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?tats-Unis: r?demption, pi?ge ? con

Saint Obama

Obama, figure r?demptrice, joue ? fond le jeu de la puret? ?thique et de la candeur intellectuelle.

YSENGRIMUS?? Je trouve finalement l?un dans l?autre que notre bon vieil imp?rialisme am?ricain l?a pas mal facile au bout du compte en rempla?ant ainsi, sous les?viva!?plan?taires, un?pr?sident mannequin?(terme limpide) par un?pr?sident acteur?(terme volontairement ambivalent) et en se tapant la formidable r?demption que cela entra?ne?

C?est un spectacle cyclique, en fait. Un man?ge circulaire des symboles. Une scintillante poudre aux yeux tricolore. Regardons de plus pr?s cette ?nouvelle donne? du fameux retour du pr?sident qui agit par lui-m?me (par opposition, croit-on, au pr?sident qui se laisse ballotter par les groupes d?int?r?ts). Dans les derniers soixante ans, le Parti D?mocrate a produit les grands?pr?sidents acteurs. Tu ne peux pas aligner FDR, JFK. WJC et BHO sans que les astres ne bougent un peu? Chez le Parti R?publicain, marionnettiste inv?t?r? ayant pilot? beaucoup plus de pr?sidents, deux autonomies ressortent: celle de Richard Nixon et celle de George Bush Senior. Ces deux figures f?tides ont d?ailleurs en commun d??tre deux vice-pr?sidents devenus ensuite pr?sidents en un tout nouveau mandat (donc pas comme Harry Truman, Lyndon Johnson ou Gerald Ford qui finirent le mandat du pr?sident pr?c?dent, mort ou d?missionnaire, ce qui, sauf dans le cas de Ford, les fit rebondir aux commandes). Signe criant de comment ces gars de droite marchent, le marionnettiste des d?buts finit, avec eux, pas attraper le manche et devenir (un peu) acteur? Ces R?publicains sont des manipulateurs de grands pantins sans complexe et leur peuple le sait parfaitement.?Le dernier grand?pr?sident mannequin?avant George W. Bush fut incidemment Ronald Reagan (un ancien acteur? de cin?ma, je veux dire). Cet ample pr?sident vide, qui fut surnomm??le pr?sident de 9 ? 5?(avec sieste l?apr?s-midi) reposait lourdement sur l??quipe et surtout sur son VP et futur successeur, Bush Senior? Il est certes piquant de constater que de placer le fils de l??minence grise de jadis sur le tr?ne du vieux mannequin d?autrefois s?av?ra la supr?me combinaison rat?e de la derni?re d?cennie. Ils ne la referont pas de sit?t, la passe de la marionnette aux commandes, on peut dire cela sans risque? Et subitement, aujourd?hui, patatras, les USA ridiculisent haut et fort ce George W. Bush Junior, poup?e ? la t?te creuse? mais, ce faisant, ils n?effacent en rien son action catastrophique. Cette derni?re ne s?inversera pas pour autant.?Salvador Allende ne revint pas en vie?apr?s la d?mission de Richard Nixon?

Nos bons ricains se tapent tout simplement une petite table rase ?motionnelle en mondovision, une petite r?demption ? grand d?ploiement centr?e sur ce retour ?nouveau? du pr?sident acteur. Ils diffusent quelques rubans?YouTube?bouffons du bouc ?missaire politique du jour et continuent de rouler, droits dans leurs bottes. Oh, oh? M?fiez-vous de ce genre de d?foulement r?dempteur inane. George W. Bush, agneau pascal, moi, je ne mords pas. Son d?part laisse le vivier washingtonien (sans parler de celui de Wall Street) parfaitement inalt?r?? C?est d?ailleurs pour cela qu?Obama compose tant??C?est un vieux truc de politicien de centre-droite que de faire ridiculiser le prince droitier d?chu par les nouveaux thurif?raires. Une figure publique tr?s mod?r?ment progressiste attise les r?actionnaires extr?mes sur cette cause sp?cifique en leur jetant des morceaux de viande ironiques bien poivr?e pour les faire aboyer dans leur clos, chiens hurleurs qu?ils sont. Les idiots mordent, gueulent et r?it?rent leur cause foutue que le prince droitier d?chu ne peut plus porter et notre personnalit? publique de centre droite parait soudain fort avanc?e en se projetant devant ce choeur d?arri?re-garde, manufactur? et entretenu par elle. L?art discret de ne pas avoir ? trop innover, en inculpant en sous-main le pr?d?cesseur.

Obama, figure r?demptrice, joue ? fond le jeu de la puret? ?thique et de la candeur intellectuelle. Toujours aussi g?n?rique sur?les affaires non-domestiques, il incarne sereinement l?ignorance abyssale que l?Am?rique a du monde. Son atout majeur, pour le moment, est que, comme Socrate, il sait qu?il ne sait rien et il l?admet? et il dit ? ses ?missaires diplomatiques de commencer par ?couter. Il veut laisser les id?es pr?con?ues bien entass?es dans le placard du pass? tragique. Nouveaut? fondamentale d?un imp?rialisme en amorce de r?tr?cissement??Oui? Non? Cela fait nouveau, nouveau, nouveau, certes, mais il reste qu?Obama est fondamentalement un centriste, donc, en fait, un chef cuisinier matois qui appr?te les reste en les amalgamant en un subtil m?lange r?chauff?, qui?fait?nouveau? Il m?nage la viande et les patates, la ch?vre et le chou, la gauche et la droite, le Likoud et le Hamas, les tartuffes et les ath?es, le capitalisme et le socialisme. C?est une balan?oire, un pendule qui oscille au dessus des questions. Ce n?est pas qu?il brette ou h?site, c?est qu?il englobe, qu?il embrasse. Or, qui trop embrasse, mal ?treint? Obama admire tout le monde (du moins en parole), n?a pas d?ennemi (du moins en apparence). Tout les monde est beau, gentil et un g?nie.?De par cette dynamique, tr?s Nouveau Monde primesautier dans le style, tr?s Am?rique joyeuse dans le ton, Obama est bien plus am?ricain et bien moins imp?rialiste que plusieurs de ses pr?d?cesseurs, du moins, encore une fois, en apparence.?Et que fait Obama de fondamental dans la dynamique qu?il tente de mettre en place ainsi? Il manifeste, publiquement et politiquement, de l?HUMILIT?. La m?me humilit? qu?il avait justement annonc?e dans son discours inaugural. De l?, deux choix s?offrent ? l?analyse. Soit il s?agit d?une humilit? de Tartuffe et qu?on a affaire, comme du temps de Jimmy Carter, ? l?insertion de la vieille main de fer de l?imp?rialisme am?ricain dans un nouveau gant de velours. Soit il s?agit d?une humilit? effective, sympt?me sociopolitique r?el et profond du fait que l?imp?rialisme am?ricain du si?cle dernier s?approche le plus en douceur possible de la piste d?atterrissage de ce si?cle-ci. Deux choix possibles. Le charme d?Obama nous masque subtilement l?option effective? alors gardons l??il ouvert.

Car, dans les faits, si le vaste dispositif militaire US cessait simplement de tuer des gens un peu partout au monde, de ci de l?, de gauche et de droite pour des raisons qui, on l?a souvent dit, ne correspondent m?me pas ? la volont? effective du peuple am?ricain, ce serait d?j? un d?veloppement bien plus effectif que tout le flafla r?dempteur auquel on assiste en ce moment. Ils peuvent m?me garder leur collets cravates si ?a les amuse, mais simplement qu?ils cessent de reporter la paix au calendes, en changeant les soldoques de place, en rebrassant le paquet de cartes et en maintenant le?bellicisme?de service bien actif sans vraiment s?informer d?avantage? De fait, ? ceux qui voudraient nier l?ignorance que les am?ricains ont de la complexit? du monde qu?ils oppriment, je dirai simplement ceci. Les ?lites ?savantes? de ce pays l?ont mis dans le foss? et l?ont enfonc? dans le discr?dit international le plus profond de son histoire moderne. Obama, lui, c?est clair, s?inscrit en faux devant ces ?savants? que le tout venant admire tant. Il se rapproche de son peuple, lui ressemble, le sert, l?incarne m?me, en disant: ?Je n?y voit goutte, je ne crois pas savoir, je ne sais pas. Il y a l? une complexit? qui m??chappe, il me manque des ?l?ments. Informons nous d?abord car notre savoir ant?rieur est probablement un faux savoir?. Obama tombe la veste (y compris au Bureau Ovale) et joue de mim?tisme populaire. Je ne sais pas s?il agit, mais il montre qu?il agit. Cela, d?ailleurs, avec la stricte rigueur de sa doctrine centriste, n?est pas sans rappeler Juan Domingo Per?n (1895-1974). Per?n (un peu d?ailleurs comme Ren? L?vesque) fut d?abord un homme d??tat oeuvrant au beau risque de m?langer gauche et droite, un peu comme on m?lange soufre et salp?tre dans la poudre ? canon. Dans le cas de Per?n, cela a fini par p?ter de travers, d?ailleurs, populisme, militarisme, dictature, etc. Ici, l?affaire est in?vitablement ? la fois plus compliqu?e et plus grandiose, mais il reste que le jeu d?Obama (aussi au sens de son?jeu d?acteur?) engage un risque politique qui n?a pas grand-chose ? voir avec de la nouveaut? neuve, neuve, neuve? Il veut camper une?Unit? Nationale, comme le voulait le Per?n des d?buts (c?est habituellement un indice du poids de l?adversit? ext?rieure?).?Souffre ? Salp?tre. Il faudra voir o? ?a ira, mais c?est ?a.

Sauf que,?R?demption Globalisante d?Extr?me Centre?ou pas, le monde ne s?arr?te pas de tourner pour autant. Les Talibans r?sistent de mieux en mieux et il va falloir dix mille fois leurs ressources pour esp?rer les planter. Pourquoi? Est-ce comme au Vietnam? Et pourquoi avoir oubli? le Vietnam? Et pourquoi tous les esprits savants, exp?riment?s et subtils des ?tats-majors n?ont-il pas vu celle-l? venir non plus? Mais que sait-on du monde, finalement, bon sang? Approfondir ce conflit, comme Obama pr?tend le faire, est-il une nouvelle erreur, ? la fois imp?rialiste et moraliste, r?sultant directement de l?ignorance qu?il a eu la candeur de nous avouer??Quelle est la profondeur de sa m?compr?hension du genre de racaille locale sur laquelle, en tant qu?occupant, il s?appuie pour gouverner indirectement un pays qu?il tient sous sa botte. La r?demption obamesque ne peut tout simplement pas demander ? son segment compradore afghan de se d?-corrompre quand son propre dispositif d?occupation repose crucialement sur le segment corrompu de la soci?t?. Prier les collabos de se d?-corrompre c?est les prier de s?autod?truire, vu que le fond de leur corruption repose sur le service ? l?occupant? et que c?est parce qu?ils sont corrompus ? la base qu?ils collaborent! Les USA tournent leur marionnette en bouc ?missaire de leur propre imp?rialisme, en faisant cela? S?en rendent-ils compte seulement? L?action d?Obama masque t?elle l?inaction implicite de la force d?inertie de l?immense machinerie qu?il chevauche? Silence planant de ses critiques et de ses supp?ts. Et ce silence planant est un solide indicateur de tendance. Soudain, sous la r?demption d?Obama, l?Am?rique lave plus blanc. Il ne faut plus la critiquer, elle est purifi?e. Hol?, hol?? Non merci. La r?demption US est le plus formidable des pi?ges ? con imaginable de ce d?but de si?cle? et veut veut pas, Obama construit gentil sur les acquis salauds de ses pr?d?cesseurs?

Le 20i?me?si?cle s?est termin? en septembre 2001 sur une brutale l?gitimation. Le 21i?me?si?cle s?est amorc? en novembre 2008 sur une doucereuse r?demption. ? chacun son pi?ge ? con et les r?veils seront douloureux mais, au moins, lucides.

 

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