Étonnante Calgary!!!

(Note: Cette photo fut prise du plus haut gratte-ciel de Calgary que j’ai eu la permission de visiter).

J’étais descendu de l’avion et j’avais enserré mon fils dans mes bras à l’accueil. Nous arrivions là où je devais prendre mes bagages lorsque je sentis qu’on tirait sur la manche de mon manteau. C’était la jolie jeune femme du siège voisin du mien, dans l’avion qui, avec un petit signe de la main et un beau sourire, voulait me souhaiter un heureux séjour. Mon appréciation de Calgary est devenue positive « drette-là ».

J’en suis actuellement aux derniers jours de mon séjour à  Calgary et je dois dire que j’ai été agréablement impressionné par cette ville et sa population. La ville est très propre, son système routier est extrêmement bien structuré et l’heure de pointe est semblable à partout ailleurs sauf que les conducteurs de véhicules sont plus patients.

Les différences remarquables que j’ai pu constater sont les services d’entretient des routes qui diffèrent de chez nous à cause du climat. Il y tombe beaucoup moins de neige, de sorte que la ville n’a pas besoin d’être déneigée comme au Québec. Par exemple, dans les parties domiciliaires, on ne déneige pas; on étend un peu de sable lorsque cela est indispensable mais la plupart du temps un peu de température douce fait fondre la neige dans les rues. Ajoutons que chacun des propriétaires prend la responsabilité de déneiger le trottoir attenant à son terrain. La ville s’occupe de déneiger les parties attenantes aux terrains publics. Dans la région où j’habitais,  les maisons sont en majorité des « cottages » (Non; pas le fromage!) et les terrains sont étroits (environ 50 pieds ou 60 pieds de large). La plupart des propriétaires stationnent leur voiture dans la rue, face à leur maison; de sorte que, le soir et les fins de semaines, on retrouve des voitures stationnées des deux côtés de la rue qui devient alors assez étroite.

Ce qui m’a frappé le plus en arrivant ici, c’est la sociabilité des gens. Aussitôt que mes yeux « accrochaient » ceux d’une autre personne, celle-ci me saluait en me disant « Hi! » (Bonjour) avec un sourire. Cette habitude semble encrée chez eux. Les gens me semblent beaucoup moins « stressés » et surtout, moins « inquiets » les uns des autres que nos citoyens québécois.

J’ai pu constater que les gens d’ici ont une mentalité assez différente de la nôtre et je dois avouer que celle-ci me semble beaucoup plus « sereine ». Leur manière de conduire leur auto est très révélatrice. On n’y voit pas de « Jacques-Villeneuve-casse-cou » dans la circulation. Chacun est socialement conscient des règlements de la circulation et s’y conforment  sans « réaction ».

Une autre caractéristique qui m’a étonné est que le piéton est le « maître » de la circulation. En plusieurs endroits, sinon partout, lorsqu’un piéton veut traverser une rue, il n’a qu’à le signaler et traverser. Les autos s’immobilisent pour le laisser passer. Le résultat est que le conducteur d’une voiture doit toujours être à l’affût des désirs du piéton. Finalement, tout ce que cela signifie est que les gens d’ici sont étonnamment beaucoup plus « sociable » qu’au Québec.

À un gars à qui je disais que j’étais un « Canadien Français », il m’a répondu; « Aren’t we all? » (Ne le sommes-nous pas tous? »). Étonné au point de ne plus savoir quoi répondre, je suis passé à autre chose. Je suis convaincu qu’il m’avait bien entendu et j’en ai conclu qu’il reconnaissait  que les Canadiens-Français avaient ouvert le continent nord-américain. Je n’ai pas élaboré pour ne pas effacer le plaisir que cela me faisait. Plusieurs de ceux à qui je me suis adressé s’efforçaient de tenter de me répondre en Français lorsqu’ils apprenaient que j’arrivais du Québec et trouvaient amusant, tout en étant très fiers quand je les comprenais. Les étudiants reçoivent des cours de Français comme nous nous avons des cours d’Anglais.

J’ai, évidemment, tenté de saisir la mentalité « politique » des gens de Calgary. Mon premier constat est qu’ils ne sont pas aussi « politisés » que les québécois. La « politique » n’est pas prioritaire ici. On n’y parle pratiquement pas du Fédéral et celui-ci se fait assez discret dans leur vie de tous les jours. Les Albertains responsabilisent principalement leur  gouvernement Provincial. C’est lui le « responsable » pour assurer la qualité de vie des citoyens. Un exemple assez significatif s’est produit lors de l’inondation de la ville de Calgary, l’été dernier. Plusieurs maisons avaient alors été évacuées par leurs propriétaires, qui, après avoir tout barré, avaient quitté les lieux. Lors d’une « inspection/vérification », la GRC, qui tient lieu de police provinciale, a pénétré par effraction dans les maisons et les policiers ont saisi toutes les armes de chasse qu’ils ont pu y trouver. Cela a soulevé la colère des propriétaires qui se sont tournés vers leur gouvernement provincial pour exiger les réparations et la restitution des objets (la question ne semble pas encore être finalisée). Même si celui coupable des faits était la police fédérale, la population s’est adressée à son gouvernement provincial pour ses revendications; ils l’en rendaient pratiquement responsable. Pour les gens de l’Alberta, ou du moins de Calgary, l’autorité c’est le Provincial; le Fédéral n’est plus ou moins qu’un « superviseur » lointain assez dénoué de l’intérêt de la population. Être premier ministre du Canada est un poste de prestige à leurs yeux. Il existe le poste de « Prime Minister » et ceux de « Premiers ». Le premier poste est au Fédéral, les autres sont aux Provinciaux. Ils sont toujours étonnés qu’on dise « Prime Minister of Québec »; cela leur semble vouloir s’approprier du prestige réservé au pays et non à la Province. Ce qui alimente, inconsciemment dans leur esprit, l’impression du refus de reconnaître le pays du Canada par la politique québécoise quel que soit le parti au pouvoir.

À la télé, on ne parle presque pas de « politique » et on ne monte pas en épingle les divers cas d’illégalité comme les vols et les attentats. Peut-être est-ce parce qu’il n’y en a pas beaucoup, puisque lorsqu’il y en a, on les mentionne. Les aventures du maire de Toronto ont fait les manchettes mais n’ont pas été portées à l’emphase. On en parle comme tout autre événement sortant de l’ordinaire. On a même trouvé infantile tout le tralala manifesté aux USA à ce sujet.

Il m’a semblé que la population n’était pas aussi « accrochée » par les volontés des autorités. On vit en société et on laisse les autorités faire ce qu’elles doivent faire sans leur porter plus d’importance qu’elles n’en méritent. Je dois avouer que ces autorités ne semblent pas abuser de leur pouvoir.

Les gens sont beaucoup moins « contrôlés » par les autorités qu’au Québec et celles-ci ne se servent pas des lois et des règlements pour « boucler leur fin  de mois » sur le dos de la population. Un exemple : dans les centres domiciliaires, on ne retrouve pas d’arrêts (de stops) aux coins des rues; on n’y trouve que des « cédez le passage ». Donc pas moyens d’y cacher un policier à l’affût pour donner une contravention et cela ne provoque pas d’accidents non plus. Sur les autoroutes, je n’ai vu qu’une seule voiture de police dans les trois semaines où j’y ai circulé et les autos ne dépassaient pas la limite de vitesse. Je doute d’en voir durant ma dernière semaine du séjour. Lorsqu’on circule là où il y a des travaux routiers, on affiche que les amendes pour les contraventions seront doublées; ce qui fait nécessairement respecter la limite de vitesse indiquée.

Un autre petit détail qui m’a frappé : un « moins 6 degrés centigrades » sans vent en banlieue de Calgary m’a paru plus froid qu’un « moins 6 degrés centigrades » en banlieue de Montréal. Allez savoir pourquoi. Par contre, l’air est plus « respirable » à Calgary qu’à Montréal. Probablement parce qu’il y a moins d’industrie dans la ville et dans ses environs, mais ce n’est pas une certitude.

Autre détail, pour un Québécois, à Calgary même, on mange généralement  mal; sauf chez deux restaurants du nom de « The KEG Steakhouse » et « Ceasar’s  Lounge » où j’ai vraiment savouré mes repas. On m’a dit qu’au « EARL steakhouse » on mangeait également très bien.

Petite anecdote très personnelle : mon fils m’a invité trois fois à assister à des parties de hockey des Flames de Calgary au Saddeldome; trois belles soirées excitantes au possible.

Je vous ferai part de ce que j’ai visité de l’Alberta dans un prochain article.

Amicalement

André Lefebvre

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