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?mois journalistiques

La F?d?ration professionnelle des journalistes du Qu?bec a d?cid? que d?sormais, il fallait adh?rer ? son code de d?ontologie pour pouvoir en devenir membre. Jusque-l?, ?a va. Il aurait m?me fallu que cette exigence soit imp?rative depuis bien longtemps. Le probl?me, c?est que cette louable initiative cache un malaise profond, une sorte de guerre des boutons version Web. D?un c?t?, la bande est form?e de journalistes, de l?autre elle regroupe des blogueurs. But de la bataille : le contr?le du ?droit du public ? l?information?. Pas de quartier. On ne rigole pas avec quelque chose d?aussi s?rieux.

Toute cette d?rape entre journalistes et blogueurs autour de la question du droit du public ? l?information s?appelle avoir la t?te dans le sable. Le vrai probl?me est ailleurs pour les journalistes, mais on pr?f?re discourir sur le terrible danger que repr?sente la pr?sence de blogueurs aux conf?rences de presse.

Pendant ce temps, le poids m?dias des lib?raux dans la derni?re campagne ?lectorale a ?t? nettement au-dessus de ce que devrait ?tre une couverture ?quilibr?e qui sert r?ellement l?int?r?t public.

Le probl?me fondamental de la FPJQ est de vouloir compter ses poussins sans s?apercevoir que le renard est dans le poulailler, et de s?en prendre aux vilains petits canetons qui eux, sont en dehors du dit poulailler. Pour ma part, je me pr?occupe beaucoup plus du sort du journalisme dans un contexte o? le marketing a nettement pris de dessus sur les choix ?ditoriaux que du fait que quelques blogueurs qui en ont le temps se pointent ? quatre ou cinq conf?rences de presse par ann?e.

Comment se fait-il que ?a soit si compliqu? d?avoir des journalistes aux conf?rences de presse des syndicats, des groupes communautaires, des organismes soutenant le b?n?volat?

Comment se fait-il qu?un parti qui pr?sente des candidats dans pratiquement tous les comt?s et r?ussit m?me ? en faire ?lire un ait une couverture de presse nettement plus faible que celle des autres?

Comment se fait-il que les ?ditorialistes d?un m?dia aient tous la m?me ligne de pens?e alors que l?int?r?t public exigerait une ouverture ? des points de vue diff?rents dans la composition m?me de l??quipe ?ditoriale?

Elle est ou la d?ontologie de la FPJQ quand il s?agit de d?fendre, justement, le droit du public ? l?information?

Il est vrai qu?il est beaucoup plus facile de s?en prendre ? quelques blogueurs invit?s dans les conf?rences de presse (combien au juste? Un, deux, trois?) en brandissant un code de d?ontologie que de reconna?tre que la profession de journalisme est s?rieusement malade comme l?a si bien expliqu? le grand journaliste Jean-Claude Guillebaud http://tinyurl.com/5r5unl (d?couvert lors d?une visite sur le blogue de Michel Dumais).

Si des blogueurs [pas tous, loin de l?] veulent ?faire de l?information?, c?est peut-?tre parce qu?ils sont en manque d?information, justement. La couverture m?dia de la derni?re campagne ?lectorale n?a pas seulement ?t? disproportionn?e; elle a aussi ?t? d?une pauvret? d?courageante.

Aux ?tats-Unis, Obama a compris que ce ne sont pas les m?dias de masse (mainstream medias) qui allaient lui permettre de s?adresser aux ?lecteurs. La ?clip? domine tellement ces m?dias qu?il n?y a plus moyen d?y soulever des d?bats le moindrement s?rieux. L?organisation d?Obama a plut?t b?ti tout un syst?me qui lui aura permis de rejoindre directement des millions d??lecteurs en les interpellant sur ce qui les faisait vibrer.

On peut s?en r?jouir, puisque c?est un pr?sident proposant des changements positifs qui a ?t? ?lu, mais on doit aussi s?en inqui?ter puisque le cinqui?me pouvoir est de moins en moins pertinent.

Pour revenir au Qu?bec, je ne sais pas ce que nous r?serve l?avenir, mais ce n?est certainement pas en se battant les uns contre les autres pour le monopole de l?information dite s?rieuse que l?on va am?liorer la situation. Pourquoi ne pas plut?t faire alliance et obtenir que la norme entre journalistes, blogueurs, population en g?n?ral, devienne le dialogue que permettent les technologies actuelles.

Je sais bien que les journalistes ha?ssent se faire couper l?herbe sous le pied par un blogueur qui sort l?information m?me si elle n?a pas ?t? valid?e selon les r?gles de l?art. Mais ce n?est pas en brandissant le code de d?ontologie qu?ils vont r?gler le probl?me. Peut-?tre devraient-ils reconna?tre une bonne fois pour toutes que le monde de l?information a chang? et continue de changer en profondeur et tenter d?exp?rimenter de nouvelles fa?ons de faire du journalisme, un peu comme le font ceux qui animent MediaShift aux ?tats-Unis.

Allez, on la signe la paix des braves avant de perdre tous nos boutons.

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2 Commentaire

  1. avatar

    Adhérer au code de déontologie semble un autre cas de cataplasme sur une « jambe de bois ».

    Marc-François Bernier, Chaire de recherche en éthique du journalisme (CREJ) de l’Université d’Ottawa, signait un excellent article au Devoir le 6 décembre dans la quelle il suggérait que « les vrais responsables seraient souvent ceux qui décident quel événement (ou non-événement) sera couvert, et de quelle façon » et que « les journalistes, individuellement ou collectivement, ne peuvent améliorer la situation s’ils ne sont pas appuyés par des mesures législatives qui limiteraient ces effets néfastes. Mais, surtout, les journalistes ne peuvent rien si le public n’exige pas le respect de son droit à une information de qualité, à la fois libre et responsable. » Vive la Media Carta!

  2. avatar

    Merci de m’avoir signalé la Media Carta que je ne connaissais pas. Il faudrait la traduire.