Espace-Temps 43

Les virus

Les virus ont été découverts à la fin du XIXe siècle chez les plantes, puis chez les animaux et l’homme au début du XXe siècle. Pour beaucoup, virus et bactéries sont deux synonymes, regroupés sous le terme générique de microbes. Pourtant, ces deux types de micro-organismes n’ont quasiment rien en commun.

Environ 1000 fois plus petits que les bactéries, les virus sont constitués d’un acide nucléique (ADN ou ARN), support de l’information génétique virale, protégé par une structure protéique, nommée capside, et parfois par une enveloppe lipidique.

À l’inverse de la plupart des bactéries, les virus sont des parasites obligatoires: ils ne se multiplient qu’au sein d’une cellule hôte. Ce qui ne détermine pas leur origine, évidemment.

Vus depuis leur découverte comme de simples assemblages de molécules organiques, les virus sont certes capables de parasiter un organisme vivant, mais semblent dénués de vie lorsqu’ils sont à l’extérieur d’une cellule.

Les virus sont capables de variabilité génétique  et par conséquent peuvent évoluer. Ainsi, les virus seraient porteurs de potentialités qui s’expriment seulement lorsque les conditions sont favorables, à la façon d’une graine qui peut suspendre son métabolisme pendant des milliers d’années, pour reprendre vie quand les conditions s’y prêtent.

Dotés à la fois des caractéristiques du vivant et du « non vivant », les virus ont été placés à la frontière entre ces deux mondes, dans une sorte de no man’s land. Toutefois, des découvertes récentes bousculent cette position.

En 2003, la découverte d’un virus infectant une amibe et baptisé Mimivirus a fait l’effet d’un coup de tonnerre. D’une taille supérieure à certaines bactéries, ce virus géant de 400 nanomètres de diamètre est le seul virus visible au microscope optique. Son génome, comptant environ 1200 gènes, est plus grand et plus complexe que celui de certaines bactéries.

Plus étonnant encore, parmi les gènes de Mimivirus, plusieurs participeraient à la synthèse protéique et à la réparation de son propre patrimoine génétique.

Jusqu’ici, on pensait que les gènes viraux avaient une origine cellulaire. L’analyse du génome de Mimivirus a prouvé le contraire : de nombreux gènes de ce virus n’ont aucun homologue chez les organismes des trois domaines du vivant, ce qui indique une origine indépendante et surtout, possiblement, précédente aux cellules.

Cette famille de virus géants semble être apparue sur Terre en même temps que la vie elle-même, il y a quatre milliards d’années.

On estime qu’environ 1031 virus différents existent sur notre planète, une diversité infiniment supérieure à celle cumulée des organismes des trois (autres) règnes du vivant.

À noter qu’un cristal croît, mais n’est pas vivant, alors qu’une mule incapable de se reproduire est un organisme vivant.

Les virus seraient les « inventeurs » de l’ADN. L’ADN a été sélectionné en raison de sa plus grande stabilité. En effet, les capacités remarquables qu’ont les virus à modifier leur patrimoine génétique en réponse à l’environnement, en particulier pour échapper aux défenses cellulaires, semblent les avoir conduits à « créer » cette nouvelle forme de matériel génétique dans un monde dominé à l’époque par l’ARN. Les virus inventent à tout moment de nouveaux gènes et de nouvelles fonctions dont nous n’avons pas la moindre idée, mais qui constituent une source d’innovation génétique extraordinaire.

Fondamentalement, la vie est une manifestation de la matière, une propriété émergente issue d’interactions complexes de molécules. On peut imaginer un continuum entre matière et vivant plutôt que d’affirmer que ces deux mondes coexistent avec une frontière bien délimitée. Sur cette échelle de vie, les virus exprimeraient des propriétés tantôt proches de l’inerte, tantôt proches du vivant. Dans ce cadre, le concept de vie serait envisagé à l’image de celui de l’énergie, avec des échanges constants entre différents « états du vivant ».

Si l’énergie est impliquable, il devient difficile de passer outre aux implications gravitationnelles et ne pas considérer les « barycentres » de certaines molécules organiques.

La vie devient alors le résultat d’accumulation et d’interactions des « informations » véhiculées dans les couches valences des atomes impliquées dans la formation des molécules.

Ce qui signifie, finalement, que la vie est un événement lié directement à « l’effet gravitationnel ».

Amicalement

André Lefebvre

 

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 1:  La Science Secrète)

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 2: Le Mystère Sumérien

Le tout dernier livre, paru en novembre 2016 (version gratuite):

Histoire de ma nation

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