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F-35 japonais disparu : il y a de quoi s’inquiéter…

Au moment où je rédige ce texte, les efforts conjoints des deux Marines, japonaise et américaine, n’ont toujours rien donné. Du moins officiellement ! L’appareil, je le rappelle s’est écrasé le 8 avril et, vingt jours plus tard, on n’a pas eu la moindre annonce de la découverte de son épave (seuls des morceaux de dérive auraient été collectés, le jour même du crash).  Un engin crucial pour l’avenir de l’aviation US, qui ne peut plus s’en passer, malgré ses failles à répétions et ses erreurs manifestes de conception, multipliées par les trois modèles différents de l’engin.  Il est vital en effet d’en ramasser les morceaux, si on veut rassurer les acheteurs et les futurs clients (1).  Dans un premier temps, des efforts marins et aériens militaires ont été envoyés, mais un gros navire civil a été affrété par les USA, ce que l’on a découvert récemment. Etat des lieux des recherches au peu des renseignements que l’on possède, les Etats-Unis en particulier exerçant une emprise énorme sur la communication à propos de cet accident, en ne livrant rien et en surveillant de très près les sites affichant les déplacements de navires (2).

Le crash d’un appareil contesté jusqu’en plus haut lieu (même par Trump, en son temps de candidat à la Maison Blanche, depuis ils s’est ravisé) n’a toujours pas d’explication. Un avion décrié, comme on a pu s’en apercevoir avec l’impair récent commis par le secrétaire adjoint de la Défense des États-Unis, un chaud partisan de Boeing, (il en a été longtemps l’administrateur, le remplaçant de James Mathis, choisi par Trump), le rival de la compétition qui a précédé le choix en faveur du F-35 de Lockheed, comme on le sait. Un crash qui aujourd’hui continue à intriguer. Etat des lieux de ce que l’on sait à ce jour, en attendant de plus amples informations ou l’annonce de sa découverte, voire de sa remontée à la surface. A droite c’est la caméra de surveillance de la base de Misawa d’où était partie le F-35 en pleine nuit, qui a filmé son décollage, visiblement sans encombre pour lui, ainsi que pour ses trois autres collègues, ce jour là…

Cherché par un avion (un Boeing) qui ne sait pas chercher

A peine l’avion annoncé comme disparu, les tous premiers arrivés sur la zone présumée de la disparition, à une centaine de km à l’est de là d’où il était parti, sont des avions spécialisés américains, des Poseidon de chez Boeing, des 737 largement modifiés pour devenir des chasseurs de sous-marins, sur le modèle du 737 NG, celui aquatique qui a précédé le célèbre «  Max » devenu furtif chez les compagnies aériennes, qui ne le voient effectivement plus voler. L’exemplaire ayant décollé ce jour-là est le LC-005 169005, un 737-8FV venu d’Okinawa, détecté par le Twitter Menu Gomez (ici à gauche), remontant vers le nord. Un avion décrié lui-aussi, remplaçant du vénérable Orion P-3 qui continue à assurer un service efficace, notamment aujourd’hui comme détecteur de fast boats des trafiquants de cocaïne pourchassés dans le Golfe vu Mexique. Un avion construit à l’économie (comme beaucoup de Boeing !), à partir d’un fuselage de 737-800 doté des ailes d’un 737-900, un appareil dont visiblement Boeing avait forcé la main du Pentagone pour le faire adopter, alors qu’il était globalement moins efficient que son prédécesseur. J’avais décrit les premiers pas maladroits du Poseidon en 2014 au moment où il avait été envoyé… à Okinawa: « déployé au Japon en janvier de cette année, il révèle ses insuffisances criantes, décrites sans fard par Michael Gilmore, responsable des essais du Pentagone et cité par Bloomberg  : « beaucoup de ces déficiences ont conduit Gilmore à déterminer que le P-8A » n’est pas efficace pour la mission de renseignement, surveillance et reconnaissance et n’est pas efficace pour la recherche anti-sous-marine étendue « , a-t-il dit dans une section du rapport obtenu par Bloomberg News. La Marine prévoit de mener des tests supplémentaires « pour vérifier la correction de certaines lacunes » écrit-il. En cause… son radar, ce autour de quoi il a été construit : « le rapport de Gilmore a déclaré que le test récent de combat réaliste confirme les résultats antérieurs sur des failles dans le radar du P-8, et a révélé les implications opérationnelles des limites du radar pour certaines cibles.  » Il a dit que ces détails sont classés par Raytheon Co. qui a fabriqué le radar de surveillance. Des carences de l’électronique embarquée pour détecter l’ennemi sur le radar anti-avions « de détection de menace limitée », ont été aussi constatées, ce qui « dégrade sérieusement les capacités de survie dans toutes les grandes missions, » selon le rapport. C’est Northrop Grumman Corp (CNP) qui a fourni l’équipement d‘ »Electronic Support Measures ». Pour le site Defense Tech, c’est plus tranché encore : pour lui, tout simplement, le Poséidon ne fonctionne pas  ! » Bref, c’est avec cet avion déficient que l’on a tenté de retrouver le F-35 disparu. On a cité 287 heures de vol avant de cesser les recherches à vue. Et rien trouvé encore…. A noter que les première images des recherches menées, montrant un Poseidon au dessus du Pacifique, n’étaient pas celles du tout du moment, mais celles de la recherche de pilotes US disparus après une collision au dessus de l’océan (cf ici à droite). Une collision entre un F-18 et un C-130, de qui il tentait alors de se nourrir en kérosène, en décembre 2018. L’image du Poseidon semblant vouloir en ce cas rassurer sur l’efficacité des moyens mis en œuvre, rien d’autre, donc. Même après une catastrophe, on en profite pour vanter ostensiblement l’usage d’un avion qui est loin lui aussi d’avoir fait l’unanimité. Et ceci alors que le Japon possède aussi le sien, un petit quadriréacteur tout récent, le P1, visible ici à gauche… Un appareil qui connait bien la Mer du Japon : en mars dernier encore, le Poseidon P-8A des “War Eagles” du Patrol Squadron (VP) 16, la frégate de la Royal Navy Type 23  HMS Montrose, le destroyer japonais JMSDF M Murasame , et un P-1, justement, de la JMDPF, ainsi qu’un sous-marin de la JMSDF avaient effectué des exercices conjoints au Japon. A noter que la NHK World affiche à l’écran, dans un de ses reportages, un drôle d’appareil de surveillance des mers, aux traits fort reconnaissables car le plus employé en ce moment par les trafiquants de drogue en Amérique du Sud  :  un bon vieux Hawker 125A (BAe-125-800SM) surnommé parfois « Peace Krypton » (en Corée du Sud) le modèle 82-3009 ici, comme exemple, à gauche, basé à Misawa !  Le Japon en avait reçu 27 exemplaires !  En 1996, un U-125 japonais avait eu son heure de gloire en détectant avec son radar ventral un bateau de pêche russe qui s’était retourné, sauvant la vie de ses 22 marins.

Boeing, roi du kitsch ?

A l’époque du 737 devenu Poseidon, c’était déjà Shanahan qui siégeait au fauteuil de l’administration de l’entreprise. Avec Phil Condit, dont on avait fini par découvrir ce qu’il avait fait avec l’argent des contrats gagnés sur le dos du Pentagone et qu’il avait été obligé de reconnaître : « mais même s’il y avait un sentiment persistant de honte, cela n’a pas empêché Condit de son goût pour la vie somptueuse. Au début des années 90, il a construit un manoir de style médiéval massif à l’extérieur de Seattle, muni d’un train miniature personnalisé qui soufflait de pièce en pièce, offrant des boissons aux clients. Condit a accueilli de drôles de soirées qui souvent incluaient des lectures et des soirées de poésie sur le thèmes de Camelot, avec des personnages de King Arthur »... Les dirigeants de Boeing semblent plus s’être intéressés à leur propre avenir qu’à celui de l’aviation, ce que l’on a bien compris récemment en découvrant la fausse modernité d’un 737 Max fonctionnant toujours sans commandes de vol électriques… comme le Poseidon, d’ailleurs !!!  On en avait pourtant eu un aperçu, de cette absence d’intérêt, en découvrant avec stupeur le mode de vie d’un de ceux resté de 1996 à 2003 à la tête de l’entreprise, il y a deux ans lors de la vente d’une villa monumentale lui appartenant.  Un dirigeant « classique », ancien  ingénieur en 1976, ayant participé à la constriction des modèles 707, 727 et 737.  En 2017, ce même Condit, en effet, avait mis en vente sa deuxième et immense villa, construite en 2002 : un manoir « de style méditerranéen » cette fois, de « 13 415 pieds carrés (1246 m2) proposée à 9,8 millions de dollars« . Un manoir d’un style intérieur plus que douteux, bâti dans un endroit fort prisé : le golf privé d’Indian Wells dans la vallée de Coachella près de Palm Springs avec en fond de décor les montagnes de San Jacinto en Californie (cf ci-dessus à gauche et à droite). Une bâtisse kitschissime, dont « le sol en calcaire est importé de la mer Morte » car la femme de Condit est originaire de là-bas » nous avait révélé l’acte de vente : «La plupart des pierres de la maison provenaient de Jordanie», dit Condit. « Geda est originaire de Jordanie et nous voulions apporter une partie de son héritage à la maison. » Les mosaïques dans toute la maison, dit-il, sont réalisées par un maître jordanien, notamment une scène du vignoble italien de Castello Banfi dans la cuisine et une de Venus sous la fontaine principale. La villa possédant aussi un spa et une fontaine équipée de « jets d’eau cachés sous la pierre et programmés » pour « projeter l’eau de différentes manières » ainsi qu’une salle de cinéma de 26 places qui dispose de véritables fauteuils de théâtre et d’une scène.  « C’est un charmant petit endroit (???) que nous avons également beaucoup utilisé pour nos soirées événementielles », déclare Phil Condit (ici à gauche). La maison dispose d’une cave à vin de 1 à 500 bouteilles (ici à gauche) et d’une immense salle de jeux aménagée comme une petite salle avec un plafond en cuivre estampé » (…) Un lampadaire dans cette pièce appartenait à la maison de la star de cinéma Ginger Rogers dans les années 1940. «On l’avait jeté et on l’a sauvé», dit Phil. » Le couple possède aussi un appartement dans un condominium situé au 26th eme étage de la  tour de Streeterville, dans le Near North Side de Chicago, valant 2,995 millions de dollars…  Le mauvais goût du dirigeant (ici à gauche) étant connu depuis longtemps : le voici à droite dans un des exemplaires de 747 VIP de Boeing Business Jet.  Difficile de faire pire en effet… le premier « manoir de 5,680 pieds carrés du couple,  bâti sur 68 acres, avait été la « Story Book Farm »… présentée par Condit comme «piège à petits-enfants» avec son  train grandeur nature  (et non une miniature !) , un village « occidental », « un étang à truites, des cascades, une immense salle de jeux et un théâtre »  mais aussi « un vignoble, un jardin de fruits et légumes parfaitement aménagé (myrtilles, pêches, fraises le long d’un sentier sinueux mènent au théâtre), des kilomètres de sentiers de randonnée et probablement le plus beau poulailler au monde en font un endroit idéal pour un enfant ».  Un grand-père gâteau, qui avait dû abandonner son poste sous la pression, après l’échec du contrat de tanker KC-767 de l’US Air Force, gagné par Airbus et son A330 MRT … et regagné après par Boeing, après avoir pipé largement le contrat !!! C’est lui en effet qui avait protégé la célèbre Darleen A. Druyun, (ici à droite dans son rôle d’acheteuse pour le Pentagone) à l’origine d’un scandale retentissant, alors qu’elle était employée d’Etat, comme  « Principal Deputy Undersecretary of the Air Force for Acquisition » .  Une dame qui avait été mêlée à un double scandale de corruption.  Ancienne de chez McDonnell, elle avait d’abord réussi en 2000, à faire embaucher sa fille et le fiancé de celle-ci, ingénieur en aéronautique, chez Boeing, qui venait de fusionner avec McDonnell Douglas en 1997 !!!  En novembre 2003, après avoir décidé de louer 20 tankers KC-767 à Boeing et promis d’acheter 80 avions-citernes de plus, étrangement, celle qui était responsable des achats du Pentagone avait été embauchée juste après, revenue dans le civil, chez Boeing, quel hasard, avec un salaire annuel de 250 000 dollars à la clé !!! Heureuse coïncidence, pour elle !!! Mais fâcheuse pour sa fin de carrière : condamnée à une peine de prison fédérale pour fait flagrant de corruption, en octobre 2004, elle y est entrée le le 5 janvier 2005 et en été ressortie dès le 30 septembre après avoir réglé une amende symbolique de 5 000 dollars. Boeing ne vend pas les meilleurs avions, on l’a constaté, en revanche il sait y faire pour fourguer les moins bons (à gauche c’est le X-32, en version  VTOL ici, sa proposition plutôt pataude pour le projet qui a vu le F-35 gagner : celui-là, aujourd’hui parti au musée, (cf à droite) aurait du mal à gagner bien que ses qualités de vol ont été saluées.  Son corps plus volumineux lui aurait évité la surchauffe dramatique actuelle du gagnant du concours en tout cas) ! Dans les choix  du Pentagone, on le sait, ce’n’est pas toujours le meilleur qui gagne : le Northrop YF-23 était supérieur de loin au YF-22, et pourtant…  c’est le lobbying de Lockheed qui l’a emporté !

Les moyens de recherche déployés

Dès l’annonce de ce qui est bien une catastrophe pour le programme (car aujourd’hui on ignore toujours tout de sa chute brutale et on peut craindre qu’elle soit la résultante de faiblesses structurales patentes inhérentes à l’appareil, déjà aperçues et depuis redoutées), une énorme chape de plomb est tombée sur l’accident. Tous les communiqués relevés dans les 15 jours qui ont suivi sont les mêmes à quelques mots près.  Preuve d’un prise de contrôle évidente sur les détails embarrassants qui pourraient émerger.  On en a successivement placés sur plusieurs sites, disant la même chose, pendant que les efforts avaient été déployés pour retrouver, avant que d’autres ne s’en emparent, la merveille volante, tombée comme une enclume à 1500 mètres de profondeur (la confusion a régné un temps avec une profondeur 450 mètres déclarée, alors que jusqu’ici on avait évoqué 1500 mètres : un erreur de précipitation en traduction, il semble).  Des navires de l’armée japonaise, tout d’abord, la première concernée par le crash. Le JS Chiyoda (ASR-404) de 6 000 tonnes, tout d’abord, bâtiment spécialisé au design surprenant hérité de son prédécesseur de 4 450 tonnes, le N°405 portant le même nom, avec leur centre occupé par des renvois de cabestans pouvant amener à l’eau un petit submersible, comme on l’aperçoit très bien ici sur l’image à gauche (le nouveau Chyoda commissionné il y a un an à peine étant à droite).  Ici on peut lire un PDF présentant en détail sa fonction fondamentale de sauvetage de submersible grâce à son petit Deep Submergence Rescue Vehicle, appelé « Chihaya ».  Les japonais envoyant aussi d’autres navires militaires pour sécuriser en surface la zone, les américains envoyant le destroyer USS Stethem et le sous-marin l’USS Annapolis (SS- 760), un vieil habitué des lieux (il date de 1992 !) mais aussi un spécialiste des communications, un pionnier de la cybernétique sous l’eau.  Puis également le Seishu Maru et le Hahuko Maru, deux navires de recherche océanographique réquisitionnés et accompagnés de trois destroyers le Hatakaze et l’Ikazuchi plus le JDS Amagiri, une belle armada destinée à dissuader les curieux, à l’évidence…

Le 23 avril, nouvelle annonce avec l’envoi du Kaimei, de la Japan Agency for Marine-Earth Science and Technology (JAMSTEC), un navire civil de recherche océanographique japonaise, navire récent de 100 mètres de long équipé d’un ROV et d’un dispositif de ramassage au fond de l’eau, une sorte  de pince à sucre géante à six crochets, « capable d’extraire des échantillons de 1 m³ à une profondeur d’eau de 6 000 m » (ici à droite). Son envoi tardif pourrait signifier à la fois que l’on a pas encore trouvé quoi que ce soit avec le mini sous-marin de sauvetage et à la fois que si, justement, on a bien  trouvé quelque chose, et que l’on attend maintenant de pouvoir prélever des éléments au fond de l’eau grâce à la pince plongeante du Kaimei. Mais la taille de l’outil de prélèvement laisse entendre en ce cas que l’on aurait perdu tout espoir de remonter l’avion en entier, ce qui ne serait pas non plus une très bonne nouvelle, s’il s’était rompu en plein vol !  La fameuse « pince » à descendre au fond de l’eau ressemblant par trop à celle d’une grue de stockage d’épaves de voitures…. Le plus étonnant étant le recoupage rapide de tout un lot de navires, comme a pu le constater un observateur japonais :  on y distingue trois destroyers (l’Oyodo, l’Hamagiri, le Chikuma), un petit navire de patrouille (le Wakaraka) et deux gardes-côtes (le Shimokita et le Kitakami).  Regroupés en protégeant un endroit déjà repéré, ou en attendant un ordre de marche ?  Le commentaire de l’auteur ne nous apprenant rien : « au moins six navires sont toujours à la recherche de chasseurs F35 » indiquait-il de façon lapidaire.  Le 25 avril le Kaimei semblait être resté lui, plusieurs jours sur la même zone, indiquant comme positon 40,29334 N et 142,59910 E.  On peut raisonnablement penser que ne bougeant plus, il avait donc trouvé quelque chose, mais n’avait pas les moyens lui-même de tout remonter:  c’est ce qui s’est passé lors de la découverte de l’avion du malheureux Sala par le FPV Morven, qui a nécessité l’arrivée d’un navire plus équipé (GEO OCEAN III) pour que des plongeur puissent aller retirer de la carlingue le corps du jeune footballeur.  Sans que ne soit décidé de remonter l’avion d’ailleurs, dans ce cas là.  Voici l’endroit :

Un manque de confiance flagrant dans les japonais

Les américains semblent, d’après les textes, pleinement faire confiance aux japonais pour retrouver et remonter l’épave de l’avion (et accessoirement le cadavre de son pilote, si ce dernier est resté à bord comme on peut le craindre.  Or un événement passé inaperçu laisse entendre plutôt le contraire.  C’est un entrefilet qui nous l’a appris.  Ou plutôt deux.  Le premier est paru le 15 avril, annonçant l’étonnant déploiement d’un Lockheed U-2, avion espion comme on le sait, envoyé au-dessus de la zone de crash pour y détecter paraît-il des débris, ce qui a paru un peu incongru à l’altitude à laquelle il circule, même si ses caméras sont d’une telle définition, surpassant toujours les prises de vue par satellite.  L’appareil U2S, immatriculé  80-184 – ici  à droite – avait été suivi par un internaute qui avait suivi son manège et relevé son circuit (ici à gauche).  Non, sincèrement, je pense plutôt qu’on l’a envoyé faire toute autre chose :  aller détecter la présence d’intrus étrangers, plutôt, ou détecter leurs communications.
Du genre de celles d’un sous-marin, dont la trace, même très faible, peut toujours rester apparente (son antenne aérienne par exemple), ou tout simplement l’examen de bateaux de pêche déguisés, les russes ayant gardé l’habitude de la Guerre Froide de truffer des chalutiers d’antennes de surveillance : à défaut de s’emparer des morceaux, il peut être très intéressant pour eux de suivre les communications permettant de localiser l’engin, ou des éléments les plus recherchés à son bord, voire de ce qui manque et qu’ils pourraient être tentés de trouver ailleurs.  Comme il peut être aussi intéressant pour les américains d’espionner les japonais eux-mêmes (ça pourra toujours leur servir un jour !). N’oublions pas avant tout le défaut de la cuirasse de cet engin :  un seul petit morceau de carapace extérieur de récupéré et c’est tout le principe de sa furtivité dont on s’empare et qui ruine l’intégralité du procédé !!!  Et par là même tout l’avion, conçu autour de ce concept foireux, comme on le sait (la trace infrarouge de ce chalumeau géant étant visible à des km !).  Une furtivité déjà passablement éventée, comme on a déjà pu le démontrer lors d’un incendie mémorable. A noter qu’un U-2 avait servi après le tsunami en décollant le 13 mars 2011 de sa base d’Osan en Corée du Sud pour inspecter une bonne partie du pays et voler au dessus de…. Fukushima.  Il faut savoir aussi que l’U-2 a été muni en 2017 de ce que l’on a surnommé la « Eisntein Box », pour communiquer avec les avions de type F-35, ou les faire se comprendre avec les F-22, un dispositif mis au point sur un autre avion mystérieux, le RB-57 (lire ici et là). Aurait-on cherché par là à communiquer avec l’épave – qui disposerait en ce cas d’un dispositif émetteur sur batteries, avec un dispositif pour effacer le contenu de la mémoire de bord de l’appareil, par exemple, pour qu’il ne tombe aux mains d’autres (y compris des japonais ?). Un iPad ou un iPhone sait bien le faire…  A droite, c’est la caméra de l’U-2 : belle pièce n’est ce pas….

On ne déplace pas la grosse bête pour rien

La deuxième annonce, beaucoup plus discrète, le 23 avril, étant celle d’un départ de son quai d’un navire fort récent (il a été terminé et lancé il y a un an seulement) dont la particularité est aussi d’avoir changé deux fois déjà de drapeau (de complaisance) depuis le premier; la dernière fois étant le 2 avril dernier (ici à droite). C’est un navire comme celui que l’on a vu lors des recherches du MH-370, du sous-matin argentin ou de l’avion maudit d’Emilianao Sala.  Un gros, très gros navire auxiliaire (il fait 111 m de long et consomme 20 tonnes de fuel par jour : par comparaison l’Abeille Bourbon, pourtant immense, ne fait « que » 80 m de long !) un navire d’assistance à des stations de forage pétrolier offshore. Un navire civil, lui aussi : il s’appelle le Van Gogh, appartient à Ultra Deep Solutions de Singapour (ici le Lichenstein un de ses jumeaux, les autres s’appelant Matisse, Picasso, etc…), équipé de deux ROVs (ici à gauche) et de tout ce qu’il faut à bord pour héberger des plongeurs … comme une cloche, fabriquée par Caley Ocean Systems , sa grue de 150 tonnes capable de relever des choses situées à 3 000 m de profondeur (là où aucun plongeur ne peut aller, entendons-nous bien), et qui est donc capable de remonter amplement l’intégralité du chasseur furtif, s’il était retrouvé en entier, à laide de robots, donc, obligatoirement, à 1500 m de profondeur.

Le navire n’a été cité que le 26 avril  comme ayant été affrété par l’armée US :  on peut raisonnablement  penser qu’il est parti bien avant cette date (au lendemain du crash ?), en ayant eu largement le temps de se rendre sur la zone et d’avoir déjà remonté ce pour quoi on l’avait fait venir ! Ou alors, s’ils ne sont mis en marche que fin avril, c’est qu’on ne savait toujours pas où exactement, était tombé ce satané appareil ! Et là ce serait aussi à désespérer pour le Pentagone. Ou espérer que le Losharik (ici à droite) ne se promène pas dans le secteur…. 15 jours, c’est long, déjà, pour localiser un appareil de cette valeur… mais comme je l’ai dit plus haut, le long arrêt sur place du Kaimei nous fait plutôt penser que l’on a bien déjà localisé l’avion, à l’endroit indiqué, et qu’on attend donc l’arrivé du navire capable de lever bien davantage, ce qui signifie que l’épave trouvée serait bien complète.  L’annonce ne devrait plus tarder donc :  on la fera quand on sera sûr qu’il ne manque rien à son bord, je pense, ou que l’on aura trouvé le moyen de ne pas mettre l’appareil en cause.  On a toujours menti à propos de cet avion, je ne vois pas pourquoi ça changerait… Plus on mettra de temps pour le dire, plus on peut s’attendre à de gros mensonges en perspective !   En 15 jours, le Pentagone a largement eu le temps de rédiger des éléments de langage destinés à la presse pour expliquer qu’il s’agit d’une « désentorientation spatiale » du pilote, voire de son suicide… Ils doivent être prêts à paraître, là, il faut s’attendre à les lire bientôt… le « foutu » avion de Shanahan devrait donc encore une fois s’en sortir, une fois extrait de l’eau. Les Etats-Unis ne peuvent plus faire autrement :  ça fait longtemps qu’il est « too big to fall »!!!  Ah, si Boeing avait gagné !!!  Cette entreprise qui fait de si bons avions, il est vrai !!! Logiquement, le F-35 japonais devrait être remonté avant que le 737 Mac ne revole !!!  Ou alors…

 

 

(1) ça a déjà insidieusement commencé, avec la dissipation contrôlée d’informations sur « une enquête sur la santé mentale du pilote… », afin d’exonérer complètement l’appareil !!!

(2) on peut s’en rendre compte en comparant avec les recherches civiles faites pour rechercher l’avion dans lequel est décédé le footballeur Emiliano Sala.  Certes, à une profondeur sans aucune comparaison, mais on avait pu suivre en direct le mouvement des deux navires ayant permis de récupérer le corps de l’infortuné jeune homme (ici tous les articles sur le sujet).

 

 

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13 Commentaire

  1. avatar

    Centpapers, le site le plus dejantee que j’ai lu depuis un moment.
    Longue vie aux barjots de la redaction!

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    Sans le « e » à déjanté, svp: on peut l’être et respecter l’orthographe, non ? comme on écrit Cent Papiers et non « centpapers »qui ne veut rien dire….on écrirait « One hundred papers », plutôt, d’ailleurs …

    Le « barjot » vous salue bien : mais qu’il l’est le plus ? Celui qui lit (Elie ?) ?

    N’est pas prophète qui veut, vous savez… pour parler des autres barjots…

  3. avatar

    une info … à méditer :
    https://www.businessinsider.fr/us/japan-f35-found-crashed-pacific-ocean-2019-4

    selon les américains, on ne sait toujours pas où est l’avion… au 30 avril. Alors que comme je l’ai dit, on sait vers quel endroit remonte le Van Gogh !!!

    « The Japanese Self Defense Force F-35A that crashed on April 9 has not yet been located or recovered, » an Air Force spokesperson said in a statement to Business Insider. « Japanese officials confirmed that some debris from the aircraft was found in early April, shortly after the accident. The US continues to support JSDF-led search and recovery efforts. »

  4. avatar

    on est toujours dans le flou

    un jour retrouvé, l’autre pas..

    https://www.thedrive.com/the-war-zone/27737/the-u-s-military-now-denies-that-japans-missing-f-35a-has-been-found

    on voulait dissimuler les raisons exactes du crash qu’on ne s’y prendrait pas autrement : on l’a récupéré mais il est trop tôt encore pour vous sortir la raison de l’accident…. on n’a pas eu le temps de vous le rédiger !

  5. avatar

    Toujours aucune info, ce qui commence à faire long… cette semaine à vente on sera à un mois de disparition…

    une seule info : le Vna Gogh aurait démarré tardivement, le 24 avril seulement :

    https://www.c7f.navy.mil/Media/News/Display/Article/1823466/us-navy-to-support-jasdf-f-35a-search-and-recovery-operations/

    « A U.S. Navy salvage team embarked a contracted vessel and departed Okinawa, Apr. 24, to assist Japanese-led search and recovery operations for a downed Japan Air Self Defense Force F-35A. »

    sachant ce qu’il représente, ça ne tient pas comme annonce…

    un blog a énoncé l’idée d’une défection vers la Chine… le souvenir de l’inverse avec le Mig 25 de Viktor Belenko, enfui et posé au Japon en 1976… mais personnellement je n ‘y crois pas un instant. Le seul débris découvert à ce jour infirmant la thèse…

    https://adst.org/2018/03/a-very-japanese-arrangement-to-dismantle-a-soviet-mig-25/

  6. avatar

    ça devient surréaliste avec cette annonce :
    https://www.japantimes.co.jp/news/2019/05/07/national/flight-data-recorder-japans-crashed-f-35a-retrieved-key-data-still-missing/#.XNF6ji3pPeJ

    on aurait donc retrouvé la « black box » à bord qui ne se se présente pas comme dans le civil en fait.

    mais selon le ministre japonais de la défense la boîte serait « heavily damaged and also did not include a storage device to record speed and altitude data, »

    ah tiens, on a donc retrouvé un morceau, mais qui ne sert à rien… !!!

    ça devient complètement fou cette histoire. Pas de trace du pilote, ce qui signifie que l’avant de l’avion est manquant. Là où sont situés les objets électroniques lui donnant toute sa valeur…

    l’avion est donc en miettes. Et il n’a donc pas été détourné par son pilote vers la Chine…

    on note que l’on a toujours pas MONTRE une seule preuve de crash : pas de morceau de queue ramassée dès le premier jour pas plus que de photo du « flight recorder » pour l’instant.

    Bref, on nous mène clairement en bathyscaphe là…. et à une grande profondeur de désinformation !!!

  7. avatar

    autre info
    « According to Iwaya, the U.S.-chartered deep-sea ship retrieved the parts from the sea bottom, based on information collected by the underwater research vessel Kaimei, belonging to the Japan Agency for Marine-Earth Science and Technology (JAMSTEC), which is assisting in the search for the missing fuselage. »

    http://www.asahi.com/ajw/articles/AJ201905070045.html

    l’endroit du crash catégorisé comme « secret », est donc là où le Kaimei est resté longtemps immobile :

    40,29N, 142,50E sur Google Earth

    décidément ça devient ridicule !

  8. avatar

    encore plus fort :

    « Heavily damaged flight data recorder of the crashed Japanese F-35 fighter jet with its storage medium missing had been recovered by the deep sea search vessel Van Gogh along with a piece from the canopy since Friday, Defence Minister Iwaya told a press conference today ».

    1) c’est bien le Van Gogh qui a ramassé, et le Kaimei qui a détecté en premier
    2) une « pièce » de la canopée signifierai plutôt qu’une éjection s’est produite, non ? Ou alors comment expliquer qu’elle soit près du reste des débris retrouvés ? Que le cockpit lui-même a sauté ? Franchement, on s’enfonce là… en tout cas, on a bien des miettes et pas un avion au complet. Ce qui arrange ceux qui cherchent, je pense. Pour ne pas avoir à conclure à une faille technique majeure, et laisser entendre la défaillance humaine, ce qui ne devrait logiquement pas tarer à remonter à la surface, plus rapidement que le reste !!! On se moque du monde là…

    cela fit deux accidents officiels et quatre au total sans aucune explication… !!!

    et on compte toujours le vendre, ce satané engin, en dissimulant ses tares probantes ?

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    gag de plus : le flight data recorder est fabriqué… en Turquie, chez ydin Yazilim ve Elektronik Sanayi, par L-3 !! ah ah ah !!!
    à parti du boîtier de Rolling Meadows, IL. Electrodynamics, Inc.

    voilà le bidule :

    https://www.copybook.com/companies/l3-electrodynamics-inc/articles/l3-communications-provide-crash-recorder-f35-joint-strike-fighter

    La Turquie va-t-elle demander d’être remboursée si on lui interdit d’acheter des F-35 ? Va-t-elle aussi en ce cas continuer à fabriquer ces éléments (dont le train d’atterrissage du F-35) ?

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    info:
    https://www.journal-aviation.com/actualites/42368-le-japon-trouve-d-autres-debris-de-son-f-35a-tombe-en-mer

    « Le ministère de la Défense étudie (les débris) mais pour le moment, la partie essentielle qu’est la mémoire (de l’enregistreur de vol) n’a pas été retrouvée », a-t-il précisé.

    Près d’un mois après la chute du F-35A au large de la côte nord-est du Japon, ni le corps du pilote, ni le fuselage de l’appareil n’ont pu être localisés, a ajouté le ministre.

  11. avatar

    je ne suis pas le seul à le penser :
    http://www.defense-aerospace.com/articles-view/release/3/202372/japan-recovers-black-box-from-crashed-f_35a%2C-but-key-data-missing.html

    (NOTE DE L’ÉDITEUR: Cet article mentionne, en passant, que l’enregistreur de vol du F-35 « n’incluait pas de dispositif de stockage pour enregistrer les données de vitesse et d’altitude », une étonnante omission sur un avion salué depuis plus de 20 ans comme meilleur chasseur sophistiqué jamais construit.
    Cela signifie que les causes de l’incident inexpliqué ne seront probablement jamais identifiées et ne dégraderont donc pas davantage la réputation de l’avion.)

    pratique, n’est ce pas ? Or :

    https://www.copybook.com/companies/l3-electrodynamics-inc/articles/l3-communications-provide-crash-recorder-f35-joint-strike-fighter

    on notera le nom de l’appareil : « Crash Recorder for F-35 » !!!

    en réalité, l’enregistreur L-3 « turc » possède bien un espace mémoire difficilement destructible. Encore une fois, on MENT à propos de cet avion désastreux qu’il fait à tout prix fourguer, tant les investissements ont été complètements fous et hors de contrôle.

    On notera aussi que si le boitier a lui aussi explosé, c’est que l’on est donc en face d’une explosion majeure en plein vol. Et la mort instantanée du pilote !

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