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Eté meurtrier pour les économies émergentes

La crise de confiance des devises émergentes
Par Nessim Ait-Kacimi.    Les Echos -19 août 2015

Les marchés émergents et leurs devises affrontent une nouvelle crise de confiance. Déjà mises sous pression par la remontée du dollar cette année, elles subissent le contrecoup de la dévaluation chinoise depuis une semaine. Le choc monétaire chinois va « redistribuer la répartition des exportations des émergents vers les pays développés, les premiers étant en compétition avec la Chine pour exporter dans les grands pays », explique Steven Englander, responsable de la stratégie sur les devises chez Citi. « Les dollars de Hong Kong, Taiwan, le won coréen, le ringgit malaisien sont les plus exposés à une nouvelle baisse du renminbi par le biais de leur dépendance à l’égard de la demande chinoise et leur compétition avec la Chine à l’exportation », estiment Sathirathai Santitarn et Michael Wan, économistes au Credit Suisse.

Les devises émergentes, dont certaines sont au plus bas depuis 1998, ont, pour la plupart, davantage baissé par rapport au dollar que le yuan ne l’a fait jusqu’ici contre le billet vert. Plutôt que de chercher encore à affaiblir leurs monnaies dans le cadre de la « guerre des changes », les pays émergents vont plutôt chercher à les stabiliser. Ce qu’ils ont pour certains (Malaisie, Brésil, Pérou…) déjà commencé à faire, mais sans succès. Les banques centrales, notamment asiatiques, vont vendre des dollars pour acheter leurs monnaies. « Ce faisant, et afin que leurs réserves ne soient pas sous-pondérées en dollars, elles vont devoir vendre d’autres grandes devises comme l’euro afin de maintenir un niveau de diversification satisfaisant de leurs avoirs », estiment Daniel Katzive et Sam Lynton-Brown stratèges chez BNP Paribas.

Selon une étude du FMI (« Collateral damage: dollar strength and emerging markets’ growth », IMF working paper 15/179), une hausse de 1 % du taux de change réel du dollar se traduit par une baisse de 0,2 % de la croissance réelle dans les pays émergents. La raison ? La hausse du dollar déprime le cours des matières premières, qui fait chuter l’activité et revenus de ces pays. Le regain de compétitivité à l’exportation né de la baisse des monnaies émergentes n’est pas suffisant pour compenser la déprime économique liée aux matières premières. Ce sont les pays exportateurs de matières premières, en Amérique latine et Moyen-Orient, qui seraient les plus affectés, suivis par l’Asie. Le billet vert, qui s’est apprécié de 18 % ces 12 derniers mois devrait, « selon nos estimations, continuer de progresser à court et à moyen terme avec une probabilité supérieure 80 % », souligne le FMI.

Lors des phases de hausse du billet vert, qui durent en moyenne 6 ans et voient le dollar gagner en termes réels 3,2 % par an, la devise américaine affirme sa vigueur selon un ordre et une rotation habituels. « Le dollar s’apprécie d’abord par rapport au yen puis contre un groupe de devises vulnérables (Brésil, Inde, Indonésie, Turquie, Afrique du Sud), puis par rapport à l’euro et les devises matières premières. Viennent en dernier lieu, le renminbi et les devises asiatiques. La baisse de ces dernières est encore limitée au regard de leur chute lors des précédents cycles de hausse des taux aux Etats-Unis », constate Alan Ruskin, stratège à la Deutsche Bank.

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Eté meurtrier pour les économies émergentes
Chinafrica – 31 jul 2015
http://www.chinafrica.info/et_meurtrier_pour_les_conomies_mergentes
A l’ombre d’une crise grecque qui tient économistes et investisseurs en haleine, les pays émergents connaissent un été difficile, entre spasmes boursiers en Chine et crise au Brésil, qui préoccupent les milieux d’affaires européens. La puissante fédération de l’industrie allemande (BDI) vient de reconnaître dans un communiqué, à propos de la Chine, que « les entreprises allemandes s’étaient certes préparées à un ralentissement de la croissance chinoise, mais avaient néanmoins été surprises des sursauts extrêmes sur les marchés boursiers ».

Les places boursières chinoises dégringolent depuis mi juin (- 30 % en 3 semaines), subissant une forte correction après des envolées spectaculaires, et prenant de court les petits porteurs, qui constituent l’écrasante majorité des investisseurs, sur fond de ralentissement général de l’économie chinoise. Mardi, au tour du Brésil d’être pris pour cible par l’agence Standard and Poor’s, qui a jugé que la dette émise par le pays se rapprochait de plus en plus de la catégorie des placements « spéculatifs ».

Sur les marchés des changes, la disgrâce des pays émergents est généralisée: les monnaies du Brésil, mais aussi du Mexique, de l’Afrique du Sud, de la Colombie et de la Turquie sont attaquées, et cotent à leurs plus bas niveaux depuis plusieurs années. La banque centrale russe a fait savoir mercredi qu’elle suspendait des achats controversés de devises étrangères, destinés à garnir ses réserves, en raison d’un accès de faiblesse du rouble. Ces chutes reflètent en grande partie les glissades des cours des matières premières, qu’il s’agisse des hydrocarbures ou de métaux tels que le cuivre, qui pèsent lourd dans les exportations de nombreux émergents.

La semaine dernière deux grands de la mine mondiale, Anglo American et Lonmin, ont annoncé la suppression d’une dizaine de milliers d’emplois à eux deux, en Afrique du Sud et ailleurs. Et pour de nombreux économistes, l’arrivée dans le jeu économique mondial de Cuba et de l’Iran va encore compliquer la situation de nombreux pays, ceux évoluant dans la sphère économique des Etats-Unis, et les exportateurs d’hydrocarbures.

Pour Christopher Dembik, économiste de Saxo Banque, la plupart des pays émergents « n’ont pas fait les réformes structurelles nécessaires, n’ont ni industrie diversifiée ni réelle société de consommation » pour amortir des chocs externes. L’économiste voit dans la dégradation des perspectives des pays émergents un phénomène de fond qui ne s’explique pas seulement par la perspective d’une hausse de taux prochaine aux Etats-Unis, laquelle ferait revenir au galop vers le dollar des investisseurs attirés par de meilleurs rendements.

Alors que les pays développés ont bénéficié de longues périodes de prospérité pour consolider leurs modèles économiques, par exemple les Trente Glorieuses, M. Dembik juge qu’il sera « strictement impossible » pour les pays émergents de suivre le même modèle en raison de « la précipitation des cycles économiques », toujours plus courts car toujours plus liés aux versatiles marchés financiers. Il considère toutefois que la Chine est un « cas à part » et se dit « optimiste à moyen et long terme » pour le pays, en raison de l’épargne privée accumulée, et de l’interventionnisme de l’Etat.

La directrice générale du FMI Christine Lagarde a, elle, jugé mercredi que l’économie chinoise était « résistante et suffisamment forte pour supporter ce genre d’importantes variations sur les marchés ». Pour Patrick Artus toutefois, économiste de Natixis, « le ralentissement très important de la croissance potentielle de la Chine (de 8 % par an de 2000 à 2010, à 3 % par an dans les années 2020) aura des effets considérables », faisant baisser la croissance mondiale « de 1 point par an ».

Ludovic Subran, économiste en chef de l’assureur Euler Hermes, souligne quant à lui la faiblesse persistante du commerce international, et y voit l’indice d’une « contre-mondialisation », de l’apparition de « forteresses » aux Etats-Unis et en Europe, où l’activité reprend mais sans que les pays émergents en bénéficient. « Les consommateurs européens et américains ne vont pas sauver le monde, le patriotisme économique et financier augmente », selon lui.

  1. Subran rappelle également la constitution dans certains pays émergents d’opinions publiques plus attentives aux inégalités, plus réticentes à laisser piller les ressources naturelles, qui demandent des comptes sur les réformes menées, ce qui change la donne pour les gouvernements comme pour les investisseurs. Même en Chine, juge-t-il: « On ne peut pas importer des capitaux, avoir des cadres formés à l’étranger, sans importer aussi un peu de démocratie ».

 

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Le Kazakhstan laisse flotter sa monnaie, qui s’effondre
AFP, Boursorama – 20 août 2015
http://www.boursorama.com/actualites/le-kazakhstan-laisse-flotter-sa-monnaie-qui-s-effondre-bc5454abfc4c0a1ffa1121d11348c835
Le Kazakhstan a décidé jeudi de cesser d’intervenir sur le marché des changes et de laisser flotter sa monnaie, le tengué, provoquant une dévaluation immédiate de 2 3 % face au dollar. « La banque centrale et le gouvernement ont décidé de mettre en place une nouvelle politique monétaire à partir du 20 août 2015 avec pour objectif la lutte contre l’inflation, en abolissant la bande de fluctuation pour se diriger vers un régime flottant », a déclaré jeudi le Premier ministre Karim Massimov lors d’un conseil des ministres. Cette décision intervient dans un contexte d’effondrement des prix du pétrole, la principale source de revenus du Kazakhstan.

Mercredi, le tengué avait cédé 5 % face au dollar, la plus importante chute de la monnaie kazakhe depuis que la banque centrale avait ordonné une dévaluation subite de 20 % de la monnaie, en février 2014. Le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, au pouvoir depuis près de 25 ans, a expliqué mercredi que le futur programme économique de ce pays d’Asie centrale riche en hydrocarbures devrait être adapté pour supporter un cour du baril à 30-40 $. « Au cours des 10 dernières années, nous avons beaucoup construit, embauché et augmenté les salaires. Mais nous manquons désormais de moyens et les nouveaux projets seront limités », a-t-il affirmé devant des haut responsables du gouvernement. « Il est nécessaire de mettre en place un moratoire sur plusieurs initiatives jusqu’à 2018″, a ajouté M. Nazarbaïev.

Selon l’agence de notation financière Standard & Poor’s, le pétrole représente entre 20 et 30 % du PIB kazakh, plus de la moitié de ses revenus budgétaires et 60 % de ses exportations. Le Kazakhstan est aussi touché par la chute de la demande en Chine et en Russie, ses deux principaux marchés. En mars, le Kazakhstan s’était par ailleurs déclaré préoccupé par l’afflux de produits russes, devenus nettement moins chers en raison de l’effondrement du rouble.

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Panne de la croissance sud-coréenne au 2e trimestre
KBS World Radio – 19 aot 2015
http://world.kbs.co.kr/french/news/news_Ec_detail.htm?No=49074&id=Ec
La croissance stagne en Corée du Sud. Au 2e trimestre, elle a même été inférieure à celle de l’Espagne et du Portugal, confrontés tous deux à une crise des finances publiques. D’après plusieurs agences internationales, à commencer par Bloomberg, entre avril et juin, le PIB réel du pays du Matin clair n’a progressé que de 0,3 %, un niveau identique à celui du dernier trimestre 2014. Des chiffres comparables aux 1 % et 0,4 % pour l’Espagne et le Portugal respectivement. En Asie, la majorité des nations, à l’exception du Japon et de la Thaïlande, a connu une croissance plus élevée que celle de la Corée du Sud. Du coup, 37 institutions bancaires sud-coréennes et étrangères font état d’un pronostic pessimiste. Selon elles, le taux de croissance du PIB sud-coréen devrait atteindre en moyenne 2,7 % cette année, 0,8 point de moins que leurs estimations du début de l’année. Comment expliquer cela ? Les exportations et la demande intérieure ralentissent, l’activité économique de la Chine, le premier partenaire commercial de la Corée du Sud, n’est pas stable, et les nouveaux pays émergents sont en crise. Tout cela peut peser lourd sur l’économie nationale.

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Bangkok: La Bourse chute, le baht s’effondre
La Tribune – 18 aot 2015
http://www.latribune.fr/economie/international/attentat-de-bangkok-inquietude-des-marches-pour-le-tourisme-en-thailande-498867.html
Au lendemain de l’attentat à Bangkok qui a fait au moins 21 morts dont 8 étrangers, la Thaïlande se réveille avec le terrorisme en toile de fond. Une situation qui pourrait lourdement affecter le tourisme, moteur de l’économie, alors que la croissance (2,8 % sur un an au 2e trimestre) est toujours à la peine. (…)

Mardi matin, le baht thaïlandais s’est effondré avec un cours au plus bas depuis 6 ans. La Bourse de Bangkok était en baisse de 2 % à l’ouverture, les marchés se disant inquiets des répercussions de l’attentat sur le tourisme, un des moteurs de l’économie thaïlandaise. Les entreprises du secteur dévissaient en début de journée, à l’instar de Airports of Thailand dégringolait de 8,7 % tandis que Central Plaza Hotel perdait 13 %. « La Thaïlande est vulnérable en ce moment car la croissance est faible, comme les bénéfices des entreprises, et le tourisme ne se porte pas au mieux », a expliqué Andrew Stotz, PDG du cabinet Stotz Investment Research à l’agence financière Bloomberg News.

L’attentat, perpétré à l’approche de la haute saison touristique, pourrait avoir des conséquences particulièrement néfastes sur le tourisme, qui représente 8,5 % du PIB thaïlandais. Début août, les autorités ont indiqué que 12,4 millions de touristes avaient visité le pays au cours des 5 premiers mois de cette année, une hausse de 25 % par rapport à la même période de l’année dernière, impactée par les manifestations et le coup d’Etat militaire. Depuis mai 2014, le pays est dirigé par la junte militaire.

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La monnaie turque en chute libre, les autorités appellent au calme
AFP, RTBF – 17 aot 2015
http://www.rtbf.be/info/economie/detail_la-monnaie-turque-en-chute-libre-les-autorites-appellent-au-calme?id=9055624
La livre turque (TL) a battu un nouveau record de faiblesse lundi matin face au dollar et l’euro, s’échangeant respectivement contre 2,86 TL et 3,17 TL, en baisse d’environ 1 % par rapport à vendredi. « Il faut rester calme », a dit le ministre de l’Economie Nihat Zeybekçi, cité par les médias locaux, affirmant qu’il n’y avait pas lieu d’intervenir pour endiguer cette baisse. « Pour l’instant nous ne pensons pas qu’une telle éventualité soit nécessaire. Un équilibre sera trouvé sur les marchés », a-t-il insisté.

Pourtant vendredi la banque centrale turque est intervenue en urgence pour soutenir la livre, en abaissant le rendement des placements en dollar, au lendemain de l’échec des négociations pour la formation d’un gouvernement de coalition, deux mois après les législatives du 7 juin qui ont privé le parti islamo-conservateur, au pouvoir depuis 2002, d’une majorité.

Depuis le début de l’année, la devise nationale turque s’est dépréciée d’environ 17 % contre le dollar et l’euro. Dans le même temps, la bourse d’Istanbul a perdu 20 %. Les inquiétudes des investisseurs se sont accentuées après l’annonce jeudi par le Premier ministre Ahmet Davutoglu de probables élections anticipées à l’automne. Cette crise politique intervient à un moment où la Turquie a déclenché le mois dernier une offensive militaire à la fois contre la rébellion kurde et contre le groupe de l’Etat islamique (EI) en Syrie.

Le comité de politique monétaire de la banque doit tenir mardi une réunion mensuelle pour décider d’un changement des taux d’intérêts. Les observateurs s’attendent largement à ce que l’institution laisse ses taux inchangés comme elle l’a fait lors de ses précédentes réunions. Après des années fastes à plus de 8% en 2010 et 2011, la croissance de l’économie turque a nettement fléchi pour retomber à 2,9 % en 2014. Le chômage a par ailleurs atteint son plus haut niveau depuis cinq ans (11 %) et l’inflation reste élevée (autour de 8 %).

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Dévaluation du yuan: Le rand sud-africain frôle son plus bas niveau depuis 2001
Jeune Afrique – 12 aot 2015
http://www.jeuneafrique.com/256504/economie/devaluation-du-yuan-le-rand-sud-africain-frole-son-plus-bas-niveau-depuis-2001/
La devise sud-africaine a brièvement atteint, ce mercredi, son plus faible niveau face au dollar américain en 14 ans. À l’image des autres pays émergents, l’Afrique du sud accuse le coup de la dévaluation surprise de la monnaie chinoise. Le rand, la devise sud-africaine, est tombé à 12,875 unités pour 1 $ sur les marchés ce mercredi 12 août, en baisse de 0,58 % par rapport au cours enregistré à la fermeture du marché new-yorkais la veille rapporte l’agence Reuters, qui indique qu’il s’agit de son plus faible niveau depuis décembre 2001. La devise sud-africaine est légèrement remontée depuis et s’échangeait autour de 12,761 unités pour 1 $ (…).

Selon des analystes consultés par Reuters, la devise sud-africaine, qui a déjà chuté de 11 % cette année face au dollar américain, a été affectée par la récente dévaluation du renminbi, la monnaie chinoise (comptée en yuans). Hier la banque centrale chinois (PBOC) a réduit de presque 2 % le taux de référence autour duquel le renminbi fluctue vis-à-vis du dollar. Cette dépréciation, la plus brutale depuis 2005, a été été suivie ce mercredi d’une nouvelle baisse de 1,62 % à 6,3306 yuans pour 1 $, contre 6,2298 yuans mardi. Cette décision, qui a amené la monnaie chinoise à son plus bas depuis 4 ans face au dollar, inquiète les marchés mondiaux qui craignent un ralentissement plus marqué de la croissance de la 2ème économie mondiale.

Le rand n’est pas la seule devise affectée par la dévaluation du renminbi. Cette dernière a secoué les marchés, affectant les devises des grands pays émergents et de plusieurs producteurs de matières premières dont la Chine est l’un des premiers clients. La roupie indienne, le peso mexicain, le ringgit malaisien, le peso colombien et le réal brésilien ont perdu entre 0,8 % et 1,2 % hier, rapporte le spécialiste américain de l’information financière Bloomberg. Les indices des matières premières ont également été affectés. Celui de Bloomberg, en légère remontée depuis le début du mois,  a reculé de plus de 2 % depuis le 10 août, cédant l’essentiel des gains enregistrés en une semaine.

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L’économie brésilienne part à la dérive

Publié le 19/08/2015 à 04:28 par monde-antigone
Sur la base des fondamentaux économiques, le Brésil est le pays le plus mal en point parmi les pays du G20:
– une croissance négative de – 1,6 % sur les 4 derniers trimestres (on attend les chiffres pour le 2e trimestre 2015);
– une production industrielle en recul de 3,2 % par rapport à juin 2014, c’est la 16e baisse trimestrielle consécutive !;
– une production manufacturière en recul de 4,7 % par rapport à juin 2014;
– un déficit du compte courant qui était en 2014 de 4,17 % du PIB et qui devrait se creuser à la fin de l’année;
– un taux de chômage en forte progression depuis quelque temps à 6,9 % en juin, il n’était que de 4,3 % en décembre dernier;
– une inflation de 9,5 % sur un an, c’est la plus élevée depuis 2003 (date de la 1ère année de la présidence Lula);
– un taux d’intérêt à 14,25 % que la banque centrale a relevé à 7 reprises depuis septembre 2014;
– un taux d’emprunt à 10 ans de 13,64 %, à un cran de la catégorie spéculative sur l’échelle S&P;
– enfin, une monnaie, le real, qui s’est effondrée de plus de 60 % en un an. Le dollar US vaut aujourd’hui 3,47 réias alors qu’il s’échangeait à 1,88 en janvier 2010, et aux environs de 2,20 l’année dernière à la même époque.

Tous les signaux sont au rouge et les mesures d’austérité vont encore aggraver l’effet récessionniste. L’économie brésilienne part à la dérive…

 

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Le Brésil, ce grand pays qui inquiète beaucoup
Capital – 18 aot 2015
http://www.capital.fr/bourse/actualites/le-bresil-ce-grand-pays-qui-inquiete-beaucoup-1064488
Le Brésil est à la peine. Entre 1 et 2 millions de personnes viennent de descendre dans la rue pour manifester contre la présidente Dilma Rousseff, prise en tenailles entre une économie chancelante et des affaires de corruption. Le ralentissement de l’économie de son principal partenaire commercial, la Chine, l’effondrement des cours des matières premières, les coupes budgétaires et une politique monétaire restrictive plombent la croissance. Parmi les grandes économies, le Brésil est ainsi celle qui alimente le plus d’inquiétudes, juge ainsi Philippe Waechter, chef économiste à Natixis Asset Management.

Le Brésil a été le théâtre, le weekend dernier, d’une nouvelle manifestation d’ampleur. Cette vague de protestation, marquée par une impopularité record de la présidente Dilma Rousseff, s’explique par le mauvais état de l’économie. Le pays sera en récession en 2015, après une croissance nulle en 2014. Cette fragilité est une caractéristique actuelle des pays émergents. Cependant, alors que l’inflation s’effondre partout, celle du Brésil était encore à 9,5 % en juillet. Pour la juguler, la banque centrale a durci sa politique monétaire. A 14,25 %, son taux d’intervention a quasiment doublé depuis avril 2013.

La situation macroéconomique du Brésil est probablement la plus préoccupante des grands pays, juge Philippe Waechter, chef économiste à Natixis. Pas de croissance, de l’inflation bien au-delà des attentes et une dynamique très insuffisante de l’emploi. Cela pourrait suffire à alimenter la grogne des Brésiliens, mais, en plus, le gouvernement veut regagner de la crédibilité en mettant en place une politique budgétaire plus stricte et donc moins généreuse avec la population. L’affaire Petrobras (le géant pétrolier national) ajoute au mécontentement, car elle reflète une corruption du parti au pouvoir.

La croissance forte et la politique de redistribution qui avaient caractérisé l’ère du président Lula (le prédécesseur de Dilma Rousseff) semblent bien loin aujourd’hui, et les Brésiliens s’interrogent sur leur avenir. Avec Lula, l’économie du pays avait fait un bond en avant, avec des millions de personnes sorties de la pauvreté. Elle avait bénéficié de deux phénomènes spécifiques : les échanges avec la Chine s’étaient accélérés et les matières premières s’étaient renchéries. En conséquence, les revenus et l’activité avaient augmenté de façon spectaculaire, tout en s’inscrivant dans la durée. Cela avait permis une politique sociale tournée vers les moins favorisés.

Depuis, l’économie chinoise n’a plus la même capacité à tirer l’économie mondiale. Le Brésil, à l’instar de nombreux pays émergents, en est pénalisé. La baisse des prix des matières premières est aussi très contraignante pour le Brésil. Comme l’investissement n’a pas été suffisant pendant la période d’euphorie, l’activité interne n’est pas assez robuste pour prendre le relais. D’où l’essoufflement de la croissance et des gains de productivité médiocres. L’emploi est de ce fait pénalisé et les ménages limitent leurs dépenses de consommation. Les ventes de détail (en volume) ont reculé de 3 % sur un an, en juin 2015. Il y a une vraie fragilité économique aujourd’hui, et les menaces de dégradation de la note du Brésil par les agences de notation ne vont pas inciter les investisseurs à revenir rapidement.

L’ « agenda Brasil », signé récemment entre Dilma Rousseff et le président du Sénat, suggère un certain nombre de réformes structurelles pour soutenir l’activité économique. Cependant, si le Brésil a besoin de ces changements en profondeur, cet agenda ne modifiera pas rapidement la donne concernant la croissance et l’emploi. Elles n’auront d’effets possibles qu’à moyen et long terme. La question conjoncturelle posée est plus immédiate. Les Jeux olympiques de Rio, l’an prochain,ne devraient avoir qu’un impact limité sur l’économie, selon Natixis, qui souligne l’apport très limité de la Coupe du monde de football de 2014.

Quant à la monnaie brésilienne, elle est aussi à la peine, traduisant à la fois les incertitudes sur l’économie, l’incapacité de la banque centrale à maitriser l’inflation et une situation extérieure très dégradée. En 4 ans, le real s’est déprécié de plus de moitié face au dollar, et de plus de 40 % face à l’euro, revenant ainsi à un plus bas de 13 ans face à la monnaie unique… Il n’y a a priori pas de raison pour que le real se renforce. Il faudrait pour cela des anticipations plus positives sur l’économie.

Le Brésil souffre de nombreux maux structurels. Le principal est son incapacité à juguler l’inflation, alors que l’économie est en récession. C’est pénalisant pour l’ensemble de l’activité. Cela reflète des gains de productivité insuffisants et met en avant la nécessité d’investir. A court terme, seuls des investissements massifs dans les infrastructures, via notamment l’investissement public, permettraient d’inverser la dynamique tout en modifiant la perception que peuvent avoir les investisseurs internationaux, d’après Philippe Waechter. L’objectif est de pouvoir disposer de plus d’autonomie dans la gestion de la croissance. Si la politique reste restrictive, il faudra attendre la hausse des prix des matières premières. Cela prendra beaucoup trop de temps, risquant de faire réapparaître une instabilité politique que les Brésiliens avaient réussi à écarter.

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La Bourse brésilienne victime de la tempête politique
par Laura Le Saux
Les Echos – 17 août 2015
http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/021266278461-la-bourse-bresilienne-victime-de-la-tempete-politique-1145012.php
Au cœur de la tempête politique qui secoue le pays, la Bourse de São Paulo semble suivre la cote de popularité de la présidente brésilienne, Dilma Rousseff. L’indice Bovespa a chuté de 18 % – en real – et de 27 % – en dollar – depuis son pic de mai. Le scandale de corruption qui entache Petrobras depuis des mois n’a pas aidé. Le cours de l’action du géant public pétrolier a plongé de 34 % depuis début mai, entraînant avec lui tout l’indice.

Le marché d’actions brésilien avait pourtant bénéficié d’une envolée en avril, les investisseurs tablant à l’époque sur la mise en place de réformes en vue d’un redressement budgétaire du pays. Mais en mai, la décision du gouvernement de renforcer la taxation des profits des industries a mis fin à l’embellie et initié un plongeon de la Bourse. Affaiblie, Dilma Rousseff continue de perdre peu à peu tout soutien politique. Selon Victor Benavides, spécialiste de l’Amérique latine chez Mirabaud AM, « la fragilité de sa coalition l’empêche de faire approuver ses mesures au Congrès ». Les réformes se font donc attendre. Il y a pourtant urgence: les économistes, qui prévoyaient début janvier une croissance de 0,5 % pour 2015, pronostiquent désormais une récession de 2 %, la plus forte en 25 ans. En effet selon Victor Benavides, « bien que la détérioration des fondamentaux de l’économie soit continue depuis 2011, on constate une accélération depuis le début de l’année ». Conséquence, la perspective de la dette brésilienne a été abaissée par Standard & Poor’s à « négative » en juillet, alors que sa note n’est qu’à un cran de la catégorie spéculative.

Le ralentissement de la Chine, son premier partenaire commercial, pèse aussi sur le Brésil. « La consommation, sur laquelle repose le nouveau modèle chinois, ne se développe pas aussi rapidement que prévu », souligne l’analyste. Résultat, « en 2014, le Brésil a affiché son premier déficit commercial depuis 2000 ». Premiers affectés, les grands industriels des métaux coupent dans leurs investissements, voire interrompent certaines de leurs activités. C’est le cas du sidérurgique Gerdau, dont l’action a perdu 47 % depuis début mai, ou du minier Vale (– 30 %), qui retire 1/3 de ses revenus de la Chine.

Et ce n’est peut-être pas fini. La Bourse brésilienne pourrait être la première à souffrir de la remontée des taux de la Fed, selon un sondage Bloomberg. Cette perspective pèse sur le real. La devise, qui a plongé de 24 % depuis le début de l’année, s’échange à des plus bas en 12 ans. Pourtant, la faiblesse monétaire a permis à certaines entreprises exportatrices, comme le groupe agroalimentaire BRF ou le constructeur aéronautique Embraer, de tirer parti du gain de compétitivité de leurs ventes à l’extérieur. Aussi, pour Victor Benavides, la déroute boursière ne devrait pas s’accentuer: « une grande partie de la correction est derrière nous, bon nombre de mauvaises nouvelles sont déjà reflétées dans le cours des actions et dans la devise ».

Les places européennes ont connu un crash boursier au cours d’un lundi noir provoqué par le plongeon des bourses asiatiques. Paris a terminé en forte baisse de 5,35% après avoir plongé de plus de 8% en séance.

Les places boursières mondiales ont connu un « lundi noir » dans le sillage des bourses asiatiques. Après un réveil brutal (à l’ouverture la Bourse de Paris perdait 3,5 %, Londres 2,7 %, Francfort 3,2 % et Milan 3,7 %), les marchés du Vieux continent ont creusé leurs pertes l’après-midi. Au point de connaître un véritable crash boursier au moment de l’ouverture de Wall Street . Autour de 15h30, alors que le Nasdaq ouvrait en chute de plus de 8 %, le CAC 40 plongeait de plus de 8 %, le Dax de 7,7 % et le Footsie londonien de 6,7 %.

Wall Street s’est rapidement repris, résistant à la panique. A 18 heures, le Dow Jones lâchait 2,12 % et le Nasdaq réduisait ses pertes à -2,06 %. De quoi soulager les places européennes qui ont légèrement réduit leurs pertes avant la clôture. Mais le mal était fait. La Bourse de Paris a terminé en chute de 5,35%, à 4.383,46 points. Le Dax (-4,70 %) est passé en dessous du seuil de 10.000 points et Londres a perdu 4,67 %, clôturant en dessous de la barre de 6.000 points. Les actions européennes avaient déjà accusé la semaine dernière leur plus forte baisse hebdomadaire depuis quatre ans. Paris a ainsi dégringolé de 6,7 %, marquant sa pire performance hebdomadaire depuis décembre 2014 .

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LE MARCHÉ DES CHANGES EST AUSSI AFFECTÉ

Et pour cause, les inquiétudes entourant la croissance économique en Chine sont persistantes. Les bourses asiatiques ont poursuivi leur débâcle lundi 24 août, à l’image de Shanghai (-8,49 %) qui a enregistré sa plus forte chute en huit ans. Le Nikkei de Tokyo a perdu 4,61 %, tombant à son plus bas niveau depuis six mois. Shenzhen a plongé de 7,61 % et Hong Kong de 5,17 %. La Bourse de Taiwan a même signé sa pire chute en séance, à 7,49 %, avant de clôturer à -4,84 %.

Aucune valeur n’a terminé en hausse sur le CAC 40. Parmi les premières à pâtir du plongeon asiatique, ArcelorMittal (-9,59%), Renault (-6,65 %) ou Total (-7,90 %) ont accusé de lourdes pertes. La plupart des autres poids lourds de la cote ont également subi des dégagements.

Le marché des changes est lui aussi affecté, et l’euro semble jouer un rôle de valeur refuge. A 18 heures, la devise européenne s’échangeait à 1,1592 pour un dollar, contre un peu plus de 1,10 dollar la semaine dernière.

Laura Le Saux

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/021277406595-les-bourses-europeennes-degringolent-dans-le-sillage-de-lasie-1147323.php?LRuUVPGWfkJP6gko.99

Article présenté par Robert Bibeau

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