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?lections Qu?bec – On nage en plein d?lire

Pauline Marois veut que le Qu?bec r?cup?re les pouvoirs (donc les budgets) en culture. C’est louable, et bien que notre plate-forme ne soit pas sortie dans les m?dias, je crois me souvenir que le PLQ avait adopt? une position similaire au mois de septembre, en Conseil G?n?ral. Ce qui m’a frapp?, par contre, c’est qu’en cas de refus d’Ottawa sur le sujet, Pauline Marois semble envisager un r?f?rendum sur la souverainet?.

Pardon ? On parle bien ici de demander aux Qu?b?cois de se prononcer une troisi?me fois, moins de quinze ans apr?s la derni?re, sur leur d?sir de se s?parer du Canada ou non ? On parle bien de ramener la question sur le tapis apr?s que Pauline Marois elle-m?me nous ait dit qu’elle ne voulait aucun ?ch?ancier r?f?rendaire ? Alors que l’option stagne sous les 40% dans les sondages ? L’exercice rel?verait de la perte de temps la plus totale.

Mais ce n’est pas le plus grave. Je voudrais attirer votre attention sur les cons?quences de l’?re post-Meech, dont le r?f?rendum de 1995 qui a ?t? lui-m?me le d?clencheur de bien des maux. Je ne l’apprendrai ? personne, le r?sultat de cette consultation populaire a ?t? extr?mement serr?. Il arrivait dans un contexte bien particulier, apr?s l’?chec de grandes tentatives de r?conciliation avec la Constitution du Canada. Si le OUI a alors remport? autant de voix, c’est parce que plusieurs des d?sormais fameuses “conditions gagnantes” ?taient rassembl?es. ? la limite, la tenue de ce r?f?rendum ?tait sous un certain angle justifi?e (et croyez-moi, je dois me faire violence pour vous le conc?der). R?p?ter l’exercice maintenant serait futile, car les chances de victoire sont nulles. Pas de “conditions gagnantes” ? l’horizon.

Le r?f?rendum de 1995, ainsi que la saga constitutionnelle, nous ont dirig?s dans une sorte de d?sillusion collective, tant du c?t? f?d?raliste que dans le camp souverainiste. Les d?ceptions furent si vives de chaque c?t? que nous sommes encore en train de nous en remettre. La premi?re moiti? de la d?cennie 1990 a caus? un traumatisme inconscient qui nous affecte encore beaucoup, et qui rend difficile toute action collective au Qu?bec. Nous sommes dans un lent processus de gu?rison, et la partie n’est pas gagn?e : regardez encore le nombre de personnes qui font r?f?rence, r?guli?rement, aux ?pisodes du vote ethnique, au scandale des commandites, les uns traitant leurs compatriotes de tra?tres et de colonis?s, les autres d’intol?rants ou que sais-je encore. Le r?sultat du 30 octobre 1995 nous a marqu? au fer rouge, nous a divis? comme jamais. Pourquoi, alors, retourner le couteau dans la plaie encore vive et lancer avec autant de l?g?ret? l’id?e d’un r?f?rendum sur la souverainet? ? A-t-on seulement conscience, d?sormais, des cons?quences d?sastreuses que peut avoir ce genre d’exercice sur notre capacit? ? vivre ensemble et ? unir nos forces ?

Il y a assez de division en ce moment au Qu?bec sans qu’on vienne remettre de l’huile sur le feu. Ce nouveau r?f?rendum me reste coinc? dans la gorge.

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Exils

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    Le dossier Santé de Marois est assez lourd pour se concentrer exclusivement sur ces erreurs du passé et décrédibiliser la candidature Marois.
    Si vous avez besoin de plus d’erreur c’est que vous connaissez sans doute mal ce dossier.

    En plus d’accélérer les départs, Marois a freiné l’arrivée de nouvelles infirmières

    À la Santé, Pauline Marois avait présidé au départ à la retraite de milliers d’infirmières. Mais dans son précédent portefeuille, à l’Éducation, la chef péquiste avait vigoureusement fermé le robinet et réduit le nombre d’admissions dans les départements de nursing.

    Sans regret, Mme Marois ?

    Pauline Marois n’avoue qu’une faible partie des décisions qui ont sapé les bases de notre système de santé et elle prend soin de ne retenir que celles qui ne démontrent pas d’une manière flagrante son manque de vision au moment où elle était en poste, soit à titre de ministre de l’Éducation, de la Santé et des Services sociaux ou encore des Finances.

    Pauline Marois n’a pas de regrets

    La chef du parti québécois (PQ), Pauline Marois, a affirmé dimanche à Sherbrooke que, si c’était à refaire, elle referait la même chose qu’en 1997, lorsque le gouvernement Bouchard au sein duquel elle était ministre avait mis à la retraite 1500 médecins et 4000 infirmières.