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En 2020, un monde plus pauvre

Notre monde est en pleine déconstruction. Ses richesses sont décimées à un rythme effrayant. Les politiques, les banquiers centraux et, plus généralement, toutes celles et ceux ayant à cœur la sauvegarde de notre mode de vie et la paix sociale devront trouver faire payer les créanciers, seule manière de sauvegarder l’essentiel. Des efforts herculéens sont actuellement entrepris par les pouvoirs publics en vue de soutenir ouvertement et directement le secteur privé. A l’échelle mondiale, c’est 12’000 milliards de dollars qui ont été dépensés jusque là – sur la seule année 2020 – pour éviter la liquéfaction mondiale. Ce chiffre représente 12% du P.I.B. universel sachant que nos dirigeants ont bien pris conscience de l’urgence absolue et extrême de la situation. En effet, en comparaison, le stimulus mis en place en 2010 par le G 20 suite à la crise financière, après d’infinies hésitations, et qui était de 2% du P.I.B. mondial semble bien rachitique…

Ce n’est pourtant qu’un début car il est crucial de limiter les déperditions de richesses qui seront d’autant moins récupérables que le secteur public se sera endetté de manière considérable. Il existe, pourtant, une solution à même d’éviter de creuser nos déficits et qui permettrait de juguler – ou à tout le moins – d’amortir cette crise sans précédent faite d’une mixture nauséabonde de récession, d’effondrement des P.I.B. dignes de périodes de guerre, de chômage massif, de confinements partiels voire totaux, de couvre feu…Cette bouée n’est qu’un banal instrument de politique monétaire aux mains des banques centrales et consiste à rendre négatif le loyer de l’argent. A cet effet, permettez-moi de vous parler d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître : une époque – pas si lointaine – où les réductions de taux d’intérêt (lorsque ceux-ci étaient encore à 4 ou 5% par exemple) redonnaient du souffle à l’activité économique. Le mécanisme est en tous points similaire s’agissant de crever le plancher du taux 0 qui, s’il est adroitement mené, est susceptible d’économiser à l’Etat – et donc à nous – bien des deniers.

 

Un taux européen de – 3% est l’arme suprême pour relancer la croissance, ressusciter la demande agrégée et lutter contre le chômage. Un taux d’intérêt directeur négatif éviterait également de «taper» dans les créanciers et limiterait les restructurations des dettes. La politique budgétaire et autres mesures fiscales sont certes indispensables dans le contexte actuel. Pour autant, seule la politique monétaire – responsabilité des banques centrales – interagit avec le crédit qui est l’essence même de nos économies modernes. Seuls des taux d’intérêt négatifs – voire largement négatifs – sont aujourd’hui susceptibles de sauver ce qui peut encore l’être.

 

Michel Santi

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