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Entretien avec Allan Erwan Berger sur son essai-t?moignage INVISIBLES ET TENACES ? TABLEAUX

PAUL LAURENDEAU:

Paul Laurendeau: Allan Erwan Berger, votre recueil de textes traitant par le petit bout de la lorgnette de la condition humaine du prol?tariat non tertiaire sous civilisation tertiaris?e frappe tout d?abord par sa date de parution: 2012, un petit peu avant la si d?cevante ?lection de Fran?ois Hollande. Quelque chose me dit qu?il ne s?agissait pas de comm?morer le naufrage du Titanic (encore que). Sans qu?il soit possible de vous accuser d?avoir alors produit un texte de conjoncture (nous y reviendrons), il reste que l?obligatoire et in?vitable polarisation politique en France, dans la mouvance de ces pr?sidentielles d?il y a un an, se raccorde directement ? la d?marche descriptive et critique de votre nouvel ouvrage. Ce lien organique entre ces deux ?v?nements, comment le d?cririez-vous?

Allan Erwan Berger: Je pense qu?il est licite, au contraire, d?affirmer que voici un texte typiquement de conjoncture; d?sesp?r?ment marqu? par elle, poiss?, nourri de ses emmerdements. Et donc nous y reviendrons. Mais ce n?est pas un texte de circonstance; je ne me greffe pas au d?fil? de la contestation pour essayer de gagner du fric dans le sillage des orateurs de gauche. Simplement, partout, l??volution du monde engendre une multitude de r?actions de r?sistance et d?indignation, et des prises de conscience sans nombre de l?incroyable injustice qui r?gne sur la plan?te enti?re, injustice qui se r?pand sans autre frein que la propre corruption de ses b?n?ficiaires. Parmi toutes ces r?actions, il y a, petit glapissement, Invisibles et tenaces. Alors: lien avec les pr?sidentielles? Le hasard veut que celles-ci aient eu lieu cette ann?e l? en France, au plus critique des crises, ? cheval m?me sur le pivot dont nous avions redout? l?approche ? propos de mon autre ouvrage Cosmicomedia. C?est donc au moment o? tout son pass? bascule, o? tous ses ?difices s?effondrent, que le peuple fran?ais fut appel? ? choisir un nouveau timonier. Jamais une ?lection pr?sidentielle n?a ?t? aussi particuli?re sous la Cinqui?me R?publique: les enjeux sont ?normes; le clivage total; la souffrance continue de cro?tre d?un c?t?, et le m?pris de l?autre; la col?re va faire sauter bien des couvercles. Au milieu de ce grand d?rangement, je me suis retrouv?, ?chapp? de peu aux extinctions de masse dans l?industrie europ?enne, oblig? de repartir ? z?ro comme des milliers de gens autour de moi: sans dipl?mes valables, sans comp?tences transposables, sans exp?riences v?ritablement monnayables, infographiste fragile et nu face ? un monde soudain devenu silencieux ? tous mes clients ayant explos? en vol, une fois leurs derni?res mol?cules de carburant transform?es en vitesse. Je suis donc all? chercher ma pitance dans le dernier endroit o? mes deux bras, la seule chose qui me reste, avaient encore quelque int?r?t: chez les plus d?sarm?s des prol?taires, l? o? savoir se tenir debout est finalement la seule condition d?embauche. J?y ai ?t? re?u sans chichis, comme un fr?re d?allure certes un peu curieuse, un gus fragile qui a bien fait rire, mais d?un bon rire amus? d?pourvu de tout jugement. Comme je ne sais pas me taire, j?ai racont? ce que j?ai v?cu. L?Histoire, en virant de cap, a fait que je me suis retrouv? ? vivre ce que vivent les plus faibles, qui sont aussi les plus courageux. Ainsi, puisque j?avais agi en conformit? avec les exigences du moment, me laissant porter dans ses remous l? o? il y avait un peu de nourriture, mes paroles se sont trouv?es ?tre en conformit?, in?vitablement, avec celles des orateurs de ce monde invisible o? l?on m?a si gentiment accueilli: j?en ai tir? les m?mes mots, les m?mes phrases, les m?mes ?clairs. Voici tout ? fait un ?crit de conjoncture.

Paul Laurendeau: Tr?s bien. L?ouvrage s?intitule donc Invisibles et tenaces et met en sc?ne l?intellectuel (on pense tout de suite ? l?intellectuel brechtien par exemple, vous assumez fort efficacement ce d?calage observant d?ailleurs) qui travaille comme ouvrier d?une entreprise de nettoyage sur des sites en cours de r?novation ou en construction, et qui nous fait cheminer avec lui dans une s?rie compl?mentaire de petits r?cits. Alors avant de passer ? la dimension plus sociologique, sociale et humaine de l?ouvrage, restons encore un moment avec la question des ?lections. C?est que c?est ouvertement un de vos th?mes. Dans le tableau intitul? Les trois huit, vous jetez le pav? en faisant dire ? votre personnage, que ses coll?gues de turbin surnomment l??crivain, ceci: ?Alors, comme ?a, dans le monde des ouvriers, il para?t qu?on vote Le Pen?? La r?ponse qu?on vous expose vaut la peine qu?on s?y arr?te quand m?me une minute.

Allan Erwan Berger: Quand j?ai pos? cette question, la r?action a fus?, tr?s s?che: ?Face ? la peine on est tous dans la m?me peau.? Ce n?est pas moi qui me plaindrai de cette absence totale de discrimination: je connais un Tunisien qui m?a assez souvent sauv? la mise. Alors, ?videmment, je ne pr?tends pas que tous les prol?taires pensent ainsi, car on nous ahurit r?guli?rement avec des histoires de trains et d?autocars de banlieue remplis de gens d?sesp?r?s qui avouent plus ou moins ouvertement qu?ils voteront pour l?extr?me-droite; mais dans la cat?gorie des ouvriers de chantier et des nettoyeurs multi-fonctions, on m?a clairement fait comprendre que le racisme y ?tait une inconvenance.

Paul Laurendeau: Je trouve ces observations, sur les choix ?lectoraux de ces travailleurs que vous c?toyez, vraiment fort utiles. Elles remettent certaines petites id?es st?r?otyp?es bien ? leur place. Corollairement, on ne peut manquer de go?ter avec plaisir les ?mulsions de vues politiques s?exprimant hors du quotidien laborieux de votre personnage narrateur, dans la tourmente par exemple? ?Ah, il faut tourner ici. La pluie redouble de f?rocit?, la visibilit? est aussi nulle que la grammaire d?un ministre UMP?? ou en visitant de vieux amis gauchistes, au contact desquels qui osera nier que ?le sarkozysme est au progr?s moral ce que le chol?ra est ? la digestion.? Mais laissons l? la politique (toujours un peu politicienne et dat?e) et venons-en aux riches observations soci?tales que vous nous faites partager dans votre ouvrage. Notre civilisation rigidement tertiaris?e voit le travailleur manuel comme un ?tre myst?rieux, inqui?tant, d?stabilisant, proc?dant de l??trange. Dans vos tableaux, il y a la camaraderie directe et vraie de vos coll?gues, que vous avez mentionn?e en ouverture et dont le tertiaris?, lui, ne sait fichtre rien. Il ne sait absolument rien non plus de ces travailleurs de sang, de nerfs et de muscles qui vont jeter ? la casse leurs tables immenses, leurs chaises d?glingu?es, leurs classeurs et leurs ordis obsol?tes, par voyages ?normes (l??vocation que vous en faites est saisissante, tant dans ses dimensions descriptives que symboliques). Mais, en plus, il y a aussi autre chose, de tr?s puissant. Ancien infographiste vous-m?me donc, ?crivain, intellectuel, voici que vous traversez, pour utiliser votre image, la paroi de verre et soudain, comme des milliers d?entre nous au demeurant, vous vous trouvez ? consid?rer le monde aseptis? et bureau(cra)tique avec le regard de celui qui n?y est plus. Vous d?couvrez l?incroyable froideur des (encore) tertiaris?s ? l??gard des travailleurs manuels. Vous nous dites alors: ?Pour avoir v?cu pendant des ann?es de l?autre c?t? de la paroi de verre, je pense que cette froideur est principalement la r?sultante de deux ?motions tr?s puissantes qui sont le d?sarroi et la timidit?. Car le m?pris est plut?t rare?? Parlez nous un peu de ce regard bilat?ral ? travers la fameuse paroi. En vous lisant j?ai pens? aux castes de travail du Brave New World d?Huxley. C?est presque comme deux mondes parall?les.

Allan Erwan Berger: Ces deux mondes sont ordinairement tenus ? distance l?un de l?autre, et souvent s?activent en alternance. Quand le tertiaire travaille, l?autre est au large, dans des endroits o? il ne g?ne pas et o? il a, de toute fa?on, fort ? faire: chantiers, remise en ?tats de locaux, assainissements et nettoyages divers dans des parties communes, enl?vement d?encombrants. Quand, au petit matin, le tertiaire s??veille dans son lit, l?autre monde est occup? ? lui nettoyer son poste de travail, ses rues, ses poubelles. On ne se croise pour ainsi dire pas, et quand ceci arrive, eh bien mon dieu c?est tout simple, on n?a rien ? se dire. Car non seulement il y a un foss? culturel ? les uns ne vivant qu?au milieu des ordinateurs et des paperasses, les autres ne sachant que parler chiffons, aspirateurs, nettoyages de fa?ade et enl?vement d?ordures ? mais aussi il y a un mur. J?ai cru remarquer qu?en effet, le travailleur bas-de-gamme d?range. Il doit g?n?rer, dans les cerveaux qui naviguent dans ses parages, plusieurs sentiments: chez les uns, ce sera un sentiment de culpabilit? ? ?Bon sang, ce type nettoie mes urinoirs! Je pisse dans son travail! Je n?ai pas l?habitude d?avoir des serviteurs, comment me tenir devant lui?? ? c??tait ? peu pr?s mon sentiment lorsqu?auparavant je croisais de ces quasi parias. Chez d?autres, c?est net, le sentiment qui pr?vaut est celui de la sup?riorit?: ?La merdasse qui passe l?aspirateur dans ma cantine ne m?rite aucune politesse.? De toute mani?re, nous provoquons du malaise rien qu?en ?tant vus. Nous sommes un peu sales. Par cons?quent, le regard que nous portons sur les autres, comme il nous renvoie ? ce que nous sommes, n?est pas forc?ment tr?s joyeux: du coup, il me semble que certains regardent peu, et aussi que d?autres se donnent des attitudes. Mais l?, je suis mal plac? pour en parler beaucoup car je n?ai jamais r?ussi ? me sentir diff?rent de qui que ce soit, et mon exp?rience au pays des balayettes est trop mince pour que j?ose en tirer une th?orie. Mais je sais une chose? Jadis j?ai ?t? pompier; naviguer en uniforme au milieu des civils n?est alors pas un probl?me: nous y sommes des h?ros. Tandis que dans les habits du balayeur, il n?y a rien de grandiose ? esp?rer tirer du regard que les autres portent sur toi. Ceci oblige, chez les plus d?licats, ? se forger une petite ind?pendance de caract?re pour pouvoir circuler sans honte. Chez les insensibles, les blas?s, les costauds ou les anarques dans mon genre, les regards qui nous sont port?s ne nous font ni chaud ni froid. On sait ce qu?on vaut.

Paul Laurendeau: Et ceci me permet de revenir sur ce que je disais en ouverture. Votre t?moignage n?est pas, absolument pas, exclusivement un texte de conjoncture. Sa port?e g?n?rale (sociologique, soci?tale) s?impose in?luctablement. Outre son extraordinaire truculence descriptive, on y trouve une vision tr?s articul?e du travail contemporain et du faix ?motionnel qu?il impose ? tous, ? notre ?poque. Que je cite un seul exemple, montrant ? la fois la force de votre style et de votre synth?se: ?Je repense ? ma compagne, qui travaille en tant qu?agent administratif: elle ?uvre dans l?urgence, avec vingt dossiers en cours, et d?autres encore plus cruciaux, encore plus press?s qui se rajoutent, perturbant tout, tandis que mille petites choses viennent s?intercaler. On passe cent fois du coq ? l??ne, rien n?aboutit que par lassitude ou par miracle, et l?on n?a ni le temps ni l?occasion de se poser une seconde pour contempler le travail bien fait, termin? fini pli? tout neuf; de toutes fa?ons il y aura des modifs. C?est un univers o? l?on ne tient que par volont? ferme. Nulle satisfaction ne vous sera conc?d?e.? La crise de l?exploitation capitaliste (dont l??vocation que vous faites ne se r?duit pas ? vos manifestations de solidarit? ouvri?re mais les incorpore ? une critique radicale de l?arnaque capitaliste contemporaine ? votre intercalaire intitul? Histoire d?une entourloupe est tr?s parlant sur la question), la crise du Capital donc, n?est-elle pas en train de s?amplifier d?une crise du Travail, notamment (mais, vous en t?moignez aussi, non exclusivement) du travail tertiaris?? Le degr? d??c?urement lancinant, de d?go?t structurel, de ras-le-bol pand?mique, de d?tresse chronique face ? la ci-devant vie de bureau atteint des sommets in?gal?s ? notre ?poque. C?est un indice de faillite inou? ?a, non?

Allan Erwan Berger: Inou? c?est beaucoup dire; j?ai pour ma part l?impression d?avoir toujours v?cu avec le gouffre b?ant dans l?avenir. Car apr?s tout, ce n?est pas comme si nous n?avions jamais eu de Cassandres pour nous pr?parer aux d?molitions actuelles. Nous avons ?t? tr?s avertis, et depuis fort longtemps. Mais oui, cet indice-ci n?est aujourd?hui plus niable, il a tellement pris de force que le voici au premier plan; la litt?rature de souffrance au boulot, qui est assez copieuse ? les mauvaises langues en France, ? droite ?videmment, disent que c?est presque devenu un fond de commerce ? t?moigne de cette force; ceci ne peut plus ?tre n?glig?. Il y a, se dessinant malgr? les parois de verre, une communaut? de malheurs qui rassemble toutes sortes de classes, ou plut?t de castes ? apr?s tout un chat est un chat, et Huxley a senti bien des choses ? depuis le prolo de base jusqu?au cadre sup, en passant par les employ?s interm?diaires. Une machine sans ?me broie tout le monde toujours plus b?tement, et malaxe nos existences. Nous sommes tous au fond du Purgatoire et nous le savons. Cependant, ne me demandez pas si les parois vont sauter. Je n?en sais rien, et puis on s??loignerait du sujet de ce livre.

Paul Laurendeau: Pour le savoir il faut observer attentivement ce qui se joue dans le ventre de ces mondes. Sur ce point, vous faites votre part ici, Allan Erwan Berger, avec sagacit?, g?n?rosit?, candeur et une modestie toute naturelle qui sait parfaitement jusqu?o? il faut ne pas trop se prendre au s?rieux. Outre que votre plume, une fois de plus, ne vous a pas trahi, vous savez exactement o? vous vous situez et les cons?quences qui en d?coulent. ?Moi touriste plong? un petit instant dans une chaudi?re de labeur soutenu, sillonn?e de fatigues au long cours et de dangers qui n?cessitent, pour y ?chapper, de pr?ter grande attention ? ce que l?on fait, sous peine d?accident s?v?re, j?affirme que j?ai c?toy? l?-bas les piliers de notre monde.? Cette solennit?, ce s?rieux l?gitime et grave sait, de fait, s?accompagner de moments tr?s humoristiques, bouffons m?me, o? on ?clate d?un rire joyeux et sain en vous accompagnant, vous, le tunisien H. et votre chef-qui-trime-aussi-dur-que-les-autres (?Le chef a des trous dans la bouche. D?s qu?il sourit, on voit qu?il est pauvre?) dans le cours de ces aventures du quotidien ?trange. On rit souvent donc. C?est-tu qu?on trouve son bonheur partout ou que, l?un dans l?autre, il vaut mieux (aussi) en rire?

Allan Erwan Berger: La n?cessit? d?utiliser l?humour dans la pr?sentation d?une chose grave s?impose d?elle-m?me. De toute mani?re, celui-ci r?v?le la pr?sence d?une plaie, ou d?une cassure dans la logique. Voil? pourquoi on rit: parce que c?est compl?tement dingue, ou trop horrible, ou vraiment limite. L?humour a toute sa place dans une histoire un peu difficile. Et puis aussi: c?est que la joie est une des choses les plus increvables dans le monde des ?tres vivants, et qu?on en trouve, comme les mauvaises herbes, jusqu?au milieu des gravats et des ordures. Au fond d?une mine mal ventil?e au dix-neuvi?me si?cle, on savait rire d?une bonne blague, malgr? les poumons bousill?s et la paie miteuse qui partait enti?rement dans le remboursement des dettes de premi?re n?cessit?. Les esclaves aussi savent prendre leur bonheur quand il s?en pr?sente un bout; et plus il est rare, plus il est go?t?. Pour autant, faut-il donc, comme en Am?rique sudiste ? la bonne ?poque, oser pr?tendre que puisqu?ils rigolent, c?est qu?ils sont heureux dans leurs fers? H. tousse inexplicablement. Le chef s??puise. Leur patron se ronge ? trouver des clients, et ? t?cher de les conserver en se pliant en quatre pour leur complaire; lui aussi paye de sa personne. J?ai ?t? puissamment soulag? de pouvoir quitter cet endroit ?pouvantable avant de me d?chirer la ceinture abdominale, qui commen?ait ? envoyer des signaux d?alerte de plus en plus virulents. Alors oui, rire d?accord, mais en sachant pourquoi. Et puis vient le moment o? l?on ne rit plus. Vient le moment o? l?on se tient droit. Car je les ai l?ch?s, mes bons amis. J?ai pu, moi; tandis qu?eux sont toujours l?-bas. Et ils ne sont pas les plus ? plaindre, loin de l?! Eux ne comprendraient pas le regard d?effroi que je pose sur leur existence: ils vivent l?-dedans depuis si longtemps! Et puis il y a, autour, des milliers de vies bien pires, tout aussi invisibles ou mal consid?r?es, et compl?tement toxiques celles-l?. Les gens qui sont plong?s dans ces situations n?ont aucun moyen de s?en extraire: c?est ?a jusqu?? la fin, qui suit de peu la mise au rebut. Leur seul rempart: les syndicats. Leur seul espoir: que des lois adoucissent leurs vies. ? la d?mocratie je vois deux piliers: la Justice et l?Enseignement. ? l??conomie je n?en vois qu?un seul, qui est une for?t de dos: les multitudes qui chaque jour se courbent et se redressent pour soutenir et nourrir le monde, ce monde aliment? dans lequel on ?volue. Et l?on trouve des hy?nes pour affirmer que ces gens co?tent trop cher? Eux qui, du n?ant, produisent les premiers biens, la premi?re valeur, le premier argent? Sans eux nous nous entretuerions pour un lapin, nos villes d?sert?es seraient des charniers, nous surveillerions nos poulaillers un arc ? la main! Si demain le monde lib?ral tombe dans le gouffre, alors juste apr?s la chute des banques ce seront eux, les presque esclaves, qui devront s?arr?ter. Nous cr?verons imm?diatement derri?re. Alors ne les m?prisons pas, car s?ils claquent, nous claquons. Ce sont des h?ros. Ils m?ritent un respect total. Et une augmentation.

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Allan Erwan Berger, Invisibles et tenaces ? Tableaux, Montr?al, ?LP ?diteur, 2012, formats ePub ou PDF

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