Et pourtant il tourne !

Le keyn?sianisme fonctionne! Il nous aide ? comprendre la crise ?conomique et financi?re europ?enne, il nous en indique clairement les motifs et met en ?vidence les responsabilit?s. Idem pour les rares succ?s figurant au palmar?s des politiques ?conomiques mises en place en Europe depuis le d?clenchement du psychodrame, toutes redevables au keyn?sianisme. Ceux qui, stigmatisant des taux d’int?r?t proches du z?ro, pr?voyaient les foudres de l’hyper inflation sont en effet bien silencieux aujourd’hui… Le « whatever it takes » lui-m?me ass?n? par Mario Draghi en ?t? 2012 constitue du reste la plus belle des professions de foi keyn?sienne selon laquelle la BCE n’h?siterait pas ? activer g?n?reusement sa planche ? billets d?s lors qu’il s’agirait de sauver l’euro !

Il n’est pas jusqu’au d?clenchement m?me de la crise europ?enne que la th?orie keyn?sienne basique n’ait vu venir. Comment en effet mener ? bien une union mon?taire dont les pays membres seraient n?cessairement (un jour ou l’autre) confront?s ? des chocs asym?triques, pour avoir perdu le contr?le sur leur politique mon?taire? En faisant tout bonnement appel ? l’outil keyn?sien par excellence, ? savoir une politique contre cyclique … qui ne fut ?videmment pas mise en chantier par des Etats europ?ens incapables d’alourdir la fiscalit? et d’intensifier la r?gulation dans une conjoncture de forte croissance ?conomique.

Tout peut donc ?tre expliqu? ? l’aune du prisme keyn?sien, entre autres cette absence de mesures contre cyclique qui devait conduire ? une demande, ? une consommation et ? des investissements excessifs en Europe p?riph?rique. Avec, ? la cl?, une inflation dont les effets imm?diats furent une d?t?rioration de sa comp?titivit?, dans un contexte o? l’honneur ?tait sauf puisque les sacro-saints crit?res du Pacte de Stabilit? ?taient respect?s. Anesth?si?s par l’euphorie ambiante, les dirigeants de l’?poque ne se rendirent ?videmment pas compte que leurs exc?dents n’?taient que la r?sultante de leurs bulles sp?culatives, et que leurs soldes comptables (comme leur respect des crit?res des 3% et des 60%) ?taient bien plus le signal d’une boulimie maladive que d’une saine gouvernance.

Pendant que l’Allemagne – stigmatis?e alors comme ?tant l' »Homme malade de l’Europe » – creusait irr?m?diablement l’?cart du haut de son dumping salarial en profitant d’une inflation ?lev?e chez ses voisins, tandis qu’elle mettait tout en oeuvre pour la comprimer chez elle. La recette pour se tailler – dans le cadre d’une union mon?taire – la part du lion en termes de comp?titivit?? Maintenez dans votre pays une inflation tr?s basse et encouragez les pouss?es inflationnistes chez vos voisins…

Comment expliquer ? cette Allemagne qui exerce depuis plus de dix ans une intense pression sur la BCE visant ? r?duire encore et toujours sa tol?rance ? l’inflation, que le propre d’une union mon?taire est d’abord d’avoir un objectif d’inflation qui soit commun ? tous les pays membres ? Et comment expliquer les ?carts de comp?titivit? flagrants entre Nord et Sud autrement que par ces ?carts d’inflation ?

Si, ? mesure de l’aggravation de la crise, l’aust?rit? g?n?ralis?e impos?e en Europe ne fut pas pr?vue par les keyn?siens, c’est qu’elle constituait une authentique aberration en regard de tous les fondements ?conomiques, financiers et rationnels… qui devait logiquement se conclure en une seconde r?cession – celle de 2012 – et par la d?flation – celle d’aujourd’hui! Pour autant, que leur faut-il, aux ennemis haineux du keyn?sianisme, pour enfin reconna?tre leur ?chec? Encore plus de ch?meurs, de pauvret?, d’in?galit?s et d’abus perp?tr?s par le monde de la finance?

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