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Montr?al: l?Est et l?Ouest, un ?cart ind?cent

CAROLLE ANNE DESSUREAULT ? J?ai eu ? me rendre la semaine derni?re ? deux endroits distincts ? Montr?al, l?un sur la rue Sainte-Catherine dans l?est, et l?autre dans l?ouest de l??le, dans le secteur d?Hampstead.

Le fait de parcourir en continuit? le trajet entre ces deux secteurs a provoqu? en moi un questionnement sur les diff?rences sociales entre les quartiers de la ville, non pas seulement au niveau individuel mais aussi concernant les am?nagements municipaux. C??tait un jour de semaine, il faisait beau, et comme l?herboristerie o? je me suis rendue sur la rue Sainte-Catherine n?ouvrait qu?? 13 h, j?en ai profit? pour me promener dans les rues du quartier.

Sur Sainte-Catherine, des enfilades de b?tisses d?labr?es aux fen?tres si ?troites que m?me si le soleil se l?ve ? l?est, ? peine un rayon de lumi?re peut-il s?y glisser. La plupart de ces fen?tres sont ferm?es d?un rideau ou d?une couverture et plusieurs sont barricad?es. Ces modestes ouvertures sont expos?es ? la vue des passants qui circulent sur les trottoirs.

Dans une rue transversale, des balcons pendus aux fa?ades des maisons ? peine plus larges qu?un gros chien. Il y avait justement sur l?un d?eux un chien qui s?y tenait, et qui ne bougeait pas. Sur d?autres, le balcon servait de rangement sur lequel s?amoncelaient bicyclettes, s?choirs et autres objets n?cessaires ? la survie. Logements sombres, souvent mal ?clair?s, je pensais ? l?hiver o? l?humidit? devait ?tre p?nible ? supporter, et ? l??t? o? la chaleur devait ?tre suffocante.

Peu d?espaces pour des jardins. Profitent-ils de la situation, mais beaucoup de propri?taires ne se donnent pas la peine de bien entretenir leurs maisons, dont la plupart auraient besoin d?un bon coup de pinceau. MAIS, ce qui m?a le plus touch?e, c?est l?environnement naturel. La ville appartient ? tous les citoyens, et chaque quartier, n?est-ce pas, devrait recevoir les m?mes services municipaux!

Pourquoi a-t-on dans les quartiers modestes une impression que tout est moins? Les rues sont moins larges. L?architecture moins belle. Les joints sur les fa?ades de mauvaise qualit?. Les parcs publics moins s?curitaires. Les aires de repos sont plus rares.?Dans le parc o? je me suis promen?e, les man?ges pour enfants me paraissaient moins attrayants que dans ceux des secteurs plus favoris?s.

Dans les quartiers hupp?s, des agents de s?curit? exercent une patrouille le jour comme la nuit; la ville veille sur ses citoyens. En circulant sur la rue Sherbrooke vers l?ouest, les rues s??largissent, les arbres abondent, les maisons sont plus spacieuses. La beaut? ?clate. Les gens sont mieux v?tus, souvent plus beaux, mieux nourris sans doute. Le soleil se couche ? l?ouest dans une splendeur grandiose.

Difficile de ne pas ressentir l?injustice, la r?volte m?me. Tout est comparable. Si on pense ? certains pays, l?Inde par exemple, o? des familles dorment dans la rue ou habitent des cabanes ? peine plus grandes que ma voiture, o? les gens souffrent de la faim, on peut dire qu?ici c?est mieux. Oui, en apparence. Non, dans son essence.

Parce que, ce qui est r?voltant, ce n?est pas le fait qu?il y ait des pauvres et des riches. C?est l??cart. L??cart excessif entre ces deux cat?gories. Une sorte d?ind?cence que rien ne peut justifier. La voie du juste milieu, c?est aussi pour la soci?t?. ? tout le moins, avoir le souci de construire dans la beaut?. Pour tout le monde.

Carolle Anne Dessureault

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