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Centpapiers

  • Elvis Presley est davantage vivant aujourd’hui que Ben Laden (1)

    30 septembre 2009 | 5 commentaire(s) | vu 3 332 fois

    osama elvisEt voilà que ça recommence : le squelette de Ben Laden est à nouveau ressorti de son placard pour ameuter les foules ! Il n’a toujours pas d’image valable à montrer depuis 2001, mais tant pis, on fait comme s’il bougeait encore. Et ceux qui le déterrent, une nouvelle fois, sont les mêmes : un site internet, qui comme le disait si justement le New Yorker, mène son « Jihad privé » contre le terrorisme islamique, sa guerre sainte à lui. Une entreprise fondée et menée par une femme, Rita Katz, qui l’a intitulé de façon bien pompeuse « Search for International Terrorist Entities », ou SITE, devenu en 2008 Site Group. Ce n’est pas la première fois que la dame se retrouve à divulguer des informations en avant-première de la sorte (elle travaille aussi pour le Middle East Media Research Institute ou MEMRI créé par Steven Emerson et un autre individu dont nous parlerons un peu plus loin). Dans le New-Yorker toujours, un dessin illustrant un article sur elle résume très bien son action : on y voit le joueur de flûte de Hammelin tirer derrière lui les rats pour les emmener à la rivière. Rita a eu un jour l’illumination islamophobe, et depuis prêche sa vérité, et le problème c’est qu’elle ne prêche pas en plein désert, mais sur une terre fertile, celle des É.-U., qui ont grand besoin de diaboliser Ben Laden s’ils veulent continuer à faire de leurs deux conflits en cours des conflits un tant soit peu légitimes. De Gaulle a dit un jour que les Français étaient des veaux, on ne sait pas ce qu’il pensait des Américains, qu’il semblait ne pas trop apprécier, mais ça ne doit pas en être fort éloigné. Loin de nous de penser qu’il n’existe pas de cellules extrémistes islamistes radicales dans le monde, et même aux É.-U. : mais le moins que l’on puisse en dire, c’est que le mouvement a été bien exagéré et bien manipulé, par Rita Katz et et le MEMRI notamment, mais aussi chez les deux partis en présence, le Hezbollah et le Hamas ayant longtemps bénéficié d’un personnage de poids dans la politique américaine pour faire de même. Un homme désormais en prison, d’ailleurs. Car tout n’est pas si simple qu’on le croit… le noir et blanc dans ce domaine n’existe en effet pas. Retour sur la dernière diffusion audio du spectre le plus connu du monde, où nous allons retrouver bien entendu des gens bien connus…

    Mais revenons-en d’abord à la « sainte Rita » et à sa croisade personnelle, qui a un cursus bien spécial et des méthodes surtout fort particulières. En résumé, la dame aurait pu être actrice principale d’un des films de Tarantino : toute la vie de Rita Katz est marquée du sceau de la vengeance personnelle. Certains diront qu’il y a de quoi : son père, Fuad Gabbay, un juif irakien, a été arrêté à Bassora en 1969 par Saddam Hussein alors qu’elle n’avait que six ans et a été exécuté, car accusé d’être un espion à la solde d’Israël parce qu’il avait le tort d’être juif. Pendu haut et court : la photo de son exécution sera retrouvée onze ans plus tard par sa fille dans un exemplaire de la presse irakienne : le choc, pour elle. Elle avait entre temps fui le pays, racontant qu’elle avait dû vivre et dormir dix-huit jours dans la neige pour passer… en Iran. Et finir par s’installer aux États-Unis et y épouser… un juif russe. Depuis, tous les jours, la dame crie vengeance. Et souvent avec excès, il faut bien le dire. Bien aidée pour le faire, il faut le dire aussi.

    Réfugiée aux États-Unis, donc, où elle rencontre Steven Emerson, un journaliste responsable du Think Tank « The Investigative Project On Terrorism » et spécialiste au départ des Émirats Arabes Unis, qui la recrute, car elle parle la langue du crû. Un homme controversé, mêlant journalisme et purs racontars, qui n’a pas toujours eu le nez : en 1990, il clamera par exemple que c’était l’Iran qui était derrière l’attentat de Lockerbie alors que la Libye reconnaîtra ses torts en dédommageant les victimes ! L’homme a depuis longtemps choisi un camp semble-t-il en n’écrivant pas seulement contre une prétendue invasion islamiste aux États unis, devenus une véritable obsession chez lui, mais aussi plusieurs articles et ouvrages contre la théorie du complot en ce qui concerne le premier attentat du WTC ou le second. En y ajoutant des musulmans, bien sûr, mais venus cette fois selon lui de l’ex-Yougoslavie pour celui de 1993 (? ??)…

    Il écrira surtout en février 2003 « American Jihad : The Terrorists Living Among Us » qui résume assez bien sa pensée profonde, celle d’un pays déjà envahi selon lui par le terrorisme islamiste. Un de ces agitateurs de chiffon rouge, choyé par le pouvoir de W.Bush qui en avait tant besoin. Évidemment, pour lui aussi, l’attentat d’Oklahoma était aussi l’œuvre de ces extrémistes musulmans, ce qui est difficilement crédible, pour tout dire. Il l’avait clamé à plusieurs reprises en direct à la télévision, devant les ruines de l’édifice encore fumant. En 1996, il fut l’un des premiers à enfourcher la thèse de la bombe à bord du TWA 800…. une bombe de terroriste arabe, forcément. À partir de 1996, heureusement, à force de mensonges, son aura médiatique va heureusement s’affaiblir. C’est beaucoup mieux ainsi, car selon Seymour Hersh, cet homme « est un poison » pour le journalisme.

    On découvrira en effet plus tard de véritables malversations dans ses textes. Ainsi, il citera un jour dans un de ses articles un obscur apport du FBI, qui lui servait à étayer tout son propos. Jusqu’au jour où un journaliste plus curieux que d’autres épluchera un des anciens articles d’Emerson pour découvrir qu’il ressemblait mot pour mot au prétendu rapport… Or ce texte avait bien été cité comme étant du FBI par Associated Press, où Emerson était consultant. Il ne sera plus. En 1995, il « assiste » un autre journal, le Tampa Tribune, dans la découverte d’un soi-disant réseau islamiste en Floride. Pour preuve, il montrera un calendrier rédigé en arabe saisi chez un particulier : or c’était une demande universitaire d’un enseignant, ayant demandé à ses élèves de rapporter du matériel rédigé en arabe, pour l’étudier. Bref, notre journaliste ne s’embarrasse pas trop de vérité et enfourche bien trop vite son seul dada islamophobe en toute occasion. Et épouse au passage des thèses douteuses. Il avait affirmé ainsi en 1998 qu’un enseignant de Floride, Sami Al-Arian, « influençait ses élèves en voulant les convertir », ce que l’Université de Tampa niera et contestera fermement. En mars 1995, dans le Jewish Monthly, il avait également affirmé que « l’Islam glorifie et planifie le génocide, car cela fait partie de sa doctrine religieuse ».

    En 1995 déjà, ce n’est pas un hasard non plus, on le trouvait en compagnie de Yigal Carmon, chef de droite extrême et colonel dans l’IDF, puis responsable des services secrets israéliens de 1988 à 1993, qui approuvait et recommandait alors l’usage de la torture sur les prisonniers. Or Carmon n’est autre que le second fondateur du MEMRI !!! Un MEMRI infesté jusqu’au trognon par la droite la plus dure israélienne : le troisième personnage du site, parmi les fondateurs, n’est autre que Meyrav Wurmser, la femme du conseiller pour le Proche et Moyen-Orient de Dick Cheney, David Wurmser ! L’homme issu de la très droitière John Hopkins University, celui qui préconisait dès 1996 auprès de Netanyahou de frapper préemptivement l’Iran et la Syrie, et de remplacer Saddam Hussein, dans son rapport « Clean Break ». Une femme et ancien colonel du Mossad, elle aussi, qui assiste Benjamin Netanyahou et le Likoud, en lui conseillant fortement d’abandonner les négociations de paix avec les Palestiniens. Et la femme aussi ; avec son mari, derrière la réalisation et la distribution avec The Clarion Fund et les fondamentalistes de l’Aish HaTorah, de l’infamant DVD « Obsession », distribué à plus de 20 millions d’exemplaires, dont nous avons parlé ailleurs en détail. Derrière Obsession, il y avait aussi la Republican Jewish Coalition (RJC), un des groupes de pression parmi les plus puissants au sein des républicains. Carmon demeure très actif, lui, s’en prenant régulièrement et de manière fort vindicative à tous les progressistes qui ne veulent pas d’une escalade perpétuelle, tel Juan Cole, le président du Global Americana Institute, auteur de « Engaging The Muslim World ». Lors des élections américaines, Carmon avait comparé W. Bush aux dictateurs et aux monarques du Proche-Orient, moquant ce qu’il décrivait comme de la couardise sa visite d’école en plein attentat du 11 septembre : pour Carmon, W. Bush, c’est simple, n’était pas un assez bon faucon encore !

    Selon Vince Cannistraro, un consultant d’ABC, c’était très clair en tout cas : Emerson était bien payé par Israël pour faire œuvre de propagande islamophobe aux É.-U.. Même le Jérusalem Post le dira aussi, et Victor Ostrovsky, celui qui avait fait défection du Mossad, qui le surnomme « la trompe », car selon lui il souffle directement dans les trompettes de la renommée du Mossad ! Voilà l’homme qui a formé Rita Katz : on comprend mieux aujourd’hui ses prises de position à elle. Et ses liens, avec les mêmes personnages, dont rappelons deux anciens responsables des services secrets israéliens !

    Emerson est lui l’homme qui fait peur en agitant le chiffon islamiste partout où il passe. Emerson est en croisade, donc, et voit des terroristes musulmans partout depuis toujours. Jusqu’au Soudan aussi, bien entendu, en appuyant au passage la thèse du transfert du « yellow cake » africain pour en faire une arme nucléaire destinée à Al-Qaida et « donc » à Saddam Hussein (alors qu’ils n’ont jamais eu de lien), ce qu’on sait être aujourd’hui un parfait mensonge. Il avait raconté sans sourciller en juin 2001 cette déposition, visible ici... or on sait quelle importance les mensonges sur les armes de destructions massives ont eu comme importance dans la décision d’envahir l’Irak. Le 28 juin 1998, il annonçait également une prochaine attaque nucléaire de l’Inde par le Pakistan…à partir du témoignage d’un prétendu ingénieur nucléaire, Iftikhar Chaudhry Khan. Le journal USA Today découvrait deux jours après que l’homme travaillait en réalité dans une fabrique de salles de bains… Et ce n’est pas tout, parmi les approximations de l’individu. Son livre « The Fall of Pan Am 103 » était en réalité un plagiat complet d’un article du journal Post Standard de Syracuse, et son autre livre « Terrorist » (en 1991) a été descendu par le New York Times en raison de ses trop nombreuses approximations, Robert Friedman le condamnant vertement surtout pour « avoir créé une hystérie de masse contre les musulmans américains ». De l’islamophobie, tout simplement, voilà ce que prêche Emerson. Qui sait aussi s’appuyer sur des cas troublants, il est vrai.

    Le 1er août dernier, il commentait encore sur son site le cas particulier de Daniel Boyd, de Caroline du Nord, et de ses deux fils Zakariya et Dylan.. en s’en prenant au passage à Barack Obama, qui refuse selon lui le terme « d’islam radical« . Or chez Emerson, il y a bien des failles dans le raisonnement. Selon lui, « le radicalisme est comme le nazisme et le fascisme italien qui ne touchait pas l’ensemble de la population, ça ne concerne pas tous les musulmans » : dit-il maladroitement pour tenter de minimiser ses propos extrémistes. Or, chez ces deux extrêmes, on le sait, on bien eu l’approbation du pays : il ont obtenu le pouvoir par des élections de députés et non par des coups d’état. Empêtré dans ses propres contradictions, Stevenson est bien un neo con Bushien, pro-israélien, et rien d’autre, qui vit grassement de ses livres prophétisant le Jihad partout. Ça rapporte plus que de parler des frasques de Britney Spears, sans doute, en ces temps troublés. Emerson est en fait un Geert Wilders bis, soutenu par les distributeurs d’Obsession et par les anciens des services secrets israéliens.

    Le cas cité par le mentor de notre pasionaria est en lui-même significatif : on trouve en effet chez Boyd, accusé aujourd’hui d’être un fondamentaliste recruteur de jihadistes, a boire et à manger, et de quoi alimenter les deux camps. En 1991, il s’était engagé dans la lutte contre les Russes en Afghanistan, et avait été arrêté au Pakistan pour attaque de banque. Condamné, il risquait d’avoir la main coupée selon la charia en cours : c’était en fait un mercenaire, un fils de Marines US tout simplement, comme les États-Unis ont pu en utiliser à la pelle durant la période (bien avant maintenant où ils en utilisent dix fois plus !). Ayant réussi à rejoindre les É.-U. en 1992 en échappant à sa condamnation, il fait l’objet aujourd’hui de fortes suspicions d’enrôlement de jihadistes sur le sol américain. Le juge chargé aujourd’hui de son cas a retenu surtout que ce converti à l’islam, surnommé désormais Saifullah, « était revenu des zones de conflit avec une expérience de combat, un réseau de contacts et une forte crédibilité à pouvoir recruter des gens influencés par une figure autoritaire ». En fait, le grand-père de Boyd était déjà un musulman dévot : sa « foi » provient-elle de là, nul ne le sait, en tout cas pour son père le fait d’avoir été fils de musulman et Marines n’a pas dû être facile. Le fils en a-t-il été perturbé ? Car il n’est pas exempt de contradictions (ou pour passer davantage inaperçu ?) : sur son pick-up, les enquêteurs trouveront un sticker « Support Our Troops » par exemple. Ces derniers mois, il passait en fait ses week-ends à s’entraîner au tir, avec de jeunes recrues, dans un terrain aménagé près de la Virginie où il avait accumulé un stock impressionnant de munitions. Selon l’enquête en cours, toujours, il s’apprêtait à partir en Jordanie. Nostalgie de sa période phare de sa vie, personnage illuminé ou véritable engagement islamique, la part n’est pas facile à faire. Il fréquentait bien une mosquée locale, mais avait rompu avec son responsable, jugé par lui « pas assez strict« . Sa foi islamique, en tout cas, datait bien de son retour du Pakistan… et de sa période de mercenariat. Car c’est en fait à l’armée américaine qu’il devait sa conversion !

    La surprise, en effet, c’est que la conversion de soldats américains à l’Islam a été encouragée… et aidée financièrement en 1991 par … l’Arabie Saoudite. Abdurahman Alamoudi, un yéménite fondateur du lobby American Muslim Council, avait alors approché les responsables de l’armée US en demandant de créer des chapelains (des aumôniers militaires), sur le modèle des prêtres catholiques, une idée devenue l’American Muslim Armed Forces and Veterans Affairs Council (AMAFVAC). On vous a déjà expliqué les ravages de la religion catholique au sein de l’armée américaine, voilà qu’une autre couche avait été tentée. Abdurahman Alamoudi, homme influent, est resté longtemps conseiller de Bill Clinton. Tous les chapelains ont été formés en 1992 par Taha Jabir Al-Alwani, le président de l’Université de Cordoba (Cordoue) appelée également « Graduate School of Islamic and Social Sciences » et installée à Ashburn, en Virginie, à 25 miles à peine de Washington. Évidemment en 1996, Emerson tentait déjà de relier Alamoudi au Hamas, mais n’y arrivait pas, faute de preuves : jusqu’en 1998, Alamoudi restera à la tête de son mouvement, toujours payé par la Défense américaine. Mais cette fois, Emerson n’avait pas tort, pour une fois. En 2003, Alamoudi est finalement arrêté et condamné à 23 ans de prison pour des liens avec le terrorisme islamique. Selon le jugement, il aurait été impliqué dans un projet d’assassinat du Prince Abdullah, le roi d’Arabie Saoudite, en liaison avec les Libyens. Pour réaliser son projet, il avait transféré 340 000 dollars en Syrie (c’est comme ça qu’il s’était fait pincer par les Anglais du MI 6). Selon Newsweek, l’homme aurait trompé tout le monde pendant des années, exprimant des propos apaisants officiellement et supportant le Hamas et le Hezbollah en privé… Évidemment, à l’annonce de la sentence, la théorie de l’islam modéré en prend un sérieux coup et Emerson de pavoiser. Et d’en remettre automatiquement une couche de terreur… en évoquant la prochaine attaque… bactériologique ! En 2007 toujours, il interviendra sur les téléviseurs américains à propos de la Gare du Nord, à Paris, y voyant une preuve de « reconquête islamique » !!! « Paris is burning «  !!! « Sarkozy was right » !!! entonne le présentateur Glenn Beck (qui a aussi un joli pedigree d’ancien mormon alcoolique ) de CNN Headline News !!! Sidérant, totalement sidérant ! Tout leur est bon pour entonner les sirènes islamophobes !!!

    Et Clinton comme Bush se retrouvent bernés, tout simplement. Bush se faisant avoir, lui, par un second lobbyiste, Grover Norquist, un protestant, leader de l’ « Americans for Tax Reform« , qui l’a soutenu financièrement en 2004 pour son élection. Or Norquist avait créé l’Islamic Institute et s’activait beaucoup au Congrès avec sa société de lobbying, Janus-Merritt Strategies LLC pour promouvoir les thèses d’Alamoudi. Une firme qui avait reçu 20 000 dollars de ce dernier pour un travail en Malaisie, destinée certainement à faire sortir de prison le leader controversé Anwar Ibrahim. (libéré et redevenu député depuis). Bref, Clinton comme Bush avaient été tous deux roulés dans la farine par deux lobbyistes de la cause islamiste…. radicale, déguisée en islam « modéré » ! Voilà qui est pour étonner, dans le pays qui nous vend depuis huit ans un « homeland security » si sûr de lui, apparemment !

    Et pourtant, tout n’était pas si noir dans le tableau. Les « aumôniers islamiques », en effet, on en a retrouvé un peu partout. Dont un, particulier… à Guantanamo, qui lui aussi a eu droit aux médias en 2003. Le capitaine James Yee, gradé sorti de West Point et converti…en 1991 lui aussi. Lui aussi recruté au temps d’Alamoudi, ainsi que les traducteurs Ahmed Mehalba et Ahmad al-Halabi, accusés d’espionnage envers la Syrie : le problème de la langue a toujours été la plaie du système US en fait, et un grand nombre de ses maux vient de là, on l’a déjà assez dit ici. L’enquête menée par le Congrès avait bien démontré que l’Islamic Society of North America qui avait poussé aux aumôniers musulmans, possédait Siraj Wahhaj dans ses rangs, soupçonné d’être dans l’organisation du premier attentat de 1993 au WTC. Mais rien d’autre, à part que pour se rendre à Guantanamo ou voyager en Égypte, les traducteurs avaient été payés par le World Muslim League, dont un des leaders, Wael Jalaidan, a souvent été cité comme responsable de la logistique chez Al Qaida … mais sans que le Congrès ne puisse le prouver, malgré les efforts de Matheew Lewitt. Lui aussi issu de la John Hopkins University… et diplômé de la Yeshiva University, aux projets assez éloquents. Lewitt avait tenté de mettre en cause en 2007 une organisation humanitaire, KinderUSA, basée à Dallas, en l’accusant de fournir financièrement le Hamas. Dès que l’on propose une aide aux Palestiniens, l’accusation tombe ! On n’en sort pas, décidément… durant l’enquête, l’association avait dû suspendre la réception des dons : les enfants pouvaient bien attendre. Chez KinderUSA, on faisait cas de tentatives d’intimidations de la part du FBI depuis trois ans déjà. En août 2007, Kinder abandonnait sa plainte contre Lewitt : trop coûteux, selon elle. Une victime de plus de la SLAPP californienne, la « strategic lawsuit against public participation », capable d’empêcher les poursuites en les rendant trop onéreuses, imaginée au départ par les industriels pour contrer les activistes environnementaux ! Résultat, les envois d’aide pour Gaza pouvaient reprendre, mais KinderUSA n’était pas blanchi de ses accusations ! Le SLAPP, l’arme d’intimidation tentée contre Juan Cole par Yigal Carmon ! Même technique !

    Pour Yee, officier de l’armée qui a subi 76 jours d’emprisonnement en 2003, en raison des accusations portées contre lui c’est l’inverse : il s’en est sorti totalement blanchi… alors que les responsables de l’armée américaine avaient tenté de le discréditer en allant même chercher des infidélités fictives ! L’homme avait tout simplement survécu à son isolement pendant 76 jours en appliquant ce que les officiers de West Point lui avaient appris. Les techniques de résistance aux privations expliquées à Fort Benning ! Deux sénateurs seulement s’étaient levés pour demander une enquête sur son cas : Carl Levin et… Edward Kennedy, tous deux démocrates. Juste après avoir accusé Yee, le commandant de Guantanamo, Geoffrey D. Miller, avait été nommé à… Abou Ghraïb. En mars 2004, l’affaire des abus de la prison faisait la une des journaux… deux mois avant, la responsable de la prison, Janis Karpinski avait été discrètement relevée de ses fonctions.

    Évidemment, la personne la plus tenace pour fustiger le rôle « néfaste » de James Yee auprès des prisonniers de Guantanamo avait été… Rita Katz, disciple d’Emerson, toujours à pourfendre cet islamisme devenu sa bête noire. Mieux encore, car si Yee avait été conduit en prison, c’est bien à la suite d’un article vengeur et dénonciateur signé de la main même de Rita ! Après un an d’enquête, l’Office of Inspector General (OIJ) of the Justice Department rendait son verdict : les aumôniers islamiques comme Yee avaient au contraire eu un « impact positif » et « apporté une aide équilibrée et modératrice auprès des détenus ». Et ce n’était pas tout : Rita Katz avait aussi dénoncé sur Internet des associations musulmanes américaines comme pourvoyeuses d’argent pour Al Qaida, le Hamas ou le Hezbollah. En décembre 2003, le Finance Committee rendait lui aussi un verdict contraire, déclarant qu’il n’avait rien trouvé de la sorte : la politique du lynchage perpétuel mis en place par Katz en prenait un sacré coup. La dame avait gravement exagéré : son islamophobie et son désir de vengeance avait depuis longtemps pris le dessus sur la raison. La femme, c’est sûr est en croisade, persuadée de son bon droit, comme son ancien mentor l’est toujours. L’histoire de l’association Al-Haramain Islamic Foundation Inc avait eu le même cheminement. Mais elle avait démontré que W.Bush faisait surveiller illégalement les gens aux USA. Rita Katz, encore elle, était l’auteur d’un article accusant Al-Haramain d’être le soutien de poseurs de bombes en Somalie et en Tchétchénie. Selon elle, l’Islamic Assembly of North America (IANA) également, créé au Canada en 1993 était un repère de recruteurs de jeunes kamikazes, pas moins. Cette fois, son propos partait de la dénonciation de l’envoi de paquets aux détenus musulmans les plus démunis, aux États-Unis, pour améliorer leurs conditions d’enfermement . Rita citait comme exemple celui de Samih Al-Hussayen, un professeur arrêté pour avoir oublié de déclarer son affiliation à l’IANA à son arrivée aux États-Unis… dix ans auparavant ! Selon Rita, les sites de l’IANA en arabe contenaient des fatwas énonçant la guerre sainte alors que leur version anglaise n’en avait pas : et personne pour le vérifier… sinon elle seule bien entendu. La langue, toujours le problème récurrent. Évidemment, sur le site de Rita Katz, on trouvait les vidéos les plus violentes des recruteurs de kamikazes, attribuées aux sites de l’IANA… mais sans les références exactes de leur provenance ! Manipulation grossière évidente !

    Selon Michael Scheuer, l’ancien chef de la CIA, Rita Katz a en effet exagéré un bon nombre de menaces terroristes aux États-Unis comme ailleurs dans le monde. Comme Emerson l’a fait, à se faire inviter chez Fox News comme « terrorist analyst » (où même là les commentateurs ont du mal à la calmer, dont l’ineffable… Chuck Norris, devenu coqueluche de la chaîne, une séquence à ne pas rater !!!). Et a surtout rempli un rôle mis en évidence par Steven Aftergood, l’un des membres de la Federation of American Scientists. Il avait remarqué que le FBI avait raté un bon nombre de messages préventifs avant 2001 et avait continué après, faute de… traduction valable, et que Katz avait tout simplement servi à boucher les trous existants depuis, en recevant de l’État US des crédits pour « outsourcer » les informations en provenance du monde arabe… en les déformant au passage si besoin était. En somme, cela fait huit ans que Katz pallie aux insuffisances du FBI ou de la CIA, et en profite pour orienter l’opinion américaine. La société de Rita Katz a aussi, il faut le noter, (elle a étudié quelque temps à L’Université de Tel-Aviv et a fait partie elle aussi des forces de défense du pays) un bureau en Israël même, où travaillent des informaticiens, dont on sait qu’ils sont plutôt doués, fonctionnant donc avec l’argent de l’État américain, qui passe contrat au SITE Group pour la recherche de prétendus groupes islamistes. C’est donc d’une officine gouvernementale ouvertement pro-israélienne tendance extrémiste que sort aujourd’hui le dernier message de Ben Laden, et ce n’est donc pas vraiment une surprise.

    En fait, Rita Katz a aussi découvert pas mal de choses, mais s’est bien efforcée aussi de ne pas tout révéler. Cela, nous le verrons un peu plus tard si vous le voulez bien. Ben Laden, sponsorisé et promu par un site détenu par des pro-Israéliens, vous ne vous y attendiez peut-être pas, et pourtant…


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  • 5 commentaires

    [...] sur la population et surtout sur les forces spéciales elles-mêmes. Tout se passe comme si d’aucuns voulaient entretenir la haine. A montrer les tortures, a être toujours les premiers en ligne pour montrer les horreurs. Car ce [...]

    [...] nous dit le Figaro. Or, vous savez ce qu’on peut en penser de ce site. Enfin pas ici, puisque les deux articles où j’expliquais son très étrange fonctionnement ne sont pas parus, pour les mêmes éternelles [...]

    [...] (ces messages haineux sont généralement publiés par SITE, un bien étrange site commercial dirigé par l’étrange Rita Katz ou relayés par Al Jazeera, une bien étrange chaine d’informations continues en arabe, [...]

    [...] (ces messages haineux sont généralement publiés par SITE, un bien étrange site commercial dirigé par l’étrange Rita Katz ou relayés par Al Jazeera, une bien étrange chaine d’informations continues en arabe, calquée [...]

    • Tankonalasanté

    J’ai entendu parler de la résurrection de Ben Laden hier à la TV .

    Je me suis pincé , car ce type est increvable …
    Vraiment la ficelle est énorme et tout à fait usée .

    Que l’on nous serve encore des fadaises pareilles en dit long sur la considération de nos dirigeants vis à vis de la population .

    Et d’ici là qu’on le trouve derrière les évènements en Tunisie !!!

    Mam est sans doute partie aussi à sa recherche en territoire palestinien …

    Ca s’agite là bas …

    Cdt.

    Tk.

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