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http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
29 novembre 2007 |
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Pour la petite histoire, l’idée de la Biennale a été initiée en 2004 à l’initiative d’un groupe de chercheurs du Laboratoire des sciences de l’information et de la communication de l’Université Paris 13 et de la Maison des sciences de l’homme Paris Nord (Universités Paris 8 et Paris13). Une première édition qui s’est déroulée du 3 au 5 novembre 2004 à l’IUT de Bobigny sous le thème : “Illustration, images et libertés ”. Une seconde édition a eu lieu du 14 au 18 novembre 2006 à l’IUT de Bobigny et au Magic Cinéma de Bobigny. La thématique : “ Penser les images ”.
C’est donc en apéritif de la “vraie” Biennale de 2008, qui se déroulera en novembre 2008, que CentPapiers fut invité à participer à cette table ronde en compagnie de trois autres acteurs dans cette mouvance de transformation de l’univers médiatique. Pourquoi CentPapiers ? Parce que 2008 étant le 400ième anniversaire de la fondation de Québec, ils ont eu la pensée d’inviter un acteur de chez nous !
CentPapiers partageait la tribune avec Jean-Marc Merriaux, de France 5, qui chapeaute un site de VOD (video on demand) éducatif, Philippe Piazzo qui gère l’initiative Universcine, un site qui regroupe les différents producteurs indépendants, Guillemette Faure, tout récemment arrivée dans l’équipe de Rue89, anciennement correspondante du Figaro à New York. Le tout, modéré par Judith Bernard, chroniqueuse média sur Arrêt sur Images et sur Bing Bang Blog.
L’objectif de cette table ronde était donc de statuer sur une question visiblement bien d’époque : les blogs sont-ils des médias ?
D’office, tout le monde s’est entendu pour clarifier la question : ne devrions-nous pas plutôt poser la question comme suit : les blogs, qui sont inévitablement aujourd’hui ce que l’on peut appeler des médias, peuvent-ils faire partie des médias d’information ?
Une question qui fut, on l’imagine, sans réponse concertée ! Ce n’est pas vendre la mèche que de clarifier immédiatement que personne ne s’entend clairement sur le sujet. Malgré tout, en passant divers thèmes, nous avons pu se faire une tête plus précise !
En voici donc les grandes lignes que nous ne pourrons résumer mieux que les deux heures intégrales de la conférence qui sera disponible très bientôt en ligne !
Les acteurs
En tout premier lieu, la discussion a précisé un aspect important de la nouvelle réalité : les acteurs, c’est-à-dire, les internautes eux-mêmes. Effectivement, l’internaute joue un rôle primordial dans la nouvelle ère des communications. Comment les intégrer dans ce modèle ? Avons-nous besoin de les intégrer ou au fond s’intègrent-ils eux-mêmes ? Et au final, n’est-ce pas eux, nous, tous les internautes qui créent cette nouvelle réalité ? Sans aucun doute dans la tête des participants, la réponse est affirmative et unanime.
Mais ces internautes, ces personnes virtuelles, cet anonymat qui caractérise souvent la participation, le débat en ligne, ne nuit-il pas à la sincérité du commentaire, de la discussion et au final, à la légitimité de ce débat ?
Les modérateurs
Peut-être qu’effectivement, l’anonymat enlève une responsabilité minimum qui incombe au participant, peut-être enlève-t-il un peu de sa saveur authentique, mais n’est-il pas accessoire à la participation ? Ne devons-nous pas prendre ce qui vient, sans nous poser de questions sur son auteur ?
La question est lourde et ne semble pas rassembler une idée claire, sinon que malgré les problèmes, la diversité des opinions, la “communauté” des internautes semblent se réguler par elle-même, un tant soit peu que la communauté existe vraiment.
Il n’empêche, le site internet qui se prend pour un média se doit d’être le modérateur. Mais comment gérer, comment comprendre et intégrer le flux impossible d’information qui y circule ? Car si effectivement, les gens participent de plus en plus, de plus en plus de commentaires non légitime se retrouveront sur les sites, hantant la section des commentaires, embourbant le bon débat.
Comment faire sinon que notre possible et selon notre bon jugement ? Visiblement, sur cette question, c’est l’unanimité !
Les nouveaux espaces
Le problème, ou plutôt, la problématique, est en fait originaire du fait “nouveau”. Cette transformation médiatique nous oblige à nous adapter, tant bien que mal, à l’inconnu. Le travail est nouveau, le rapport à l’information est nouveau.
La source est nouvelle. Et plus que jamais, nous nous devons de la vérifier, de la comprendre et de connaître sa valeur. Voilà pourquoi il faut bien comprendre la nouvelle dimension dans laquelle on évolue. Tant pour le lecteur que pour le rédacteur. Car un site comme CentPapiers, qui produit de la nouvelle par le citoyen, et Rue89, qui mélange le professionnel et l’amateur (si nous pouvons parler d’amateurisme), distribue une information et devient, comme nous l’avons précisé, un média “d’information”.
Le lecteur doit s’orienter, et le rédacteur s’habituer à se faire corriger, à se faire argumenter, à se faire questionner. L’information n’est plus statique, n’appartient plus à l’univers du 2D, mais maîtrise cette troisième dimension qui oblige chacun de nous à amplifier notre lecture, à aller voir “ailleurs”, pour mieux comprendre, pour être plus “certain” de ce qu’on lit, de ce qu’on nous dit.
La propriété intellectuelle
Parce que justement, on lit beaucoup de choses grâce à internet. On y lit tout, et rien, et on y regarde de tout. Des vidéos, de la télé, des films, des reportages autant que de la musique ou tout simplement de l’écriture, pure et simple.
Mais qu’en est-il de ces auteurs, de ces créateurs, comme vous et moi, qui menons une vie à produire de l’information, à nous en nourrir ? Et plus souvent qu’autrement pour la modique somme de notre abonnement internet mensuel ?
Car tous les producteurs et les créateurs, eux, doivent bien vivre et n’ont pas, comme la plupart des internautes de la planète, ce boulot qui leur permet de gagner leur croûte afin de profiter du produit de ces créateurs, souvent sans le sou, et surtout sans pouvoir comprendre ce nouveau “système” de free for all.
Que faire ? Quoi faire ?
Les modèles économiques sont, actuellement, encore bien loin de nous faire vivre grassement. La publicité en ligne n’est pas cette manne sans fond que l’on croyait bien pouvoir faire éclore, et les solutions demeurent encore dans les mains des grands médias traditionnels qui s’efforcent de nager dans cette eau qu’ils ont si longtemps dédaignée.
Non, il n’y a pas de solution. Et le système économique, social et participatif qu’a créé cet univers n’est pas non plus prêt à se stabiliser, ni d’ailleurs à montrer ce dont il est capable de créer et d’engendrer. Tout est encore à voir…
Cette table ronde a été l’occasion d’éclairer la lanterne bien pâle de tous ses participants. Rendez-vous l’an prochain afin, nous l’espérons, d’allumer une lumière encore plus forte sur ce sujet nébuleux. Et comme nous le savons tous, un an sur le web peut se transformer rapidement en un pas de géant.
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