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Encore un effort, Gunther (a) !

Et c’est reparti ! C’est à désespérer parfois du journalisme ! Cette fois-ci, c’est un journaliste flamand prénommé Gunther, qui, tel un relais de chaîne de St Antoine (1) du net relaie une info sans la bûcher davantage, celle de la « découverte d’une ancienne base nazie » en Arctique.  Et notre tâcheron des Flandres d’évoquer bien sûr une « mission secrète » sur place de ces mêmes nazis.  Et aussi la « mort mystérieuse » de ses occupants, et même la présence d’un « bunker »… De quoi alimenter nos  allumés habituels fans de « soucoupes nazies » ! Notre dénommé Gunther a intitulé sa page MSN (ou car c’est « MSN Actus » qui relaie ses bêtises !) « NewsMonkey ».  On comprend pourquoi, avec ce genre de journalisme torché à la va-vite pour faire le buzz (2).  Car, Gunther, il ne suffit pas de mettre « nazi » et « base secrète » ou « sous-marin »… « bunker » pour informer correctement. En 10 minutes de recherche sur le net, tu aurais pu découvrir ce que je vais à nouveau devoir t’expliquer ici… la base n’avait strictement rien de secrète  : elle est répertoriée partout dans les livres d’histoire !!! Et se trouve aussi parmi 14 autres répertoriées historiquement ! Sur Wikipedia !  En moins de deux minutes, ça se trouve !

station-nbQue n’a-t-on point entendu comme bêtises  sur le sujet ! Déjà, récemment, la fonte des neiges délivrant les vestiges d’une ancienne base (nucléaire !) américaine avait vu apparaître les mêmes approximations et les mêmes imbécillités, dénoncées ici-même.  Laisser entendre que cette base aurait été « secrète » est tout bonnement un mensonge (on espère par omission chez nôtre Gunther) et une désinformation, car l’ensemble de ces installations a été l’objet de communications, depuis notamment la re-découverte après guerre des premières, libérées par le réchauffement climatique, ou parfois le hasard d’une installation récente de scientifiques à l’endroit concerné.

Laisser entrevoir le mystère, c’est aussi obligatoirement laisser la porte ouverte aux abrutis qui continuent à entreteniez le mythe complet de la suprématie nazie qui aurait réussi à survivre dans des contrées inhospitalières, pourquoi pas, tant qu’on y est, avec l’aide d’extraterrestres qui auraient été en contact avec eux.  Je sais, c’est ridicule, mais il y en a pour raconter ces inepties toutes les semaines sur des radios et tous les jours sur des sites internet, à se demander pourquoi mentent-ils autant (parce qu’ils ne peuvent instaurer le système politique qui leur sied que par l’amoncellement de mensonges, tout simplement, du genre les juifs ou les francs-maçons sont seuls responsables de tous les malheurs du monde. Surtout les juifs, d’ailleurs, chez les inventeurs des soucoupes nazies qui n’ont jamais existé !).newspaper  Ces installations, on le sait pourtant, n’étaient que des bases météo automatisées (WFL pour Wetterfunkgerät-Land) , relevées lors de l’affaiblissement de leur accumulateurs, tout simplement, et aucune n’a connu de construction de « bunker » : personne n’aurait réussi à couler du béton à ces endroits !  L’une des premières complètes retrouvés est ici à droite (nota une version en couleurs existe du cliché il existe une photo couleur de la découverte).  C’est celle de la station de  Martin Bay (la WFL n°26), surnommée « Station Kurt », en hommage à l’ingénieur de chez Siemens qui avait travaillé sur le type de station et qui avait fini par la retrouver, via des chercheurs américains.  Le même cliché noir et blanc était lors paru dans la presse.  Et le couleur dans le Weekend Citizen de 1981.

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Le tout est connu et répertorié, pourtant , et a fait l’objet de diverses communications officielles : la re-découverte de la station Kurt n’est pas tout à fait le fruit du hasard : « pour autant que nous le savons, les premiers Nord-Américains à trouver le site faisaient partie du projet archéologique Torngat en 1977. En termes de sites trouvés ou d’artefacts sur le  sol de ce projet de deux ans (1977-1978), menée par la Smithsonian Institution et le Bryn Mawr College, avec l’aide du personnel d’un certain nombre d’institutions américaines et canadiennes, cela a constitué le  projet d’archéologie le plus réussi dans l’histoire de la province. Le projet a étudié à partir de Nain jusqu’aux îles Button et a découvert près de 350 sites archéologiques a recueilli des données de nombreuses stations géologiques et botaniques ». « En 1977, Peter Johnson, un géologue travaillant pour le projet est tombé sur la station météorologique allemande, mais il ne savait pas ce qu’il avait trouvé. helicoptere-morceauxIl avait soupçonné que ça puisse être une installation militaire canadienne. Dans le cadre du projet, la station météorologique a alors été nommée « Martin Bay 7″ et la découverte publiée sous le numéro Borden JADC-07 » (Douglas, Alec  1982 The Nazi Weather Station in Labrador. Canadian Geographic, V.101, No.6).  L’archéologue avait été trompé par une inscription sur un des fûts de la station : les allemands, non sans adresse, avaient en effet inscrit dessus « Canadian Weather Service » pour tromper l’ennemi !! Ici, on peut voir ce qu’ont trouvé les archéologues autour de Nain… (et en photo à droite l’hélicoptère rapportant les morceaux de la station Kurt, dont on distingue les poutres centrales, deux sur les trois d’origine).

stationC’est on suppose la méconnaissance historique qui est en cause, de cette légèreté de propos, celle qui entretient le négationnisme par exemple, exactement de la même façon. On parle et on conclut sans savoir et sans plonger dans la documentation historique qui est là, pourtant devant nos yeux. Et pourtant, cela a changé, et tout est disponible rapidement ! Ce que je mettais trois semaines à vérifier dans les années 70, me prend deux minutes aujourd’hui pour recouper les informations et vérifier mes sources.

En fait, l’histoire est un peu plus compliqué que ça, il faut avouer, et c’est pourquoi je vais vous la rappeler en détail, afin que les propos à l’emporte-pièce entendus apparaissent comme étant encore plus ridicules : « Kurt » la « Wetterstation » inventée par les Dr. Ernest Ploetze et Edwin Stoebe, a été re-découverte en 1981, car un des survivants du sous-mubbotarin (l’ U-537 de type type IX.C/40) qui avait déposé l’équipement, le Dr Sommermeyer, avait laissé, après sa mort, des papiers et des photographies qui étaient tombés sous le regard d’un ingénieur de chez Siemens qui avait fabriqué les batteries (ci-dessus à droite l’une de ses photos).  L’expédition du sous-marin est elle aussi bien connue.  Le 22 octobre 1943, le sous-marin allemand U-537 commencé par commandé par le Kapitan-Leutnant Peter Schrewe, âgé alors seulement de 23 ans, était effectivement arrivé à la pointe de la baie de Martin sur la côte du Labrador, à Terre-Neuve, pour la déposer, ainsi que ses installateurs; rembarqués juste après (l’U-537 est ici à gauche).inflatable Il avait fallu à l’équipage 48 heures pour installer tout le matériel nécessaire à terre, via des canots (certains gonflables,comme ici à droite)  et amener « Kurt » au sommet d’une colline où la station avait été mise en place, nous sans difficultés, on l’imagine.  Le sous-marin, qui arborait les anneaux olympiques sur son kiosque avant, qui avait déposé l’installation, n’aura pas de chance une année plus tard : le 9 novembre 1944, cet U-537, parti de Lorient, puis dirigé ensuite vers le Pacifique, sera torpillé et coulé au large de Bali par un sous-marin américain, l’USS Floundernettement plus imposant (3). A noter que la station restaurée est visible au Musée de la Guerre d’Ottawa. La visite guidée est ici.

u-537

Pour mieux appréhender le problème il faut des connaissances historiques, et un peu de géographie aussi. On commence par une carte, pour distinguer tout d’abord le Groenland du Spitzberg (Svalbard) et des îles François-Joseph. Car tout ce dont on va parler tourne autour de cette région (à l’extrême gauche pointe la côte du Groenland avec ces 4 stations répertoriées, « Schatzgräber » étant la plus septentrionale – et donc la plus longtemps recouverte de glace) :

carte-bases
419uelmkzjl-1-_uy250_Ce sont pas moins de 15 bases météo que les nazis ont installées avec celle citée aujourd’hui. 6 au Spitberg, une sur l’île aux Ours (au Sud du Spitberg), 5 au Groenland, deux à Hopen (Svalbard-Spitberg). La base « Schatzgräber »; celle du jour, est installée sur l’île Alexandra, à l ‘extrême ouest de l’archipel François-Joseph, désormais territoire russe (le détail des installations figure sur… Wikipedia, c’est ici).  raf-1945La première de 1941 a été Bansö au Spitberg, la dernière Haudegen (voir plus loin) au Spitzberg également. Le livre « Wettertrupp Haudegen,” de Wilhelm Dege (à droite), publié en 1954, est très instructif sur le sujet et détaille ces installations. Un autre ouvrage, Arctic Airmen : The RAF in Spitsbergen and North Russia, 1942 de Ernest Schofield, et Roy Conyers Nesbit (à gauche) explique la chasse aérienne au dessus des îles, notamment sur l’île aux Ours…  les ouvrages ne manquent pas sur la question… ci-dessous la liste des 15 stations dans Wikipedia :

wuki-stations

wbs6list-1S’ajoutent à ça des navires météorologiques, comme le WBS6 München (ici à gauche), un auxiliaire de la Kriegsmarine déguisé en chalutier, capturé le 7 mai 1941 au large de l’Islande par la Navy.  L’opération avait été imaginée par le cryptologue britannique Harry Hinsley, qui était persuadé que ces navires devaient avoir accès à la machine Enigma, ou en connaître une partie des secrets.wbs8_1list Son intuition fut la bonne; et la capture du Munchen fit avancer le décryptage de la machine à coder allemande.  Ces faux chalutiers étaient aussi les navires accompagnateurs de sous-marin, avec qui il travaillaient en coordination complète.  Ainsi pour l’U-956 (de type VIIc) qui avait eu pour sa 4eme patrouille en mer le soutien du chalutier météo WBS-8 Hessen (ici à droite), qui circulait entre le Groenland et le Svalbard lors de l’Operation « Einsiedler ». Ironie du sort, ayant brisé sa boîte de vitesse, le chalutier dû avoir recours au sous-marin pour que ce dernier le remorque à  Tromsø le 20 janvier 1944 !!!

 

wbs2_1944L’U-378 (type VIIc), lors de sa 6eme patrouille à partir de Trondheim, le 1er avril 1943, avait été escorté par le chalutier météo WBS-2 Coburg pour aller déposer la station automatique « Wetter-Funkgerät-Land 23 Erwin II » à Bjørnøya (lors de l’Operation « Brausewetter »), pour remplacer la précédente station junkers-290-rampe (« WFL-22 Erwin » déposée par l »U-657 (type VIIc) entre novembre et décembre 42.  Le 3 juin 1944, au Kap Sussi, près du Groenland, le même Coburg se fera prendre par la banquise, sa coque sera endommagée par la pression des glaces (photo ci-contre).  Son équipage sera évacué sur Trondheim par un Junkers 290, ayant réussi à se poser sur la glace, une opération plus que risquée (l’avion faisant plus de 30 tonnes à vide ). Ci-contre à droite la particularité de l’appareil, une rampe inclinable à l’arrière, qui en fait soulevait tout l’avion, posé sur sa roulette arrière, en se baissant vers le sol !
chalutierLes chalutiers allemands servent en effet de ravitailleurs discrets de ses bases : l’un d’entre eux, comme je l’ai déjà écrit,« le chalutier allemand Carl J.Busch (qui) arrive dans le fjord Liefdel pour y déposer une autre sation météo ; avec une nouvelle section d’hommes, appelés « Kreuzritter » (les croisés !). Ils y resteront de novembre 1943 à juillet 1944. Ils s’y montreront fort efficaces : ils transmettront durant la période 739 rapports précis, lanceront 125 radio-sondes et en récupéreront 39 nacelles météo. Ils seront ravitaillés en mai 1944 par un Condor 200 piloté par un autre spécialiste, l’Oblt. Stahnke ».  D’autres documents visibles partout montrent les bases allemandes de l’Arctique et parfois même les combats qui ont eu lieu pour leur conquête.

prisonniersAinsi cette séquence, filmée en 1944 sur l’île Koldewey, dont le nom était celui du capitaine, Carl Koldewey, le chef de la seconde expédition au Groenland et au Spitzberg au XIXeme siècle (en 1868). L’opération Koldewey filmée montre un avion Grumman Duck et les tirs sur le chalutier allemand servant de ravitailleur à la station. Sa poursuite « se fera sur 70 miles », dit le commentateur. Le film montre l’investigation d’une autre base météo installée très au Nord du Groenland, au cap Sussi ( 75°19’0″ N et 17°49’0″ W). Une vue de prisonniers mains en l’air levées prise dans le brouillard montre la capture des derniers résidants d’une de ces bases météo (1).

stationIl y en a eu d’autres de stations relevant la météo (ci-contre à gauche Wilhelm Dege devant un des postes de relevé des températures et du vent), dont on trouve aussi, toujours aujourd’hui,  les vestiges disséminés  (les sites sont désormais protégés et on ne peut plus y toucher !). Ainsi dans la baie de Signehamna, au fond du fjord de Krossfjorden, comme on l’a très bien expliqué ici : « couvrant une grande surface, les Allemands ont construit une station d’hiver, une station d’été, une station météorologique automatique et un certain nombre de dépôts d’urgence et d’évacuation dans et autour de Signehamna » (…) « la station météo marine allemande Knospe a été établie au cours de la Seconde Guerre mondiale. Knospe a été nommé d’après Hans-Robert Knoespel, qui en 194knospe1 a lancé l’idée de construire des stations terrestres pour les prévisions météorologiques après qu’un certain nombre de navires et d’avions météorologiques allemands aient été coulés ou  abattu lors de la récupération de l’information météorologique. Knoespel avait constaté que les stations terrestres seraient plus protégés contre les attaques. En hiver, la banquise et la nuit polaire noire lui donneraient protection. Six personnes ont été stationnés à Signehamna à partir de mi-octobre 1941. Ils ont construit la station météorologique et tout l’hiver ils ont rassemblé tous les types de données météorologiques que l’administration de guerre allemande jugait importante par rapport à la guerre en Europe. Knospe était opérationnel tout l’hiver et a été remplacé à l’automne 1942 par Nussbaum, environ au même endroit. Une grande partie du même équipement pouvait ainsi réutilisé. »

vestigesdCes stations ont toutes été documentées, on possède depuis plus de 15 ans des photos des vestiges de ces stations abandonnées (et c’est donc une re-découverte !), notamment par un remarquable rapport de Cornelia Lüdecke, lors d’une expédition menée du 26 août au 11 septembre 2000 par le le Swedish Polar Research Secretariat sous la direction de Pär Eliasson, de l’université d’Umeå, l’auteur de « History of Climatology in the Arctic: German Weather Stations at Spitsbergen 1941-1945« . Ce rapport très précis montre des photos en noir et blanc de tous les sstationites visités, dont celui de la station Knospe (qui signifie « bourgeon ») mais aussi de la station « Keuzritter“, « le croisé »ou le « chevalier teutonique » (1943-1944) située  au Liefdefjord au nord est du Spitzberg :« ‘il n’a pas été facile de trouver la station à partir des documents de littérature » dit-elle. Mais son groupe finit par trouver : « un groupe est d’abord allé à terre à la recherche de la tombe du chef de l’expédition Hans Robert Knöspel, qui est mort par accident quand il a essayé de désamorcer certains explosifs dans une petite cabane de chasse à proximité. La tombe et la station ont été localisées avec succès par l’équipe Swedarctic« .vestiges-knospe » (à comparer la photo à droite à celle ici en couleurs).

« Dans le même temps, les matériaux les plus importants restants (conteneur aérien de livraison rouillés pour les fournitures, bidons de 20 litres de réservoir de carburant, boîtes de provisions d’U-boot standard, pièces d’antenne, batteries et boiseries ont été identifiés en utilisant les informations des rapports allemands ». « Ensuite, nous sommes allés  à la station « Knospe » (de 1942 à 1943) à Lilliehoekfjord (sur la côte ouest du Spitzberg), qui avait été le lieu aussi de l’ancienne station  « Bud » (1941-1942). bidonsL’endroit est bien connu, et facile à trouver. Ici, nous pûmes même documenter les vestiges de la station météorologique automatique fonctionnant en 1942 (voir photo à droite montrant les 3 montants principaux et l’une des batteries circulaires encore debout sur la gauche de la photo), mais aussi ceux de la station d’hiver avec ses typiques barils de pétrole rouillés, les restes de deux générateurs, et une charrette fabriquée sur place ». (on notera ci-dessus à gauche la forme bien particulière, en forme de gros obus, des vestiges découverts en 2000 par Cornelia Lüdecke sur le site de Kreuzritter) . 

bidons2« Après une longue recherche, nous avions trouvé la station d’été cachée dans la colline voisine. Elle avait été divisé en une maison d’habitation et une petite station séparée sans fil, avec des vigies militaires, un chapeau de temps, un site de production de gaz nécessaire pour les ballons des sondes radio, et plusieurs lieux d’ordures. Favorablement, la station d’été est pas accessible par les touristes, comme cela semble être dans une forme assez originale après sa destruction en 1943. Nous avons également trouvé des dépôts détruits, qui ont été distribués éparpillés dans le paysage… 

Des photos en couleur sont disponibles depuis, destinées à ceux qui voudraient se rendre sur place, pour se faire une idée : c’est au 79° 16.4′ N 11° 33′ E (à gauche les cabanes de la station Haudegen).haudegen-bois « Cependant, les forces alliées avaient été informés de la position de la station météorologique, mais cela n’a pas été connu par les Allemands. Au cours de l’automne 1942, les Norvégiens ont fait plusieurs tentatives pour atteindre à la station, mais elles ont été entravées par le mauvais temps. Le 23 août 1942, sans intervention des Alliés, pourtant, la base de Knospe est évacuée par le sous-marin U-435 commandé par le Kapitänleutnant S. Strelow (lire ici le détail de l’évacuation). Découverte, « elle  a été explosée et brûlée par les forces norvégiennes en 1943 et laissé à la dégradation naturelle et humaine » . 

Dommage, on en a gardé une pitzbergen_wwii_kreuzritter_liefdefjord_43-44bonne photo montrant bien tout le dispositif (voir ici à gauche). De la station Knospe, il ne reste que des débris, donc nous indiquent ici les géologues trekkers Øystein Overrein (ed.), Jørn Henriksen, Bjørn Fossli Johansen, et Kristin Prestvold « dispersés dans une zone concentrée il y a des tas de fer, des restes des bâtiments de la station, de l’équipement technique, des ustensiles de cuisine et des effets personnels. Il y a un large éventail de différents objets, comme des barils de carburant marqués « Marine », des câbles, des boîtes en bois et des barils de fer. Soit dit en passant, il y a des restes ou des agrégats, des outils rouillés, des seaux de zinc et jerricans, plein de verre brisé, tasses, assiettes, boîtes de conserve, des douilles, des fixations de ski et des morceaux de toile de tente ».  

Mais on trouve aussi d’autres vestiges au Svalbard, par exemple. Tel ce Junkers 88, entièrement « poncé » par le climat local :

junkers-88-salvard

canotMême chose encore au Rijpfjord où se tenait la station Haudegen, édifiée par le chalutier  Carl J. Busch, et le sous-marin U-307, qui a fonctionné jusqu’au 4 septembre 1945. Une station elle aussi bien documentée, ayant laissé beaucoup de photos derrière elle grâce au Lieutenant Dege qui en a fait un superbe livre.

 

Là, on peut encore voir des bâtiments laissés sur place par les allemands (et remis à jour parfois, comme ici en 2015). Des « huttes en papier carton », comme on les surnomme. Et un canot abandonné (ci-dessu). Des vestiges éparts un peu partout laissés sur place à la fin de la guerre… et restés là depuis.

 

haudegen

 

Exactement ce qu’on vient de retrouver en terre russe, à vrai dire ! Car elle était exactement du même type que les autres, cette soi-disant « base secrète » ! On aura noté que dans toutes les descriptions on a parlé de tentes, d’abris, de cabanes, d’abris… mais en aucun cas de « bunker » (à noter la différence d’enneigement entre la station Haudegen en 1945 et ici en 1985 ou aujourd’hui). Notre Gunther aurait-il fabulé, ou aurait-il laissé sa plume vagabonder et imaginer ce fameux « bunker » ??? Films, livres, magazines, rien ne manque à l’inventaire : alors pourquoi donc raconter autant de bêtises sur cette fameuse base ??? Cela, je vous popose de le découvrir en détail demain, si vous le voulez bien.

 

 

(1) voir ici :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chaîne_de_lettres

(2) Gunther, et son journalisme à la Twitter (ça m’en rappelle un autre, tiens), « qui aime les news et écrire« …. ou plutôt sauter en l’air ? Pour ce qui est de MSN News, ce n’est guère folichon non plus. MSN reprend aussi en une du mercredi 26 octobre en titre celui de Direct Matin en lui jouant même un coup de clairon, à propos du « supermissile russe » : « jusqu’alors caché, le centre de fusées russe Makeev a dévoilé une image sur son site, révèle Direct matin » ajoute-t-il, ou quand Microsoft sert la soupe à Poutine (un de plus !) !!! MSN en fait même un missile « furtif » en écrivant sans rire que « sa technologie furtive lui permet également de tromper les systèmes radars » (en fait ce sont les trajectoires de ces têtes rentrantes qui sont difficiles à détecter !). Pire encore quand MSN écrit que  » Le RS-28 Sarmat, de son nom de combat, destiné à remplacer les vieillissants missiles R-36M, a été testé cet été par les autorités russes », ce qui est complètement faux : seul le premier étage l’a été, et seulement au ban fixe à cette heure !!!  En réalité, MSN a recopié l’info de chez BFM (cf  le « Fournis par BFMNews » en bas du texte), qui pratique on le sait le journalisme à la louche… En somme c’est un peu comme Windows 10, l’info signée MSN : on attendra la énième mise à jour de 64 paquets pour savoir si ça marchait vraiment…

(3) « L’U-537, ayant embarqué la station et les deux spécialistes de la société Siemens chargés de l’installer, quitte Kiel le 18 septembre 1943 et, après un bref arrêt à Bergen (Norvège), se dirige vers la côte du Labrador. Il fait surface à plusieurs reprises pour rendre compte de sa position avant d’arriver le 22 octobre à destination dans la baie de Martin, au Nord du Labrador, près du Cap Chidley (Canada). Le débarquement des équipements commence dès le lendemain matin. Ils sont hissés au sommet de la colline (60° 05′ 00,2″ N, 64° 22′ 50,8″ 0 où 60° 05′ 00,2″ N, 64° 22′ 50,8″0) sur laquelle la station doit être montée et marqués du nom d’un service canadien qui n’existe pas, le « Canadian Weather Service ». En fin d’après-midi le montage de la station est achevé et le sous-marin reprend aussitôt la mer ; il s’immerge complètement au large puis s’arrête pour vérifier que le transmetteur de la station fonctionne correctement 1943. L’U-537 est ensuite laissé libre de choisir sa mission de chasse de retour. Il fait plusieurs fois surface pour vérifier le signal de la station mais il ne reçoit rien. Il patrouille ensuite au large de Terre-Neuve où il est bombardé et rentre finalement à Lorient le 8 décembre. » Nota : pour faire encore plus croire à une station canadienne, les allemands avaient disséminé autour de leur installation des paquets de cigarettes américaines !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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