13 octobre 2009 |
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Hier, nous avons constaté que le énième message de Ben Laden diffusé au monde entier nous était arrivé par un circuit bien habituel et bien connu, celui du SITE Group, une officine vivant des subsides gouvernementaux et des contrats passés avec l’Etat américain, et spécialisé dans la recherche de la dissémination de la menace terroriste islamiste. Le site visé utilisant nous allons le voir des moyens pour le moins douteux pour obtenir « en exclusivité » ces documents tout aussi suspicieux, il serait temps de voir en détail comment il fonctionne, et quels sont les intérêts véritables qui se cachent derrière, lui et le non moins fameux IntelCenter, à l’origine également des informations sur le cas Ben Laden. Car c’est simple, depuis huit ans que dure la traque au fantôme de Tora Bora, invariablement seule l’une ou l’autre de ces officines est à l’origine des documents le concernant. Ce qui pose problème, au fur et à mesure que le temps avance… Comme le fait aussi de ne plus montrer de vidéo mais des images fixes seulement de « l’homme aussi vivant qu’Elvis Presley », comme a pu le dire si justement David Ray Griffin.
Ben Laden et les Etats-Unis, c’est une longue histoire déjà. Celle d’Al Quaida aux Etats-Unis remonte aux années 80 environ. Selon Rita Katz, en effet, Al-Quaida aux Etats-Unis se serrait installé à Tucson en… 1986, sous son nom d’origine, Al-Kifah, au centre islamique de la ville. Parmi les fondateurs, on trouvait Wael Hamza Julaidan, un riche multimillionaire saoudien ayant fondé le Rabita Trust, un service humanitaire pakistanais, président du centre dès 1983. Rabita Trust aurait servi à collecter les fonds pour Al-Quaida… le tout avec l’absolution de la CIA, au courant des faits. C’est là qu’aurait été fondé en 1984 le Maktab al-Khidamat, plus connu sous sa traduction de « Bureau des Services Afghan« , par Abdullah Azzam (tué par la détonation de trois mines à Peshawar en 1989) et par… Osama Ben Laden. Un « bureau » pour recruter des combattants, liés à la mosquée de Brookyn, dirigée par Mustafa Shalabi, retrouvé mort en 1991 dans son appartement New-Yorkais. Les morts qui jonchent l’équipe des membres fondateurs ont en effet surtout épargné un homme : Ben-Laden, ce qui n’est pas non plus sans intriguer. Lors du décès suspect d’Azzam, on avait cité aussi bien l’ISI que la CIA, le Mossad ou… les talibans comme auteurs potentiels, sans oublier… Ben Laden lui-même ! Après le décès de Shalabi, c’est en effet Wadih el-Hage qui l’a remplacé à la tête du mouvement : or ce dernier était aussi le secrétaire personnel de Ben Laden et son homme de main à ses heures perdues… le FBI avait remarqué que Shalabi était mort le jour même de l’arrivée à New-York d’El Hage. En fait, le FBI aurait « ciblé » tout le monde bien avant le 11 septembre 2001, ce qu’oublie aussi de préciser Rita Katz, obligations gouvernementales obligent. Logique : le FBI recrutait aussi à la mosquée de Tucson les têtes brûlées nécessaires pour faire de bons combattants contre l’envahisseur soviétique, direction la mosquée de Peshawar, fief pakistanais du système : car à l’époque, mais cela Rita ne le dit pas non plus, le FBI était surtout le meilleur ami d’Omar Shahin, l’imam recruteur de la mosquée de l’Arizona !
C’est à Tucson, par exemple, que débarquera ainsi en 1991 Hani Hanjour, présenté comme étant un des pilotes Kamikazes du vol 77 qui est censé s’être écrasé sur le Pentagone. L’homme reste depuis un mystère complet : il n’avait pas de travail mais à dépensé des milliers de dollars en cours pour apprendre à piloter. Quelques mois avant le vol final, il avait tenté un brevet de pilote 737 mais avait été recalé avant même d’avoir pu décoller, en raison d’un anglais trop mauvais et d’une connaissance de l’appareil par trop minimale. Tout le monde se demande encore comment un pilote aussi peu expérimenté aurait pu réussir l’arrondi final parfait qui conduit au Pentagone… en rase-mottes ! Dix ans passés aux Etats-Unis avec autant d’argent sans jamais avoir eu d’emploi déclaré, de 19 à 29 ans : le cas est plus qu’étonnant. A moins d’avoir de bons protecteurs… tout le monde songe… à la manne saoudienne, question finances, et au FBI … question sécurité. En 1984, la mosquée est présidée par Wael Hamza Jelaidan, le responsable de la Muslim Students Association, qu’il quitte en 1986 pour se rendre à Peshawar, devenu déjà le fief incontournable de Ben Laden. En 1990, son successeur, Rashad Khalifa, est retrouvé mort dans sa cuisine, tué de 20 coups de couteau : dans la communauté islamique de Tucson, il y a eu plus de morts qu’à OK Corral. Etrange milieu… et étranges mœurs. Et jolis règlements de compte. El-Hage se fera arrêter et condamner à vie aux USA en 1998 pour l’attentat contre l’ambassade US à Nairobi. Dans ses attendus, le juge Leonard fera remarquer que le FBI savait depuis au moins 1996 que El-Hage était au Kenya… où il résidait depuis 1994.
Rita elle a d’autres méthodes encore pour aller fouiner en Arizona : pour espionner les mosquées américaines, elle mettait tout un déguisement, des lunettes et sous un hijab (au final un vêtement bien pratique en espionnage !) elle glissait un matériel d’enregistrement. Devenu ainsi « Anonymous »…. le nom du signataire du livre « Terrorist Hunter » où elle fera le compte rendu de ses écoutes. C’est comme ça, selon elle, qu’elle avait capté les messages anti-USA proférés à la mosquée de Falls Curch. Car Rita Katz avait aussi « débusqué » un autre extrémiste tout désigné, selon elle, Anwar al-Aulaqi, de la célèbre mosquée (le Dar Al-Hijrah Islamic Center) de Falls Church en Virginie, (dirigée aussi par Esam Omeish, leader du Muslim American Society). Sous la pression médiatique, Anwar Al-Alauqui, né en 1971, avait dû fuir en 2002 la Virginie, direction l’Angleterre, avec l’accusation de soutien financier à Al-Quaida via une organisation charitable yéménite : une accusation proférée bien sûr par… Rita Katz ! Il avait même fini par repartir au Yemen en 2004, rejoindre son père, Nasser Al-Alauqui, qui avait été ministre dans le pays, il est vrai.
A la mosquée, deux supposés terroristes du 11 septembre étaient également passés paraît-il : Khalid al-Mihdhar et Nawaf al-Hazmi, les deux ayant été souvent vu à San Diego en compagnie d’Anwar al-Aulaqi selon le FBI, une accusation qui avait toujours été niée par l’intéressé. Le FBI avait fini par avouer à la Commission sur le 11 septembre de ne rien avoir à proposer de sérieux à l’encontre d’Al-Aulaqui, qui avait condamné publiquement les attentats du 11 septembre ! Tucson, Falls Church : deux nœuds fondamentaux de la manipulation d’islamiste… avec l’absolution de la CIA et du FBI, et les talents de traduction de Rita Katz !
Avec Ahmed Omar Abu Ali, qui a aussi fréquenté la même mosquée, un garçon originaire de Houston, né en 1972, c’est autre chose encore : lui, il est aujourd’hui en prison pour le restant de de ses jours. Ce citoyen américain, fils d’émigrés jordaniens, a été arrêté en 2003 à Médine par les Saoudiens et transféré en 2005 aux Etats-Unis, et condamné tout d’abord à trente ans de prison pour tentative d’assassinat de W.Bush, entre autre et « contacts avec Al Qaida ». Or l’homme avait clamé avoir été torturé en Arabie Saoudite, victime d’un de ses terribles vols de « renditions » de la CIA. Abu Ali avait beau eu expliquer qu’il avait avoué ce complot pour que les tortures cessent, rien n’y avait fait. Le tout avait été filmé, mais n’a jamais été divulgué, on sait ce qu’il est advenu des cassettes : elles on été broyées sur ordre de W.Bush... Le 27 juillet dernier, le premier jugement était redéfini en appel en prison à vie… Pour le condamner plus sévèrement encore, le procureur avait évoqué « une preuve irréfutable mais qui ne pouvait être montrée car classée secret défense ». La fameuse cassette, on suppose. Laquelle, on ne le saura jamais ! Amnesty avait dénoncé vigoureusement l’impossibilité d’avoir accès aux vidéos. L’accusateur public y a gagné des galons en pugnacité. Il travaille depuis pour le groupe d’avocats Kelley Drye, réputé comme étant l’un des pires (ou des meilleurs !) cabinets existants : c’est lui qui avait défendu Dow Chemical, Monsanto, et Diamond Shamroclors de l’affaire de l’Agent Orange ou la sinistre catastrophe de Bhopal provoquée par Union Carbide, ou encore gagné au nom de Morgan Chase contre Enron.
A la Mosquée de Falls Church, qui n’était pas obligatoirement le fief islamiste extrémiste décrit, le cas de Mustafa Salih subitement devenu indésirable lui aussi avait ému le NYT lui-même. On menaçait de lui retirer sa Green Card… sans aucune autre forme d’explication. A Falls Church, les tracasseries anti-islamiques semblaient embarrasser tout le monde, depuis l’affaire Abu Ali, comme si l’administration de W.Bush avait décidé de devenir soudainement davantage tatillonne. Parmi les gens bloqués, cela devient assez incohérent, figure en effet Hazim Alasad, un… contractant de l’armée US, d’origine irakienne… lui aussi à la Green Card « en attente »… la résultante des ravages de la prose incontrôlée de Katz, encore une fois. A côté d’eux, un homme est en prison aujourd’hui pour le restant de ses jours, mais cela importe peu pour Rita menant sa sainte croisade contre l’extrémisme musulman.
Ce qui ne la gêne en rien en réalité : interviewée un jour par « Sixty minutes », elle affirme devant la caméra du magazine qu’une ferme de volaille de Gainesville, en Georgie est une entreprise qui envoie de l’argent aux terroristes : l’information est fausse, et le fermier porte plainte immédiatement. Son truculent avocat ironise avec humour : « cette femme n’y connaît rien en blanchiment d’agent et encore moins en élevage de poulets « ! En 2004, elle accuse cette fois un scientifique âgé de 35 ans, Sami Omat Al-Hussayen, d’aider le terrorisme : l’homme est arrivé en Idaho en 1999, mais n’a pas à l’époque précisé qu’il faisait partie d’une association islamique, et sera incarcéré pendant un an et demi pour cela… avant d’être jugé. L’Université qui l’héberge dément pourtant toute implication et l’ensemble de ses collègues fait bloc, rien n’y fait, il reste en prison. Coup de théâtre au procès : le procureur ayant réclamé la présence de Rita Katz comme « experte », il se fait fraîchement blackbouler par le juge chargé de l’affaire, qui refuse à Katz ce titre pompeux : Al-Hussayen est immédiatement libéré : on découvre avec stupeur que c’était la seule charge existante contre lui ! En 2005, elle récidive avec l’annonce d’un possible attentat contre le pipe-line de l’Alaska : selon elle, un « document jihadiste » expliquerait comment s’y prendre en détails pour le faire sauter. Pressé de révéler sa source, elle ne la « retrouve » pas et se perd en explication comme quoi elle n’est pas une spécialiste en pipe-lines. Son projet d’attentat est une création de toutes pièces ! Katz entretien et attise la théorie de la « guerre au terrorisme » et ne sert qu’à ça en fait. Au profit de qui et au profit de quoi, ce n’est pas difficile à trouver. Selon Michael Scheuer, si en arabe un mot peut signifier cinq choses, lors de la traduction, Katz ne retiendra obligatoirement que le sens guerrier du mot. Mais qui en priorité peut bien avoir intérêt à monter autant en épingle un terrorisme islamiste ?
Lors des jeux Olympiques de Beijing, IntelCenter et elle vont beaucoup s’activer autour d’un obscur Turkistan Islamic Party, un ancien groupe pourtant connu, et diffuser des cassettes d’un ridicule achevé… de gamins enturbannés, annonçant leur guerre sainte, pour tenter de raviver la flamme de la guerre à la terreur dans le secteur. Devant l’ineptie de ce qui est diffusé, juste après de véritables attentats, le projet fait un flop complet. D’aucuns tout de suite, décrivent dans la tentative une grossière manipulation : pour tous, le TIP est entre les mains de l’ISi et de la CIA depuis les années 80, et son histoire est largement documentée ! Evidemment, l’annonce est reprise telle quelle par … la National Terror Alert officielle américaine… . Il y a bien manipulation de l’opinion publique américaine ! A tous les étages, et avec des moyens grossiers : dans une de ces vindictes, Rita Katz va un autre jour annoncer qu’elle a « déniché » au bout d’heures de recherches « une vidéo horrible et effrayante montrant Washington ravagée par une explosion nucléaire », une vidéo découverte sur « un site terroriste islamiste », et intitulé « Nuclear Jihad ». Grosse émotion un peu partout encore une fois. En fait, la séquence était extraite telle quelle… d’un jeu vidéo, Fallout 3 Revelations, mis en ligne par un gamin facétieux qui en avait changé le titre. A ce point-là, ça en devient grotesque et c’est du grand n’importe quoi !!! Katz, en résumé, entretien sciemment le climat de terreur depuis des années. Au profit de qui, on en a bien une petite idée maintenant.
Car ce qu’il faut noter, depuis 2001, c’est que le contenu des propos de Ben Laden, censé exprimer une droite ligne invariable, ne cesse de s’incurver selon…. avant tout la politique israélienne… et rien d’autre. Aujourd’hui où les nouvelles colonies sont en cause, et où Israël ne semble pas vouloir écouter les paroles d’apaisement d’Obama, voilà que sort un étonnant « lobby juif » de la bouche de la momie sur cette toute dernière cassette audio : oubliée, la référence au 11 Septembre…. dans une cassette censée être diffusée le jour anniversaire ! Selon tous les observateurs, c’est la première fois qu’apparaît le terme dans la bouche de Ben Laden. Mais ce n’est pas vraiment un hasard : selon de fins observateurs, les sites comme celui de Katz et le MEMRI sont chargés en fait de véhiculer la haine des juifs : « Ibrahim Hooper, membre du Conseil pour les Relations Americano Islamiques (CAIR-USA), a souligné dans le Washington Times que « MEMRI n’avait d’autres fins que de trouver les pires propos qui soient dans le monde musulman et de les diffuser aussi largement que possible « . Le but du jeu étant de provoquer des réactions anti-islamiques ou anti-arabes ! Faire le maximum de bruit de tambour de guerre, la voilà la vraie mission de madame Katz !
On se moque donc bien du monde ! La fois précédente dans le discours de Ben Laden, c’était le pape Benoît XVI, qui avait été visé avec un étonnant couplet d’un apôtre, Luc, extrait de sa 10e évangile, (verset 23-24). Le pape précédent opposé à la guerre en Irak, jugée « immorale », et Benoît XVI avait en effet refusé de recevoir Condoleezza Rice à Castel Gandolfo. Et c’est Ben Laden en personne qui lui en faisait la remontrance : trop fort ! « Sibel Edmonds avait bien tapé dans la fourmilière révélant que Ben Laden était avant tout un précieux allié des Etats-Unis avant 2001, ce que l’épisode de Tucson le démontre avec brio. C’était plus qu’exact ! Un Ben Laden qui est intervenu en vidéo à chaque période cruciale de la carrière de W. Bush, à chaque fois qu’il était en difficulté surtout… Un Ben Laden fantomatique qui a plutôt tendance à donner de sérieux coups de main aux neo-cons depuis toujours…
Car selon beaucoup également, les textes accordés à Ben Laden sont depuis longtemps l’œuvre d’Adam Gadahn ( »Azzam The American »), depuis longtemps la marionnette parfaite du FBI, dont on a ici régulièrement moqué les interventions terriblement maladroites. Un habitué en effet des apparitions vidéos grotesques que cet Adam démuni de son Eve… : dans cette sidérante vidéo et la précédente cassette audio de Ben Laden, les deux avaient fait référence à la crise des subprimes de la même manière, mais avec les mêmes mots ! L’homme aurait été reconnu, selon FoxNews comme étant bien en réalité Adam Pearlman, alias Adam Yahiye Gadahn… reconnu comme par hasard par le responsable de la mosquée d’Orange County, en Californie, où il vivait, mais pas par… la CIA ! Douteux ! Evidemment, le premier a avoir diffusé les délires de Gadahn était EMRI.. sur son adresse « aekhlass.net »…. repris par tous les sites conservateurs tels que « TheirOwnWord.com » ou « LetFreedomRingUSA.com »… ce dernier dirigé par Colin Hanna, partisan de la frontière en béton avec le Mexique, un conservateur, et le mot est faible.
Or, en février 2008, d’étranges rumeurs pakistanaises ont commencé à évoquer la mort de Gadahn sous les tirs d’un Predator… reprises bien officiellement par les USA. On aurait pu y croire (comme pour le Telegraph !), jusqu’en octobre 2008, où l’homme est réapparu frais dispos pour parler du départ de Musharraf du pouvoir… et donc donner la preuve que c’était bien une rumeur que sa mort… On retient surtout qu’on a voulu avant tout nous faire croire qu’il vivait au Pakistan… tant on imaginait jusqu’ici vivant plutôt aux Etats-Unis, en train d’apprendre comment faire moins plouc devant une caméra ou à tendre son rideau bien plié lors de ces lamentables prestations vidéos. Une chose est en effet amusante chez lui : plus il s’éloigne de son pays d’origine, plus sa barbe s’allonge, et plus son confort s’améliore… alors qu’il était censé être parti vivre dans les mêmes caves obscures que Ben Laden ! Comme son idole, il lui faut aussi afficher un élément « militaire » dans son décor : faute de Kalashnikov, se sera un sac militaire… évidemment, parfois, c’est l’erreur de casting, comme le prompteur (avec ses premières phrases en arabe balbutié) placé….bien trop haut !!
Dans sa toute dernière livraison, il évoquait cette fois le sort de Gaza… toujours pour accréditer le temps de la prise de vues (c’est une constante des cassettes d’Al-Quaida), et surtout pour la première fois réciter un texte entièrement en arabe, qu’il aura mis cinq ans à apprendre… comme quoi il ne faut jamais désespérer. Enfin en arabe… prononcé ou plutôt…. ahané en lisant ostensiblement sur… un prompteur (suivez bien son regard, c’est flagrant !). Oublié le fond bleu avec plis visibles, les studios Al-Sahab (la firme « productrice » de Ben Laden) a donc enfin acheté du matériel…
Car il est vrai qu’Al-Sahab ( »le Nuage »), le studio de production d’Al Qaida, si en cheville avec Site Group, à qui il réserve ses exclusivités, c’est aussi tout un poème : il est enregistré en site internet en Allemagne, via COMPUTER SERVICES LANGENBACH GMBH DBA JOKER.COM, sous le nom donc d’un dénommé « Joker », et sous le préte-nom de Peterson-Hoffman. Des noms liés à une autre officine connue, IntelCenter, « a private contractor working for intelligence agencies ». Une société gérée par Ben N. Venzke, ancien des services secrets lui aussi et l’un des premiers à vouloir nier la mort de Ben Laden avec autant de véhémence (c’est son gagne pain, on le comprend un peu !). Annonçant par exemple sa certitude que Ben Laden était vivant lors de l’annonce du décès de’Abu Musab al-Zarqawi, alors que selon la DGSE française une seule source (insuffisante) accréditait le fait qu’il soit encore vivant. Le général français Henri Bentégeat, à l’époque, avait en effet affirmé que personne ne savait s’il était en vie ou mort, ce qu’il faudrait rappeler à notre chef de l’Etat, qui le pense toujours vivant. Venzke ne sert depuis longtemps qu’à agiter le chiffon rouge Ben Laden, comme Rita Katz ! Quand il ne se présente pas comme « CyberSleuth »…. SITE Intelligence et IntelCenter, c’est bien le même combat douteux de propagande alarmiste. Leur étrange proximité intrigue : IntelCenter a des moyens de production vidéo, et SITE Group des moyens de distribution : on songe évidemment obligatoirement à la fabrication complète de certains documents, qui n’arrivent plus depuis longtemps par la voie traditionnelle de la cassette VHS ou Betamax ou le DVD disposé dans une boîte aux lettres de Peshawar ou de Quetta… ou via les télévisions réputées « amies ». Le danger de désinformation est immense, surtout que l’on sait aujourd’hui les ravages des fausses vidéos auprès du public !
Les vidéos d’IntelCenter, justement, ont été décortiquées avec brio par Neal Krawetz, qui en a conclu que certains ajouts, dont le logo d’As-Sahab avaient bien été fabriqués sur place par IntelCenter, ce qui jetait la suspiscion sur l’ensemble des productions signées IntelCenter et complaisamment diffusées par SITE Group ! A noter que Venzke est aussi éditeur de Tempest Publishing, une filiale qui s’occupe aussi de bien étranges affaires liées au bioterrorisme… Pour tout dire, Krawetz semblait avoir subi de très fortes pressions pour faire des mises au point plus tard indiquant que ses déductions avaient pu être parfois faussées… comme quoi il avait dû mettre dans le mille, en fait !
Ben N. Venzke a d’autres cordes encore à son arc : il dirige aussi l’ Intelligence Watch Report (devenu Jane’s IntelWeb) dont le panel de rédacteurs est assez significatif : David S. Aidekman, qui est « Director for Policy and Programs », directement lié à la maison blanche, donc, via le « White House Homeland Security Council », ou Kasey Uthurusamy, qui dirige aussi Accenture, société très liée au Homeland Security , ou Bodo Wegmann, un allemand, spécialiste du KGB et du MFS, et Alec Chambers, spécialiste de la CIA, ainsi qu’ Alix Verhagen cité dans l’ouvrage « the secret history of CIA« , etc. Pour faire tourner la boutique, il vend aussi des DVDs : IntelCenter, c’est aussi le supermarché de la vidéo de propagande islamiste… de là à dire qu’il sert aussi à l’alimenter lui-même, il n’y a qu’un pas que l’on va franchir en effet sans trop hésiter. Cela fait trop longtemps maintenant que la » com’ » de Ben Laden ne passe plus que par ces deux seuls canaux exclusifs ! Et trop longtemps que l’on diffuse plus qu’il ne faudrait les messages islamistes les plus virulents !
En fait, en 2007, il y a deux ans, Rita Katz avait déjà tenté le coup de la bande anniversaire : le 7 septembre 2007, elle avait appelé personnellement le conseiller à la Maison Blanche Fred Fielding pour lui annoncer qu’elle avait en mains une nouvelle cassette de Ben Laden (celle de la fameuse barbe noire, dont on se doute qu’elle a été trafiquée sur ordinateur, que beaucoup imputent à … IntelCenter !). Le scoop ! Elle était aussi entrée en contact avec Joe Bagnal, assistant au Homeland Security (passé depuis chez Detica, autrement dit chez BAE !) via un e-mail indiquant où télécharger la vidéo sur le site de SITE, tout en précisant d’attendre un peu le temps de créer le buzz nécessaire. Selon les observateurs, des dizaines de téléchargement en provenance de la défense US auront lieu dans les trois heures qui suivent. Au milieu de l’après-midi, les services de W.Bush mettent en ligne la vidéo : Rita s’est fait pomper son exclusivité ! C’était la fameuse cassette de 2007, la première depuis trois ans, où l’on apercevait Ben Laden muni de barbe teintée sur une vidéo visiblement retouchée... Si en prime la barbe noire a été créée par un atelier de traitement d’images de la CIA, le gouvernement US ne faisait que récupérer son bien, en fait. Mais le produit final était tellement mauvais, à vrai dire, qu’on conçoit aisément qu’il ait pu devenir le dernier du genre : le peu d’images vidéos de Ben Laden en train de bouger est aujourd’hui épuisé, l’homme est mort et ne peut donc plus faire de la figuration devant un rideau de couleur ocre : on ne peut réanimer éternellement le dinosaure. Reste les messages audios, si facilement falsifiables depuis l’invention du Vocoder, qui date d’une bonne soixantaine d’années maintenant sinon plus ( note : il a été inventé en 1939 !!!) : avec 15 secondes d’échantillon, on peut vous faire un faux discours marathon de Fidel Castro de plus de quatre heures… à ce rythme là, Ben Laden peut tenir un siècle encore…. Et assurer les troupes supplémentaires en Afghanistan pour Obama pendant des mois… Ce n’est donc pas le moment de tuer définitivement le dinosaure Ben Laden.
Pour en revenir à notre pauvre Azzam, cette dernière vidéo montrait donc qu’il savait lire de l’arabe….phonétique, ne rêvons pas trop sur ses capacités ! A entonner de cette façon les fins de phrase en cas de défilement bloqué, à en devenir hautement risible. Et surtout… comble du grotesque, à lire de gauche à droite son texte du prompteur, preuve qu’il ne sait toujours pas lire l’arabe !! C’est ridicule comme procédé !! REGARDEZ BIEN CES YEUX, et vous verrez qu’il commence toujours ces phrases ici sur l’écran à droite… preuve que ces phrases phonétiques commencent à gauche et défilent donc.. à l’américaine ou à l’européenne !!! Sans oublier les détails d’un ridicule achevé, comme celui relevé par DangerRoom : sur le nouveau bureau de Gadahn, un mug, comme ont tous les américains dans leur bureau… décoré du logo d’Al-Sahab !!! Un sommet que ce simple mug : imagine-t-on un taliban perdu au fin fond du Pakistan se faire fabriquer un mug à son nom ? Ou avec le sigle de son entreprise ?
Combien de temps encore cette marionnette aux ficelles si visibles et si grossières va-t-elle encore sévir ? Combien de temps le FBI va-t-il encore s’en servir pour remplacer un Ben Laden mort, comme le rappelait ce week-end un article du Daily Mail ? Tucson, Church Falls et Azzam le clown… ça finit par faire… pesant. En fait, l’appui prononcé aux événements de Gaza, cité par Adam-le-Ridicule et assimilés à un « holocauste », et le large salut « aux frères palestiniens » démontre bien la seule constante des vidéos dites de Ben Laden ou de ses affiliés : c’est le miroir exact de la politique israélienne et rien d’autre ! Tout se passe comme si ceux qui réalisait ces cassettes ne désiraient qu’une seule chose : monter en épingle de jeunes islamistes contre Israël, le reste du propos n’étant là que pour servir de décor et d’enrobage. Tout se passe comme si ceux qui faisaient cette propagande étaient eux-mêmes… israéliens ! Distribués par des sympathisants des faucons israéliens… et sainte Rita, qui tombe bien, tiens, là, pour faire la distribution. Tout se passe comme si Yigal Camon et Meyrav Wurmser lui dictaient les textes, en ne reprenant que les pires excès des islamistes… en éliminant certaines parties et en ajoutant d’autres, en leur faisant un relais de tambour incomparable !
Un seul individu, à ce jour, a osé décortiquer en détail cette pratique incroyable : c’est Brian Whitaker, journaliste au Guardian qui a enquêté dès 2002 sur les méthodes du MEMRI. « Le but du MEMRI, Middle East Media Research Institute, est de démontrer combien les arabes sont méchants et antisémites. Ils affichent une allégeance au Likud et attaquent tous ceux qui gênent, critiquent ou dénoncent la politique du gouvernement sioniste. MEMRI a des bureaux à Washington, Londres , Berlin, Jérusalem et arrose toutes les agences de presse occidentales de ses articles et photos en provenance des pays arabes : les pires bien sur ». C’est bien la « désinformation à l’israëlienne » dont parle aussi le Monde Diplomatique. « Le Memri a pris en otage les libéraux arabes en construisant l’étrange catégorie de « journaliste arabe libéral ou progressiste ». Pour appartenir à cette dernière, il faut : se prononcer contre toute forme de résistance armée dans le monde arabe, et en particulier en Palestine et en Irak ; dénoncer le Hamas et le Hezbollah ; critiquer Yasser Arafat ; plaider pour le « réalisme », c’est-à-dire l’acceptation du rapport des forces et donc de la domination étrangère ; se montrer favorable aux projets américains au Proche-Orient ; inciter les Arabes à faire leur autocritique et à renoncer à la « mentalité du complot ». Les joueurs de flûte pro-guerre ont donc un nom, désormais.
Aux Etats-Unis comme ailleurs dans le monde, le conte du jouer de flûte des frères Grimm est très connu : Walt Disney, en 1933 l’avait adapté dans une de ses Silly Symphonies, un film hollywoodien lui avait été consacré en 1956 et dans le bric à bac incommensurable des biens ayant appartenu à Michael Jackson on a même retrouvé un tableau qui l’avait mis en scène de la même manière, car dans le conte original, ne l’oublions pas, le joueur de flûte, qui n’avait pas été payé pour avoir débarrassé la ville des rats s’était vengé en emmenant de la même manière tous les enfants. On dit les américains en être restés des grands : avec le nouveau coup de flûte (audio) médiatique de sainte Rita, du MEMRI et d’IntelCenter, ça se confirme une nouvelle fois. Finalement, Griffin a bien raison : Elvis Presley, c’est sûr, est bien davantage vivant que Ben Laden !
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