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?tats-Unis 2008 : Pour en finir avec quelques id?es re?ues

Les citoyens des ?tats-Unis votent pour leur nouveau Pr?sident. Quelques modestes ?l?ments pour appr?hender un peu mieux l’?v?nement (ou ce qui est consid?r? comme tel).

I. Sur l’?lection du 4 novembre 2008.

1. Les sondages au niveau national ne servent ? rien.

EXACT : Le syst?me ?lectoral complexe impose une analyse d?taill?e des sondages ?tats par ?tats. Ce qui aboutit ? ce que la campagne ?lectorale se concentre uniquement sur les « swing States » (les ?tats tangents ou ?tats-clefs) qui peuvent balancer d’un c?t? ou de l’autre, ce qui leur donne une importance politique plus grande que leur r?alit? ?conomique, d?mographique, culturelle etc.

2. Le Pr?sident des ?tats-Unis est ?lu au suffrage universel.

EXACT : Il est ?lu au suffrage universel, mais indirect, par des grands ?lecteurs ?lus dans chaque ?tat, g?n?ralement au scrutin majoritaire, ce qui signifie que le candidat arriv? en t?te dans l’?tat remporte l’ensemble de sa liste de grands ?lecteurs dans cet ?tat. ? noter qu’il n’est donc pas n?cessaire d’avoir la majorit? absolue pour remporter ces grands ?lecteurs, mais seulement la majorit? relative.

3. Les Am?ricains ne s’int?ressent pas ? leurs ?lections car le taux d’abstention est habituellement tr?s fort.

FAUX : Si le taux d’abstention de l’ordre de 50%, c’est parce que dans beaucoup d’?tats o? l’un des candidats a plus de 10% d’?cart par rapport ? l’autre dans les sondages, l’enjeu est quasiment nul. Mais les primaires au Parti d?mocrate ont montr? une inscription massive de nouveaux ?lecteurs (plut?t en faveur de Barack Obama), ce qui montre un int?r?t sensible de la population pour cette ?lection. D’ailleurs, les journalistes am?ricains pensent que le taux de participation de 2008 serait probablement le plus haut depuis plusieurs d?cennies, peut-?tre depuis 1945.

4. Il faut attendre le 4 novembre 2008 pour envisager l’issue du scrutin.

OUI ET NON : Dans beaucoup d’?tat, depuis plusieurs jours, beaucoup d’?lecteurs ont d?j? vot? (dans certains ?tat, pr?s d’un quart des inscrits ont d?j? vot?). Les proc?dures ?lectorales sont plut?t bizarres et peu homog?nes sur tout le territoire des ?tats-Unis (qui rassemble plusieurs fuseaux horaires) et chaque ?tat fait un peu n’importe quoi pour encadrer les conditions de votes. L’issue du scrutin est tr?s incertaine car les sondages ont mesur? beaucoup de fluctuations de derni?res minutes dans les ?tats-clefs.

5. Les ?tats-Unis sont dans un r?gime r?gi par le bipartisme.

OUI ET NON : Il existe en effet deux grands partis, d?mocrate et r?publicain, qui se disputent le pouvoir politique. Mais de nombreux autres partis existent, des libertariens, des ?cologistes, des socialistes, des communistes aussi, mais ils sont ultra-minoritaires. Cependant, en 1992, beaucoup estiment que Bush p?re (38%) a perdu l’?lection face ? Bill Clinton (43%) en raison de la pr?sence de Henry Ross Perot (19%) qui fit perdre beaucoup de grands ?lecteurs ? Bush p?re dans beaucoup d’?tats.

6. Il y aura beaucoup de risques de fraudes dans les urnes pour favoriser MacCain.

PEUT-?TRE MAIS… : Le d?roulement de l’?lection le confirmera ou l’infirmera. Mais ce qui est s?r, c’est que d’une part, il peut y avoir de la fraude aussi en faveur d’Obama (les malhonn?tes ne sont pas tous du m?me camp) et d’autre part, pour favoriser MacCain efficacement, il faudrait des fraudes massives dans de nombreux ?tats, notamment l’Ohio, le Colorado, le Nevada, la Virginie, le Nouveau Mexique, la Pennsylvanie, l’Iowa, la Floride, la Caroline du Nord et m?me l’Arizona n’est pas assur? pour MacCain dont il est pourtant s?nateur.

7. Sarah Palin est la premi?re femme candidate dans un ticket pr?sidentiel pouvant gagner.

FAUX : Geraldine Ferraro a ?t? candidate elle aussi ? la Vice-Pr?sidence sur le ticket d?mocrate de Walter Mondale (ancien Vice-Pr?sident de Jimmy Carter) face ? Ronald Reagan en 1984.

II. Sur les ?tats-Unis.

8. Les Am?ricains veulent ?tre les ma?tres du monde.

OUI ET NON : Les Am?ricains sont surtout des isolationnistes. Les Pr?sidents qui regardent trop ? l’ext?rieur et ne s’occupent pas assez des probl?mes quotidiens des Am?ricains sont rejet?s (comme Bush p?re en 1992). Ce sentiment favorise d’ailleurs la candidature d’Obama qui ne cesse de dire que la guerre en Irak est une erreur strat?gique (qui n’a rien ? voir avec la lutte contre Al-Qaida) et qui co?te tr?s cher aux citoyens, ? leur syst?me de sant?, d’?ducation etc.

9. Les Am?ricains sont ceci, les Am?ricains font cela etc.

ABSURDE : Il est absurde de faire des g?n?ralit?s sur ce que pensent les Am?ricains dans la mesure o? les ?tats-Unis sont un pays tr?s diversifi?, au moins autant que l’ensemble de l’Union Europ?enne est diversifi?e. Les contrastes sont tr?s forts entre une c?te est o? se situent l’?lite am?ricaine, l’intelligentsia, la Californie, terre d’innovation et de challenges technologiques, la r?gion des Grands Lacs, le nord-ouest industriel, les ?tats du Sud, l’Am?rique profonde du Midwest, les terres hostiles de l’Alaska etc.

10. La religion est entr?e dans la politique am?ricaine depuis Bush Jr voire depuis Reagan.

FAUX : La religion a toujours ?t? associ?e ? la vie politique am?ricaine. Pas un Pr?sident am?ricain, qu’il soit r?publicain ou d?mocrate, n’oublie de terminer ses allocutions par un « God bless America » ou un truc du genre, ce qui peut ?tre effectivement tr?s choquant en France dont le principe de s?paration de l’?glise et de l’?tat est une donn?e majeure depuis plus d’un si?cle.

11. Les Europ?ens ressentent des impressions antipathiques contre les Am?ricains.

FAUX : Malgr? les graves diff?rents entre la « vieille Europe » (et en particulier le France) et les ?tats-Unis, cette antipathie semble s’estomper avec la campagne pr?sidentielle aux ?tats-Unis depuis pr?s d’une ann?e avec un int?r?t toujours soutenu pour son issue (et un soutien largement majoritaire en faveur d’Obama). Cet espoir suscit? pendant ces quelques mois montre un renouveau de la sympathie dans les relations entre ces deux entit?s occidentales qui ne pourrait que se renforcer en cas d’?lection d’Obama. Une trop grand attente engendrait cependant bien des d?ceptions.

12. Les personnalit?s politiques am?ricaines veulent avoir des responsabilit?s ?lectives parce qu’ils sont v?naux.

FAUX : Aux ?tats-Unis, au contraire peut-?tre de la France, ceux qui veulent s’enrichir n’ont aucune raison de faire de la politique o? ils seraient moins bien r?mun?r?s et plus surveill?s que dans une entreprise priv?e. D’ailleurs, la d?cision d’Al Gore de jeter l’?ponge alors qu’il venait d’obtenir le Prix Nobel de la Paix et qu’il ?tait populaire montre que ses pr?occupations ?taient plus p?cuniaires que politiques et qu’elles ?taient peu compatibles.

III. Sur le Pr?sident des ?tats-Unis.

13. Le Pr?sident des ?tats-Unis est l’homme le plus puissant du monde.

FAUX : Si effectivement il dirige l’?tat le plus puissant du monde en termes ?conomiques, militaires et culturels, le Pr?sident des ?tats-Unis a des pouvoirs constitutionnels tr?s limit?s par une r?elle s?paration des pouvoirs. Ces limites se montrent notamment au Congr?s o? m?me lorsque le Parti pr?sidentiel est majoritaire (ce qui n’est pas le cas en ce moment), il y a encore beaucoup de n?gociations pour r?diger les lois. Les difficult?s de l’adoption du plan Paulson (seulement ? la seconde tentative ? la Chambre des Repr?sentants) illustrent ce partage des pouvoirs. Le Pr?sident de la R?publique fran?aise a bien plus de pouvoirs (hors p?riode de cohabitation) et peut imposer seul ? la majorit? parlementaire de nombreuses lois sans ?couter les arguments contradictoires.

14. Le Pr?sident des ?tats-Unis est manipul? par des lobbies.

ABSURDE : Si le Pr?sident des ?tats-Unis ?tait une marionnette, il ne serait pas non plus l’homme le plus puissant du monde ! La France a du mal ? comprendre la r?alit? des lobbies (qui existent aussi en France) et qui ont une action corporatiste ?vidente mais peuvent aussi aboutir ? des d?cisions int?ressantes (en terme de normalisation par exemple). Le fait que les lobbies soient tr?s actifs aux ?tats-Unis ne signifie pas que le pouvoir central leur donne raison syst?matiquement. Cela n’emp?che ?videmment pas des affaires de corruption ou d’autres scandales.

15. Il n’y a aucune diff?rence entre un Obama ?lu et un MacCain ?lu.

ABSURDE : Dans le raisonnement d’un Pr?sident am?ricain marionnette, quelle que soit la marionnette, cela reviendrait au m?me, logique. Oui, mais il suffit de raisonner par contraposition (ou par uchronie) : si Al Gore avait ?t? r?ellement ?lu en 2000 (en tout cas, reconnu comme tel), y aurait-il eu les m?mes cons?quences des attentats du 11 septembre 2001 qu’avec George W. Bush ? ?videmment non, car les analyses auraient ?t? sans doute diff?rentes. M?me Bush p?re ?tait contre la destitution de Saddam Hussein. Par ailleurs, si id?ologiquement, il y a en effet peu de diff?rences entre les R?publicains et les D?mocrates, ce qui compte chez un Pr?sident des ?tats-Unis, c’est sa personnalit? et ses collaborateurs, et ce sont l? des diff?rences consid?rables entre Obama, pos? et entour? des plus grands experts, et MacCain, col?rique et ?lectron libre (donc, peu enclin ? s’entourer). Cela dit, rien ne dit que, apr?s et malgr? une analyse approfondie de la situation, un Obama devenu le cas ?ch?ant Pr?sident n’engagerait pas les ?tats-Unis dans une guerre au Pakistan encore plus sordide qu’en Irak. Seul l’avenir le dira.

IV. Sur le choix des candidats.

16. Si Obama perdait l’?lection, il aurait des risques d’?meutes de la « communaut? noire » am?ricaine.

ABSURDE : C’est quasiment une menace pour imposer le vote Obama. S?gol?ne Royal et ses partisans l’avaient propag?e juste avant le 6 mai 2007 (en cas d’?lection de Nicolas Sarkozy, les banlieues se r?volteraient comme en novembre 2005), et finalement, non seulement cela n’a pas eu lieu (heureusement), mais cela n’a pas beaucoup influ? sur le choix ?lectoral (heureusement aussi). D’ailleurs, les m?mes risques d’?meutes pourraient avoir lieu aussi en cas d’?lection d’Obama, toujours provenant de la « communaut? noire » dans le but de prendre leur revanche sur la « communaut? blanche ».

17. Barack Obama est contre la peine de mort, contre la circulation des armes ? feu etc.

FAUX : Obama ne se distingue pas de son adversaire r?publicain sur des sujets de soci?t? qui font g?n?ralement un fort consensus dans la population am?ricaine, et notamment au sujet de la peine de mort (la seule discussion est de savoir si les condamn?s ? mort sont bien coupables des crimes qui leur sont imput?s) ou de la vente d’armes ? feu ? des particuliers. Il en est de m?me sur l’avortement (Obama disant lors d’un d?bat pr?sidentiel qu’ils sont tous les deux d’accord sur le sujet) ou sur le mariage des homosexuels. Obama a d’ailleurs insist? pour vouloir « tuer » le terroriste Ben Laden, ce qui reprend la volont? de Bush Jr de retrouver Ben Laden « mort ou vif ».

18. Les D?mocrates sont des « gentils » et les R?publicains sont des « m?chants ».

ABSURDE : Ce sont les D?mocrates qui ont exploit? le plus massivement les esclaves. Et les Pr?sidents Abraham Lincoln et son successeur Andrew Johnson qui abolirent l’esclavage (13e amendement) furent r?publicains. Ce qui explique la forte tradition des Noirs des ?tats du Sud ? voter pour des candidats r?publicains et pas d?mocrates.

19. Pour les Europ?ens, il vaut mieux que le Pr?sident des ?tats-Unis connaisse bien l’Europe.

OUI ET NON : Un Pr?sident am?ricain qui conna?t bien l’Europe pourrait ?viter de faire des gaffes diplomatiques, mais n’agirait pas forc?ment en faveur de l’Europe si les int?r?ts des ?tats-Unis sont antagonistes. Bill Clinton, qui ?tait ?tudiant en Europe, a su intervenir en ex-Yougoslavie, mais tout montre que si Obama ?tait ?lu, il agirait uniquement en fonction des int?r?ts am?ricains.

20. La campagne ?lectorale s’est focalis?e sur la question raciale ? cause de la pr?sence d’Obama.

FAUX : C’est sans doute l? une profonde ?volution des ?tats-Unis. Malgr? l’origine m?tisse de Barack Obama, la campagne a tr?s rarement mis le th?me racial sur le devant de l’actualit?. ? cela, deux raisons : d’une part, John MacCain a toujours montr? une aversion pour ce genre d’attaques racistes contre son concurrent, qui se seraient sans doute retourn?es contre lui, et lorsqu’il ?tait en cause pour ses liens trop proches avec un pasteur noir tr?s communautariste, Barack Obama en a profit? pour mettre les points sur les i sur ce sujet dans son discours m?morable de Philadelphie du 18 mars 2008.

21. S’il ?tait ?lu, Barack Obama serait le premier Pr?sident noir des ?tats-Unis.

FAUX : Obama est m?tis, de m?re am?ricaine blanche et de p?re kenyan noir. Il a ?t? ensuite ?lev? par sa m?re en Indon?sie puis par ses grands-parents blancs ? Honolulu. Il ne repr?sente pas du tout la « communaut? noire » dite « afro-am?ricaine ». Il n’est pas un descendant d’esclave. Au d?but de sa campagne, il ?tait m?me rejet? par les repr?sentants de la « communaut? noire » qui le voyaient presque comme un « usurpateur » de repr?sentation. On pourrait surtout dire que s’il ?tait ?lu, Obama serait le premier Pr?sident de la mondialisation et du multiculturalisme.

22. L’?lection d’Obama serait une r?volution et tout serait transform? en bien.

FAUX : ?videmment qu’Obama ne va pas bouleverser l’ordre actuel. M?me si aujourd’hui, des R?publicains l’accusent de « socialisme », Barack Obama a toujours ?t? consid?r? comme un « centriste » (comme MacCain du reste) et s’est montr? beaucoup moins ambitieux socialement que Hillary Clinton pour son projet d’assurance de sant?. En revanche, ce qui changerait tr?s rapidement en cas d’?lection d’Obama, ce serait l’image des ?tats-Unis dans le monde. L’?coute et la volont? de comprendre d’Obama auraient tendance ? le freiner ? prendre des d?cisions unilat?rales tr?s contest?es de ses principaux alli?s comme ce fut le cas avec Bush Jr pour l’invasion am?ricaine en Irak.

23. Il y aurait plus de risques d’une nouvelle guerre avec MacCain qu’avec Obama.

FAUX : Les militaires qui ont connu personnellement la guerre savent ? quel point la guerre est atroce et chercheraient, en position de pouvoir, plut?t ? l’?viter. C’est le cas de MacCain qui a ?t? parmi les premiers parlementaires (tous partis confondus) ? s’indigner des tortures commises en Irak. Les d?clarations imprudentes de Barack Obama sur des interventions am?ricaines sur sol pakistanais ou celles de son colistier Joe Biden sur les cons?quences de leur ?ventuelle ?lection ne sont pas plus rassurantes (pour la pr?servation de la paix) que celles de John MacCain sur l’Iran ou celles de Sarah Palin sur le risque d’un conflit avec la Russie.

24. Barack Obama a le soutien de tous les D?mocrates.

VRAI : Tous les caciques du Parti d?mocrate sont derri?re Obama, et m?me le couple Clinton malgr? les nombreuses attaques de Bill Clinton contre Obama pendant les primaires. Al Gore, Howard Dean, John Edward, Ted Kennedy (qui est tr?s malade) etc. ont apport? leur soutien ? Obama.

25. John MacCain a le soutien de tous les R?publicains.

FAUX : Beaucoup de R?publicains qui connaissent la personnalit? de MacCain sont inquiets en cas d’?lection en raison du caract?re tr?s capricieux. Un ancien haut responsable du Pentagone sous Ford et sous Reagan, consid?r? comme un « faucon » r?publicain a annonc? qu’il voterait Obama. Colin Powell, R?publicain pourtant bien docile pour justifier la guerre en Irak, a lui aussi annonc? son soutien ? Obama. Quant aux membres du gouvernement Bush Jr, ils doivent rester discrets pour ne pas handicaper MacCain qui souhaite se distinguer des deux mandats de Bush Jr.

26. Obama et MacCain incarnent tous les deux le « r?ve am?ricain ».

VRAI : Chacun de sa fa?on est l’incarnation du « r?ve am?ricain ». Obama, issu d’une famille peu ais?e, d’un p?re kenyan qui a choisi les ?tats-Unis, qui a b?n?fici? d’aides sociales, qui a finalement r?ussi de tr?s brillantes ?tudes (Harvard) et qui maintenant est en position de favori pour la pr?sidentielle, pr?sente un parcours presque romanesque qui peut s?duire les Am?ricains. Le c?t? « self-made-man » qui rassurent ses concitoyens : m?me en partant de la base, on peut r?ussir. MacCain, fils de militaire, militaire lui-m?me, a montr? son courage physique au Vietnam, puis s’est consacr? aux affaires publiques de son pays avec d?vouement et sinc?rit?. C’est une autre partie du « r?ve am?ricain » qu’il incarne. Les deux candidats peuvent donc ?tre l?gitiment pris comme des « exemples » d’existence, contrairement ? George W. Bush, Al Gore ou John Kerry.

27. Les colistiers sont des boulets pour les candidats.

OUI ET NON : Chacun des candidats ? la Vice-Pr?sidence a aid? son candidat. Joe Biden, malgr? ses nombreuses gaffes (il est r?put? pour cela) et un tr?s faible charisme, a apport? ? Barack Obama sa grande exp?rience de politique ?trang?re et donc sa cr?dibilit? dans sa capacit? ? gouverner. Quant ? Sarah Palin, qui est elle aussi tr?s critiqu?e pour ses gaffes et pour ses interventions simplificatrices, a apport? ? John MacCain la jeunesse, la f?minit?, les valeurs familiales et religieuses, un exemple de « l’Am?rique d’en bas », son charisme et aussi une coh?rence sur le th?me de la lutte contre la corruption et les lobbies. Si beaucoup de R?publicains ont regrett? la d?signation de Sarah Palin, celle-ci a cependant permis de relancer la candidature de MacCain juste apr?s la Convention r?publicaine.

V. Sur les sondages et l’?lection.

28. Les sondages se trompent toujours.

FAUX : Les sondages ne se trompent pas si on sait les lire correctement. Comme toute estimation, ils ont un intervalle d’incertitude de l’ordre de 2 ? 3%. M?me en France, l’arriv?e de Jospin en t?te du premier tour en 1995 ou de Le Pen en deuxi?me du premier tour en 2002 ?taient plausibles ? partir des sondages. Par ailleurs, ils indiquent une tendance instantan?e, comme une photographie de l’opinion, et si celle-ci ?volue, cette ?volution ne peut ?tre enregistr?e.

29. Il est impossible de d?terminer le vainqueur du 4 novembre 2008 ? partir des sondages actuels.

OUI ET NON : Tant que les r?sultats des urnes ne sont pas connus, tout pronostic s’av?re ?videmment douteux et la plus grande prudence s’impose. Cependant, les derniers sondages pris ?tats par ?tats laissent peu de doute quant au futur vainqueur. Les grands ?lecteurs des ?tats-clefs seraient majoritairement attribu?s au candidat d?mocrate. Au 3 novembre 2008, Obama jouirait d’une avance de plus de 4% dans l’Ohio, le Colorado, le Nevada, le Nouveau Mexique, la Pennsylvanie, le New Hampshire, l’Iowa et en Floride. Les sondages ces derniers jours ont montr? toutefois des fluctuations de 3 ? 4% dans un sens comme dans l’autre qui montrent que beaucoup d’?lecteurs restent ind?cis et MacCain a beaucoup progress? dans l’Indiana, la Virginie, la G?orgie et la Pennsylvanie.

30. Les R?publicains vont organiser un ?v?nement juste avant les ?lections pour les favoriser.

FAUX : C’est d?j? trop tard. Aucun ?v?nement susceptible de modifier les tendances actuelles n’a ?t? constat? : retour de Ben Laden dans l’actualit?, attentat ou menaces d’attentat sur le territoire am?ricain, invasion de l’Iran etc. Par ailleurs, des risques suppl?mentaires pour la s?curit? des ?tats-Unis ne favoriseraient pas forc?ment MacCain. La cr?dibilit? d’Obama sur la guerre en Irak a m?me d?pass? celle de MacCain il y a deux semaines.

31. Les Europ?ens, et en particulier, les Fran?ais, ne sont pas concern?s par les ?lections am?ricaines car ils ne votent pas.

ABSURDE : Bien s?r que les citoyens europ?ens ne votent pas pour une ?lection se d?roulant dans un pays ?tranger. En revanche, chacun sait que l’identit? du nouveau locataire de la Maison Blanche aura des cons?quences d?cisives dans les relations entre les pays europ?ens et les ?tats-Unis et m?me sur la destin?e de bien des Europ?ens. Il suffit, pour s’en rendre compte, de constater par exemple l’implication des Fran?ais (entre autres) ? la guerre en Afghanistan et ses corollaires terribles. L’influence politique, militaire, ?conomique, financi?re, culturelle… des ?tats-Unis fait qu’aucun ?tat du monde ne peut ?tre indiff?rent ? l’?lection du nouveau Pr?sident des ?tats-Unis et que, souvent, beaucoup de probl?mes nationaux ont une origine am?ricaine (c’est flagrant avec la crise financi?re).

32. L’issue des ?lections du 4 novembre 2008 sera connue rapidement.

PROBABLEMENT : Les fortes mobilisations des sympathisants au cours des meetings ?lectoraux (surtout dans le camp d?mocrate o? plus de cent mille personnes ?taient parfois pr?sentes) laissent entendre que malgr? l’ind?cision, un camp serait nettement en t?te. Les m?dias laissent entendre que les enjeux de 2008 seraient beaucoup importants que lors de bien d’autres ?lections et pourraient encourager les citoyens ? aller voter. Cependant, l’AFP a fait tr?s fort puisque d?s le 2 novembre 2008 ? 6 heures 25 du matin, l’agence a annonc? la victoire d’Obama deux jours avant le jour des ?lections !

Chuuut ! Je me tais.

Maintenant, les Am?ricains votent…
Et les Europ?ens vont observer.

Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (3 novembre 2008)

Pour aller plus loin :

Sondages au jour le jour.

Les d?bats pr?sidentiels de 2008.

The Amazing Race (Washington Post du 2 novembre 2008).

Forte participation ?lectorale ? pr?voir aux ?tats-Unis.

Interview d’Obama par CNN.

50 raisons de ne pas voter pour Obama.

Obama a d?j? gagn? deux jours avant l’?lection !

Agenda des manifestations fran?aises pour les ?lections am?ricaines.

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