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Est-ce que le capitalisme implique la destruction de l?environnement?

L?une des critiques les plus fr?quentes du capitalisme est qu?il occasionne la destruction de l?environnement. Ces critiques ?manent souvent du mythe selon lequel la qualit? de notre environnement est en constante d?gradation. Si vraiment la pollution ?tait devenue un si grave probl?me, nous observerions que l’?tat de sant? des populations des pays industriels ne cesse de se d?grader. Or, c’est plut?t le contraire qui se produit?: l’esp?rance de vie moyenne a fortement progress? depuis le d?but du si?cle et a continu? de s’allonger au cours des deux derni?res d?cennies. Cela va de pair avec le fait que la qualit? de l?air et de l?eau s?est nettement am?lior?e au cours de ces deux d?cennies.

Si on utilise l?indice de libert? ?conomique de l?Institut Frazer comme mesure du niveau de capitalisme d?un pays et qu?on le compare ? l?indice de performance environnementale d?velopp? par les universit?s de Yale et Columbia, on constate que plus un pays est capitaliste (i.e. libre ?conomiquement), plus sa performance environnementale est ?lev?e.

Si les r?gimes capitalistes ?taient n?fastes pour l?environnement, nous nous attendrions ? observer une performance environnementale sup?rieure dans les pays socialistes, ce qui n?est absolument pas le cas. En fait, les endroits les plus pollu?s de la terre sont situ?s dans des anciens ou pr?sents pays socialistes tels que l?ancienne Union Sovi?tique, la Chine, la Pologne, la Tch?quoslovaquie et l?Allemagne de l?Est.[1]

Ces observations ne sont pas surprenantes. L?une des pierres angulaires du capitalisme est la protection des droits de propri?t?. Or, par d?finition, les pays socialistes ne reconnaissent pas la propri?t? priv?e. Quand personne n?est propri?taire d?un terrain, personne n?y fait attention. Les ?conomistes ont nomm? ce ph?nom?ne ??la trag?die des biens communs??.[2] L’exemple typique illustrant ce ph?nom?ne est celui d’un champ commun ? tout un village, dans lequel chaque ?leveur vient faire pa?tre son propre troupeau. Pour chaque ?leveur, le b?n?fice ? ajouter une nouvelle b?te dans son troupeau est tr?s grand alors que le co?ts, soit l?herbe consomm?e par la b?te dans le champs, est r?parti ? l?ensemble des ?leveurs puisque le champs appartient ? tout le monde. Chaque ?leveur a donc un incitatif ? avoir le plus de b?tes possible dans son troupeau puisqu?il r?colte les b?n?fices et partage les co?ts. Rapidement, chaque ?leveur emm?ne autant d’animaux que possible pa?tre dans le champ commun et le champ devient vite une mare de boue o? plus rien ne pousse. Si chaque ?leveur avait un droit de propri?t? concernant une portion du champs, chaque ?leveur aurait un incitatif ? adapter la taille de son troupeau de fa?on ? ce que l?herbe continue de pousser, assurant ainsi la p?rennit? de la ressource.

La pollution est ce qu?on appelle une externalit? n?gative de la production de biens et services. Nous pourrions ?liminer toute la pollution humaine en ne produisant plus rien, mais comme cela occasionnerait une immense baisse de notre niveau de vie, il y a un niveau de pollution que nous sommes pr?ts ? tol?rer pour nous assurer un niveau de vie d?cent. Comment d?terminer ce niveau? C?est l? que les droits de propri?t? entrent en jeu. Si vous polluez votre propre propri?t?, cela ne regarde que vous. Si la pollution que vous g?n?rez endommage la propri?t? de votre voisin, vous devrez d?dommager ce dernier.

C’est cette dynamique qui ne fonctionne pas au niveau de l’exploitation des gaz de schiste au Qu?bec. Le gouvernement s’est appropri? la propri?t? du sous-sol, si bien que les propri?taires de la surface des terrains n’ont pas leur mot ? dire. Cette expropriation implicite fait en sorte que la protection des droits de propri?t? des r?sidents est d?ficiente. Ceux-ci font donc?face ? un risque qui leur est impos? et le gouvernement,? friand d?obtenir les redevances gazi?res pour financer ses d?penses et soucieux de ne pas d?plaire aux entreprises impliqu?es, s?av?re fort n?gligent ? l??gard de la protection de la propri?t? des citoyens face ? ce risque. Si les propri?taires des terrains b?n?ficiaient aussi des droits de propri?t? du sous-sol, ceux-ci pourraient conclure?des ententes gr?-?-gr? avec les entreprises gazi?res. Les propri?taires pourraient exiger par ces ententes que les?exploitants r?tablissent le terrain dans une condition acceptable une fois les op?rations termin?es et que toute contamination des nappes phr?atique soit accompagn?e d’une lourde p?nalit?. Dans les circonstances, il y aurait fort ? parier que les entreprises de forage prendraient de biens plus grandes pr?cautions pour ne pas endommager l’environnement. De cette fa?on, la propri?t? totale du terrain?permettrait au propri?taire?de faire en sorte d’?viter que son terrain ne soit pollu? de fa?on ? en pr?server la valeur, de s’exposer ? un niveau de risque qu’il juge convenable et d’obtenir un d?dommagement si sa propri?t? est endommag?e.

En fait, la plupart des probl?mes environnementaux sont caus?s par une mauvaise d?finition et protection des droits de propri?t?. Les nappes d?eau pollu?es, les poissons en surp?che et les coupes ? blanc de for?ts vierges sont tous des probl?mes d?coulant de l?absence de droits de propri?t? priv?e.

Par exemple, si des p?cheurs pouvaient acqu?rir des portions de l?oc?an pour la p?che, ils auraient un incitatif ? ne pas sur-p?cher sur leur territoire de fa?on ? ce que les populations de poissons lui permettent de soutenir ses revenus ? long terme et pr?servent la valeur de sa propri?t?. C?est en quelque sorte ce que les gouvernements tentent de r?pliquer en vendant des quotas aux p?cheurs. Par ailleurs, m?me sans droits de propri?t? marins, le march? impose une certaine discipline aux p?cheurs. Tout d?abord, lorsqu?une esp?ce de poisson est sur-p?ch?e et devient plus rare, son prix augmente ce qui rationne la consommation de cette esp?ce. De plus, dans le but d?assurer la p?rennit? de leur mod?le d?affaires et la stabilit? de leur approvisionnement, les transformateurs alimentaires tels que High Liner et Clearwater exigent de leurs fournisseurs une certification quant ? la soutenabilit? de leurs pratiques. Il y a d?ailleurs une certaine demande pour des produits ainsi certifi?s de la part des consommateurs.

Un autre bon exemple de probl?me environnemental r?sultant d?une mauvaise d?finition des droits de propri?t? est la d?forestation de la for?t amazonienne. Une bonne partie de cette for?t n?est la propri?t? de personne, ce qui n?incite pas la population ? en prendre soin. L?absence de droits de propri?t? facilite grandement la t?che aux grileiros, qui br?lent ces for?ts pour les convertir en terres agricoles. Il y a plusieurs fa?ons par lesquelles des droits de propri?t? pourraient r?gler ce probl?me. Tout d?abord, le gouvernement devrait reconna?tre les droits de propri?t?s des soci?t?s indig?nes qui ont ?tablit domicile dans ces for?ts depuis longtemps. En Amazonie, leur population est en constant d?clin alors qu?ils se font exproprier leurs terres. Ni l??tat, ni les corporations, ni les grileiros n?ont la l?gitimit? de s?approprier ces territoires par la force puisqu?ils sont la propri?t? de ces tribus. Deuxi?mement, les agriculteurs et ?leveurs op?rant en Amazonie sont reconnus pour leur tr?s faible productivit? en raison du manque d?investissement r?sultant du simple fait que n??tant pas propri?taires de leur terre, ils op?rent ill?galement.[3] Pour cette raison, ils doivent sans cesse se d?placer et agrandir leur territoire ce qui implique une d?forestation plus importante. Avec des droits de propri?t? bien d?finis, ceux-ci seraient en meilleure position pour investir dans leur propri?t? afin d?am?liorer leurs rendements et pourraient obtenir du financement pour le faire. Troisi?mement, avec des droits de propri?t? bien ?tablis, d?autres utilisateurs de la for?t pourraient en acqu?rir certaines portions. Par exemple, il est bien connu que la d?forestation nuit aux pr?cipitations, ce qui est mauvais pour la production hydro?lectrique. Les producteurs d?hydro?lectricit? pourraient donc acqu?rir des parcelles de terre ? cet effet et les maintenir bois?es. C?est similaire ? ce qui a ?t? fait au Costa Rica, o? les producteurs hydro?lectriques paient les propri?taires forestiers pour ne pas couper les arbres. Ce genre de mesure a contribu? ? r?duire le taux de d?forestation.[4] Il serait aussi dans l?int?r?t des entreprises d??cotourisme d?acqu?rir des territoires pour pr?server leurs op?rations. Les compagnies pharmaceutiques pourraient aussi acqu?rir des terrains, car ces for?ts bio-diversifi?es pourraient mener ? des d?couvertes m?dicales tr?s lucratives. Ce fut notamment le cas pour l?Aspirin et le Taxol.

Autre exemple : la d?sertification qui a frapp? le Sahel africain. Les sp?cialistes reconnaissent que la d?sertification est g?n?ralement li?e ? une surexploitation du sol par des pratiques d’?levage inappropri?es ou des habitudes de d?forestation excessive qui ruinent l’?quilibre ?cologique du milieu naturel. Mais pourquoi de telles pratiques ? Il s’agit le plus souvent de r?gions d’?conomie tribale ? populations non s?dentaires o? la terre et ses ressources sont trait?es comme un bien collectif. Dans un tel syst?me ceux qui vont chercher le bois n’ont aucune raison de faire attention ? ne pas couper plus de branchages qu’il ne leur en faudrait r?ellement pour couvrir leurs besoins imm?diats. On coupe carr?ment le buisson et on l’emporte, car sinon, on n’a aucune garantie que quelqu’un d’autre ne le fera pas. Autrement dit, on ne voit pas pourquoi quelqu’un se pr?occuperait de planter de nouveaux arbustes, d’entretenir ceux qui existent, ou encore de d?velopper l’irrigation, puisque investir dans ce type d’activit? aboutit tout simplement ? rendre disponible une ressource que d’autres peuvent ensuite gaspiller. Il y a quelques ann?es, les experts de la N.A.S.A. furent intrigu?s par une photographie prise par un de leurs satellites. Au milieu de l’?norme tache brune du d?sert, ils distinguaient une tache verte surprenante. Qu’est-ce que cela pouvait bien ?tre ? Une visite sur le terrain leur donna la r?ponse : tout autour de la tache verte il y avait un simple fil de fer barbel? d?limitant une propri?t? priv?e! M?me au milieu du d?sert, une simple barri?re suffisait ? faire rena?tre la vie.

D?autre part, les droits de propri?t? ont fait des miracles concernant la protection de la vie sauvage au Zimbabwe. Dans ce pays, les fermiers et autres propri?taires terriens, n?avaient pas le droit de b?n?ficier ?conomiquement de la chasse de certaines esp?ces animales. Certains de ces animaux causaient beaucoup de dommages ? leurs troupeaux et ? leurs r?coltes. Le comportement qui r?sultait de cette dynamique consistait simplement ? ce que ces propri?taires tuent ces animaux et laissent pourrir les carcasses sur place. R?alisant l?ampleur de la catastrophe et son incapacit? ? rem?dier ? la situation, le gouvernement a attribu? des droits de propri?t? sur la vie sauvage en 1975. C?est alors que la vie sauvage, qui ?tait en d?clin depuis des d?cennies, s?est mise ? prolif?rer sur les territoires priv?s du pays. Les propri?taires terriens ont alors form? des zones prot?g?es d?di?es, entre autres, ? l?industrie du safari touristique. Plusieurs esp?ces menac?es d?extinction ont ?t? sauv?es et ont alors vu leur population augmenter significativement (par exemple?: le rhinoc?ros noir). Cependant, suite aux probl?mes politiques survenus au Zimbabwe depuis le d?but des ann?es 2000s, cr?ant chaos et anarchie au pays, ces propri?t?s priv?es ont ?t? viol?es et saccag?es. La population affam?e s?est mise ? chasser tout ce qui bouge pour subsister. Des superficies ?normes de for?t ont ?t? ras?es. En fait, la propri?t? priv?e n?est plus prot?g?e au Zimbabwe, au grand d?triment de la vie sauvage du Sud de l?Afrique.[6]

Par ailleurs, l?autre raison pour laquelle les pays plus capitalistes ont une meilleure performance environnementale est qu?ils sont g?n?ralement plus riches et plus innovateurs. Les produits plus respectueux de l?environnement, tels que l??lectricit? ?olienne, les aliments ??bio??, les v?hicules hybrides et les syst?mes g?othermiques, co?tent plus cher et ne sont pas abordables pour les pays pauvres. Ce sont aussi des technologies plus avanc?es que les produits conventionnels plus polluants. Donc, en favorisant la cr?ation de richesse et l?innovation, les nations plus capitalistes favorisent l?adoption de solutions plus ?cologiques.

Qu?en est-il de la pollution de l?air? Si une personne peut d?montrer que sa propri?t? (incluant son corps) a ?t? endommag?e par la pollution de l?air, le pollueur devrait ?tre requis de d?dommager cette personne ? condition que le lien de causalit? entre le dommage et le pollueur puisse ?tre d?montr?. ? cet ?gard, les gaz ? effet de serre (GES) constituent un cas particulier puisque tant les dommages que les sources de pollution sont tr?s diffus. Les GES sont ?mis par des milliards d?individus et se propagent dans l?atmosph?re du monde entier. D?autre part, les dommages sont tr?s difficiles ? quantifier et la causalit? entre les ?missions humaines de GES et les changements climatiques n?a pas ?t? d?montr?e hors de tout doute ?tant donn? les faiblesses majeures du rapport du GIEC. Les scientifiques sont plut?t partag?s sur la question, le climat ?tant une chose excessivement complexe ? mod?liser et pr?voir. Les autorit?s se pr?occupent essentiellement du dioxyde de carbone g?n?r? par l?activit? humaine alors que celui-ci repr?sente moins de 5% des GES. En revanche, les co?ts et l?impact sur le niveau de vie des humains de r?duire significativement les ?missions de dioxyde de carbone sont tr?s ?lev?s. Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ou ne serait-il pas plus envisageable de tenter de s?adapter aux changements climatiques au lieu de tenter de les emp?cher? D?autre part, est-ce que les changements climatiques repr?sentent le probl?me le plus important ? r?gler pr?sentement pour l?humanit?? Ces milliards qui seront d?pens?s par les gouvernements pour r?duire les ?missions de GES et qui finiront dans les poches des entreprises qui militent aupr?s des politiciens pour qu?une l?gislation r?gulant les ?missions de GES soit adopt?e (incluant des entreprises fond?es par Al Gore lui-m?me) ne pourraient-ils pas ?tre utilis?s pour ?radiquer la faim dans le monde ou b?tir des infrastructures dans les pays pauvres?

Le fiasco de l??thanol am?ricain est un bon exemple des mauvaises interventions gouvernementales dans le but de prot?ger l?environnement. En 2008 seulement, les subventions am?ricaines pour l??thanol ont totalis? $4 milliards soit $82 par baril et $1.95 par gallon. [5] L?Energy Policy Act de 2005 exige la production de 7.5 milliards de gallons par ann?e d?s 2012 alors que l?Energy Independence Act de 2007 requ?rait la production de 9 milliards de gallon en 2008 et 36 milliards de gallons en 2022. En 2009, la production ?tait d?environ 10 milliards de gallons, exclusivement ? partir du ma?s. Des ?tudes ont d?montr? qu?en incluant toutes les ?tapes de sa production, l??thanol de ma?s est l?g?rement plus polluant que l?essence. Sa production requi?re beaucoup d??nergie, de fertilisants, de pesticides et d?eau. La monoculture du ma?s a des cons?quences n?fastes sur les ?cosyst?mes environnant, causant notamment l??rosion du sol, l?appauvrissement de la terre et la contamination de l?eau. De plus, les subventions et exigences gouvernementales ont fait en sorte que beaucoup de fermes se sont d?di?es ? la production de ma?s pour l??thanol, ce qui a fait monter les prix des denr?es alimentaires et g?n?r? une crise en 2008. Les exigences am?ricaines en mati?re d??thanol ont aussi stimul? la production ailleurs, notamment au Br?sil, o? les co?ts sont 30% moins ?lev?s et le processus de production plus ?cologique gr?ce ? l?utilisation de la canne ? sucre plut?t que du ma?s. Cependant, les fermiers br?siliens d?truisent la for?t amazonienne pour augmenter leur production. N?anmoins, les importations sont limit?es car les tarifs douaniers am?ricains sur les importations d??thanol sont de $0.54 par gallon plus 2.5% de la valeur, ce qui est passablement ?lev?. Malgr? la connaissance de ces faits accablants, le gouvernement maintient le cap. La raison est fort simple?: le lobby des agriculteurs est tr?s puissant et un contributeur significatif ? la caisse ?lectorale des politiciens du Midwest. Les producteurs de ma?s ont fait des affaires d?or gr?ce ? l??thanol et aux subventions qui y sont associ?es.

Et que dire du d?sastre de l?industrie de l??nergie solaire en Espagne? Au d?but des ann?es 2000s, le gouvernement de Jos? Luis Rodr?guez Zapatero d?clara vouloir faire de l??nergie verte une des cl?s de son mod?le productif et promit d?utiliser les fonds publics pour propulser les entreprises du secteur. Entre 2004 et 2007, le gouvernement subventionna ce secteur ? hauteur de $0.44 par kW/h pour les 25 prochaines ann?es, plus de dix fois le prix moyen pay? pour les autres ?nergies. ?videmment, un grand nombre d?agriculteurs se ru?rent sur l?aubaine et couvrirent leurs champs de panneaux, d?truisant parfois leurs plantations au passage. Pour l?ann?e 2009 seulement, le co?t pour le contribuable espagnol s??leva ? pr?s de 6 milliards d?euros. Cette ru?e vers l?or g?n?r?e par le gouvernement espagnol fut si soudaine que les investisseurs espagnols durent importer la majeure partie des panneaux solaires parce que les producteurs locaux ne pouvaient satisfaire la demande et ce au plus grand b?n?fice des producteurs allemands et chinois.

Malheureusement, ce mirage ne dura que peu de temps. Trois ans apr?s l?adoption de la loi, le gouvernement d?t se r?tracter. Face ? l??vidence du d?sastre ?conomique, il se rendit compte du scandaleux gaspillage que repr?sentaient ces subventions qui rench?rissaient spectaculairement l??lectricit? sans assurance aucune que le secteur de l??nergie verte devienne un jour rentable et qu?une telle industrie se d?veloppe ?ventuellement en Espagne. En 2010, face ? l??norme d?ficit public qui obligeait le gouvernement ? r?duire salaires et pensions, celui-ci comprit qu?il devenait intenable de payer 6 milliards d?euros par an pour de l??lectricit? si ch?re ? produire. Le ministre Miguel Sebasti?n d?cr?ta une r?duction drastique de 40% des subventions, rendant insoutenables la plupart des installations actuelles. La majeure partie de la capacit? des installations solaires espagnoles dispose d?une puissance inf?rieure ? 100kW. Il ne s?agit donc pas de grandes entreprises qui font faillite ou doivent renvoyer du personnel, mais bien d?innombrables familles qui se fi?rent aux promesses du gouvernement et se lanc?rent dans des projets financi?rement insoutenables, lesquelles se trouvent aujourd?hui ruin?es. Au final, ? peine 2.7% de l??lectricit? consomm?e en Espagne est produite par l??nergie solaire.

En 2010, nous avons eu un autre exemple d?montrant que l?intervention gouvernementale cr?e souvent d?importants probl?mes environnementaux. L?accident reli? ? la plateforme Deepwater Horizon de la compagnie BP a caus? le d?versement de 4.9 millions de barils de p?trole dans le Golfe du Mexique. Premi?rement, l?agence du gouvernement f?d?ral responsable de la r?glementation de cette industrie avait approuv? toutes les ?tapes du forage. Le forage de BP se trouvait sur un territoire appartenant au gouvernement, celui-ci per?oit donc des royaut?s sur la production. C?est en quelque sorte un conflit d?int?r?t puisque d?un c?t? le gouvernement veut maximiser ses revenus de royaut?s alors que de l?autre il doit r?glementer l?industrie. Le gouvernement a donc un incitatif ? minimiser la friction r?glementaire, d?autant plus que les compagnies p?troli?res ont d?importants lobbys et sont d?importantes contributrices aux caisses ?lectorales des politiciens. Deuxi?mement, bien que BP soit responsable des co?ts de nettoyage de la fuite, une loi limite sa responsabilit? concernant les dommages ?conomiques, tels que la perte de revenus des p?cheurs, ? $75 million, comparativement ? une estimation de ces pertes ? $15 milliards. Pourquoi un tel privil?ge? Probablement parce que le gouvernement am?ricain est infest? de politiciens ayant des int?r?ts financiers dans le p?trole ou recevant d?importantes contributions ?lectorales de ces entreprises. Si BP avait eu ? assumer la pleine responsabilit? de ces co?ts, elle aurait peut-?tre adopt? un comportement plus prudent et l?accident n?aurait peut-?tre pas eu lieu. Troisi?mement, la r?glementation interdit aux compagnies p?troli?res de pratiquer des forages en eaux peu profondes. C?est pour cette raison que BP forait ? 1.5 kilom?tres de profondeur sous l?eau malgr? les risques plus ?lev?s d?accident et la plus grande difficult? ? colmater une fuite lors d?un ?ventuel accident. La r?glementation gouvernementale fait donc en sorte d?augmenter le risque d?accident en repoussant le forage p?trolier en eau plus profonde.

L?autre crainte face au capitalisme concerne l?extinction des ressources naturelles. Cette crainte ne date pas d?aujourd?hui, elle date des travaux de l??conomiste britannique Thomas Malthus vers la fin du 18e si?cle. Malthus croyait que la terre n?avait pas suffisamment de ressources naturelles pour supporter plus de 1?milliard d?individus. Suite ? ses travaux, plusieurs politiciens ont milit? en faveur de politiques malthusiennes prescrivant des restrictions sur la croissance d?mographique. L?erreur de Malthus a ?t? de grandement sous-estimer le d?veloppement technologique et la capacit? d?adaptation d?une ?conomie libre. Malgr? l?absurdit? des th?ories malthusiennes, on entend encore aujourd?hui le m?me genre d?argument justifiant des r?ductions de la population.

Dans une ?conomie libre, plus une ressource se fait rare, plus son prix augmente. Cette augmentation du prix d?courage la consommation de cette ressource et favorise la recherche de technologies plus efficientes (i.e. n?cessitant une moindre quantit? de la ressource en question) ou de substitut ? cette ressource. Le prix agit donc tel un gardien des ressources de la terre et fait en sorte que l?utilisation de ces ressources soit la plus efficiente que possible.

Imaginez qu?une mine de cuivre soit mise aux ench?res. Les acheteurs potentiels auront diff?rentes anticipations relativement aux prix futurs du cuivre. Certains pourraient croire que le prix du cuivre est ?lev? et qu?il va chuter par la suite; ceux-ci auront tendance ? miser un plus bas prix et ? chercher une exploitation rapide de la mine. En revanche, ceux qui croiraient que le prix du cuivre serait plut?t enclin ? augmenter miseraient un prix plus ?lev? et ? ne pas exploiter la mine imm?diatement, puisqu?ils esp?reront retirer plus tard un profit beaucoup plus ?lev? suite ? l?augmentation du prix du cuivre. Selon la loi des ench?res c’est le plus offrant qui l’emporte, ce qui, en l’occurrence, signifie que parmi tous les acheteurs potentiels, celui qui aura mis? le prix le plus ?lev? sera aussi celui qui aura tendance ? conserver la ressource ? long terme. On constate donc que le libre-march? permet ? ceux qui valorise le plus les ressources dans une optique ? long terme de les acqu?rir et de r?guler leur consommation en maximisant la valeur de la ressource.

La terre est un v?ritable amas de mol?cules chimiques d?un volume de plus d?un billion de kilom?tres-cubes de mati?re. ?videmment, ce n?est qu?une infime fraction de cet amas de mati?re qui a une utilit? ?conomique pour l?humain. Contrairement ? ce que la plupart des gens s?imaginent, cette quantit? de mati?re ?conomique utile ne diminue pas. En fait, elle augmente! Au fur et ? mesure que le savoir-faire technologique de l?humanit? s?am?liore, nous devenons de plus en plus efficaces ? extraire cette mati?re ? un co?t raisonnable et ? l?utiliser de mani?re aussi efficiente que possible. Par exemple, ? l??ge de pierre, la quantit? d?acier ?conomique utile ?tait de z?ro. Par la suite, lorsque l?humain a invent? la pelle, la brouette et la forgerie, cette quantit? a augment? substantiellement. Avec l?av?nement des bulldozers, pelles m?caniques et camions lourds, cette quantit? est devenue encore plus grande, augmentant encore plus la quantit? d?acier accessible ? l?humain ? co?t raisonnable. Par ailleurs, ces mat?riaux n?ont aucune valeur enfouis sous la terre. C?est entre nos mains que ceux-ci acqui?rent toute leur utilit?. D?ailleurs, l?humain ne d?truit pas la plupart de ces mat?riaux. Il ne fait que les d?placer et les transformer. Ces d?placements et transformations contribuent ? am?liorer le niveau de vie de l?humain.

? cet ?gard, le p?trole est certainement de nos jours la ressource pour laquelle les inqui?tudes sont les plus grandes (voir mon dossier complet en quatre parties sur le pic p?trolier ici, ici, ici et ici).???On peut s?attendre que le prix du p?trole continue d?augmenter au cours des prochaines ann?es. Il a d?ailleurs plus que quintupl? durant la derni?re d?cennie. Cette augmentation de prix joue plusieurs r?les importants dans l??conomie?:

  • Elle favorise le rationnement de la consommation (moins gros v?hicules, moins grandes distances de d?placements, plus grande utilisation du transport en commun, etc).
  • Elle favorise le d?veloppement de v?hicules moins ?nergivores.
  • Elle favorise le d?veloppement et l?utilisation de carburant alternatifs.
  • Elle favorise l?innovation technologique dans l?industrie p?troli?re ce qui permettra d?exploiter certains gisements qui sont pr?sentement consid?r?s inexploitables.

Gr?ce ? ce signal de prix, les ?conomies libres s?adapteront ? cette r?alit? et continueront d??voluer vers un meilleur niveau de vie.


[1] ??Why Socialism Causes Pollution??, Thomas J. Di Lorenzo, The Freeman volume 42 – #3, mars 1992.

[2] ??The Tragedy of the Commons??, Garrett Hardin, Science, volume 162, #3859, d?cembre 1968.

[3] ??A Special Report on Forests??, The Economist, 25 septembre 2010.

[4] Ibid.

[5] ?Fundamentals of a Sustainable US Biofuels Policy??, Baker Institute Policy Report, #43, janvier 2010. http://www.ascension-publishing.com/BIZ/Baker12.pdf

[6] ?Private Conservation of Wildlife in Africa?, Brian Seasholes, New York State Conference on Private Property Rights, novembre 2002. http://prfamerica.org/speeches/6th/PrivateConservationOfWildlifeInAfrica.html

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