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Elections 2020 (XII) : Trump, le roi du burlesque !

Le Burlesque américain est un genre à part, qui s’est illustré avec l’arrivée dans les années 30 de l’effeuillage de gentes demoiselles appelées communément là-bas strip-teaseuses. Un show de mauvais goût, les trois quarts du temps, comme celui que donne l’équipe des marioles choisis par Donald pour partir en croisade contre la dernière élection ratée. 

Du show, on y a eu droit ces derniers temps avec les émissaires de Donald, au point que Saturday Night Live a pu en donner une représentation plus vraie que nature. Un grand show d’inepties enfilées les unes après les autres, avec des vedettes ubuesques d’un jour, telle Sydney Powell, qui aurait fait une excellente apparition dans le Burlesque avec ses accoutrements léopard (ou déguisée dernièrement en militaire !), et des pseudo-experts tout droit sortis de la secte de QAnon, ou carrément du bistrot, comme on l’a déjà vu ici.

Place donc au Trump Circus (1), un roulement de tambour, et on y retourne  !!!

Honneur tout d’abord au patron du cirque, Donald Barnum en personne, qui nous a gratifié le 3 décembre d’un show de 47 minutes sans camisole, en roue libre complète.

Ça a commencé par un avant-propos surprenant : il a en effet affirmé d’emblée que ce serait « certainement le discours le plus important de sa carrière » (chez Donald c’est toujours le plus quelque chose), et qu’il était avant tout « déterminé à protéger le système électoral » en continuant ouvertement à le saper, en refusant son verdict.

Tout de suite c’était du Donald dans le texte, en quelque sorte: une contradiction à la minute.

Le 3 décembre c’était aussi, autant le rappeler, l’anniversaire du dépôt de dossier d’Impeachment contenant les conclusions affligeantes du House Intelligence Committee sur l’Ukraine. Trump s’en était sorti par une pirouette conconctée par Wiliam P. Barr, aujourd’hui mis à l’écart, comme tous ceux qui ont un jour travaillé avec le leader cyclothymique, qui avait refusé que des témoins viennent déposer, bloquant toute la procédure démocrate.

A 48 jours de l’inauguration du gagnant, voilà qui paraissait fort de café cette longue diatribe… contre un prétendu vol d’élection. « Il ne s’agit pas seulement d’honorer les votes de 74 millions d’Américains qui ont voté pour moi », a déclaré M. Trump. « Il s’agit de faire en sorte que les Américains puissent avoir confiance en cette élection. Et dans toutes les élections futures… «  Certes, mais comment redonner confiance quand un Président en personne crie partout que la dernière a été truquée ? (« Rigged »). Donald n’est pas à une contradiction près, mais là, avouez qu’elle est… énorme ! Il n’est pas non plus à un mensonge près aussi, lorsqu’il clame par exemple en tentant d’être plus précis que « de grandes quantités de bulletins de vote par correspondance ont été traitées illégalement et en secret à Philadelphie et dans le comté d’Allegheny sans la présence de nos observateurs ». Ce qui est complètement faux et a été rejeté depuis, personne n’ayant essayé d’interdire aux observateurs de scrutin représentant chaque côté de l’élection d’assister au dépouillement à cet endroit. Ce dont il ne se rend pas compte, enfermé dans sa bulle égoïste, c’est ce que provoque son refus chez des gens… comme ses supporters bas du plafond. Vous avez noté je suppose l’usage de la lettre « Q » dans l’affiche de show de Burlesque : elle n’est pas sans rappeler le Q de… QAnon, qui fait appel à l’évidence à la même mémoire profonde américaine (c’est la couverture de l’ouvrage de Leslie Zemeckis sorti en 2013).

Les démocrates n’ont pas essayé d’empêcher les représentants républicains de pouvoir observer le processus, au contraire même : ils craignaient eux aussi d’être accusés de partialité et les règles édictées en 2018 obligent à une vérification bi-partisane. Pourquoi Allegheny est-il apparu dans le discours présidentiel comme « preuve » de tripatouillages ? Car c’est là que des médias sociaux ont allégué en premier les premières plaintes de «campagne électorale illégale» défavorisant selon certains Donald Trump. C’est à Philadelphie aussi que le 7 novembre on a arrêté deux hommes armés, Antonio LaMotta, 61 ans (ici droite, à l’air peu engageant) et Joshua Macias, 42 ans, tous deux de Chesapeake, en Virginie, venus à bord d’une Hummer et désireux d’entrer armés dans le Convention Center « pour aller vérifier si des faux bulletins étaient comptés » selon leur propres dires. Ils ne possédaient même pas de ports d’armes ! Des deux, Macias est le fondateur en 2016 de Vets for Trump, et leur Hummer arborait des stickers… et une casquette QAanon (ici à gauche et à droite) !

A bord de l’engin les policiers ont aussi découvert une AR-15 et 160 munitions…  Des échanges de Mail avec la femme de Macis révèlent entre autres le slogan « Stop The Steal » créé par les adorateurs de Donald dès le 3 novembre au soir !!! Voilà ce que provoquent les discours enflammés de l’apprenti sorcier-dictateur Donald !

Dans le comté d’Allegheny même (qui contient la capitale de l’Etat, Pittsburgh), les résultats finaux et officiels, accordant 430 759 votes à Biden et seulement 282 913 à Trump, on a trouvé un peu plus de 3 000 bulletins douteux, sur 724 800 au total… environ 1/200 eme du total. Et quand on voit les raisons de leur rejet, il n’y a vraiment pas à crier au complot : « Il y avait cinq sous-ensembles de 3 307 votes du comté d’Allegheny qui n’ont pas été inclus dans la certification parce qu’ils faisaient partie d’un litige en cours: 254 bulletins de vote provisoires non ouverts. 326 bulletins de vote par la poste dans le 45e district sénatorial de l’État qui ont été soumis à temps, mais dont les dates imprimées ne figurent pas sur leurs formulaires de déclaration extérieurs. 1 996 autres bulletins de vote par la poste non datés qui ont été soumis à temps mais dont les dates ne figuraient pas sur leur formulaire de déclaration externe. 708 bulletins de vote qui étaient visiblement timbrés le jour du scrutin et reçus par le comté avant 20 h, le vendredi suivant. 23 bulletins de vote par la poste reçus par le comté avant 20 h, le vendredi après le jour du scrutin sans cachet visible ». Et surtout pas de quoi changer l’écart de… près de 150 000 (50 fois plus !) sur 724 000 !!! 

Les bazars à voter de Pittsburgh

Gag inénarrable de l’histoire, à Pittsburgh on a voté sur un nouveau matériel… signé Election Systems & Software, LLC (ES&S), acheté 6 millions de dollars le 1er décembre 2019.  Le grand rival de Dominion ! Un contrat juteux de 1,8 million par an, pour un total de 14,4 millions au final en… 2027. L’un des engins achetés étant « l’ExpressVote ballot marking device », une mise à jour faiblarde de la bonne vieille passoire Diebold munie de deux ports USB (protégés par un capot avec vis) et d’un port Ethernet, acceptée au Texas et en Floride. L’engin a un design défaillant de départ en forme de passoire à voter comme l’a décrit ici un expert (cf ici à droite) : « Il existe désormais une option encore pire que « DRE avec trace papier »; J’appelle cela l’option « Appuyez sur ce bouton si c’est OK pour que la machine triche ». L’auteur , le spécialiste Andrew Appel, déjà cité ici démontrant le moyen simple de le faire : « cette vidéo montre une démonstration des écrans tactiles tout-en-un ExpressVote achetés par Johnson County, Kansas. L’électeur apporte un bulletin blanc à la machine, l’insère dans une fente, choisit les candidats. Ensuite, la machine imprime ces choix sur le bulletin de vote blanc et le recrache pour que l’électeur les inspecte. Si l’électeur est satisfait, elle le réinsère dans la fente, où il est compté (et déposé dans une urne scellée pour un éventuel recomptage ou vérification). Jusqu’à présent, cela semble correct, sauf que le processus est un peu lourd et pas complètement intuitif (regardez la vidéo par vous-même). Il souffre encore des problèmes que je décris ci-dessus: les électeurs peuvent ne pas examiner attentivement tous les choix, en particulier dans les courses à bulletin descendant; les comtés doivent acheter beaucoup plus de machines à voter, car les électeurs occupent la machine pendant longtemps (contrairement aux bulletins de vote op-scan, où ils occupent un écran de confidentialité en carton bon marché). Mais voici la caractéristique étonnamment mauvaise: « La version que nous avons a une option dans les deux sens », a déclaré le commissaire aux élections du comté de Johnson, Ronnie] Metsker. «Nous demandons aux électeurs d’imprimer leurs bulletins de vote afin qu’ils puissent revoir leurs bulletins de vote papier, mais ils ne sont pas tenus de le faire. S’ils veulent appuyer sur le bouton  » voter  », ils voteront, mais s’ils le font, ils le font en sachant qu’ils ne verront pas leur bulletin de vote, il sera à la place déposé, numérisé, compilé et déposé. dans la boîte de scrutin sécurisée à l’arrière de la machine. » [TYT Investigates, article de Jennifer Cohn, 6 septembre 2018] Il est désormais facile pour une machine piratée de tricher de manière indétectable ! Tout ce que le programme de dépouillement frauduleux a à faire est d’attendre que l’électeur choisisse entre «voter sans inspecter» et «inspecter le bulletin avant de voter». Dans ce dernier cas, ne trichez pas sur ce bulletin de vote. Si c’est le premier, changez les votes à votre guise et imprimez ces votes frauduleux sur le bulletin papier, sachant que l’électeur a déjà renoncé au droit de le regarder. Le comté de Johnson n’aurait pas dû acheter ces machines; s’ils veulent les utiliser, ils doivent insister pour qu’ES&S désactive cette fonctionnalité «autorisation de tricher»« . Le plus étonnant de l’affaire étant que pas un des procès menés par Donald n’a évoqué ce type de machine…. suspicieuse, ni ce procédé !!!

Appel cependant, avait revu son avis, notamment pour la Georgie, équipée par… Dominion, et surtout grâce à la trace papier sortie désormais des machines, une vieille revendication des opposants aux votes informatiques : «L’essentiel est que chaque vote exprimé en Géorgie lors de cette élection était accompagné d’un bulletin de vote papier que les électeurs ont eu la chance d’examiner avant de le déposer dans l’urne, et un recomptage a été fait à la main de tous ces bulletins de vote. il a dit: «Donc, bien qu’il puisse vraiment y avoir des failles de sécurité dans les machines à voter (faites par Dominion ou par n’importe qui d’autre), cette trace écrite peut nous donner l’assurance que les votes ont été comptés avec précision.»  Appel, avec 58 autres experts en sécurité électorale, a signé une déclaration affirmant que l’élection présidentielle de 2020 était technologiquement sûre. Un autre signataire est Edward Felten, qui détient une chaire dotée en informatique et affaires publiques à l’Université ».

Felten sait de quoi il parle en effet : il avait découvert en 2008 avec son compère Appel les failles gigantesques des machines Sequoia, à base de scanners Optech de Business Records Coroporation (ici à droite). A peine l’annonce faite, le site de l’entreprise s’était fait lui-même hacké, démontrant que Sequoia s’en fichait complètement de la sécurité !! C’est lors du rachat d’Optech qu’ES&S avait été créé, car cela s’appelait avant… Sequoia !

L’engin décrié par Felten et Appel était la Sequoia Advantage Systèmes et son énorme écran (ici à gauche). La grande Sequoia étant devenue après (en 2010) une.. Dominion ( vous suivez toujours ?) !

Un arrière-goût de maccarthysme …

Les propos délirants de Trump n’ont en rien freiné les détracteurs de l’élection, bien au contraire : ils se sont sentis encouragés. « Les utilisateurs ont partagé le hashtag #StopTheSteal dans le cadre d’une affirmation non fondée selon laquelle les démocrates tentaient frauduleusement de voler les élections. Twitter a qualifié un certain nombre de ces publications de «contestées» et potentiellement trompeuses, par exemple à partir d’un compte s’identifiant comme étant le Parti républicain de Philadelphie. Le fils du président, Donald Trump Jr., a également tweeté que « le vol est activé », ajoutant à la propagation des revendications (3) » note ici The Cube repris par Euronews. Une prise de parole antérieure du fiston avait précédé l’élection : annoncé perdant par les sondages, Trump avait DEJA mis en place le chapiteau qui allait accueillir le grand cirque d’après 3 novembre sur le thème du vol supposé de l’élection (voir la notre en bas) !!! Obligeant déjà Twitter à faire une mise au point sur le compte même de Don Jr, en précisant que le vote par correspondance était sûr… contrairement à ce qu’il laissait entendre…

Une énième et dernière tentative de détourner les électeurs des urnes !! Sur le mode de ce qu’on fait depuis des lustres les républicains  (lire ici) !!!

Et ce, un mois et huit jours à peine avant la date fatidique !!! Même sans concourir, Trump père avait déjà évoqué le thème de l’élection soi-disant volée : en somme, il SAVAIT qu’il la perdrait… Ça s’est vu dans sa façon de faire ses derniers meetings, qui ne s’adressaient qu’à ses plus fidèles supporters.  Il ne tentait donc pas d’élargir sa base, qui était le seul moyen de l’emporter. Tout s’est passé comme si Trump avait avant les résultats intégré sa propre défaite, à ce moment-là, mais s’activait énormément  pour consolider sa base existante, pour pouvoir jouer au trublion dans les mois à venir… et pour préparer son hypothétique retour en 2024 !!!

A bien y repenser, c’est très CLAIR. Comme il est clair que son activité actuelle pour dénoncer les résultats n’a rien à voir avec la politique mais bien avec son tiroir-caisse, comme j’ai pu vous le montrer ici-même.…  A Grand Rapids, le 3 novembre, Donald avait déjà dit que son discours était « le plus important », sur le ton de la méthode Coué : « Vous imaginiez écouter un grand discours à près d’une heure du matin ? On est fous, non ? », avait lancé Donald Trump, avant d’ordonner: « Vous allez dormir deux heures, vous irez voter, et vous retournerez au travail. Je connais mon peuple du Michigan »Un Donald toujours en dehors de la réalité qui avait osé ce soir-là dire à ses fans « Michigan, vous avez intérêt à voter pour moi, je vous ai décroché tellement d’usines automobiles »… alors qu’une seule entreprise (Fiat Chrysler Automobiles) a été annoncée (en 2019) en quatre années dans l’Etat. Les seules qui se soient agrandies sur place (et non créées) s’appelant Renault-Nissan-Mitsubishi, Toyota et Subaru !!! Pas de quoi hisser le drapeau américain façon « Great Again« …  La production de voitures aux USA (ici à droite) est en chute libre depuis 2013… Donald ment constamment, on le sait !!!

Parmi les sources de Donald, les tweets du 13 novembre de Chris Buskirk, un de ses fans notoires (et son Show en podcast, Donald ne se nourrit que de ceux qui le flattent, on le rappelle) dont l’argument massue est un tripatouillage démocrate survenu en Pennsylvanie en… 1994, il y a 26 ans !!! N’ayant pas d’arguments à présenter, il en sont à en exhumer des abysses électorales US. Ce Buskirk est un homme fort intéressant, car ce supporter inconditionnel de Trump, habitude Fox News avait dit en 2017 ce qu’il pensait du parti républicain et de la position de Trump face à ce parti, levant un beau lièvre en fait :  « je pense que ce combat dure depuis longtemps. Je veux dire, Donald Trump ne l’a pas commencé. Il est l’expression d’un combat qui se déroule au sein du GOP au moins depuis 10 ou 15 ans. Quel est le cœur et l’âme de la fête ? Dans quelle direction allons-nous aller ? Ce que je vois de plus en plus n’est pas tant une division idéologique, même s’il est vrai qu’il y a de sérieux enjeux idéologiques sur la table. Mais il y a vraiment ce débat, cette division entre ce que nous appellerions les républicains de la catégorie « pays », c’est-à-dire simplement les électeurs, les électeurs normaux et les républicains de la classe dirigeante, dans quel sens ça va aller ? Et vous avez entendu l’audio de la nuit dernière ici à Phoenix, vous avez vu que Donald Trump avait une foule très enthousiaste. L’idée qu’un Mitch McConnell ou même dans cet état un John McCain ou un Jeff Flake obtiendrait ce genre de foule ou ce genre de réponse, c’est tout simplement impensable. Et donc, vous mettez ces deux côtés ensemble et dites lequel ce sera ? Est-ce que ce sera les électeurs et le président ou ce sera les néoconservateurs et les républicains en place à la Chambre ? Qui va faire quelque chose ? ». Bref, que notre homme avait bien perçu que Trump n’avait rien à voir avec le GOP, étant bien plus proche en idées du Tea Party. Ce qu’explique ici Buskirk c’est la thèse populiste des « politiciens » installés, dont ceux du GOP, décrits comme des nantis et des profiteurs vivant dans le fameux « marais » de la corruption. Celle des QAnonistes, s’époumonant en cœur en criant « drain the swamp ». Et si ce marais est lui-même représenté dans leur délire par le parti républicain lui-même, imaginez les dégâts au sein de la vie politique US. C’est après Trump le déluge, et McConnell qui peut commencer à construire son arche… en attendant l’arrivée de la déferlante démocrate d’un côté et du Tea Party trumpien de l’autre: et pas sûr que ce soit le premier qui provoque le plus de dégâts, car le second emmène le GOP loin, très loin de ses bases, qui ne sont plus celles que McConnell peine tant à défendre aujourd’hui. Ou plutôt, reste muet sur la question depuis le 3 novembre qui scelle aussi l’échec de son engagement personnel auprès de Trump.

Maintenant que le Trumpisme a envahi la sphère de droite, la poussant dans les bras de l’extrême droite, et que son leader naturel vient d’être défait, qui se retrouve donc être le cocu de l’histoire sinon… les républicains, en effet, dont l’ineffable Mitch McConnell qui n’a pas fait une seule déclaration depuis le 3 novembre pour clarifier la situation et surtout sermonner un Donald parti en vrille, à scier la branche sur laquelle ce bon Mitch est assis depuis quatre ans… le silence de McConnell, selon CNN, c’est celui du Sénat et de Robert A. Taft pendant l’ère McCarthy !! « A l’époque de McCarthy, la plupart des dirigeants du GOP ont trouvé des excuses pour éviter de contester les théories du complot qu’ils savaient invraisemblables, alors même que la preuve de leurs coûts pour la nation augmentait régulièrement.Pendant des années, malgré leurs doutes personnels sur ses accusations et ses méthodes, les principaux dirigeants du GOP – en particulier le chef républicain du Sénat Robert A. Taft, le Mitch McConnell de son époque – ont encouragé passivement ou activement soutenu les affirmations dispersées de McCarthy de trahison et de l’infiltration communiste. Une faction importante de républicains du Sénat ne s’est pas jointe aux démocrates pour limiter le pouvoir de McCarthy jusqu’à ce que le sénateur s’immole avec ses accusations, lors d’audiences très médiatisées de 1953 et 1954, selon lesquelles l’armée a été criblée de communistes pendant la présidence de son compatriote républicain Dwight Eisenhower ». McCarthy, chasseur de communistes imaginaires et son avocat véreux… Roy Cohn, celui qui a tout appris à Donald Trump selon l’ex-président (faudra bien qu’il s’y habitue à cette appellation) !!! C’est fou comme quoi l’Histoire est révélatrice !!! Cohn avait par principe de mentir effrontément en tout. Il a fabriqué un disciple parfait (2). « Fake it to Make it  » disait-il : c’est exactement ce que son protégé à fait toute sa vie !

Un président ignorant visiblement l’histoire et les lois qui régissent son pays et qui, certain de son fait, annonce que « les résultats des élections devraient être annulés immédiatement » dans plusieurs États-clés et qui a même suggéré (forcé la main semble plus adéquat) à la Cour suprême d’intervenir en sa faveur, en disant: « J’espère qu’ils feront ce qui est juste pour notre pays parce que notre pays ne peut pas vivre avec ce genre de choses, (lors) d’une élection. «  Le 9 décembre, il a reçu une fin de non retour de la part de la fameuse Cour Suprême, anéantissant tous ses espoirs de résoudre le problème autrement (et en plus haut lieu) que par des procès tous plus grotesques les uns que les autres, et qu’il a aussi perdus les uns après les autres.

Melissa Carone, ou comment se tirer une balle dans le pied

On avait déjà observé de beaux cas d’espèce avec Giuliani. Son cirque visiblement regorge d’espèces rares. Pas de femme à barbe à montrer ce 4 décembre, mais deux exemplaires qui ont tout de suite connu la gloire… en raison de leur imbécilité flagrante. La première s’appelle Melissa Carone, elle est « mère de deux enfants » et prétend posséder « deux diplômes » et avoir travaillé le jour de l’élection pour Dominion, à un poste obscur pas trop bien déterminé (à la tabulation des résultats il semble). Son CV la présente comme ancienne serveuse chez Hooters – dont les serveuses sont plutôt « court vêtues » et a démenti avoir été strip-teaseuse. Nous revoici dans le Burlesque !!!  Selon The Sun, elle aurait travaillé comme danseuse au  « Bada Bing », club du même nom que dans The Sopranos, en 2010. Son patron a été arrêté pour avoir torturé un garde dans l’arrière-salle (en traversant sa main à la perceuse électrique). Sa déposition a fait tilt dès les premiers mots qu’elle a employés, avec une dégaine et une attitude pleine de morgue et de certitudes (et une superbe choucroute fifties comme coiffure). Ses premiers mots sont d’abord pour « élucider » l’affaire de la camionnette de sandwich qui aurait amené en douce des bulletins pro- Biden, l’hoax qui circulait à plein le soir de l’élection. Très vite, on voit Rudy se réjouir en l’entendant : elle déclare en effet avoir vu « deux fourgonnettes non marquées » qui apporteraient de la nourriture à environ ⅔ des agents du scrutin. « Cependant, les fourgonnettes ne semblaient pas assez grandes pour transporter de la nourriture« , précise-t-elle en changeant donc sa première déposition. Et en ajoutant : «je n’ai jamais vu de nourriture en sortir». Cette histoire de camionnettes à sandwichs, je l’ai expliqué ici, déjà…

En revanche elle a réitéré ce pourquoi on l’avait fait venir, donnant plus d’espoir à l’avocat dégoulinant : « j’ai été formé sur le processus d’arbitrage et de tabulation. … Je sais pertinemment qu’il y avait des activités illégales là-bas. Les gens ont des photos de personnes transportant des bulletins de vote hors de cet endroit. » Sans plus de détails… « bien qu’elle n’ait pas été autorisée à toucher les bulletins de vote ou à se tenir près des machines, Carone avait déclaré (comme précédemment) qu’elle avait pu voir certains des bulletins de vote et que pendant son quart de 24 heures, aucun des bulletins qu’elle avait vus n’avait été déposé pour le président Trump, tous étaient pour Biden. «Pas un seul bulletin. Je n’ai vu pas un seul … pas même un seul bulletin pour Trump. Pas même un … pendant tout le temps que j’y étais », précise-t-elle. Ce qu’elle avait vu, on le sait, c’est l’arrivée pour dépouillement des bulletins papier envoyés par courrier, provenant des proches banlieues (noires) de Detroit, tous ou presque favorables à Biden, comme dans beaucoup d’autres villes, sans exception. 

Au bout de deux minutes elle en était surtout à invectiver le représentant de l’Etat (ici à droite c’est le républicain Steven Johnson, 29 ans, de Kent County) qui lui posait des questions plus précises, obligeant Rudy à la reprendre pour la faire cesser en la tirant par le bras… (ici à gauche) à un moment. Bref, le genre de témoin qui vous sabote en deux secondes ce pourquoi il est venu et vous ruine votre défense. Pire encore, après avoir appris la positivité au Coronavirus de Rudy et avoir été alerté par les les législateurs de l’État, et les responsables de la santé du comté d’Ingham, qui comprend Lansing, elle a refusé de se mettre en quarantaine, alléguant devant le Washington Post qu’elle ne risquait rien, déclarant « qu’elle vivait sa vie normalement et qu’elle n’avait pas l’intention de changer cela. Elle a dit qu’elle n’était pas au courant de l’avis de santé et qu’elle ne craignait pas de contracter le virus. « Je le prendrais au sérieux si cela venait de Trump, parce que Trump se soucie de la vie américaine », a déclaré Carone, ajoutant que si des réseaux de télévision amis de Trump comme One America News ou Newsmax « me disaient d’aller me faire tester, je le ferais. . » «Ce n’est pas que je ne crois pas au dépistage. Je ne fais pas confiance aux tests », a-t-elle déclaré. Ah, mourir pour Donald, en voilà une mission digne de son univers de Pimprenelle déjantée !! Elle avait oublié de dire qu’elle s’était déjà pointée le 12 novembre chez Lou Dobbs, le grabataire de Fox News, sans lunettes, pour raconter l’histoire des sandwichs toujours pas vus, à bord de la fameuse camionnette… Une activité « very suspicious » selon Lou Dobbs, qui avait vite refilé ce soir-là le bébé à David Kallman, du Great Lakes Juriste Center, un avocat de Lansing. Sans surprise on le retrouvait, celui-là, le même jour avec Kallman en train de demander un audit du vote à Detroit et la suspension toute certification des résultats des élections dans le comté de Wayne « jusqu’à ce que le travail soit terminé« . Kallman avait déjà fait la une des journaux (mais que ce monde est petit !), car c’était celui qui était venu défendre le coffreur âgé d’Ossowo (Karl Manke, 77 ans) qui voulait travailler alors que la gouverneure du Michigan avait fait fermer les commerces. Sa forte stature le rendant repérable facilement (lire ici).

La vedette stipendiée du Rudy show

Un blogueur moqueur l’ayant entendue éructer avait fait en Tweet un comparaison saisissante .. « Convainquez-moi que ce n’est pas le personnage Saturday Night Live, de Cecily Strong: «Fille avec laquelle vous souhaiteriez n’avoir pas entamé une conversation». Il ne pensait si bien dire le bougre : la dénommée Strong est une animatrice de SNL extrêmement douée (écoutez-là tirer à vue sur la presse à la soirée des journalistes d’Obama !!), qui, le soir même la parodiait… sublimement, à nous la faire prendre pour son double… Rudy, c’est sûr, nous avait dégotté une reine méconnue du Talk Show ! Quel talent ! (Giuliani étant joué par sa consœur Kate McKinnon, en Rudy pétomane !) !! Cecily Strong affirmant qu’on pouvait la croire, car elle «avait signé un après-David» (à la place d’un affidavit), expliquant en effet  que «David a signé et ensuite j’ai signé juste après David», de façon hilarante… Car quel cirque, encore une fois ! On l’avait déjà vue, pourtant, la miss Melissa, toute apprêtée et maquillée, se prendre en selfie arborant une bonnet de laine inscrit « 2020 ». C’est à une manifestation « Stop The Steal » du 14 novembre à Lansing, dans le Michigan. Manifestation où l’on avait retrouvé l’inévitable Brandon Hall, jeune activiste lui aussi jadis condamné (pour fraude électorale !)…  c’est fou comme on retrouve constamment les mêmes avec Donald !

On trouvera aussi dans son passé qu’elle avait participé à du Revenge Porn en envoyant des vidéos de sexe à l’ex-femme de son petit copain du moment. Condamnée, elle venait juste de terminer sa probation au moment de son témoignage (à gauche la photo de police de l’époque) ! Parlez donc d’un témoin impartial et de confiance ! La voilà devenue vedette, ou plutôt elle avait auparavant déjà entretenue l’idée en participant à des show radios sous un autre look encore, très Marilyn (cf ici à droite), ou via des joueurs de plateforme de jeu Twitch (ici à droite) ! Elle semble avoir surtout vite compris que cela peut rapporter, cette désinformation à entretenir… ce qui laisse augurer d’une participation à l’invitation de Rudy qui n’ait pas été gratuite… bien entendu. Dommage se dit-on, Melissa, ça évoquait plutôt chez nous un si beau morceau de musique…

Après le rire… le racisme. Chez Trump c’est une tragédie (grecque ?) constante : on rit et, juste après, on pleure de désespoir. La suivante, appelée Jessy Jacob, venue déposer auprès de Rudy, l’était pour affirmer « que les travailleurs électoraux entraînaient carrément les électeurs à choisir uniquement Biden ou simplement à voter sur un choix démocrate direct », selon News Service. Elle avait allégué auparavant et le réitérera que « les travailleurs allaient même jusqu’à se tenir à côté d’eux dans un bureau de vote ». Le juge qui l’avait écouté conclura par « elle affirme un comportement sans date, lieu, fréquence ou nom des employés. De plus, elle n’indique pas si elle a pris des mesures pour remédier à l’inconduite présumée ou pour alerter un superviseur de la fraude électorale présumée.  Mme Jacob ne s’est manifestée qu’après que les résultats non officiels du vote aient indiqué que l’ancien vice-président Biden a été le vainqueur dans l’État du Michigan ». Et Bing, renvoyée dans les cordes ! Questionnée un peu plus sur les inscriptions aux bureaux de vote, elle ne mettra que quelques secondes aussi pour sortir la bourde n°2 de la journée : pour elle,  il est en en effet « difficile de distinguer les chinois, car ils se ressemblent tous ». Bingo, la sortie raciste qui effondre tout le prétoire !!  Et fusille toutes ses déclarations précédentes !!! Remarquez, elle portait un masque, elle, durant sa déposition (Giuliani lui demandera de l’ôter !). Le seul élément positif de son témoignage  ! Au bilan on a donc une fille dotée d’une choucroute sur la tête qui affirme qu’une camionnette censée emporter des sandwichs n’en avait pas, et une autre qui trouve que tous les asiatiques sont des clones entre eux : c’est Medrano en piste, avec Rudy !!

 

Nota: Le 14 décembre, quand vous lirez ces lignes, ce sera définitivement fichu pour les recours de Donald. La manifestation du samedi 12 n’était bien qu’un dernier baroud d’honneur totalement inutile, qui n’a servi qu’a raviver les divisions… et augmenter le tiroir-caisse de départ de Trump, resté forban jusqu’au bout ! Ce jour-là en effet le collège des grands électeurs réunis déclarera officiellement le président élu, la loi les oblige à tenir l’engagement de l’Etat du choix effectué (par Etat) et fort peu l’ont à ce jour transgressée. La différence aussi du nombre de délégués (306 prévus contre 234) rend l’opération impossible (il faudrait qu’une quarantaine de délégués changent de vote !).

 

(1) de façon fort amusante, c’est un univers que je connais bien… en famille. Mon grand-père a en effet fait le zouave au début du siècle (en 1905 exactement) en jouant temporairement à Lille dans l’orchestre déguisé en militaire de l‘immense cirque Maccadon, venu concurrencer celui de Bufflo Bill dans le Nord de la France !!! Le déplacement du bazar nécessitait 76 wagons de chemin de fer. Il y a gagné une réputation à vie de joyeux fêtard qu’il a tenu à entretenir, au point de se faire surnommer lui-même après « Maccadon », ce dont a hérité mon père… et moi-même, dans mon village, durant toute mon enfance !!!

(2) décrit ainsi par Charles Consigny : « c’est en même temps un personnage terriblement américain, et surtout new-yorkais, à la fois sombre et glamour, riche et mauvais payeur, show-off à l’excès, jetant de la poudre aux yeux d’un petit monde affamé de vanités, repoussant et outrepassant toutes les limites, flirtant avec la détention, la mafia, la mort. Il est fêtard, malhonnête, croqueur d’hommes, tellement lifté que certains décrivent les cicatrices encore sanglantes de ses opérations. Il roule en Rolls et demande à son chauffeur de ne pas s’arrêter aux feux rouges. Il se targue de ne pas payer d’impôts en faisant passer tous ses revenus et dépenses sur son cabinet, y compris son yacht qu’il coule probablement volontairement pour obtenir l’indemnité de l’assurance ».

« Cohn a eu une influence considérable. Il est pour partie l’artisan de l’élection de Ronald Reagan, avec son compère Roger Stone, qui n’est pas pour rien dans celle de Donald Trump. Il dîne chez les Reagan pendant le mandat présidentiel. Il était proche de Richard Nixon. Il introduit Rupert Murdoch dans l’establishment américain. Et il fait Donald Trump, avec l’aide de la mafia dont on ignore la teneur exacte des services qu’elle rend mais à laquelle Trump surpaye le béton servant à construire sa tour mythique à New York. On apprend comment Cohn persuade le magazine Forbes de mentionner Trump, alors promoteur débutant, parmi les 400 premières fortunes des États-Unis, en mentant de manière éhontée sur les millions de dollars que le futur président feint de posséder alors qu’il n’en est rien. « Fake it to Make it » est leur devise. « 

(3) voici sa déclaration du 25 septembre (eh oui, cela a été créé avant les élections !!!) sur Twitter : « La gauche radicale jette les bases pour voler cette élection à mon père, le président Donald Trump. Ils racontent que le président Trump aura une avance écrasante le soir des élections mais perdra quand ils auront fini de compter les bulletins de vote. Leur plan est d’ajouter des millions de bulletins de vote frauduleux qui peuvent annuler votre vote et annuler l’élection. Nous ne pouvons pas laisser cela se produire. «  « Nous avons besoin que tous les hommes et femmes valides rejoignent l’armée pour l’opération de sécurité électorale de Trump sur defenderyourballot.com. Nous avons besoin de vous pour nous aider à les surveiller, non seulement le jour des élections, mais aussi pendant le vote anticipé et aux tableaux de dépouillement. Le président Trump va gagner. Ne les laissez pas voler. Allez sur defenceyourballot.com et enrôlez-vous dès aujourd’hui’. Dans les dires du fiston AVANT l’élection, il y a déjà les revendications actuelles : chez les Trump il ne peut y avoir qu’un seul type d’élection : la traficotée !

 

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