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Entrevue: Face à face avec les fascistes ukrainiens (2/4)

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Source: http://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/11/03/1985_interview_borotba_shapinov/

Volet 2:  La gauche en Ukraine et les origines de Borotba.

Workers World: Parlez-nous de votre expérience et sur la fondation de l’Union Borotba.

Shapinov Victor: Je suis né en Russie, près de Moscou, où je suis aussi allé à l’école et à l’université. À 18 ans, j’ai rejoint le mouvement communiste et le Parti communiste russe des travailleurs (RKRP), qui existe toujours. Depuis plusieurs années, j’ai communiqué avec des militants de gauche et des communistes ukrainiens. En Russie, ce n’était pas le meilleur moment pour des activités de gauche. Il y avait beaucoup de répression. Donc, en 2005, j’ai déménagé à Kiev et on a commencé à s’y organiser, (nous étions) pour la plupart d’anciens membres du Parti communiste d’Ukraine (KPU). De cette façon, j’ai commencé à travailler avec Sergei Kirichuk et d’autres qui plus tard ont participé à la fondation de notre mouvement.

À la fin des années 1990, le Parti communiste était très populaire. Beaucoup de gens croyaient que son président, Peter Simonenko, pourrait remporter la présidence. Mais la direction du parti était très passive et ils ont toujours voulu s’entendre avec le camp bourgeois de la politique ukrainienne. Les militants de base étaient très en colère, en particulier les jeunes membres, et il y avait beaucoup de scissions au KPU à cette époque.

Nous avons toujours essayé de ressembler ces forces d’une certaine façon. Donc, nous avons formé le Mouvement de la jeunesse Che Guevara, qui est devenu célèbre pour l’organisation d’un rassemblement contre la privatisation et pour la renationalisation des grandes usines. C’était la plus grande mobilisation anticapitaliste jamais tenue à Kiev [depuis l’éclatement de l’Union soviétique – WW]. Ensuite, nous avons mis en place l’Organisation des Marxistes d’Ukraine. Il était le résultat de la fusion de plusieurs groupes. Il s’est avéré être très large et académique et pas très révolutionnaire.

Après évaluation du développement de cette organisation et à la suite de nouvelles scissions du Parti communiste, nous fûmes capables de fonder le mouvement Borotba.

Nous avons commencé ce travail en 2011 et nous avons tenu notre congrès de fondation en mai 2012. Il est important de s’expliquer sur le Parti communiste de l’Ukraine. A cette époque, son leadership était toujours à la recherche des alliances au parlement avec le parti capitaliste qui était le plus fort, quel qu’il soit. Pas beaucoup de gens de l’Occident savent, mais avant s’allier avec le Parti des régions du [ président déchu Victor] Ianoukovitch ils étaient partenaires avec le parti de Ioulia Timochenko [politicienne d’extrême droite associée à la « révolution orange » de 2004 et aujourd’hui partie du conseil de la Junta de Kiev].

C’était une position sans principes de la direction du KPU, et pour nous, cela signifiait qu’on ne pourrait pas simplement être l’aile gauche du Parti communiste. En outre, les camarades qui voulaient être l’aile gauche du parti étaient toujours expulsés. Tous les ans des groupes de bons communistes étaient expulsés.

Alexei Albu, un de nos camarades, était un dirigeant de gauche du Parti communiste et du Komsomol, l’organisation de la jeunesse communiste, à Odessa. Il a démissionné et il a rejoint l’organisation Borotba. D’autres militants à Odessa ont suivi son exemple.

Nous nous sommes concentrés sur l’organisation à l’intérieur du mouvement ouvrier. Mais à la fin de 2012 et début 2013, la question du fascisme et du nationalisme radical est venu à l’avant-plan. Borotba a été le premier parti à organiser une manifestation contre l’entrée du parti fasciste Svoboda au parlement. Nous avons organisé un rassemblement de 500 personnes à Kiev.

Nous n’avons jamais soutenu le régime de Ianoukovitch, cependant, car nous savions que c’était l’une des raisons de la montée de l’extrême droite. Sa politique n’était dirigée que vers les intérêts des grandes entreprises, la dite oligarchie. Il donna de l’argent et le pouvoir aux groupes oligarchiques, et ceux-là à leur tour, ils ont soutenu les néo-nazis. Nous pouvions voir que les fascistes étaient un instrument utilisé dans leur politique.

WW: Borotba semble unique dans la gauche post-soviétique à avoir amené des Marxistes de divers origines et courants historiques dans une organisation communiste unie. Comment avez-vous été capables de réaliser cela?

VS: Nous y avons travaillé d’arrache-pied. Il s’agissait à la fois d’un travail théorique et d’organisation.

Du côté théorique, nous avons essayé de mettre l’accent sur les contradictions de la société qui existe actuellement en les analysent à partir du point de vue du marxisme. Nous voyons que les divisions qui faisaient partie du mouvement communiste dans le passé ne sont pas si importantes maintenant, ou nous les voyons de façon très différente. Nous avons vu qu’il y avait certains groupes qui agissent sont comme des reconstructeurs [Ce terme désigne les personnes qui rejouent batailles militaires historiques, comme la guerre civile aux Etats-Unis par des amateurs de cela]. Ils veulent refaire les vieilles batailles. Nous ne voulons pas être comme ça.

Nous voulons faire de la politique réelle pour la classe ouvrière et les peuples opprimés, et n’ont pas jouer à être Staline, Trotski ou, Mao Zedong, ou qui que ce soit. Parce que ces gens ne jouaient pas à être Marx ou les Jacobins. Ils ont fait de la politique révolutionnaire pour leur époque.

Du côté organisationnel lorsque nous avons commencé à créer Borotba, nous avons décidé d’essayer de regarder notre pratique et ce que nous faisions à travers les yeux des gens, pas à travers les yeux des groupes de gauche en compétition. Comment les gens ordinaires nous voyaient? C’est un critère pratique pour notre travail, et non les opinions de quelques publications qui passent tout leur temps à critiquer des autres gauchistes. Si vous ne perdez pas beaucoup de temps à ce sujet, vous avez plus de temps pour observer la façon dont les gens vous voient et comment les atteindre.

Même la façon dont les journalistes bourgeois nous voient est plus importante. Comment vont-ils essayer de montrer nos activités? La majorité des gens regardent la télévision ou lisent la presse bourgeoise, alors la façon dont nous sommes représentés est importante pour eux.

Même s’ils écrivent que nous sommes des «bâtards communistes », ce sera très bien. Beaucoup de gens qui sont nos partisans potentiels ne croient pas dans les médias capitalistes. Mais ils ne voient que les médias capitalistes parce qu’ils n’ont aucune autre alternative. Donc, si ils y lisent que nous sommes mauvais, peut-être qu’ils vont penser que nous sommes bons!

C’est une question de savoir comment utiliser les possibilités offertes par la politique bourgeoise et les médias bourgeois pour la promotion de notre travail. Ne soyez pas comme le sectaire qui va seulement à un piquet de grève avec son propre journal à vendre et s’en fout de tout le reste.

Je ne peux pas dire que nous avons réussi parfaitement dans ces choses, parce la situation en Ukraine nous a donné que très peu de temps pour réaliser nos plans.

Suite:  Entrevue:  Face à face avec les fascistes ukrainiens (3/4)

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Tous les liens:

Entrevue: Face à face avec les fascistes ukrainiens (1/4)
Entrevue: Face à face avec les fascistes ukrainiens (2/4)
Entrevue: Face à face avec les fascistes ukrainiens (3/4)
Entrevue: Face à face avec les fascistes ukrainiens (4/4)

 

 

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