, moi, comme vous avez pu le remarquer au travers de mes différentes interventions ici et ailleurs, ce jeu hélas si destructeur qui consiste à laisser mon point de vue ou ma pratique ou ma « chapelle » apparaître en seule vérité, en jetant systématiquement le discrédit sur le point de vue ou la pratique ou… la chapelle de l’autre.
    Voire en appelant le plus grand nombre à le faire à ma place en attisant leurs plus bas instincts, ce qui est encore plus lâche.

    Nathalie, avez-vous les moyens de contacter Alexander Stevens, comme vous l’avez fait pour Jacqueline Schaeffer quand il s’est agi de lui demander d’expliquer ceux qu’elle tient dans ce film?
    Et pourquoi pas demander à Jacqueline Schaeffer de contacter Alexander Stevens pour qu’elle lui demande qu’il précise le sens de ses propos?
    Cette démarche me semble tout-à-fait opportune, vu la gravité de l’accusation portée à son encontre, accusation qui manifestement trouble gravement l’esprit d’un public déjà suffisamment inquiet quant à la qualité des services pouvant bénéficier aux personnes dites « autistes » dont ce public a la difficile charge au quotidien.

    Bien à vous et avec vous, Nathalie,

    BJP

    nathalieroussy a répondu:

    Bonjour Bruno Jean,

    Votre idée était bonne, alors j’ai réussi à contacter Alexandre Stevens, par l’entremise d’une autre personne.

    Il me donne la permission de poster ses commentaires. Alors les voici :

    « Chère Nathalie Roussy,
    J’apprécie beaucoup votre mode de pensée. Enfin, je dis « pensée » pour faire simple, je pourrais dire votre dialectique, ou encore votre sagesse. Toujours est-il que c’est une pensée en mouvement qui cherche à saisir et à tracer un chemin. C’est par respect pour ce mode d’action par la parole que je réponds avec plaisir.

    Vous me demandez de préciser ce que je dis à propos des TCC dans le film. Pour rappel en voici le texte : « Dans le monde francophone, l’envahissement par les techniques cognitivo-comportementales est un envahissement nouveau, récent, mais très présent actuellement. La psychanalyse se bat contre cet envahissement. Un certain nombre de collègues, spécialement Jacques-Alain Miller, ont pris la tête de cette lutte, de ce combat, d’autres aussi dans d’autres mouvements. C’est un combat très important pour maintenir vivante la dimension de la subjectivité, c’est-à-dire des singularités de chaque sujet par rapport à cette idée comportementale du réglage par case. »
    Disons d’abord qu’ici mes paroles et ma ‘pensée’ ne sont nullement transformées. J’assume pleinement. Mais par contre SR fait précéder ma réponse d’un « Et pourtant des solutions existent, elles s’appellent PECS, TEACCH et ABA. » qui avoue en fait que son film n’est en rien un documentaire qui se pencherait avec objectivité sur deux modes de traitements possibles mais qu’il est un film promotionnel pour des méthodes (PECS, TEACCH, ABA) qu’elle cherche délibérément à promouvoir en tentant de caricaturer la position des analystes.
    Je suis en désaccord avec les TCC. C’est sûr. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit globalement de méthodes qui promeuvent une éducation dont les principes sont la répétition du même. Ensuite il y a les variantes : plus cognitivo ou plus comportementales. Et puis cela va du plus soft au plus hard, des techniques avec récompenses à celles avec punitions. L’origine de ces techniques est à chercher chez Pavlov. Mais elles n’aiment pas souvent parler de leurs origines, contrairement aux psychanalystes qui se réfèrent tous à Freud. Ensuite elles ont évolué dans des registres plus variés. Certaines ont été inventées par des psychanalystes mais déçus de la psychanalyse, c’est le cas de la méthode TEACCH. D’autres viennent plutôt de techniques de l’armée américaine, c’est le cas d’ABA. Dans les cas les plus extrêmes on n’est pas loin de Guantanamo. Bref je n’aime pas. Mais devrait-on tout aimer ? Je ne pense pas. Ma pente à moi va vers le respect de la singularité de chacun, vers le développement de ce que tout humain peut faire de productif. Je me réjouis donc lorsqu’un autiste invente une manière à lui de dire quelque chose de son malaise et de son rapport aux autres. Par contre je n’aime pas les discours appris, conformes, style ‘en perroquet’.
    Mais après tout la question est d’abord pragmatique. Je me souviens d’une maman d’une enfant autiste devenue adulte me reprochant de n’avoir point trouvé de centre d’accueil pour sa fille dans une institution orientée par la psychanalyse et m’expliquant qu’après tout c’est un lieu orienté par les TCC qui l’a accueillie et que cela s’y passe plutôt bien. Pourquoi pas en effet. Disons même que je n’en doute pas. Il est essentiel qu’un tel jeune puisse trouver un lieu où l’attention soit centrée sur lui et où il soit stimulé à avancer. Après cela je pense mieux qu’il soit orienté vers ce qu’il peut découvrir lui-même plutôt que vers un impératif pédagogique.

    Autre chose est l’invasion par les TCC. Aujourd’hui en France et en Belgique certains voudraient faire reconnaitre comme seule solution à l’autisme la méthode ABA. Cela me semble dangereux. J’ai trop de respect pour les patients et leurs parents pour ne pas vouloir qu’ils aient de vrais choix à faire. Et donc ces positions extrêmes me scandalisent. J’ai eu l’occasion de superviser une réunion de cas dans un hôpital américain dont presque tous les praticiens étaient formés aux TCC. C’était très intéressant, pour moi, et aussi pour eux. Nous avons pu parler des difficultés de la pratique, de façon très ouverte. En Europe, chère Nathalie, les choses ne sont pas les mêmes qu’en Amérique. De ce côté-ci de l’Atlantique la fonction publique a un poids beaucoup plus important. Et il s’agit donc de savoir où vont aller les décisions – bonnes pratiques et subsides – de la part du politique (en fait surtout des administrations). Un film peut servir à ça. A chercher à imposer un mode de traitement unique et à limiter ainsi le droit des parents au choix. Le plus curieux pour moi est que personne du côté du film ne se pose la question de l’usage des traitements pharmaceutiques, alors même que certaines associations sont subsidiées par les firmes qui produisent des médicaments.
    Je suis délibérément pour la liberté d’expression. De tout le monde. La mienne aussi. Le problème de ce film est qu’il tord l’expression. C’est de l’escroquerie intellectuelle. Je n’ai pas les 60h de rushes, mais j’ai les miens. Après tout, pourrais-je les laisser voir ? Ce serait assez amusant. Je peux vous dire à vous, Nathalie, que je suis d’accord avec tout ce que j’y dis, hors les fautes de grammaires liées à l’improvisation orale. Le film produit par SR est un modèle de scandale anti-démocratique dès lors qu’il vise à présenter la pensée de quelqu’un en la trafiquant. Je vous en donnerai volontiers des exemples – ils sont nombreux, mais je vous ménagerai et me limiterai à l’un où l’autre. Une autre fois.
    La haine est une passion, et à ce titre elle mérite autant d’intérêt que l’amour. Il y a aussi l’ignorance, qui est sans doute la passion la plus répandue : vouloir ne pas savoir. Je ne compte pas entrer en débat de ces côtés-là. Seuls le débat scientifique – notez que sur ce point ABA n’est toujours pas validé – et la conversation dialectique m’intéressent.
    Très cordialement à vous,
    Alexandre Stevens

    • nathalieroussy

    Film polémique Le Mur :
    Comment ne pas prendre une corde pour un serpent

    http://www.centpapiers.com/film-polemique-le-mur-comment-ne-pas-prendre-une-corde-pour-un-serpent/91258

    [...] lettre est restée sans réponse. Mais on m’a fait poiroter durant plusieurs semaines, avec une promesse de réponse sur le blogue des cent papier. Il faut voir les commentaires de Magali Pignard, m’informant que Sophie Robert me fait dire [...]

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