Accueil / T Y P E S / Chroniques / Faire sauter la banque
La crise actuelle qui touchera la production et la gouvernance a ?t? mise en branle par une attaque sur le front financier. ?Le pouvoir, dans le style Monte Carlo, va “faire sauter la banque” . Pour ceux qui veulent en savoir plus, j’en parle beaucoup, surtout dans cette s?rie d’articles. ?Tout le monde, cependant, ne [...]

Faire sauter la banque

La crise actuelle qui touchera la production et la gouvernance a ?t? mise en branle par une attaque sur le front financier. ?Le pouvoir, dans le style Monte Carlo, va ?faire sauter la banque? . Pour ceux qui veulent en savoir plus, j?en parle beaucoup, surtout dans cette s?rie d?articles. ?Tout le monde, cependant, ne tient pas ? mettre des heures pour aller au fond des choses. ?Je pense qu?il est utile de voir ici en quelques paragraphes le b-a ba de la Grande Arnaque capitaliste. ?

Comprendre, d?abord, que valeur de la monnaie tient au fil du pouvoir et donc de la force de l?Autorit? qui s?exerce. Quand un ?tat s?impose, il b?t monnaie, garantissant le poids en or ou en argent d?une pi?ce en y posant son sceau. Quand son pouvoir s?affirme, sa seule signature suffit et le papier peut devenir monnaie. Mais, derri?re celui qui tend un assignat et exige du bl?, il y a toujours la silhouette d?homme qui porte une ?p?e ou un mousquet.

Quand on peut avoir le bl? pour le papier, le pouvoir tend ? se confondre avec la richesse, puisque la richesse apporte le pouvoir, mais que c?est le Pouvoir qui imprime la richesse. Il suffit qu?on y croit. Or celui qui est fort est cru. La richesse se confond pratiquement avec le pouvoir, la promesse devient plus efficace que la menace, la r?compense plus que le ch?timent? et la corruption, comme outil de gouvernance, beaucoup plus efficace que la violence.? Il ne faut simplement pas laisser oublier que le mousquet qu?on ne montre plus est toujours l? quelque part

Le Pouvoir qui est cru? pet cr?er l?argent qu?il veut et le donner ? qui il veut; c?est une cr?ation totale, discr?tionnaire. L?argent, devenu le symbole ultime du pouvoir, passe sous le contr?le absolu du Pouvoir lui-m?me. On est riche ou pauvre, d?sormais, par simple d?cision du Pouvoir, d?cision prise et ex?cut?e selon des r?gles que le Pouvoir d?termine. On laisse alors les balbutiements et l?on peut cr?er un v?ritable capitalisme.

La r?gle premi?re et suffisante, celle qui cr?e le capitalisme et assure au Pouvoir le contr?le imparable des conditions d??change, c?est que l?argent peut ?tre cr?? ? volont? et que quiconque a de l?argent en re?evra plus. C?est ce qu?on appelle toucher un int?r?t. Le montant de cette prime ? la richesse est fix? de fa?on ? maintenir la stabilit? du pouvoir en enrichissant les plus riches, en pr?servant l?aisance de ceux qui ont quelques biens et donc quelque pouvoir ? au moins de nuire ? et en exploitant les autres.

On appelle ??Banque?? l?entit? qui g?re cette op?ration r?currente de cr?er de la monnaie, puis de donner de l?argent ? chacun au prorata de celui qu?il a et ce qu?il est, ce qui vaut lconfirmation efficace de sa place dans la hi?rarchie du pouvoir. Il n?y a aucune logique au paiement d?un int?r?t par l??tat, puisque c?est lui qui cr?e ou fait cr?er l?argent, si ce n?est le maintien du pouvoir en place. Les rationalisations qu?on en donne s?appuient sur des p?titions de principe et des sophismes.

Seul un lavage de cerveau incessant emp?che la population de se rendre compte que l? est la source de toute iniquit?. Seule une population totalement endoctrin?e peut croire aux balivernes qu?on lui raconte pour justifier ce transfert ?hont? de richesse des pauvres vers les riches. Mais? acquiescer ? cette r?partition est la condition essentielle pour en toucher sa part sans discussion. Ce chantage et cette corruption syst?mique sont les bases des r?gimes qu?on dit d?mocratiques, et qui le sont vraiment dans la mesure o? une soci?t? complexe ne peut fonctionner sans le consensus d?une majorit? effective. Si le syst?me fonctionne, c?est qu? une majorit? effective est corrompue? et qu?elle chante.

La Banque est toujours un rouage essentiel de la gouvernance. Son importance, toutefois, est telle qu?elle est soustraite aux al?as de la d?mocratie, soit en rendant inamovibles ceux qui en ont charge, soit en d?l?guant toute l?op?ration ? des entreprises dont les dirigeants sont coopt?s par ceux qui d?tiennent le pouvoir. Le m?canisme pr?cis de cr?ation d?argent passe par le privil?ge accord? ? la Banque de pr?ter ce qu?elle n?a pas; ce privil?ge lui est garanti par l??tat, lequel ??met des obligations?, qui sont autant de promesses de donner plus ? ceux qui ont d?j? beaucoup, tout en contr?lant l?inflation qui devrait en r?sulter en r?duisant la consommation de ceux qui manquent parfois du n?cessaire.

Le paiement gracieux d?un int?r?t par l??tat ? la Banque d?termine le taux d?int?r?t ? tous les paliers de la structure et ?quivaut au d?tournement continuel, au rythme souhait?, de la plus-value du travail de la soci?t? vers les membres de l?alliance dominante.? L?exploitation des faibles par les forts? existe depuis toujours, mais le proc?d? du ??tout-a la-banque?? ne fonctionne vraiment que depuis que l?industrialisation a permis de d?gager des surplus significatifs au-del? du niveau de subsistance.

On pouvait auparavant engranger les r?coltes et th?sauriser l?or, mais la mon?tarisation et le tout-?-la banque permettent le vrai capitalisme. Aussi longtemps que la richesse a un support mat?riel, pourtant, la richesse est en p?ril.? On peut cacher des billets de banques et autres symloles, mais ces biens demeurent appropriables par la violence, vuln?rables ? des ?accidents?, guerres, catastrophes, etc.?? La solution finale, pour le capitalisme, a ?t? l?identification r?cente de la richesse ? un symbole totalement intangible et donc PARFAITEMENT contr?lable: l?argent ?lectronique. L?argent ?lectronique est invuln?rable.

Il est invuln?rable, parce qu?il ne repose sur rien d?autre qu?un consensus. Une note ?lectronique ? cot? de votre nom, sur un ordinateur, peut faire de vous le ma?tre du monde. C?est une d?cision libre, r?versible, sans contrainte et arbitraire du Pouvoir, le ??Pouvoir??, dans cette acception, ?tant l??quipe qui assure le fonctionnement et la permanence du syst?me : l??l?ment d?cisionnel de l?alliance dominante.

Le Pouvoir peut effacer cette note ?lectronique ? cot? de votre nom sur un ordinateur et rien de tangible ne se passe; il peut la r?-?crire, l?effacer ? nouveau? la magie n?est pas l?. Mais que le Pouvoir fasse conna?tre OFFICIELLEMENT que la note est l? et vous ?tes riche.? Il dit qu?elle n?est plus l? et vous n??tes plus rien.? La Banque est souveraine. C?est la situation de C?sar qui ferait appara?tre des l?gions arm?es en nombre infini, d?un simple effort de volont?. Aucune gouvernance n?a jamais ?t? aussi proche d?un pouvoir divin. Tout se passe ? la Banque.

Mais plus pour bien longtemp? Si la crise actuelle ?- l?argent ne vaut plus rien ? ne conduit pas rapidement ? l??mission d?une autre monnaie cr?dible, c?est la force brute qui reprendra le gouvernail des mains de la richesse. Et on pourrait ?bien le regretter?

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Demain, on ferme… Three Mile Island !

Le nom ne dira rien aux plus jeunes, hélas.  Mais pour les gens de mon ...