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Enquête sur Sarkozy : la pièce manquante du puzzle retrouvée par le Canard (1)

Ah, enfin, dirais-je.  Dans les nouvelles lénifiantes lues un peu partout ces derniers temps, le Canard Enchaîné a commis un article fondamental (dans son édition du mercredi 12 octobre).  En fouillant dans les vraies nouvelles, celles qui importent (et donc pas celles de la bague perdue dans le caniveau de la miss Kardashian) l’ineffable volatile à en effet fourré le bec dans une belle poubelle, qui permet d’expliquer plein de choses, si on souhaite mettre un peu le nez dedans.  L’article est en page 3 et il s’intitule sobrement « le dossier fantôme de Squarcini »… et il tient toutes ses promesses, tant il révèle une énigme vieille de trente ans aujourd’hui.  Un secret bien gardé, et jalousement protégé, qui a permis à une personne de monter très haut dans les cercles de pouvoir, en ayant été blanchie de ses frasques antérieures …

squarcini-sarkoComme il se trouve que j’ai pas mal écrit déjà sur le personnage (voir plus bas dans le texte), j’y ai moi aussi mis le nez.  Et cela m’a rappelé plein de choses, ou plutôt m’a rappelé plein d’articles… Car ce n’est pas de Bernard Squarcini seulement dont il s’agît.  L’article signé « D.H et C.L. » parle en effet d’un autre personnage, qui jusqu’ici est passé moult fois au travers des filets de la justice française, bien aidé par des gens qui ont pour nom Bernard Squarcini, mais aussi… Claude Guéant.  Retour sur la petite bande qui vibrillonnait si bien autour de Nicolas Sarkozy… à laquelle on peut ajouter aussi ses conseillers en communication, dont l’ancien rédacteur en chef de Minute.  Ce dernier digère assez mal son exclusion semble-t-il, pour faute de résultats électoraux et faute professionnelle : on ne se promène pas avec un magnétophone, même miniature, quand on cause à un président. Bienvenue dans ce qui de plus en plus ressemble à un gang… de gens prêts à tout, pourvu qu’au bout il y ait de quoi se goinfrer.  « Ce n’est pas seulement l’histoire d’un homme, c’est aussi celle d’une petite bande soudée par amitié, intérêts ou idéologie, parfois les trois, autour de lui » écrivait Mediapart le 17 août 2013. En somme, c’est aussi l’histoire d’une… bande organisée, dont vient de resurgir son plus bel élément !

Villas en Colombie

villa-gaubertOn avait fini par l’oublier, celui-là. Ou plutôt, il s’était drôlement bien fait oublier; ce « Mr Alexandre ». Le grand rival de Ziad Takieddine, celui qui allait de temps en temps en Colombie dans le fief perdu (depuis) de Thierry Gaubert (1),   Le témoin du premier mariage de Nicolas Sarkosy (avec l’ex de Jacques Martin), une drôle d’estancia, dégotée là-bas par son ami J-Ph.  Couzi (l’ex-mari d’Astrid Betancourt, la sœur d’Ingrid, qui lui avait aussi trouvé deux bars à prostituées appelés « Nibar » et « Nichon » : c’étaient bien deux hommes de goût, ces deux-là, de vrais poètes !).  On avait retrouvé des documents échangés à l’époque, quatre ans avant l’accession au pouvoir présidentiel de figaro-saccageSarkozy qui donnaient le ton de ces visites colombiennes entre si bons amis  : ainsi le 29 octobre 2003, à 16h48, avec un message de Jean-Philippe Couzi à Thierry Gaubert lui précisant que «  les 20 000 dollars sont bien arrivés. Demande à Gaubert de venir avec 15 000 dollars en cash pour frais. », ou celui plus évocateur encore du 1er décembre 2003, à 18h24 évoquant l’organisation des festivités prévues entre le 21 décembre 2003 et le 4 janvier 2004, dont des excursions et une offre sur place -alléchante- de services supplémsarko-visiteentaires :  “putes pour ceux qui le souhaitent,  j’ai des nouveautés… (repérage demain)”.  Bref, on nageait déjà, alors que Sarkozy était devenu ministre de l’Intérieur (de 2002 à 2007), dans une ambiance glauque qui faisait davantage penser à un club de mafieux qu’à autre chose.  J’ai toujours dit, ici comme ailleurs, que « Nicolas » traînait de gros boulets derrière lui.  L’ami Cabanel avait rappelé  récemment une de ces lourds pavés pour l’attirer vers le fond  : l’affaire du saccage de la Gare du Nord, dont l’analyse a montré qu’elle ne s’est pas produite comme Sarkozy en personne nous l’avait expliqué le lendemain même, sur place, en jubilant ouvertement (comme le faisait LeFigaro, annonçant un « sondage » qui renversait les idées des gens après cet événement : l’ombre de Buisson planait déjà).

Des amis qui agacent, ou qui font peur ?

villzMais il en avait un autre, d’individu louche, autre que Takieddine, dans l’équipe qui entoure Sarkozy (ici à droite Gaubert dans la villa de Takieddine, dans laquelle on verra aussi un certain JF Copé barboter). Et certains ministres trouvent déjà qu’il font tâche, après trois années de pouvoir. « Nicolas, fais attention, dans ton entourage, il y a des gens pas nets et dangereux. J ‘ai trop de retours sur Ziad Takieddine et Alexandre Djouhri. »  L’avertissement au président de la République, Nicolas Sarkozy, date du printemps 2010. Celui qui le met en garde s’appelle Hervé Morin. Le ministre de la défense avait été alerté par de vieux routiers de l’armement sur la présence, au sommet de l’Etat, de ces deux hommes d’affaires – ils refusent qu’on les nomme intermédiaires d’armement » écrivait en 2011 Pierre Péan.  La phrase aurait été prononcée en mai 2010, date à laquelle les deux cités avaient fait largement leur trou au sein du staff sarkozien.  Et des ravages, aussi…. en ventes d’armes, et les somptueux bénéfices qui vont avec, comme le précise l’auteur du livre.

Une balle dans le dos

cvt_la-republique-des-mallettes_9265Si Takieddine, l’homme qui descendait de son jet retour de Libye avec de la menue monnaie sur lui (1,5 million d’euros, pas déclarés) aujourd’hui, vomit presqu’autant celui qu’il a tant aidé, tel un Buisson bis, le second, on l’a dit, semble avoir pris la couleur de la muraille depuis des années, pour se faire oublier.  Celui-là, c’est autre chose encore, mais c’est à nouveau un occupant du même genre de panier, à voir son parcours fort sinueux. Il a en effet réussi en peu de temps à faire oublier ce dont il est issu; à savoir de ce qu’on appelait « la banlieue », et ses dérives.  Sa réussite, on mettra ça sur un don inné pour profiter de l’ascenseur social… ou plutôt sur solides amitiés en haut lieu, ce dont on vient de s’apercevoir une nouvelle fois.  Un texte de Challenges (et surtout le livre de Pierre Péan,  « La république des malettes » sorti en 2o11, référencé ici, qui chargeait bien davantage Djouhri que Takkiedine)  nous avait rappelé ces débuts tonitruants.  Né en  à Saint-Denis, habitant Sarcelles, il avait déjà fait parlé de lui dès avril 1986 (à 27 ans donc)…  lorsqu’on l’avait retrouvé blessé à l’hôpital Saint-Louis. dossier-policeIl venait de se faire hospitaliser avec une balle de 11,43 dans le dos, une balle reçue la veille au soir place du Colonel Fabien. Interrogé, le dénommé Ahmed Djouhri (il se faisait appeler « Méda » – du verlan-  et se disait admirer Alexandre le Grand, lui qui était plutôt… de taille moyenne, 1,m 73, soit huit de plus que Sarkozy) faisait l’ingénu et affirmait alors ne pas avoir d’ennemi et ne pas comprendre pourquoi on lui avait tiré dessus.  Ni pourquoi non plus il aurait riposté, selon les enquêteurs, … des traces de poudre d’un 9 mm étant détectées sur ses mains !!!  Ce jour-là il était en voiture avec George Tordjman, associé avec David (Tordjman) dans la boutique d’Anthony Delon, ce « voyou de  bonne famille » (2).  Une présence que l’intéressé niait aussi (c’était son habitude, dit Péan, de ne jamais reconnaître les faits).  La police avait vite retrouvé dans son récent passé une esclandre dans un restaurant des Halles, où il s’en était pris à un mafieux connu, David Taieb.  Ce dernier, un israélo-algérien ami de Gilbert Zemour, avait étdjouhrié retrouvé abattu quelques temps plus tard… la photo du dossier de police de Djouhri visible ici fait partie semble-t-il d’un dossier qui a « disparu ».  Disparu ? Comme le disent Christophe Labbé, Olivia Recasens et Didier Hassoux « le préfet n’aurait-il pas eu le temps de lire la note du SRPJ de Versailles datée du 26 avril 1990, qui présente Djouhri comme « une figure montante du milieu parisien » ?  N’aurait-il pas vu le dossier « Djouhri » des RG ? (Le préfet) Joël Bouchité affirme pourtant, lui, l’avoir consulté lorsqu’il était à la direction des Renseignements généraux. »  Un dossier « disparu », donc ?

Amitiés dans le showbiz et avec la pègre

gainsb-goodLes policiers restaient alors dubitatifs, car ils le connaissaient quelque peu, le dénommé « Ahmed » : 5 ans aupravant, âgé d’à peine 21 ans, il avait été interpellé (en compagnie de son frère Bouhlam) pour vol à main armée dans l’attaque de la bijouterie Flanor survenue le 2 mai 1979, avec leurs potes de banlieue.  Les policiers les appelaient alors « Le gang de la banlieue nord » et ils les croisaient souvent dans les boîtes de nuit parisiennes, toujours selon Pierre Péan (page 289 de son livre) où ils côtoyaient le Tout Paris du showbiz : il reste de cette période un cliché du dénommé Ahmed à la droite de Serge Gainsbourg; à l’Equinoxe, la boîte en vue du moment (avec le Beaugrenelle, ou le Keur Samba).  Mais il avait été libéré, « faute de preuves » flagrantes; malgré la découverte de deux Smith et Wesson 38 Spécial dans leur cave ! keursamba Les policiers avaient découvert même après coup qu’en 1985 il a déjà été menacé une première fois  de mort : on cite alors comme origine un sombre règlement de comptes entre les Delon, le père et le fils, auquel il aurait été mêlé : il était alors devenu responsable d’une boutique d’Antony Delon, ce qui déplaisait fort au père.  Les heurts familiaux des Delon avaient fait la une pendant des mois, à l’époque (3).

Ce jour-là, aux Halles, le pistolet de son opposant s’était miraculeusement enrayé (4) : c’était celui de David Taïeb, qui le tenait alors effectivement en joue !  Le commissaire Pellegrini avait auparavant entendu Taïeb, justement, qui lui avait dit qu’il craignait pour sa vie… après un différend avec… Djouhri, réputé violent.  Ce dernier s’était depuis lié d’amitié avec « P’tit Claude », de son vrai nom Claude Pieto, un braqueur breton qui l’avait initié au milieu.  Pieto avait en effet comme meilleur ami un gars surnommé « David-les-yeux-bleus », qui était aussi un ancien du gang des lyonnais, qui a sévit 10 ans en France, de 1967 à 1977.  Des malfrats dont certains pointaient aussi au SAC, à savoir travaillaient pour Charles Pasqua.  Leur haut fait d’armes reste le braquage de l’hôtel des Postes de Strasbourg, en 1971, qui aurait servi à alimenter les caisses de l’UDR (pré-RPR). fayardPieto, lui a un autre boulet attaché à sa carrière : on l’a toujours soupçonné d’avoir participé à l’exécution du juge Renaud, le 3 juillet 1975, qui avait eu fort à faire avec  Edmond Vidal, le chef du gang.  Selon certains, le juge Renaud venait justement de trouver des preuves de la collusion entre le SAC et les malfrats (c’est d’ailleurs le thème du film  « Le Juge Fayard dit le Shériff »  du réalisateur Yves Boisset, avec Patrick Dewaere).  Un peu plus tard, des ateliers appartenant aux Tordjman avaient pris feu… ce qui leur avait permis aussi de toucher les assurances, et cela marquait semble-t-il la fin du conflit entre le fils Delon et le Père : des incendies pour éteindre la rivalité entre membres de la famille Delon !  Quatre ans après seulement, Djouhri était (enfin) entendu, le 14 février 1989,  par un inspecteur du SRPJ de Versailles pour la mort de David Taieb, au Pecq dans les Yvelines.  Ce jour-là, il avait refusé de signer le procès verbal d’audition (page 320 du livre de Péan).  Et puis pfff… le fameux dossier contenant les fiches « d’Ahmed » disparaissait de chez les RG, et lui avec… Envolées, disparues, volatilisées, ses précieuses fiches !

Disparition… puis réapparition

mbow-300x171Toute sa carrière, après, repose,  chez lui, sur cet effacement providentiel de dossiers de police ou de Renseignements Généraux.  Il faut attendre en effet quelques années (une dizaine) pour le revoir… en Suisse, où il habite désormais et où il se fait appeler « Alexandre » (ses proches l’appellent « Alex ») et non plus « Ahmed ».  La résultante d’un long chemin.  A Sarcelles, il avait déjà fait connaissance de Fara M’Bow, qui roulait en Ferrari et passait des semaines à Marbela : c’est le fils d’Amadou Mahtar M’Bow, qui a été ministre au Sénégal mais était devenu à l’époque directeur de l’tarallo200Unesco (ici à droite, au centre de l’image) : c’est avec lui, c’est évident qu’il à commencé à côtoyer des hommes politiques, ou des banquiers comme Diagna Ndiaye, du groupe Mimram (le beau-frère de l’ancien ministre de l’Economie du président Léopold Sédar Senghor, Babacar Bâ, très copain avec le Prince de Monaco, lui aussi décoré), ou même le savoureux Jean-François Probst, qui avait tenu plus tard une rubrique à mourir de rire chez Bakchich (celle-là est pas mal dans le genre (5)).  Ou bien encore le corse François Antona, le grand ami de… Bernard Squarcini (page 327 du livre de Péan) qui est alors responsable des RG en Corse… De là, il est introduit auprès de Charles Pasqua alors place Beauvau, puis d’André Tarallo (ici à gauche, condamné en 2005 à 7 années de prison et 2 millions d’euros d’amende), chez Elf et enfin auprès d’Hervé Marchiani, à savoir assez de gens pour se lancer dans leurs coups tordus dont ces trois lascars ont déjà l’habitude depuis des années (en photo ici, « Charly » dont on a un peu oublié le nom du directeur-adjoint de cabinet : Claude Guéant).1340139_5_c5b1_charles-pasqua-et-claude-gueant-le-27-decembre  « On » l’introduit même à la Grande Loge de France, pour lui faciliter les contacts… en Afrique !  En 1987, le voilà aussi naturalisé français (?), un an à peine après avoir reçu sa balle dans le dos (ce qui aurait dû créer un obstacle pour le faire devenir français logiquement) !  Il n’a déjà plus de dossier embarrassant, il est vrai (« Envolé, disparu , volatilisé »)… mais « on le voit déjà partout« , dit Pierre Péan.  Il est alors très lié à Souha Arafat, (future) femme du leader palestinien, belle sœur d’Ibrahim Souss.  Il est devenu entre temps le directeur de « l’Agence Franco-Arabe », avec Pierre Mutin, un conseiller de Mitterrand, et a son nom gravé sur une plaque d’un bureau en Suisse, celle de la Direct Investment Management (DIM) mais personne n’est capable de savoir ce que fait cette mystérieuse entreprise…

Devenu riche, mais resté remuant

images-1Quand il n’habite pas là, en Suisse, on peut le voir à Paris, au Crillon, où il loue une suite à l’année : comment a-t-il pu passer de ce qu’on vient de lire à une telle et insolente réussite financière demeure un mystère (comme son dossier « Envolé, disparu, volatilisé » ?) . L’homme est bien passé entre-temps par Elf et Veolia (ex Vivendi Environnement) où il n’a pas laissé de souvenirs autre que d’être devenu proche de Bernard Forterre (« ami personnel » dira ce dernier), puis de son supérieur Henri Proglio.  Son grand art de la tchachte, que tout le monde lui reconnaît (sauf les policiers avec lesquels il a toujours été muet) résume en fait sa carrière : devenir l’ami, le confident, l’indispensable, il l’a fait avec bien des gens qu’il a au final berné. Enfin si, il en a laissé un autre de souvenir : celui d’une mémorable algarade en plein Georges V, en décembre 2004 :  mohamedayachiajroudi« Et c’est là qu’intervient notre héros du jour, Mohamed Ajroudi, un franco-tunisien avec qui Veolia négociait depuis des mois pour obtenir des marchés au Moyen-Orient (ici à droite serrant la main de Ben Ali), via son propre intermédiaire, Alexandre Djouhri, un milliardaire franco algérien, proche de la famille Delon.  Curieux personnage que ce Djouhri. Un homme qui dispose « d’une suite à l’année à l’Hôtel Crillon » (et habite à Genêve !).  Fort curieux, même.  Mais les « affaires » et les « entretiens » entre nos deux lascars ne vont pas se passer comme d’habitude en ce milieu.  Dans leurs « discussions », c’est nouveau pour conclure des contrats, les deux hommes avaient fini par en venir aux mains (au George-V, devenu ring de catch !). Etonnement : Ajroudi, il faut le dire, n’est pas n’importe qui : c’est le représentant dans le monde du prince Al-Waleed (le neveu du roi d’Arabie Saoudite).  On conçoit mieux la taille de l’enjeu (mais on imagine toujours pas un pugilat !).  Personne ne se doutait que cela se terminerait ainsi.  On en reste tout étonné.. ». En somme, l’ex petit délinquant des années 80-90 s’est fait refaire non pas le visage, mais une toute nouvelle notoriété;  mais parfois le tempérament sanguin reprend le dessus.  Au point qu’il engage facilement des procès à tous ceux qui osent rappeler son passé : l’Express en fera les frais.

Les suites du George V

100249-145289Au George V, il n’y avait pas eu qu’une rixe.  L’homme qui avait organisé la rencontre (en un seul round ?) entre Djouhri et Ajourdi s’appelait Emmanuel Petit, cadre chez Veolia, or il avait été licencié sur le champ par son patron, Henri Proglio, plutôt mécontent de la tournure de la rencontre, et qui ne jurait alors que par Djouhri comme je l’ai déjà dit (à droite le député Alain Marsaud). « Il est plutôt rare qu’une négociation financière de haut niveau concernant l’une des principales entreprises françaises se termine en vulgaire baston » explique-t-on ici et en effet (6).  Le reste, qui décrit très bien l’atmosphère régnant alors, je l’ai écrit en 2009 :  « pas démonté, Petit avait aussitôt envoyé deux lettres, une au parquet de Paris et une au juge Courroye, dénonçant précisément un pactole de 18 millions de dollars versée par la Sidem, la filliale de Veolia spécialisée dans le dessalement de l’eau de mer pour obtenir le marché.  Un dessous de table sonnant et trébuchant, sur lequel Petit avait des détails saisissants.  Et dont Courroye détient toujours la teneur, donc.  On comprend tout de suite que les révélations du cadre évincé de Veolia sont de la dynamite.97583-139823  C’est alors que les menaces ont commencé à pleuvoir sur ce cadre, rendu responsable de l’échec cuisant. Petits cercueils envoyés ou déposés devant sa porte, appels téléphoniques nocturnes menaçants, croix rouge peine sur la porte, « une mention « t’es mort » sur la fenêtre » la totale « (photo ici à gauche). « Elles culminaient en juillet 2006, ou Petit se faisait harceler et menacer chez lui, sa propre épouse se faisant même attaquer au cutter par deux hommes encagoulés.  Encagoulés, comme celles que le pouvoir actuel déteste tant ? »... Qui donc avait bien pu avoir eu l’idée de ces méthodes de… truands ?  Selon un proche de Jean René Fourtou, opposant à Proglio chez Veolia « ou cette histoire est une affaire de Pieds Nickelés ou il s’agit d’une affaire d’Etat mêlant politiques et services secrets. (7)» 

De nouveaux amis qui le mènent… à Sarkozy

yachtMais ce sont surtout ses nouveaux amis qui retiennent l’attention.  Il y a là Jean-Baptiste Andreani, un ancien policier corse reconverti dans la sécurité privée, et surtout Pierre-Yves Gilleron.  Le premier apparaîtra dans un rocambolesque histoire dans laquelle Nicolas Sarkozy était directement intervenu pour faire plaisir à un de ces amis banquiers.  On retrouve en effet en 2006 un yacht, volé à Bonifacio, le Beru Ma, subtilisé par Moez et Imed Trabelsi, deux neveux du président tunisien Ben Ali.  Andreani avait alors été désigné par Nicolas Sarkozy pour le retrouver.  Ironie du sort, ils en avaient déjà chabruno-rogercun un, le Sando et le Blue Dolphin IV, eux aussi volés auparavant sur la Côte d’Azur par des associés, Patrick Sermand en convoyeur et Azzedine Kelaiaia et Omar Khellil !!!  Manque de chance pour eux, celui, plus imposant, qu’ils ont embarqué, appartient à Bruno Roger (ici à gauche), qui est aussi le patron de la banque Lazard, un grand ami de Jacques Chirac et de…  Nicolas Sarkozy.  Celui-ci fait vite rapatrier en France le yacht une fois retrouvé par Andreani (en accord avec Ben Ali).  Son ami Bruno Roger est tout heureux de retrouver son bien, mais il faut organiser maintenant une façade de procès pour satisfaire à la fois la France… et Ben Ali. Le procès prévu en 2009 en Tunisie tourne donc logiquement à la farce.d465099a-8dcd-11de-8666-7ef825430beb  On attend que le tribunal soit vide pour prononcer des condamnations ridicules, début 2010 : Imed est acquitté et son frère Moez (ici à droite), écope d’un an de prison avec sursis : en  France leur délit était passible de sept ans de prison ! A Tunis, Khellil roulait pourtant ouvertement avec la voiture du défenseur de l’OM, Habib Beye, une Mercedes 500 volée à Marseille en 2005 en car-jacking (selon Catherine Graciet, Nicolas Beau dans « La régente de Carthage: Main basse sur la Tunisie« ) !  Dans l’affaire un français sera détenu et jugé en septembre 2009 devant le tribunal correctionnel d’Ajaccio.  On avait alors rappelé que lors du procès final pipé, c’est Michèle Alliot-Marie qui était Garde des Sceaux.  La même qui voyageait dans le jet Challenger 600, immatriculé TS-IBT du clan Ben Ali !

Apparition d’un premier marchand d’armes

En France toujours, les propriétaires du Sando et du Blue Dolphin IV (rebaptisé Blue Dolomin II)  n’ont pas retrouvé pour autant leur bateau.  Le brillant avocat Sarkozy, devenu ministre de l’Intérieur, ne s’est intéressé qu’à une seule affaire : la sienne !  Le second nouvel ami de Djouhri fait lui aussi désormais dans la sécurité (sa société s’appelle Iris Analyse, «conseils et audits en veille technologique»), mais c’est surtout l’ancien responsable  de la cellule antiterroriste de l’Elysée.  En fait de sécurité, Gilleron, surnommé le «p’tit blond» dans le milieu, qui est aussi l’ennemi juré ben-alide Paul Barril (alors qu’il avaient fondé ensemble la société « Secrets »), dirige une société de mercenaires et s’est acoquiné avec l’énigmatique Jacques Monsieur, citoyen belge et marchand d’armes fort discret installé à Celle sur Condé (8).  Les policiers enquêteurs retrouveront un jour chez lui des cartes de visite de  la République du Congo.  Sur l’une d’entre elles, ils remarqueront son nom suivi du titre « Conseiller en commerce auprès du Président de la République » (Pascal Lissouba) ».  On le retrouve aussi au Rwanda, comme conseiller du général-président Habyarimana.  Logique avec de tels nouveaux amis de voir le nouvel Alexandre aller mariner lui aussi dans le commerce des armes… et effectivement.

Mais ne retenez pas l’argent, cette fois, mais plutôt le nom de l’intermédiaire avec lequel Alexandre aurait fait monter les enchères… Enfin, ses propres enchères, tant qu’à faire.  Celui-là, je vous en parlerai demain… c’est la clé de ses problèmes actuels, et surtout ceux, aujourd’hui, de… Nicolas Sarkozy !
pedogouvNota : en recherchant une deuxième fois l’image du dossier de police de Djouhri, pour vérification, lundi 17 octobre, je me suis retrouvé dans le site gouvernemental taxé de « recherche d’image pédo-criminelle » et j’ai donc été bloqué en accés pendant quelques heures (copie écran ci-contre).  En fait on la trouve aussi sur Twitter, sur le site de Fansten, mais ça n’est pas là que je l’avais trouvée.  La veille, le même site visité n’avait présenté aucune difficulté.  Surpris et intrigué, je me suis aperçu que sur DuckDuckGo je pouvais pourtant chercher à nouveau !!!  Idem pour une vérification sur la page google-advertde Djouhri sur Wikipedia, bloquée avec la même raison, mais trouvable par DuckDuckGo ! Etait-on en train de nettoyer cette page ? Ou effaçait-on l’image au même moment ?  Seuls Google et Wikipedia semblaient atteints !  Celle sur Google indiquait la veille que je rentrais dans un site « à risque » sans en préciser le contenu : habituellement c’est pour prévenir du phishing chez Google, et cela ne me rebute habituellement pas.  Intrigué, j’ai attendu que ça se remette en place, n’ayant rien à voir avec ces contenus. fansten Et ça a été le cas, puisqu’en fin de matinée, un communiqué annonçait que c’était Orange qui aurait fait une « erreur humaine », en fait en dénonçant à Google des sites comme étant terroristes ou pédo-criminaux (ha, j’avais évité le terrorisme !).  Mais l’image a bel et bien disparue entre deux car j’avais gardé son intitulé :  « BnrIQVuIgAAF3Kx.jpg-large.jpeg »; un fichier désormais introuvable !  Interdiction, donc seule, ou nettoyage en même temps ? A ce jour, je n’ai même pas reçu de lettre d’excuse d’Orange. Car si plusieurs internautes s’associaient en demandant des dommages et intérêts, pour diffamation aggravée, la boite pourrait tout simplement mettre la clé sous le paillasson !  C’est énorme comme bourde !  Et c’est scandaleux !!!  En plus de 10 ans de net, je n’ai jamais vu ça !  Les explications données à la fois par Orange et par le gouvernement sont en prime totalement ridicules !!!  Je veux bien croire à un « effet rebond » à savoir l’hypothèse du blocage d’une sous-page de Wikipedia, reprise par exemple par Google. « C’est une liste de sites à bloquer et on bloque juste ces sites, pas des sous-pages » mais de là à mélanger photo de dossier de police repris par un journaliste et pédocriminalité, faudra qu’on m’explique là. Et qu’on me dise pourquoi c’est ce cliché là qui, justement, a de nouveau disparu !

 

(1) un simple porteur de valises : « D’après les aveux récents de Ziad Takieddine devant la justice, laquelle détient déjà de nombreuses preuves du système de détournement d’argent sur les ventes d’armes mis en place par les balladuriens, plusieurs valises d’espèces ont été remises à Thierry Gaubert, quand il travaillait sous l’autorité directe de Nicolas Sarkozy, pour le financement de la campagne d’Édouard Balladur. Thierry Gaubert est aujourd’hui mis en examen pour « recel d’abus de biens sociaux » et « blanchiment aggravé » dans ce dossier » écrivait Mediapart en 2013.

(2) Le Figaro, 04 avril 2015 : « La ligne de vêtement qu’il lance est une réussite -la presse l’appelle alors «le plus jeune PDG de France»- bien que son père ait refusé un temps l’exploitation de son nom (les blousons en cuirs sont siglés A.D pour Anthony Delon). La marque marche bien et l’entreprise s’installe dans des locaux prestigieux, avenue George V. Disposant de plusieurs centaines de point de vente en France, Anthony Delon cherche à exporter sa réussite. Voulant présenter ses modèles à Bruxelles, il «percute» la frontière belge. Littéralement. À 120 km/h, il heurte le poste des douanes, ainsi qu’une camionnette de la gendarmerie belge, qu’il traîne sur plus de 150 mètres, avant de finir sa course dans une autre voiture de touristes. Peu de temps après, à Paris, le gérant de sa ligne de blousons, David Tordjman, est attaqué alors qu’il est dans une voiture de la société. Deux motards casqués ouvrent le feu sur lui avant de s’enfuir sur une grosse cylindrée. Les policiers pointent alors du doigt des «méthodes du milieu». Personne ne connaîtra le fin mot de l’histoire. Aussi instable qu’imprévoyant, le jeune entrepreneur «oublie» de déclarer ses revenus des années 1983, 1984 et 1985. La 11e chambre correctionnelle de Paris le condamne à 8 mois de prison avec sursis, il mettra 13 ans à rembourser ce qu’il doit au fisc ».

(3) « En février 1983, il est arrêté à 18 ans au volant d’une BMW volée, avec sous le siège du conducteur un Mac 50, l’arme de service dérobée à un gendarme lors de l’évasion de Bruno Sulak, son ami et voyou, surnommé le «gentleman cambrioleur». Il passe un mois à l’ombre, au centre pour mineur de la prison de Bois d’Arcy. Il en retient une scène surréaliste qu’il raconte dans Le Premier Maillon, son autobiographie parue en 2008. Celle du parloir, où son père vient lui rendre visite: «J’avais l’impression d’être dans un polar de Jean-Pierre Melville. À chaque silence, je m’attendais à ce qu’il me dise: Sois prêt, demain 16 h, pendant la promenade, mur Est de la cour, un hélico viendra t’arracher… Je m’occupe de tout.»  

(4) « Du côté des fidèles des Zemour, trois têtes de proue continuent de faire parler d’elles après la fin de la saga familiale : Roland Attali, Roland Lenoir dit Choukroune et Claude Gragnon dit le Balafré ou « P’tit Claude ». En 1985 ils entrent en guerre avec une équipe mélangeant voyous et affairistes, proche du show-bizness et notamment d’Anthony Delon, que le trio tente vraisemblablement de mettre à l’amende. Le prétexte ? Alain Delon voit d’un très mauvais œil les fréquentations malfrates de son fils, et les pieds noirs décident alors de jouer les redresseurs de torts et de rafler la mise au passage. Mais tout part rapidement en vrille. En avril 1985 ils envoient David Taïeb, un israélo-algérien ami de Gilbert Zemour qui aide sa veuve Liliane a récupérer l’argent de son mari décédé, régler son compte à Ahmed Djouhri dit Alexandre; en raison de sa fascination pour l’empereur grec, autour de qui s’articule la bande adverse. Grandit dans une cité de Sarcelles, le jeune homme né en 1959 aura un parcours des plus atypiques, passant du braquage de bijouteries avec les amis du quartier aux strass des nuits parisiennes avant de côtoyer le monde des affaires et les plus hautes sphères de la Ve République, se liant à des politiques tels que Dominique Strauss-Kahn, Claude Guéant ou encore Dominique de Villepin, et jouant vraisemblablement un rôle « d’homme de l’ombre » dans plusieurs affaires de politique étrangère. En attendant c’est la guerre, et en ce jour de 1985 Ahmed-Alexandre Djouhri a de la chance : l’arme de son assassin s’enraye. Quelques jours plus tard, le 16 avril, c’est cette fois son associé David Tordjmann qui est visé par les anciens de l’équipe Zemour, échappant miraculeusement à la mort malgré les trois balles de 11,43 qu’il reçoit dans le corps. Le 24 janvier 1986 match-retour : David Taïeb est abattu au Pecq dans les Yvelines. Le 4 avril suivant Ahmed Djouhri est à nouveau la cible de tueurs qui lui tirent dessus et le blessent au dos malgré sa riposte à coups de 9 mm, alors qu’il se trouve en compagnie de l’un des frères de David Tordjmann. Le 1er juillet 1986 les locaux de l’entreprise de vêtements dans laquelle sont associés Ahmed Djouhri, David Tordjmann et Anthony Delon subissent plusieurs explosions d’origine criminelle. Le 10 juillet 1987 c’est cette fois Roland Lenoir, grand ami de William Zemour, qui se fait tirer dessus alors qu’il se trouve dans sa voiture avec sa femme et ses deux enfants. Grièvement blessé au thorax et à l’abdomen, il s’en sort de justesse. Début 1989 son ami Claude Gragnon est libéré de la prison de Fresnes où il a purgé une peine de trois ans pour des arnaques aux faux policiers en compagnie de trois autres complices avec qui il formait « l’équipe du commissaire ». Quelques jours après sa libération, le 10 janvier 1989, il est abattu à Bourg-la-Reine par un certain Claude Pieto dit P’tit Claude lui aussi, braqueur breton et inséparable ami d’Alexandre Djouhri à qui il a permit de mettre un pied dans le Milieu parisien. Fin de cette guerre des gangs, et fin du dernier représentant de l’épopée des Zemour. »

(5) voici qui hantait les boîtes de nuits « africaines » à cette époque selon Prost, et surtout le « Keur Samba » de Kane Ndiaye (ici visité par Rachid Taha) : 

  • « Des chanteurs, des acteurs, des sportifs comme Johnny Hallyday, Manu Dibango, Eddy Mitchell, Nina Simone, Miriam Makeba. Vincent Lindon, Mouss Diouf, Yannick Noah, Roger Milla, ou Marius Trésor.
  • Mais surtout des politiques, ministres en exercice, parlementaires, conseillers ou membres de cabinets de gauche comme de droite : Roland Dumas, Jean-Christophe Mitterrand, Guy Penne (ancien sénateur et ex «  Monsieur Afrique  » de François Mitterrand), Michel Charasse, Charles Josselin (ancien ministre socialiste délégué chargé de la Coopération), François Baroin, Jean-François Copé, Patrick Balkany, Bernard Debré ou encore l’ex-ministre de la Coopération Michel Roussin et Jacques Godfrain, qui nie s’être rendu dans cette boîte malgré plusieurs témoignages concordants ».

« Les hommes d’affaires Samir Traboulsi, Alexandre Djouhri, Robert Bourgi ou l’ancien marchand d’armes saoudien Akram Ojjeh défilent dans ce lieu incontournable du Tout-Paris et du Tout-Afrique. De quoi susciter une particulière attention des services de renseignement, dont la DGSE. Des rumeurs circulent un moment. Malgré la musique, qui rendrait l’analyse des sons particulièrement difficile, la discothèque serait entièrement truffée de micros… » . »Personne n’était agressif, même ceux qui avaient bu ne se comportaient pas mal  », se rappelle l’actuel sénateur UMP Pierre Charon, qui affirme y être passé une dizaine de fois ». En 1968, le film « Les jeunes loups » de Marcel Carné avait vu des séquences filmées au Keur Samba, notamment celle avec Nicole Croisille chantant le thème du film sous le pseudo de Tuesday Jackson.

(6) Voici le compte rendu du match de boxe, selon l’ACME : ‘lundi, à 19h30,  Marsaud, Obadia et Djouhri boivent un verre au bar du George V. Ils apprennent alors, par hasard, disent-ils, via un journaliste qui a rendez-vous avec Ajroudi, que ce dernier occupe une suite dans les étages (détail qui figurait le matin même dans Libération). Il est en compagnie de Petit et de deux autres personnes. Enervé par les accusations portées contre lui, Djouhri décide de monter. «Il sentait la vinasse», affirme un témoin.  De fait, l’ami du PDG de Veolia sera placé en cellule de dégrisement avant d’être mis en garde à vue en fin de soirée. «Il était énervé mais il n’avait bu qu’un verre de vin à ce moment-là», relativise Obadia. Ce dernier le suit quelques minutes plus tard, tandis que Marsaud reste prudemment en bas. Le ton monte rapidement.  Selon la version fournie par Ajroudi et Petit, Obadia bloque l’entrée de la suite et Djouhri fonce sur Ajroudi en hurlant : «C’est quoi ces conneries que tu racontes aux journalistes ?» Et il donne des coups ­ de pied et de poing, selon une source judiciaire. Ajroudi tombe deux fois par terre. Rien à voir avec une baston à coups de batte de base-ball ­ on est quand même au George-V. Mais tout de même : transféré à l’Hôtel-Dieu, il souffrirait de contusions et hématomes (…) Obadia et Djouhri passeront la nuit en garde à vue (ils ont été relâchés hier) ». 

(7) Proglio et ses « collaborateurs aux méthodes parfois étranges. Comme Eric de Ficquelmont, son DRH pendant quinze ans, qui avait ses entrées aux Renseignements généraux et, pour seul agenda, un cahier dont il arrachait les pages chaque jour afin que personne ne connaisse la teneur de ses rendez-vous » (…) »Pas ingrat, Henri Proglio sait renvoyer l’ascenseur.  Ainsi, quand Villepin a quitté le gouvernement en 2007 et s’est lancé dans le métier d’avocat, le patron de Veolia lui a aussitôt confié diverses missions de conseil pour le compte de ses filiales étrangères ».

mr(8) Jacques Monsieur se fera serrer aux Etats-Unis en 2009 : « le nom de Monsieur a refait surface en février de l’année dernière quand un agent des douanes a appris que l’accusé avait tenté d’acheter des moteurs de chasseur F-5 pour l’Iran, en violation d’un embargo sur les armes imposé à la nation du Moyen-Orient en 1995. Grâce à une série d’e-mails et une réunion de 2 heure ½  en mai 2009 à l’Hôtel Andaz à Londres, un agent fédéral infiltré a négocié un accord dans lequel les pièces auraient été introduites clandestinement en Iran par un autre pays. Monsieur envoyé par courriel à l’agent infiltré un ordre d’achat enjuin 2009 d’une société située dans l’ancienne république soviétique du Kirghizistan. Le mois suivant, Monsieur a câblé un paiement de 110.000 $ en provenance des Émirats Arabes Unis à un compte Regions Bank à Mobile (en Alabama) et a indiqué qu’il serait suivi de 300.000 $ dans les prochaines semaines pour deux  autres moteurs J85-21 F-5. L’agent d’infiltration, derrière l’affaire, aurait fait expédier les pièces de Mobile à destination de la Colombie, d’où elles auraient été déplacées au Venezuela et, finalement versl’Iran. Quatre jours avant que l’agent devait rencontrer Monsieur en Colombie enaoût 2009, un grand jury de  Mobile l’a secrètement inculpé. Il a été arrêté en France, où il avait vécu pendant un certain temps (à Lignières, près de Bourges). Un partenaire d’affaires iranien qui a assisté à la réunion de Londres, Dara Fotouhi, reste fugitif ». Encourant au départ soixante-cinq ans de prison Jacques Monsieur hérite en 2009 de 5 ans de prison et 250.000 dollars d’amende.  En 2001, il avait déclaré pour se défendre « travailler  pour la DST »… il avait déjà reconnu travailler pour Elf : « Dans ses éditions des 20 et 30 mars, le quotidien bruxellois le Soir a publié plusieurs documents témoignant des liens entre le trafiquant belge et la compagnie pétrolière. Le quotidien a notamment publié une lettre ­ agrémentée d’un chantage (lire ci-dessous) ­ adressée, en 2000, par Monsieur à Jack Sigolet, l’ex-président de la Fiba (la banque d’Elf), réclamant la fin du paiement par Elf des armes (hélicoptères, missiles, roquettes, pour 60 millions de dollars) livrées en 1997 par Monsieur à Pascal Lissouba, l’ancien président du Congo-Brazzaville. 46Un autre document montre comment l’équipe d’Elf s’engageait à oeuvrer pour que Monsieur puisse décrocher de nouveaux marchés en Afrique, notamment en Angola, à qui Monsieur a fait une offre de service ­ du matériel militaire ­ en février 2000. Ces documents, retrouvés à l’occasion d’une perquisition dans un domicile de monsieur Monsieur, dans le sud de la France, pourraient permettre au juge d’obtenir un réquisitoire supplétif. L’enquête menée à Bourges a aussi mis en évidence la présence au Congo-Brazzaville, en 1997, d’un des associés de Monsieur, James Cappiau, ancien de l’armée croate, mort dans un attentat le 22 mars à Zagreb » (photo ci-contre à gauche).  » L’histoire de Monsieur et de ses liens avec Jacques Sigolet, ex-président de la banque du groupe pétrolier Elf, la Fiba notamment, est ici. « il est de notoriété publique que Cappiau avait des excellentes relations avec Bernard Courcelle, l’ancien officier de la Direction de la protection et de la sécurité de la Défense, qui après avoir assuré la protection de « la deuxième femme » de Mitterrand était devenu le patron de la milice parallèle de Jean-Marie Le Pen. En parlant de Cappiau, Bernard Courcelle affirmait: « C’était un type qui avait de la classe… Quand il venait en France, il achetait au moins 4 paires de Weston d’un coup ». (Le Figaro du 6 février 2002)« .

 

On peut relire, sur Squarcini et Sarkozy :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/quand-sarkozy-dit-le-contraire-de-113728

Sur Guéant en Syrie :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-travail-de-l-ombre-de-claude-114158

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-travail-de-l-ombre-de-claude-114600

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-travail-de-l-ombre-de-claude-114236

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-travail-de-l-ombre-de-claude-114200

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/affaire-merah-la-boule-de-cristal-119811

sur Squarcini et la Syrie :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/squarcini-et-la-filiere-syrienne-1-123345

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/squarcini-et-la-filiere-syrienne-123511

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/squarcini-et-la-filiere-syrienne-3-123512

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/squarcini-et-la-filiere-syrienne-4-124012

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/squarcini-et-la-filiere-syrienne-5-124230

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/squarcini-et-la-filiere-syrienne-6-123655

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/squarcini-et-la-filiere-syrienne-7-123871

sur la fin de Kadhafi

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/libye-deux-lynchages-qui-n-102859

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/kadhafi-fait-bombarder-son-peuple-90568

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-terribles-revelations-sur-la-103400

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/kadhafi-et-ses-mercenaires-sud-103072

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-mercenaires-et-la-fin-de-123717

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/sarkozy-finalement-grille-par-90315

Entre Chirac et Sarkozy

chirac-irresponsable-b4b01http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/entre-chirac-et-sarkozy-la-haine-90212

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/chirac-gangster-de-la-republique-90121

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/jacques-chirac-version-ncis-89755

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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