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Enquête sur Sarkozy : la pièce manquante du puzzle retrouvée par le Canard (3)

Dans les deux premiers épisodes, nous avons fait connaissance avec Ahmed-Alexandre Djouhri, devenu en quelques années incontournable de l’entourage de Nicolas Sarkozy après l’avoir été de celui de Dominique De Villepin.  Très tôt, c’est en Libye que ses yeux se sont tournés.  La nouvelle virginité politique octroyée par Sarkozy à Khadafi avait eu comme corollaire de voir désormais le pays du dictateur comme un nouvel eldorado, facile à conquérir tant que le lien avec le responsable du pays était entretenu.  Tout était prêt pour ça, avec un dictateur qui marchait aussi à la commission et qui en retour, savait aussi arroser les personnes qui l’avaient aidé à revenir sur la scène internationale.  Des billets ont circulé, selon toute évidence, ce que le concurrent direct de Djouhri, Ziad Takkiedine, vient de rappeler récemment devant des policiers.  Un homme va devenir fondamental dans ces relations, il s’appelle Bachir Saleh: c’est le grand argentier du pays… et il habite en France, ce qui favorise plutôt les choses !

kadhafi-6-d6588La Russie comme Eldorado… mais aussi la Libye ! Sarkozy s’entiche ensuite de la Libye et s’en va célébrer son guide le 25 juillet 2007, sur son sol, quelques semaines à peine après avoir été élu. C’est aussi au lendemain même de la libération des infirmières bulgares ! Le lendemain exactement ! Sur place, il se voit imposer la visite de la villa du guide suprême bombardée par les Américains (voir ici l’origine, et il s’y plie. Kadhafi l’a déjà piégé. Une « nouvelle page avec à l’appui de nouveaux contrats » conclut le journal de France2, plutôt enthousiaste. Mais Kadhafi va traîner les pieds, comme à son habitude de tout promettre et de ne pas tenir, jusqu’à sa visite à Paris du 10 décembre 2007, où l’Elysée annonce et signe officiellement une avalanche de contrats : usine de désalinisation fonctionnant au nucléaire (?) – en fait une vraie centrale nucléaire promise par Sarko (!) – 14 Rafale d’annoncés, à la louche, avec 35 hélicoptères Tigre et Fennec plus la promesse d’achat de 21 Airbus pour les compagnies Libyan Airlines et Afriqiyah. Ça valait le coup d’avoir accepté de voir planter la tente du bédouin Mouammar entente-kadhaf plein Paris, dans le parc de l’hôtel Marigny ! Un véritable calvaire,même pour Sarkozy, selon certains (Sarkozy est piégé pour la deuxième fois, à se demander pourquoi il accepte de telles humiliations médiatiques !)« Quatre long-courriers A-350, quatre long-courriers A-330 et sept mono-couloirs A-320 pour la compagnie Libyan Airlines. La Libye a par ailleurs confirmé l’achat de six Airbus A-350 pour la compagnie libyenne Afriqiyah, lors de la même cérémonie ». Rien que les Airbus il y en a pour 3,2 milliards de dollars (1) !

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Une misère en commission, juste un petit 0,4% !

trahisonL’occasion pour l’ineffable Djourhi de repointer le nez : selon Pierre Péan en effet, « l’Elysée, en la personne de Claude Guéant, aurait exigé le versement par EADS de 12,8 millions d’euros de commissions à Djouhri, sur un contrat de vente d’Airbus à la Libye, alors même que l’intermédiaire n’est pas intervenu. Interrogé par Le Point sur les preuves dont il dispose, Péan répond seulement : « Airbus dit que cet argent indu n’a pas été versé. Je sais pourtant qu’Alexandre Djouhri s’est fait régler cette somme à la demande du secrétaire général de l’Elysée. » Un tout petit 1/250 ème, une misère…!!! Tripoli valait bien une messe ! Ne chipotons donc pas ! Selon le Point, cela se serait passé un peu différemment : « un contrat de plusieurs milliards signé en grande pompe par Nicolas Sarkozy lors de la visite du Guide à Paris en 2007. Sauf que, au moment du paiement des commissions, les choses se gâtent. « Djouhri, qui n’avait rien fait dans le deal, s’est invité à la table, s’agace un fin connaisseur du dossier. Il réclamait plus de 10 millions d’euros. » Devant le manque d’empressement des dirigeants à régler la note, Djouhri mobilise tout son réseau jusqu’au sommet de l’Etat pour tenter de forcer la main de Marwan Lahoud (2), le patron du service international. Chez l’avionneur, on jure avoir tenu bon ». Alors, reçue ou pas reçue, la prime ? Selon Catherine Graciet dans « Sarkozy-Kadhafi : Histoire secrète d’une trahison » sorti en 31 août 2013, les deux versions se tiennent. Plus de 10 millions dans la poche, sans avoir rien fait : il fallait oser !

Saleh habitait en France, tout près de la Suisse !

kachour-copieLes propositions de vente françaises, mal préparées, ont été faites à la volée : « c’est le temps des illusions. Airbus, missiles, hélicoptères, radars, navires, centrale nucléaire… La shopping list est établie, sur un coin de table, dans le bureau de Claude Guéant, trois jours avant l’arrivée du Guide à Paris : « Des Rafale, on en met quatorze, ça vous convient ? », demande, calepin à la main, le secrétaire général de l’Elysée à Saadi Kadhafi, le fils du dictateur, ex-footballeur devenu patron des forces spéciales (3). Très vite, au risque de faire capoter les négociations, intermédiaires et « facilitateurs » se bousculent, chacun prétendant avoir son homme à Tripoli. villa-bachirPour Alexandre Djouhri, proche de Guéant, c’est Bachir Saleh » écrit l’Obs  28 mai 2012.  On retient surtout le nom : c’est désormais un duo Djourhi-Saleh qui discute d’homme à homme. Un Bachir Saleh Bachir, alias Bashir Al-Shrkawi, qui est facilement joignable, et de visu : il n’habite pas en Libye mais en effet en France, à Prévessin-Moëns, dans l’Ain, entre Suisse et Jura, en pays de Gex, dans une villa de 600 m2 habitables installée sur 5 000 m2 de terrain (à 3 ou 4 millions d’euros). A deux pas de l’aéroport suisse de Genève-Cointrin ! Sa femme « Kafa Kachour Bachir est le genre de femme à changer de voiture quand elle croise plus de cinq fois la même que la sienne, selon ce qu’elle a dit à des amis » (4)

Djouhri, conseiller en expatriation

schullerLe voilà qui régente tout, Djourhi, chez Guéant et Sarkozy, à conseiller à des gens devenus indésirables de se faire plus discrets, ce qu’il a fait lui-même pendant plus de 10 ans après ses frasques de jeunesse : « il s’était déjà fait une réputation dans les évacuations discrètes. En 1997, après le vol des scellés de l’affaire Elf à la brigade financière, André Tarallo, le Monsieur Afrique de la compagnie, craint d’être arrêté. M. Alexandre le convoie alors à Genève, où il le planque chez lui, dans la chambre de son fils. Trois ans plus tôt, dans une autre affaire – celle des fausses factures des HLM de la Ville de Paris -, Djouhri avait déjà « poussé » un témoin gênant à prendre le large. Didier Schuller, conseiller général des Hauts-de-Seine, en sait trop sur les tambouilles financières de la droite, alors déchirée par une guerre fratricide (…) Opération réussie pour Alexandre : dans les semaines qui suivent, Schuller s’envole pour les Caraïbes, où il vivra sept ans d’exil ». L’ancien loubard fiché (enfin, avant que de bonnes mains bien intentionnées ne nettoient au Karcher son casier judiciaire) qui conseille les hommes politiques (nota : Schuller était l’ami de Balkany) d’aller se mettre au frais, avouez qu’il y a de quoi sourire !

La concurrence est parfois rude

Entre affairistes; on devise parfois quand on se rencontre, et ça donne des choses passionnantes, quand en prime on est… quelque peu concurrent; parfois. Lorsque qu’apparaît en Afrique un duo improbable, Guy Zilberstein (un dramaturge !) et un ex-putschiste (?)patrick-klein aux Comores, Steve Bokhobza (lire ici une autre découverte du Canard), associé avec le mercenaire français Patrick Klein, alias « lieutenant Chambert »,un « affreux » traînant tous trois autour du dépensier Téodoro Obiang, en Guinée équatoriale, Djourhi est là également, car il compte sur eux pour tenter de joindre le cercle du pouvoir nouveau en place (Hollande).  On retrouve surtout entre les deux clans un personnage bien connu comme homme de main :  » Bouhlam Djouhri, l’un des frères cadets – et très musclé, dit-on – d’Alexandre Djouhri »; note non sans perfidie le Monde; le 25 décembre 2015 (joyeux Noel Alexandre !).beltech Lui aussi, s’est refait une virginité, visiblement (dans l’immobilier ?)… Pour ajouter au tout, le fameux Steve Bokhobza habite au 17, rue Le-Sueur, dans le 16e arrondissement de Paris : or c’est l’adresse d’un hôtel particulier ayant appartenu à Ben Ali !!! Bokhobza arme alors Denis Sassou N’Guesso, via la société biélorusse d’armement Beltech dont il est l’agent européen. La société Beltech arme aussi en Libye le général Haftar, l’allié de la CIA.  Beaucoup plus grave encore, Beltech export est dirigé par Vladimir Peftiev, qui a fait distribuer ses armes par Viktor Bout« Vladimir Peftiev a aussi joué un rôle dans la vente d’avions de chasse à la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo. Et ce sont ces avions qui ont servi à bombarder l’armée française à Bouaké, en 2004″ note ici France24. Une autre affaire d’Etat.

bouake

Le copain de Lagardère

Son entrisme est tous azimuts. Les patrons de médias n’échappent pas à sa soif de tout régenter. Et parfois ça déteint sur d’autres, bien embarrassés. « En avril (2011), Le Monde, sous la signature de Raphaëlle Bacqué, avait commencé à évoquer le livre de Péan. De façon sulfureuse: l’article racontait comment une enquête de Paris Match sur celui « qui symbolise les réseaux occultes du pouvoir » avait été annulée, à la demande du désormais célèbre Ramzi Khiroun (ici à droite), conseiller en com’ de Dominique Strauss-Kahn, mais aussi porte-parole d’Arnaud Lagardère et membre du comité exécutif du groupe Lagardère, qui détient Match. Djouhri est en effet présenté comme un proche, notamment, de Lagardère. »  kirounLe Monde donne une autre indication importante le 26 avril 2014 sur l’annulation de l’article de presse à Paris-Match (l’article en question comportait une question à Squarcini sur l’effacement du fameux dossier de police d’Alexandre Djouhri !): « Qui peut se targuer d’être, comme lui, un intime du président d’EDF Henri Proglio, un familier des patrons de l’armement Serge Dassault et Arnaud Lagardère, un ami de Dominique de Villepin et de l’ambassadeur Maurice Gourdault-Montagne ? Qui peut fréquenter les proches de Dominique Strauss-Kahn et être consulté par Claude Guéant, l’ancien secrétaire général de l’Elysée ? C’est à son invitation que Dominique de Villepin passe les vacances de Noël aux Fermes de Marie, un palace de Megève. C’est avec lui qu’en octobre 2010 le patron de la Direction centrale des renseignements intérieurs (DCRI) Bernard Squarcini, un proche de Nicolas Sarkozy, s’est envolé du Bourget, dans un Falcon affrété par Serge Dassault, en direction de Damas, la capitale syrienne ». 

Squarcini, un pro-Assad revendiqué

Le duo de choc Squarcini-Djouhri à Damas, mais pour quoi faire ? De la politique, ou des affaires ? Le même Squarcini, le 14 août 2014, devenu « préfet hors cadre » signera une lettre avec Etienne Pellot saluant… Bachar el Assad :« sur le plan politique, quoiqu’on pense de la présidentielle syrienne, la participation élevée des réfugiés au Liban a donné une certaine « légitimité » à la ré-élection de Bachar al-Assad qui sera intronisé en grande pompe le 17 juillet prochain » écrira-t-il. Bachar « légitime »… selon lui, avec un élection mascarade ! Squarcini serait-il un fan de Bachar ? Dans l’Express du 21 janvier 2015, on peut lire cette ahurissante description : « longtemps, un cendrier posé sur la table basse du patron du renseignement intérieur français a affiché la couleur. Ou plutôt « les » couleurs : noir, rouge et blanc. Ce bibelot aux armoiries du régime syrien illustrait les liens entre les services français et ceux de Bachar el-Assad. Sous l’ère Sarkozy, Bernard Squarcini, directeur de la DCRI, avait noué des relations personnelles avec ses homologues à Damas. bachar-sarko-14-juillet« Quand les ponts sont coupés entre Etats, les services servent de circuits de secours », disait-il volontiers. Mais, depuis, Assad est devenu un ennemi, au même titre que l’Etat islamique, l’organisation terroriste qui règne sur une partie de son pays. Voici la France privée de « sources » cruciales. » Comme ressources, il devait y avoir toute la colonie d’Artigat, pour sûr… et son émir Syrien, organisateur de voyages qui n’étaient pas d’agrément, à l’évidence. On comprend un peu mieux le 14 juillet 2007 de la honte, sur les Champs Elysées… la honte, avec le souvenir  des casques bleus, ces soldats français, tués en 1983 dans l’attentat du Drakkar à Beyrouth. Par les amis de Bachar.

Le grand argentier de Kadhafi 

Et puis il y a la manne. Celle du tas de billets accumulés par la famille Kadhafi, et sur lequel vieille un homme particulier. Ce qui ne pouvait échapper au regard de certains. Les premiers contacts ont été noués par Claude Guéant.  « Deux hommes ont été les chevilles ouvrières des pouvoirs en place. Coté libyen le secrétaire personnel, ou chef de cabinet de Muamar Kadhafi, Bachir Saleh. Son correspondant français? L’omniprésent secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, haut-fonctionnaire ayant gagné la confiance absolue de Nicolas Sarkozy lorsqu’il fut directeur général de la police nationale, puis nommé directeur de campagne du candidat Sarkozy en 2007.« Entre les deux hommes, le courant est très vite passé et les liens sont devenus francs et solides  » témoigne l’un des leurs proches. Guéant venait « souvent » à Tripoli, et il ne manquait jamais d’y rencontrer Bachir Saleh. Plusieurs sources tant libyennes que françaises assurent que les premiers contacts datent d’avant la présidentielle. De son coté le libyen aimait beaucoup Paris. Et y a multiplié voyages d’affaires ou d’agrément. Sa résidence parisienne préférée: le Ritz. » Bachar Saleh est en fait celui qui a hérité des clés des coffres forts de Kadhafi, avec son « Fonds d’investissement libyen en Afrique » (Lybia Africa Investment Portfolio, ou LAP) dont il est le directeur.5  Il pèse alors 7 milliards de dollars et est devenu une arme géopolitique efficace (exemple ici avec le Mali) ! . C’est que ce tas de miel doré attire les mouches et non les abeilles.  La Libye affiche alors 175 milliards de dollars de réserves de change !  Chez les attirés, on trouve Patrick Ollier, compagnon de la ministre de la Défense de l’époque, Michèle Alliot-Marie, et président du groupe d’amitiés France-Libye de l’Assemblée nationale, arrivé en premier, mais aussi l’inévitable Djourhi.  « A partir de 2006, Patrick Ollier fut l’artisan d’une tentative de rapprochement avec la Libye, dont le point d’orgue fut le projet de vendre un réacteur nucléaire civil au pays. M. Ollier explique alors que « Tripoli veut retrouver sa place dans le concert des nations et a engagé l’ouverture de son économie à l’Occident » avait relevé le Monde du 17 février 2011

On avait même promis à Kadhafi de ne pas se voir déféré à la CPI !

L’homme fort de Libye se retrouve fort courtisé, avant et pendant même la chute du régime. « Bashir Saleh revient sur le devant de la scène franco-libyenne pendant la guerre de 2011. En juin, Sarkozy le reçoit discrètement (Le Figaro, 29 juin 2011). En août, c’est au tour de Dominique de Villepin, accompagné d’un autre intermédiaire célèbre, Alexandre Djouhri, de rencontrer Bashir Saleh à Djerba, en Tunisie ». Est présent à la réunion le ministre libyen du pétrole, Choukri Ghanem (on verra plus loin ce qui lui est advenu). levitteLa rencontre à l »Elysée a eu lieu le 2 juillet plutôt selon d’autres sources : « selon les informations révélées dans « Kadhafi, mort ou vif », un documentaire d’Antoine Vitkine qui sera diffusé sur France5 le 8 mai à 20h35, des contacts sont alors noués entre les proches de Kadhafi et la France. Nicolas Sarkozy reçoit en personne Bachir Saleh, à l’Elysée le 2 juillet.  Saleh est le directeur de cabinet du dictateur libyen et il est proche de la France.  Par son intermédiaire, le président français propose à Kadhafi l’exil et la vie sauve, si ce dernier cesse le combat.  Kadhafi ne donnera finalement pas suite à la proposition ».  C’est Jean David Levitte et Henri Guaino qui confirment devant la caméra la visite. En expliquant qu’ils avaient même choisi plusieurs pays d’accueil, pour soustraire le dictateur à la CPI.  Et ils vous disent même ça tous les deux tranquillement !!!  Dans cet interview, extrait du documentaire « Kadhafi mort ou vif » de TV5 Monde réalisé par Antoine Vitkine, qu’il faut regarder, on trouve aussi un commentaire de Kadhafi en personne qui est très net.  Jusqu’ici, on ne pensait avoir une accusation contre Sarkozy que de la bouche de Saif, le fils aîné qui l’avait dit devant une caméra.  Là, c’est le leader même qui affirme avoir versé de l’argent à Sarkozy avant même son élection de 2007 « quand il était ministre de l’intérieur » précise-t-il. La preuve est ici dans le sous-titre (à 31’23 » du début du reportage) :

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Cela avait donc démarré dès… 2005 !

chirac_kadhafi220La Libye avait acheté 32 Mirage F1 BD/ED.  Laissés sans entretien en raison de l’embargo, abandonnés, ils étaient devenus incapables de voler.  Le « guide » s’en préoccupe, et cherche donc à les remettre en état. L’Europe a levé l’embargo sur les ventes d’armes vers la Libye en 2004.  En novembre 2004, c’est le clan Chirac qui y songe : le président français effectue une visite en Lybie, la première depuis 1951 : sous sa tente, Kadhafi, rayonnant, lèvera le bras en signe de victoire comme il le fera à Paris 3 ans plus tard (on semble l’avoir oublié !)… il s’est engagé auparavant à à verser 170 millions de dollars aux familles des victimes de l’attentat du DC-10 d’UTA.  Le 2 octobre 2005, c’est un voyage inhabituel pourtant qui a lieu, puisque c’est cette fois Claude Guéant qui se rend en Libye, fort discrètement, pour officiellement  discuter « de lutte contre les flux migratoires » et non pas d’avions.  On s’attend à la visite de Michèle Alliot-Marie, pour régler le problème des Mirage, c’est le responsable du cabinet de Sarkozy en personne qui se déplace ! LIBYA-FRANCE C’est en fait pour préparer un entretien direct avec Mouammar Kadhafi: 4 jours plus tard, c’est au tour de Nicolas Sarkozy de se rendre en effet en Libye, le 6 octobre 2005, donc, exactement. L’accompagne Ziad Takieddine, qui indiquera aux juges que c’est ce jour-là que Sarkozy a effectivement sollicité l’aide financière de Kadhafi pour sa campagne électorale de 2007. « L’ancien ambassadeur de France en Libye, Jean-Luc Sibiude, et l’intermédiaire franco-libanais ont évoqué tous deux l’existence de cette rencontre sans témoin, en 2005.  Selon l’intermédiaire, peu après ce tête-à-tête, le chef des services secrets intérieurs de Kadhafi, Abdallah Senoussi, lui a demandé d’évaluer le montant de l’aide à apporter à Nicolas Sarkozy, compte tenu de la demande formulée par ce dernier en direct à Kadhafi. Rentré à Paris, Ziad Takieddine a de son propre aveu rencontré Claude Guéant pour se faire préciser le montant d’un financement de campagne présidentielle ». C’est donc aussi une équipe fort restreinte qui négocie : « Lors de l’enquête, les magistrats ont par ailleurs appris que Brice Hortefeux, le fidèle lieutenant du ministre, avait, trois mois après la visite de Nicolas Sarkozy, rencontré à Tripoli secrètement Abdallah Senoussi, acteur clé de la corruption franco-libyenne (ici à gauche avec Kadhafi), sans en avoir informé les autorités diplomatiques françaises » (on comprend mieux pourquoi on cherchera après les documents conservés par Senoussi, qui enregistrait tout (5)...  Les entretiens préparatoires ont toujours lieu au même endroit : unknown « L’ancien ambassadeur a mentionné la venue de Claude Guéant quelques jours plus tôt — le samedi 1er octobre —, et sa réunion avec le ministre libyen de l’intérieur à cette occasion. « Je sais qu’il [Claude Guéant – ndlr] a eu d’autres contacts auxquels je n’ai pas participé ; ils ont dû avoir lieu à l’hôtel Corinthia où il résidait. (…) L’hôtel Corinthia est le seul hôtel de classe internationale à Tripoli, c’est d’ailleurs l’hôtel où a logé M. Sarkozy lors de sa visite comme ministre de l’intérieur en 2005, et en tant que président en juillet 2007. » Un habitué, en quelque sorte.  Pour les Mirage, il faudra corinthiaattendre fin 2006 pour qu’un accord de mise à niveau soit signé pour 12 appareils, par la ministre Alliot-Marie.  Ce sont ceux-là qui iront bombarder les insurgés (et il y a bien eu sur place « deux façons de faire la guerre » !) Ironie du sort, après le conflit, les milices lybiennes dont celle, islamiste, de Fajr Libya, pour faire voler les Mirages français engagera des mercenaires, dont des africains du Sud, mais aussi un américain de 42 ans du nom de Frederick Joseph Schroeder, retrouvé ici par un blog. L’homme est qualifié sur…Boeing 737NG.  Et son Mirage F1 est entretenu par des mécaniciens colombiens !  Son salaire (mirobolant, paraît-il) lui est versé par… le Qatar.  La formation  a eu lieu sur des L39 Albatross.  Un Mirage F1 s’est écrasé le 3 mars 2011 durant le conflit contre Kadhafi à Brega, deux avaient fui durant le conflit à Malte et sont revenus depuis en Libye.  On peut voir ici un des Mirage de mercenaires combattant Daesh à Misrata (6)

Djouhri aurait sauvé Squarcini des griffes de… Juppé !

balladur-juppeSquarcini devait-il quelque chose à Djouhri ? Avait-il une dette envers lui, qui aurait pu expliquer l’effacement par ses soins de son encombrant dossier? Oui, répond Catherine Graciet, qui page 66 de son ouvrage rappelle que c’est Juppé qui voulait la tête du premier, en 2006 :  « Ce 7déjeuner (à l’hôtel Bristol) a été organisé par Bernard Squarcini, une vieille connaissance de Djouhri. Les deux hommes se fréquentent depuis les années quatre-vingt-dix, comme le racontent les journalistes Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé dans « L’Espion du président ». En 1996, « Djouhri aurait même sauvé la tête de Squarcini réclamée par le Premier ministre Alain Juppé». En cause? «Une bombinette déposée par des indépendantistes corses, qui avait explosé devant la mairie de Bordeaux. » Squarcini, alors numéro deux des Renseignements généraux, avait été accusé d’avoir manqué de flair. Djouhri aurait alors intercédé en sa faveur auprès de Dominique de Villepin, secrétaire général de l’Élysée, faisant du futur patron de la DCRI un obligé ».

Il faut sauver le soldat Saleh

saleh-kadaf-goodLe 2 juillet, Sarko en personne l’a rencontré à l’Elysée.  Le 15 août 2011, c’est Dominique de Villepin à qui le rencontre à l’hôtel Radisson de Djerba, en Tunisie, alors que la guerre se poursuit. « Selon le magazine M du Monde, Dominique de Villepin aurait été porteur d’un dernier message de Nicolas Sarkozy: si Kadhafi ne s’en va pas maintenant, il finira comme Saddam Hussein. Plus surprenant, Alexandre Djouhri, vieil ami de Dominique de Villepin et de Bachir Saleh, était également présent au Radisson de Djerba.  A-t-il été question d’argent lors de cette réunion ? Mystère… note Catherine Graciet.  J’ai expliqué ailleurs cet entretien et formule une tentative de reconnaissance de l’avion qui a servi à l’arrivée à Djerba, vite critiqué par un forumeur de talent, Falcon, qui penchait avec son flair habituel lui pour un autre : « pour Djerba le 13 août 2011. Cela ne peut être le Cessna 525 LX-YSL d’Yves Saint Laurent. En effet, après le décès de ce dernier, le 1er juin 2008, Pierre Bergé l’a fait réimmatriculer F-HCPB le 21 septembre 2008. En août 2011, il y avait 46 jets privés immatriculés au Luxembourg … st-brieucJe penserai plutôt au LX-DCA (un Citation 525 de SERLUX S.A) ou au LX-SAM (un Falcon 2000 «  la taille au dessus du Falcon 50″ de Global Jet Concept vu ici à Nice – Cote d’Azur le 3 août 2011).  Une bonne pioche confirmée par Pierre Péan, citant le grand rival Takkiedine :  (…) « c’est encore lui qui a pris un avion de la Global Jet pour Djerba, les 14 et 15 août 2011, afin d’emmener Dominique de Villepin négocier je ne sais quoi avec le même Bachir Saleh ! » L’avion a été souvent vu en Bretagne, comme ici en septembre 2009, surpris sur l’aéroport de St-Brieuc : à deux pas de la résidence résidence secondaire de l’Arcouest, à Ploubazlanec. Celle de Liliane Bettencourt !

Rapatrié en France au nom du regroupement familial !!!

provisoireLe régime tombé, Kadhafi assassiné (voir ici et plus cette page, les arguments sur cette conclusion, plus ce dossier fort intriguant), c’est le fameux ambassadeur Boillon (qui aidera aussi Moussa Koussa à s’enfuir) qui s’occupe de lui, aidé par… Alexandre Djouhri.  Le même Boillon, sera interpellé à la gare du Nord à bord d’un Thalys pour Bruxelles, le 31 juillet 2013, portant un sac contenant 350 000 euros et 40 000 dollars en liquide : 3.190 billets de 100 euros, 32 billets de 500 euros, 100 billets de 50 euros et 50 billets de 200 euros plus 400 billets de 100 dollars d’où lui venait donc cet argent ? de quel  « business » (5) ?) : « Au moment de son départ définitif de Libye, dans le courant du dernier trimestre 2011, Bachir Saleh avait déjà pu compter sur l’Élysée. Voici ce qu’en dit Marcel Ceccaldi (son avocat) : « Mon client a quitté la Libye normalement via la frontière avec la Tunisie. Il venait d’être relâché après avoir été arrêté du côté de Zenten et mis au frais pendant deux mois. Pendant ce temps, il a pu rencontrer le président du CNT, qui l’a laissé partir. En Tunisie, l’ambassadeur de France, Boris Boillon, lui a délivré un visa pour la France. » Il va de soi que Paris a pesé de tout son poids sur le CNT pour que l’ancien secrétaire particulier de Kadhafi recouvre la liberté.interpol Selon Le Canard Enchaîné,  Alexandre Djouhri aurait en outre mis un jet à la disposition de Bachir Saleh pour qu’il puisse rejoindre la France en toute discrétion« .  Ce que confirme l’Express du 15 avril 2014 : Le régime du colonel est finalement balayé en 2011, lors de l’intervention militaire initiée par la France. Pourtant, cette dernière va réserver un incroyable régime de faveur à Bachir Saleh. Réfugié en Tunisie au mois de novembre, il est rapidement exfiltré vers Paris par Boris Boillon, ambassadeur de France, à bord d’un jet privé appartenant à Alexandre Djouhri. « Monsieur Bachir » bénéficie d’un titre de séjour pour… regroupement familial, délivré par les services de Claude Guéant, ministre de l’Intérieur. Il dispose aussi d’un passeport diplomatique nigérien, établi à la demande des autorités françaises, comme l’avait alors révélé L’Express ».  Ironie du sort, aujourd’hui, Sarkozy fustige le regroupement familial pour les émigrés... trop drôle !

Pas très activement recherché !

salehA Paris, Saleh apprend qu’il est recherché par Interpol qui a émis une notice rouge diffusée partout en vue de son extradition vers Tripoli, qui le réclame pour « fraude ». Durant le début de l’année 2012, on le voit pourtant attablé tranquillement à des terrasses de brasseries parisiennes (où Paris-Match le prend en photo). Interrogé sur son cas, Guéant répond sans sourire que « dès qu’il sera découvert, il sera interpellé et donné à la justice » !  Un comble ! En fait le gang de Guéant lui a accordé un passeport de complaisance, qui lui a été délivré le 27 décembre 2011.  On peut y voir qu’il est « Conseiller à la présidence du Niger », ce que des fonctionnaires du pays récusent.  Un faux document fabriqué dans une officine ?  « Hier, jour où le président Nicolas Sarkozy se déclarait prêt à le livrer à Interpol, il retrouvait au Ritz son ami Dominique de Villepin. Ce dernier était, comme souvent, accompagné de Alexandre Djouhri, homme d’affaires intermédiaire sur de gros contrats internationaux » écrit Paris-Match le 02 avril 2012.

L’ahurissante réapparition de Gaubert

finca-bazireMais il y a eu d’autres tentatives de récupérer le magot de Kadhafi, alors que celui-ci était encore vivant.  C’est Catherine Graciet, dans « Sarkozy-Kadhafi, histoire secrète d’une trahison » qui ajoute un épisode inédit à cette essai, un autre pavé dans la mare.  Selon elle (page 262), en effet, un « émissaire très spécial« , aurait été envoyé à Paris par Kadhafi, au « début du mois de juillet 2011« , pour rencontrer… un revenant de la Sarkozie, Thierry Gaubert, bombardé envoyé personnel de Nicolas (la brouille avec « Cécilia » étant oubliée depuis l’arrivée de « Carla »).  Sarkozy a rencontré Saleh quelques jours près.  En photo, c’est Jean-Philippe Couzi (à gauche) et Nicolas Bazire (témoin de Sarkozy à son mariage et n°2 du groupe LVMH et Thierry Gaubert (à droite) lors d’une fête dans la « finca » colombienne. « La discussion du Fouquet’s aurait pris une tournure à laquelle l’émissaire de Kadhafi ne s’attendait pas. « Il a très mal parlé du Guide, s’est montré très fier de la guerre de Nicolas Sarkozy. Il m’a ensuite dit que l’on pouvait trouver une solution. Il m’a demandé un projet de Constitution pour la Libye (…) Puis la conversation aurait glissé vers des considérations financières. «Thierry Gaubert a alors laissé l’intermédiaire parler d’argent, mais il est resté avec nous à table. L’intermédiaire a demandé un milliard de dollars pour mettre fin à la guerre. » Une sorte de négociation aurait alors débuté, et le prix serait tombé à 500 millions. L’intermédiaire aurait demandé que l’argent transite par le Tchad ou le Niger. L’émissaire de Kadhafi est flou sur ce point, mais l’aplomb de ses interlocuteurs l’a vraiment stupéfié ». Au retour en Libye, Kadhafi l’aurait très mal pris « La Libye n’est pas à vendre ! » aurait-il hurlé. diva-ggod«Je suis donc revenu à Paris, où j’ai de nouveau rencontré Thierry Gaubert à deux reprises. Le 19 juillet 2011, il m’a fixé rendez-vous dans un petit café du XVIIIe arrondissement de Paris ; et quelques jours plus tard dans le lobby d’un petit hôtel du même arrondissement. Je lui ai remis le projet de Constitution que nous avions préparé. Il m’a dit qu’il allait voyager sur un bateau pendant quatre jours, et que là il aurait des contacts avec des proches de Nicolas Sarkozy – sans me donner leurs noms. Mais quand je lui ai dit que Kadhafi refusait de payer, la conversation s’est arrêtée net. Je ne l’ai plus jamais revu et n’ai plus jamais entendu parler de lui« .  Selon l’intéressé, ce ne seraient que des « élucubrations ».  Au même moment, le 15 août, rappelons-le, Villepin tentait de négocier la même chose à à l’hôtel Radisson de Djerba, en Tunisie… avec Djouhri.  Sans plus de succès.  Un projet de constitution libyenne avait déjà été plus ou moins élaboré en 2008 par Abdelrahman Boutouta, sous la direction du directeur exécutif de la Fondation Kadhafi, Youssef Sawani.  gaubert-zakMais Sawani avait démissionné en février 2011 en dénonçant la répression dans son pays. Gaubert partait effectivement parfois en croisière sur le yacht « La Diva » de Ziad Takieddine (comme ici à gauche).  Le yacht, un modèle Riva Opera Super de 25,68m, vendu ici (d’occasion) 3,4 millions d’euros en 2007 – et beaucoup moins aujourd’hui).  En croisière comme en 2002, en 2003 et 2006, où Pierre-Mathieu Duhamel, l’ex-Directeur adjoint du cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris et ancien directeur général des douanes (et futur directeur du budget sous Copé !), était aussi présent, ce qui était éthiquement discutable.  Ici en photo, c’est Thierry Gaubert, Dominique Desseigne et Ziad Takieddine sur le même yacht (7).  Desseigne avait épousé l’ex-femme de Thierry Gaubert, Diane Barrière, décédée en 2001… Un Takkiedine, qui, interviewé ici le 25 avril 2012 par Jeune Afrique répondra à la question « Vous laissez entendre qu’il y avait donc un autre réseau franco-libyen ? » par ceci : Oui. J’étais seulement l’affichage grâce à mes relations avec Mouammar Kaddafi et, à l’époque, avec Claude Guéant. Mais il y avait en effet un autre réseau composé vraisemblablement en Libye de Moussa Koussa et de Béchir Salah Béchir. J’ai découvert ensuite que leurs interlocuteurs en France étaient Bernard Squarcini, le patron de la DRCI, Alexandre Djouhri (homme de l’ombre présenté comme un proche de Villepin, Guéant et Proglio, NDLR, ) et Claude Guéant. » Il citait aussi ce jour-là deux noms de société, Esta et Rabor, appartenant au groupe saoudien, Al Bughshan. « Dès le départ, Bugshan était lié à Djouhri » récidivait-t-il dans Le Monde du 14 novembre 2011.  Une vieille inimitié, à coup sûr, mais là il ne faisait que pressentir ce que les juges ont trouvé depuis.  Pour ceux qui aiment les autres yachts perdus de la Sarkozie, c’est ici.

trio-6-f907cL’argent, toujours l’argent.  Depuis que cette histoire a été rédigée, Ziad Takkiedine en a rajouté une couche, sur les liens entre Kadhafi et l’équipe de Nicolas Sarkozy.  On parle chez Mediapart de « pacte de corruption » entre Kadhafi et Sarkozy.  Gaubert avait aussi évoqué des voyages en Suisse, à l’aéroport de Genève qui jouxte la maison de Bachir Saleh, pour aller glaner de l’argent auprès des fidèles.  « A Genêve-Cointrin, un aéroport décidément fort fréquenté avait raconté le 7 juillet 2010 le journal suisse l’Hebdo,repris par Mediapart : « ce vendredi 23 mars 2007, c’est en jet privé qu’Eric Woerth et Patrick Devedjian atterrissent à 19 heures sur l’aéroport de Cointrin.  L’avion, selon nos informations, un Falcon 10, accueille à son bord les épouses des convoyeurs de fonds de l’UMP, Florence Woerth et Sophie Vanbremeersch. Un avion mis à disposition par un compatriote fortuné au bénéfice d’un forfait fiscal en Suisse » (on peut raisonnablement penser que c’est le petit Falcon 10 Falcon 10  (F-GTOD) d’Olivier Dassault, celui avec lequel il se rendait en Colombie chez Thierry Gaubert).f-gtod-7d51f « Tout ce petit monde dort à Genève chez des amis respectifs. De retour à Paris, Eric Woerth rencontre Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Mme Bettencourt, qui lui aurait remis ce chèque de 150 000 euros qui agite désormais les esprits de la République. A l’époque en effet, Eric Woerth récolte les fonds pour alimenter la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. A Paris ou à Genève. Sitôt descendu du Falcon avec Patrick Devedjian, le futur ministre file vers un hôtel cinq étoiles à quelques pas de là, le Crowne Plaza où patientent plus d’une cinquantaine d’adhérents et sympathisants de l’UMP. Avant de rejoindre, vers 21 heures, une petite trentaine d’invités triés sur le volet à la Caviar House, rue du Rhône. Le marathon suisse d’Eric Woerth et de Patrick Devedjian sera bref, mais profitable. Selon nos estimations relues et confirmées par l’ancien président Pierre Condamin-Gerbier, les deux hommes repartent avec des promesses de dons qui frôlent un demi-million de francs suisses. » Un Sarkothon avant l’heure ? manoir« Un aéroport qui aura donc vu beaucoup d’argent défiler. Au seul profit de l’UMP », avais-je écrit en 2o13.  Toute l’ère Sarkozy est une période où des billets ont circulé, sur le modèle de  la campagne de son mentor… Edouard Balladur. L’homme du manoir « acquis un an après la présidentielle de 1995. » Acheté comptant, 7,3 millions de francs de l’époque,: « très confortable et moderne, grandes baies vitrées et belles pièces, plus de 500 m2 habitables, sept chambres et salles de bain, grand confort, jardin planté de 5 850 m2 avec une magnifique piscine avec sas d’hiver et très beau pool house de 80 m2 en cathédrale, vues mer, tennis, ultra-résidentiel » . Un achat effectué par l’entremise de Thierry Gaubert…  la propriété a été revendue en 2005 (Edouard Balladur évoquant un « héritage familial » pour son achat).

 

a-340(1) il en reste un de particulier d’avion (en dehors des rumeurs sur les autres) : le quadriréacteur A-340 5A-ONE, (photo Pict-Aero) l’avion personnel de Kadhafi, que les insurgés avaient investi en se vautrant dans le lit du dictateur à bord. Il avait été immatriculé 9999 en référence à la création de l’Union africaine, le 9 septembre 1999. Cet appareil avait été cédé pour 95 millions de dollars (91,9 millions d’euros) par le sultan de Brunei au prince saoudien Al-Walid Ibn Talal, en 1999, qui l’a revendu 135 millions de dollars à Kadhafi sept ans plus tard. Il a d’abord été repeint en 2012 aux couleurs de l’Etat Libyen à Perpignan, chez EAS, où avait lieu son entretien habituel.  Mais il est alors revendiqué par une société koweïtienne Al-Kharafi, qui réclame au clan Kadhafi 937 millions de dollars, le prix d’une station balnéaire dont la construction a été résiliée par le nouveau régime.  Pour se renflouer, elle proposait de vendre l’avion 62 millions de dollars (la moitié de son prix d’achat par Kadhafi).  Mais un tribunal français octroie l’appareil à la Libye.  Qui ne le reprend pas car il faut régler la note des travaux, et Air France réclame aussi 2,4 millions d’euros comme autre créance lybienne… l’avion qui avait essuyé des tirs était rentré en France à basse altitude, train sorti, manœuvré par l’équipe de la société française privée World Asset Transition (WAT) d’Yves Lavigne, ex consultant pour l’Aga Khan Fund for Economic Development.  Pas une mince affaire !

(2) non vous ne rêvez pas c’est bien le frère d’Imad Lahoud, condamné à trois ans de prison dont 18 mois mois ferme, le 14 septembre 2011 dans l’affaire Clearstream.

saadi_panhard2-41980(3) il faut regarder ici l’ahurissante visite de l’intéressé chez Panhard. Une visite qui s’est étendue du 6 au 10 juin 2006, soit un an avant l’élection de Sarkozy. Les français baragouinant en anglais valent largement l’air ahuri du fils Kadhafi, ex-footballeur en uniforme militaire qui a visiblement fait la fête la veille. Mais que ne ferait-on pas pour vendre des armes ! Lui a réussi à s’échapper, espérant rejoindre le Canada aidé par des mercenaires. Remis par le Niger à la Libye il subit désormais un sort nettement moins enviable…

(4) elle sera condamnée en France en avril 2012 pour… esclavagisme (elle a fait appel).

(5) « Abdallah al-Senoussi aurait également été le principal interlocuteur de l’homme d’affaires Ziad Takieddine. L’expertise du répertoire du téléphone portable de M. Takieddine, saisi par la police lors d’une perquisition à son domicile parisien le 10 juin 2010, ferait apparaître selon Mediapart le nom d’Abdallah Senoussi aux côtés entre autres de Claude Guéant, Brice et Valérie Hortefeux, Thierry Gaubert, etc. Selon le livre L’espion du Président d’Olivia Recasens et Christophe Labbé du Point et Didier Hassoux du Canard enchaîné, c’est cette proximité avec Abdallah Senoussi qui a permis à Ziad Takieddine d’œuvrer aux côtés de Claude Guéant pour le rapprochement entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi dès 2005. Dans Le Contrat, Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme racontent que les bonnes relations entre Takieddine et Senoussi ont permis de faire avancer le dossier des infirmières bulgares » explique Slate. L’enregistrement de toutes les conversations par Senoussi était fait sur du matériel français : « dans son documentaire Traqués, Paul Moreira ajoute qu’Abdallah al-Senoussi, en sa qualité de chef du renseignement militaire, était le client d’Amesys, l’entreprise française ayant vendu à Tripoli son système EAGLE de surveillance d’Internet. Les cadres de cette entreprise, ainsi que des officiers de renseignement à la retraite auraient formé du personnel de la sécurité libyens à l’utilisation de ce système en relation directe avec Abdallah al-Senoussi. Celui-ci était donc, aux côtés de Français, l’architecte de cette gigantesque salle d’écoutes de la population découverte à Tripoli par des journalistes du Wall Street Journal. » Pour Amesys on peut lire ici le texte  « Sarkozy testait l’Hadopi… en Libye ! ».

(5) selon LePoint, on a bien affaire à un… affairisme très « familial » la aussi : « En se penchant sur la florissante reconversion de monsieur Boillon, Le Point.fr a découvert un surprenant mélange des genres. Créée en octobre 2012, Spartago a depuis deux mois à sa tête Malika Benlarbi. La jeune femme, qui a connu Boris Boillon en 2006 lorsqu’ils travaillaient tous les deux au ministère de l’Intérieur pour Nicolas Sarkozy, avait été promue sous-préfète de Paris après la victoire de 2007 (ici à droite). Cette intime d’Henri Guaino cultive les réseaux en tout genre. ben-larbiElle ne fait pas mystère de son appartenance maçonnique ni de ses excellentes relations avec l’ambassade du Qatar. Ayant rapidement mis en sommeil sa carrière préfectorale, elle a basculé dans le privé où elle cumule aujourd’hui deux fonctions : directrice générale de Spartago, la société détenue par Boris Boillon, et directrice des relations institutionnelles du groupe L’Oréal pour la zone Maghreb et Moyen-Orient. Au 10, place Henri-Bergson à Paris, siège de Spartago, société spécialisée en « conseil pour les affaires et autres conseils de gestion », Le Point.fr a identifié une deuxième structure commerciale appartenant à Boris Boillon. French Properties UR, c’est son nom, a pour activités le « conseil et l’intermédiation dans les domaines liés notamment à la construction, au développement d’infrastructures et à l’énergie ». Dans les statuts de French Properties UR apparaît un associé irakien, Adil Alkenzawi.dati-boillon-en-irak Un homme d’affaires que Boris Boillon connaît de longue date. Lorsqu’il était ambassadeur en Irak, il l’avait nommé consul honoraire à Nassiriya. Cette bourgade de 250 000 habitants jouxte un champ pétrolier en cours d’attribution que lorgne Total« . « Membre du bureau politique de l’UMP et « perçue comme la nouvelle Rachida Dati » (à gauche son mari avec Dati en Irak), elle explique ici qu’elle travaille chez Loréal mais pas un mot sur la seconde étiquette… maritale.  Spartago n’est vraiment pas un produit de beauté, en effet… Son appartement avait été étrangement visité en 2006... son mari avait laissé, il est vrai, un souvenir impérissable de diplomate-né, en Tunisie, en février 2011. Et même chez les américains ! Aux dernières nouvelles, Boillon, redevenu diplomate cet été (???), envoyé à New-York, vient d’être rapatrié... en attendant son procès qui se tiendra le 23 mars prochain. Selon Le Point  « Boris Boillon participe à l’époque à plusieurs voyages de la délégation française en Libye, notamment en juillet 2007 lors de la négociation pour la libération des infirmières bulgares, selon un témoin cité dans l’enquête (….) Ce témoignage anonyme, non étayé à ce stade, d’un proche de Muammar Kadhafi le désigne aussi comme l’un des récipiendaires, avec un autre proche de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, d’un versement de 20 millions d’euros en liquide, destinés au financement de la campagne. Une somme rapportée par avion privé, selon ce témoin. Les éléments de l’enquête sur ce possible financement libyen lui attribuent aussi un rôle dans l’exfiltration vers la France d’un protagoniste, l’ex-argentier du régime Kadhafi Bechir Saleh, au coeur des secrets franco-libyens ». Il n’y a pas que Ziad qui aurait porté des valises, visiblement.  Mais lui n‘en a pas enterré dans son jardin

(6) La France a encore des Mirage F1 en 2014 et cherche à s’en séparer nous dit Zone Militaire le 24 février 2012  : et qui alors s’en préoccupe ? L’ineffable Boris Boillon !!! Il avait trouvé en effet une solution bien à lui, une fois devenu ambassadeur en Irak : « que vont devenir les Mirage F1 de l’escadron 2/33 Savoie après leur retrait du service en 2014? En janvier 2011, il était question d’en revendre une partie à l’Irak. C’est du moins ce qu’avait affirmé Boris Boillon, alors ambassadeur de France à Bagdad à l’époque. « L’Irak doit protéger sa souveraineté et pour ce faire, la France a proposé de vendre 18 Mirage F1 rétrofités qui peuvent être livrés dès la fin 2011 et immédiatement opérationnels, car beaucoup de pilotes irakiens ont été entraînés dans le passé sur ce type d’appareils » avait-il expliqué ». A quelles conditions ? Le même Boillon à peine arrivé à Bagdad s’était exclamé  « La reconstruction de l’Irak, c’est le marché du siècle ! ».  Invendus, ils ont été stockés au GERSA; les Argentins pourraient être intéressés.

(7) mis en vente depuis après saisie par la justice française.

 

 

sur Bouaké :

http://www.canalplus.fr/infos-documentaires/pid3357-special-investigation.html?vid=1358212

 

Sur Saadi Kadhafi :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/alice-au-pays-des-cauchemars-ou-114324

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/alice-au-pays-des-cauchemars-ou-115040

On peut relire, sur Squarcini et Sarkozy :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/quand-sarkozy-dit-le-contraire-de-113728

Sur Guéant en Syrie :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-travail-de-l-ombre-de-claude-114158

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-travail-de-l-ombre-de-claude-114600

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-travail-de-l-ombre-de-claude-114236

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-travail-de-l-ombre-de-claude-114200

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/affaire-merah-la-boule-de-cristal-119811

sur Squarcini et la Syrie :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/squarcini-et-la-filiere-syrienne-1-123345

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/squarcini-et-la-filiere-syrienne-123511

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/squarcini-et-la-filiere-syrienne-3-123512

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/squarcini-et-la-filiere-syrienne-4-124012

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/squarcini-et-la-filiere-syrienne-5-124230

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/squarcini-et-la-filiere-syrienne-6-123655

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/squarcini-et-la-filiere-syrienne-7-123871

sur la fin de Kadhafi

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/libye-deux-lynchages-qui-n-102859

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/kadhafi-fait-bombarder-son-peuple-90568

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-terribles-revelations-sur-la-103400

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/kadhafi-et-ses-mercenaires-sud-103072

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-mercenaires-et-la-fin-de-123717

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/sarkozy-finalement-grille-par-90315

Entre Chirac et Sarkozy

chirac-irresponsable-b4b01http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/entre-chirac-et-sarkozy-la-haine-90212

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/chirac-gangster-de-la-republique-90121

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/jacques-chirac-version-ncis-89755

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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