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Election 2020 (I) : Trump parlait déjà d’élection volée en 2016 !

Cet homme est vraiment sidérant, à mentir constamment. Il l’aura fait toute sa vie à sa femme, à ses enfants, à ses banquiers et aujourd’hui à ses électeurs. Comme il ment constamment, il est facile de retrouver à quelque temps d’intervalle le contraire de ce qu’il a pu dire quelque temps plus tard. Ici je vous en ai retrouvé une bonne dans le genre:  celle d’un Trump prévenant AVANT l’élection de 2016 qu’elle sera volée, grâce à des machines à voter électroniques.

Le problème, c’est que c’est celle qu’il a gagnée en 2016. C’est du Donald, ou comment s’infliger le bâton pour se faire battre…  dans tous les sens du terme ! Avec lui, c’est en effet un éternel recommencement !

L’image est trop belle (ici à gauche): Trump, doigt levé lors d’un discours de campagne en août 2016, en train de nous mettre en garde :

«Tout d’abord, c’est truqué. Et j’ai peur que les élections soient truquées, je dois être honnête. Parce que je pense que mon côté a été truqué », a déclaré Trump ».

 

Bon, le résultat, trois mois plus tard, on le connaît : c’est lui qui a été élu, en oubliant bien sûr après ce qu’il avait martelé les semaines précédentes à la télévision !

Et il l’avait répété plusieurs fois en prime, cette (fausse) assertion, avant d’être élu : « rappelez-vous, nous sommes en compétition dans une élection truquée « , a déclaré Trump lors d’un rassemblement au Wisconsin lundi soir. » Ils veulent même essayer de truquer les élections dans les isoloirs, où tant de villes sont corrompues et la fraude électorale est trop courante.   » Ses seules accusations, disent les experts, pourraient infliger des dommages de longue date au système politique américain lui-même en érodant la confiance dans la probité du processus électoral. Depuis qu’un George Washington fatigué est rentré chez lui à Mount Vernon en 1797, la démocratie américaine repose sur un principe chéri: le transfert du pouvoir d’un président sortant à un successeur largement considéré comme légitime. « La chose la plus importante dans le système est que les gagnants gagnent et les perdants perdent », a déclaré Mark Braden, ancien avocat en chef du Comité national républicain. « Presque aussi important que cela est que les gens rationnels qui soutiennent le perdant croient que le gagnant a gagné. » L’un des principaux rivaux du GOP de Trump, Florida Sen. Marco Rubio, a rejeté les affirmations de Trump selon lesquelles les élections sont « truquées ». « Cette élection n’est pas truquée », a déclaré Rubio, qui cherche maintenant à être réélu à son siège au Sénat, lors d’un débat lundi contre le challenger démocrate, Patrick Murphy. « Il n’y a aucune preuve derrière quoi que ce soit, donc cela ne devrait pas continuer à être dit. » Rubio, le 2 novembre 2020, quand il a appris que des manifestants pro-trump avaient agressé le bus de la caravane de Joe Biden… a applaudi. C’est fou ce qu’on peut changer en à peine quatre ans…. il en redemandait, et pour quatre ans, en ayant oublié tout ce qu’il avait pu dire ! Si la politique consiste à jouer à la girouette, Trump est le prophète et un gars comme Rubio son disciple !

« L’élection est truquée » 

« L’élection est absolument truquée par les médias malhonnêtes et déformés poussant Crooked Hillary – mais aussi dans de nombreux bureaux de vote – Triste « , avait-il tweeté le dimanche 16 octobre 2016, soit à peine quatre jours avant le débat présidentiel !!! « Bien sûr, il y a une fraude électorale à grande échelle le jour du scrutin et avant. Pourquoi les dirigeants républicains nient-ils ce qui se passe ? Si naïfs ! » Trump a ajouté lundi (le 17). Trump a également soulevé des doutes sur l’intégrité de l’élection dans l’État crucial de Pennsylvanie, et a plusieurs fois exhorté ses partisans à se présenter aux bureaux de vote pour s’assurer qu’aucune fraude ne soit perpétrée – un ordre qui risque semble-t-il d’être imité par les électeurs. Mais l’allié de Trump, Rudolph Giuliani, l’ancien maire de New York, a déclaré dimanche sur « l’état de l’Union » de CNN qu’il faudrait être un « crétin » pour supposer qu’il n’y aurait pas de fraude électorale dans les villes dirigées par les démocrates comme Philadelphie et Chicago. Pourtant, il n’y a aucune preuve réelle que les affirmations de Trump à propos de 2016 sont vraies, et le milliardaire n’a certainement pas fourni de suggestion qu’une fraude massive – inconnue dans l’histoire des États-Unis – est en cours » .  Non vous ne rêvez pas, c’est bien en 2016 qu’il a affirmé tout cela ! A noter que cette pratique d’envoyer des gens sur les lieux de vote, pour intimider les gens, est un procédé propre à un des proches de Donald : Roger Stone, qui avait même écrit et raconté plus tard sur scène la méthode, fort précise, à utiliser (lire ici). 

Kellyane Conway, sa directrice de campagne, interrogée, bottait en touche en disant que « les médias répercutaient ce que les gens pensaient  » sans pouvoir citer d’exemple précis : le flou habituel chez Tump. Le doute entretenu qui sert toujours à quelque chose chez lui… La méthode Goebbels, que la journaliste vedette de CNN Christiane Amapour vient de rappeler à ses dépens; c’est pourtant bien un coup d’Etat en forme de Nuit de Cristal que vient de tenter Trump (et qu’il continue apparemment en ce moment même !!! Même chose lors du fameux débat (photo ci-dessus à gauche)) ; à la question reconnaîtrez-vous le résultat au soir de l’élection ? Trump avait éludé en répondant « je l’examinerai en tant voulu » !!! Laissant planer le doute sur sa contestation en cas de débat, exactement ce qu’il est en train de faire quatre ans plus tard !!! Ce gars est étonnamment… et définitivement prévisible !!! Le 17 toujours, trois jours avant le débat, il avait aussi insinué qu’Hillary Clinton avait obtenu à l’avance les questions, autre énorme mensonge infondé : « Le vote est truqué ! Hillary Clinton la véreuse obtient même les questions des débats à l’avance, et personne ne dit rien. Vous imaginez si c’est moi qui obtenais ces questions ? » Quel toupet ! Quel menteur ! Un menteur qui avait pourtant réussi à retourner le 2 novembre des Etats, tel l’inattendu Wisconsin… En remportant la Pennsylvanie peu de temps après, il s’approchait de la victoire en passant de à 264 projections de grands électeurs cotre 215 à Hillary. Ne lui restait plus alors qu’à empocher… l’Arizona pour l’emporter !!! Catastrophe !

Pour le battre, il faut nécessairement tricher selon Donald (déclaration de 2016)

La Pennsylvanie avait donc été remportée à la surprise générale par un Donald défiant… au point de dire que le seul moyen de le faire était… de tricher : « huit Américains sur 10 voteront en novembre en utilisant un bulletin de vote papier ou une machine électronique qui produit une trace papier. Mais il y a 15 États dans lesquels au moins certains électeurs utiliseront des machines sans trace écrite en novembre. Parmi eux, la Pennsylvanie est extrêmement importante. « La campagne Trump et la campagne Clinton savent que si Donald Trump gagne la Pennsylvanie, il sera presque certainement le prochain président des États-Unis », a déclaré l’analyste de NBC Mark Halperin. Avec Hillary Clinton menant jusqu’à 12 points en Pennsylvanie dans le dernier sondage, Trump a déjà tenté de semer le doute sur le résultat là-bas. Lors d’un arrêt de campagne à Altoona en août, il a déclaré que l’élection pourrait être volée. « La seule façon pour eux de me battre, à mon avis, et je veux dire à 100 pour cent, c’est si dans certaines sections de l’État ils trichent », a-t-il dit » avait écrit MSNBC le 13 octobre 2016, dans un article affichant à l’écran une des « touch screen » controversées, car responsables de pas mal d’erreurs de vote. Déjà, la suspicion en 2016 ? Ou plutôt… encore, tant le vote électronique aux USA pose problème depuis deux décennies maintenant ! 

De quoi flipper en effet

Trump, en évoquant des erreurs informatiques à propos de sa défaite, joue donc aujourd’hui sur du velours : il y en a toujours eu aux USA, même s’il y en a nettement moins ces dernières années grâce au vote par bulletin scanné qui, il faut l’espérer, va finir par l’emporter partout. Je ne parle que des erreurs de saisie, car il y a deuxième stade sensible, c’est celui des reports des votes via des cartes mémoire Flash, désormais vers des serveurs pour transformer en gros les votes enregistrés en tableaux Excel, où là aussi les tripatouillages sont possible. C’est encore une autre histoire ça dans lequel un homme, Mike Connell, a perdu la vie. le 19 décembre 2008 à bord de son avion N9299N . L’Ohio avait fait perdre John Kerry de façon éminemment suspicieuse… A 12h21, en 2004, le vote avait basculé en quelques secondes dans cet Etat d’un Kerry menant de 3 points face à un G.W.Bush passant devant de 3,7… ce qui reste, aujourd’hui encore inexpliqué: à l’époque il n’y avait pas d’afflux de votes par courrier comme on a pu assister ce 2 novembre. Connell était mort alors qu’il venait d’être convoqué pour expliquer son rôle dans cette bascule impossible avec son serveur-tampon installé chez Smartech.

Les années suivantes, des machines « DRE » (Direct-Recording Electronic) aux écrans mal calibrés dont certaines avaient présenté des erreurs de « vote-flipping » on en a vu pas mal, d’erreurs encore, y compris ces dernières années : « alors que le jour historique des élections américaines de 2016 s’achève, il y a eu des rapports sporadiques faisant état de dysfonctionnements de machines à voter. L’envoyé de la télévision CBS à Pittsburgh, par exemple, s’est entretenu avec des partisans de Donald Trump dans le canton de Clinton (au nom ironique), au nord de Pittsburgh ». La suspicion, toujours... 
« Chaque fois que je poussais un candidat pour le Parti républicain, il se présentait pour le candidat démocrate », a déclaré un électeur à CBS. CBS dit que les responsables électoraux ont recalibré les machines et pensent que les problèmes ont été résolus. » En 2012, marrant, la même machine avait transformé un vote d’Obama vers Mitt Romney ! L’engin « flippant » était une ES&S Votronic (ici à droite, déployé), la société appartient au McCarthy Group). Celle toujours utilisée au… Texas en 2020 (exemple avec son manuel, ici à gauche), ou … Trump vient de l’emporter en 2020 (ah ah, quel gag, il ne s’en vante pas à cet endroit !) !!! Comme quoi Dominion est loin d’être seul à avoir eu des déboires !

En 2020, en Pennsylvanie, des écrans tactiles mal calibrés ont encore été détectés sur environ un tiers des 320 machines d’un comté, avant d’être rectifiés. Toujours la même histoire du clic qui déclenche la case en-dessous ou au-dessus de celle voulue. Un peu léger pour des machines chèrement acquises. Chacune valant 8 250 dollars, précisons-le… En 2006 à Sarasota, en Floride, des engins ES&S avaient perdu 18 000 votes que l’on a jamais retrouvés… En 2018, on a pas su déterminer à Johnson County si les gens avaient pu voter deux fois ou non (gênant !)… En Georgie, la même année, plus de 150 000 électeurs n’avaient tout simplement pas voté pour le lieutenant-gouverneur, quel qu’il soit, selon les résultats : on n’a jamais su pourquoi non plus.  La machine (une ES&S encore une fois) les avait oubliés, sans doute. Mais aujourd’hui ces déboires paraissent bien mineurs face à l’ampleur du vote du 2 novembre, puisque ce sont 151 millions de bulletins qui ont été au total comptabilisés !!!

Des engins des années 2000 pas toujours sûrs en effet, dont certain Etats s’étaient vite débarrassés en les mettant en vente… sur e-Bay : « En 2012, le chercheur de Symantec Bryan Varner a acheté des machines à voter américaines usagées sur Ebay et les a trouvées incroyablement peu sûres et pleines de données électorales réelles et sensibles; en 2016, il a recommencé et les choses étaient encore pires (…)  Varner a payé moins de 100 dollars chacun pour deux machines à voter. Une fois que j’ai dévissé les « vis inviolables » non fonctionnelles, j’ai trouvé une machine Windows CE avec des ports USB ouverts, portant toujours leur « propriété de » sceaux de l’entité gouvernementale qui les avait vendues, remplie de données électorales. Il a pu les backdoor de manière triviale et souligne qu’il serait facile pour quiconque de le faire et de remettre les machines sur Ebay pour les vendre à d’autres autorités de vote. Le fait que les informations soient stockées non chiffrées sur des disques durs n’a tout simplement aucun sens dans l’environnement de menace actuel. Le fait qu’ils puissent être laissés sur des appareils, non chiffrés, qui sont ensuite vendus sur le marché libre est une faute professionnelle. » avait-on pu lire. Windows, CE, passoire à intrusions et des ports USB pas protégés, pas vraiment un gage de sécurité ça… à gauche une affiche des premières machines à voter mécaniques aux USA dans les années 50 (ici à droite de plus près). Son manuel stipulait « Tirez sur la poignée pour fermer les rideaux de la cabine. Tournez les leviers de vote sur les noms des candidats choisis pour exposer les noms. Tirez la poignée vers l’arrière pour enregistrer votre vote et rouvrez les rideaux ». Ah là, pas moyen de hacker ! L’huile de coude pour empêcher le piratage ?

Pour arriver en premier, mieux vaut être premier… de la liste

Il y avait plus simple encore pour tromper une élection, remarquez  : celui d’avoir son nom placé en premier sur les listes électroniques, en dehors de l’ordre alphabétique :
ne rigolez pas, on a démontré que ça jouait surtout lors du choix… des indécis !! En 2000 on avait imprimé pas mal de bulletins avec G.W.Bush en premier !!! En 2016, Trump était en premier face à Hillary, car aux Etats-Unis c’est le prénom qui compte… Manque de chance pour Joe Biden… il s’est donc retrouvé à nouveau en seconde ligne comme l’était Hillary…. mais aucune personne chez les démocrates pour s’en plaindre : ils n’ont pas d’équivalents de Giuliani !

De vieux films ressortis du placard par les trumpistes

En 2016 donc, déjà, on avait beaucoup parlé … sécurité. Fox-News, avant l’élection, en avait fait des tonnes, pensant ainsi soutenir son candidat préféré et affiché (Donald Trump bien sûr !). On avait eu droit à plein de films censés dénoncer ce manque de sécurité flagrant, mais avec un hic : ils étaient tous fortement datés : j’avais utilisé les mêmes pour dénoncer les tripatouillages de G.W.Bush en 2000 et en 2004 en effet !!! Les exemples abondaient, même après encore : en 2006, l’Ohio avait ainsi perdu la trace 812 cartes de votants et de 313 clés d’accès aux cartes PCMCIA des résultats restés stockés dans les machines… J’avais à l’époque relevé par exemple que « les votes, dans le système Diebold, étaient stockés sur des cartes PCMCIA verrouillées par une clé du modèle de ceux qui figurent sur les bars de chambre d’hôtel, à savoir un modèle répandu partout et copiable à n’importe quelle échoppe du coin. » Et que « le soir, les camionnettes pick-up qui ramassaient les cartes les entassaient dans des sacs type sac de sport non fermés, sans aucun scellé, à l’arrière, le véhicule portant un superbe autocollant de soutien à la campagne de W. Bush » (cf la photo fort parlante-dessus à droite)… Bref, on pouvait tricher facilement, à l’époque, et l’équipe de G.W.Bush ne s’en était pas beaucoup caché. Il avait déjà volé celle de 2000, il a aussi volé celle de 2004 ! En Floride, forte de ses 29 délégués (et en Ohio, avec ses 18 délégués, Kerry finissant à 251 représentants contre 286, Gore ayant raté lui de seulement 4 délégués le sacre) !

Chez Fox en 2016, pour se mettre dans les pas d’un Donald criant déjà à l’élection volée car il était donné perdant, on avait ressorti en effet les vidéos… vieilles déjà de dix ans, qui montraient qu’on pouvait bien modifier le vote sur des « Sequoia AVC Advantage voting machines », mais avec pas mal d’huile de coude, un  tournevis pour démonter la machine et en changeant un composant (une puce, montrée ici par le présentateur) à l’intérieur de la bécane (les deux écrans ici de « hack the vote » sont de 2016 !). Ça avait été démontré par l’informaticien Andrew Appel  (ici à droite). Ce qui nécessitait des complicités importantes : depuis on avait pris la décision d’enfermer les machines dans des pièces verrouillées gardées par des policiers et inspectés par des observateurs des deux bords. A l’époque, en Ohio, seuls les gens nommés par Ken Blackwell, qui dirigeait la campagne de G.W.Bush, avaient accès aux machines !!! En 2006, 250 millions de dollars avaient été investis dans ces machines électroniques biaisées. En Pennsylvanie, on en avait acquis 20 597, dont 19 900 étaient des Touch Screens. Des Diebold TSX, des Advanced WINvote, des ES&S iVotronic, ou une variante de l’AVC Advantage, ici à droite (c’est le modèle Sequoia Edge) toutes suspectées par des chercheurs d’être hackables de la même façon … Cela n’a pas empêché Fox de ressortir le MEME reportage récemment, pour toujours appuyer les assertions récentes de Donald :

Il fallait des machines mais aussi des hommes pour tricher, donc, mais les machines elles-mêmes pouvaient aussi se tromper toutes seules, tant certaines étaient mal conçues.

Il subsistait des possibilités d’erreurs en effet, et encore récemment il y en a eu (mais au moins on s’en est aperçu à temps, pas comme en 2000 et en 2004 !): en mai 2018, McClatchy avait signalé une série d’irrégularités dans l’élection primaire de Georgie, dont une circonscription avec montré un taux de participation de 243% !!! A Mud Creek dans le comté d’Habersham, à le même date, 276 électeurs inscrits avaient réussi à voter à 670… en fait il y en avait 3 704 électeurs d’inscrits !!! La Georgie restant en 2018 un des quatre États américains à continuer d’utiliser des machines à voter sans sortie de dossier papier de vérification pour vérifier que la machine a bien pris en compte correctement leur vote. Cette fois, l’arrivée massive de votes par courrier, avec feuille papier à l’entrée et à la sortie, a permis au moins une vérification. C’est ce qui a permis de dire qu’elles avaient été plus sûres, et en effet car cette année, on a pu le voir… sur du papier !!! On finira par vénérer le Covid19, à ce stade !

A gauche ici des palettes complètes de machines Diebold TSX obsolète proposées aux enchères pour 22 500 dollars le lot de 150, soit 150 dollars pièce… La fameuse Sequoia (AVC) Edge, elle,  est devenue il est vrai aussi… une Dominion, lors du rachat de la société en 2010. Dans ce système, chaque électeur possède sa smart card (genre carte de crédit) à insérer avant de voter, le vote se faisant par écran tactile (ici à droite et là en vidéo) : c’est une DRE encore, donc, et non un scanner. On peut ou non lui adjoindre une imprimante papier pour garder une trace de vote, ça s’appelle le VeriVote. Ici le déploiement des AVC Edge. On les trouve présentes en Californie, au Nevada, au Colorado et… en Floride, évidemment !

Clark County 2020, des cas différents et des machines neuves

Mettre en service de nouvelles machines peu de temps avant une élection est prendre un risque (1). Mais les années précédentes ont montré que les problèmes logiciels peuvent être vite détectés et aussi vite soignés. Ce qui n’empêche qu’il en restera toujours : l’informatique fiable à 100% n’existe pas (et je vous dit ça après en avoir fait mon métier pendant près de 35 ans !). Quatre exemples récents divers ou liés à ces nouveaux matériels (ici à droite les rejets des plaintes déposées par Giuliani) montrent des difficultés dans un même comté parfois, mis en cause par les avocats de Trump. C’est au Nevada, dans le comté de Clark County.

D’abord par une accusation reprise par Paul Laxalt et concernant... un seul cas celui d’une vieille dame mal voyante (Jill Stokke, vue ici) au cas monté en épingle et qui s’est vite dégonflé. Cela deviendra aussi une plainte pour de trop grandes différences par rapport au registre initial de votants : on découvrira 139 cas discutables seulement en tout et pour tout : pas assez pour remettre tout le comté en cause. Trump dans un tweet avait crié victoire... trop tôt en exagérant considérablement le cas pour pas grand’ chose au final (ici à droite) !!!

Ce comté est particulier: il abrite Las Vegas, c’est de loin le plus peuplé de l’État. Environ 70% des électeurs du Nevada vivent dedans, le reste est un désert ! L’autre plainte ne joue pas sur le matériel, mais sur les gens et sur l’absence de délégués présents, paraît-il, au dépouillement, or ils y étaient. Le troisième joue sur la façon de trier les votes par mail réalisé par de toutes nouvelles et onéreuses machines de marque Agilis, (ici à gauche, rien à voir avec Dominion donc) qui ont eu du mal à se calibrer avec la charge énorme qu’on leur a demandé.

Là c’est une erreur manuelle qui est en cause : l’opératrice avait scanné à moins de 200 points (dpi) seulement, ce que le logiciel ne reconnaissait pas bien (son manuel recommandait une valeur plus élevée, mais plus on monte en qualité et moins on a vite, c’est comme pour chez vous avez votre scanner personnel, tout simplement !). L’opératrice voulait accélérer le tri, tout simplement, et rentrer plus vite chez elle  !

La dernière erreur contestée par l’équipe Giuliani étant sur des « glitchs » détectés dans le software des « pads » géants signés Dominion. A savoir des attributions erronées de vote, par une erreur classique de calibration d’écran,
un grand classique chez les équipements DRE. L’inconvénient là encore de la mise en service d’un équipement trop récent et non un complot. A Washoe County, le problème avait déjà été détecté en mars 2018, lors de leur premier déploiement… l’investissement de Clark County avait été élevé en la matière : un demi million de dollars en matériel Dominion (469 000 dollars, prévus pour durer jusque 2032). A gauche leur déballage à leur arrivée à Clark County même. Les appareils précédents, achetés depuis 2017 à Dominion avaient donné toute satisfaction, c’est pourquoi d’ailleurs le contrat avait été reconduit. Le système « Dominion Voting Systems Democracy Suite (D-Suite) Version 5.5″ le plus récent a été certifié par l’Etat (par une une commission indépendante, et bipartisane, l’U.S. Election Assistance Commission – EAC), le 31 août 2018. Les quatre commissaires de l’EAC sont en effet nommés par le président (Trump !) et sont confirmés par le Sénat. L’EAC est tenue de soumettre un rapport annuel au Congrès. On peut le lire ici. Il comprend le test des modèles ICX aValue de trois modèles et tailles différents ou de l’ImageCast Precinct Optical Scanner et de l’ ICP Ballot Box BOX-330A. Conclusion «  the D-Suite 5.5 System successfully passed the System Integration Test »… Affirmer que Dominion modifie quoi que ce soit dans les votes, c’est remettre en cause cette certification et donc l’entièreté du marché des machines à voter ! Après des jours et des jours de ragots divers, même Fox, ex chaîne préférée de Trump, démentait ces idioties le 15 novembre par la voix du présentateur Eric Shawn, à écouter ici. Il s’y connaît, il a couvert l’élection de 2016 pour la chaîne ! A l’image de la division profonde du pays, la même chaîne via Maria Bartiromo avait laissé une semaine auparavant, le 8 novembre, traîner ouvertement  la théorie du complot, en ouvrant grand le micro en particulier à Sydney Powell, (avocate de Michael Flynn !) partisane de la théorie de QAnon… Il y a longtemps que Maria Bartiromo  a perdu toute crédibilité..  en laissant elle-même diffuser des idées complotistes le plus souvent pro-Trump !

 

Clark County utilise aussi des e-Slate, destinés aux handicapés. (Accessible Voting Units ou AVU).  Ce n’est pas une Touch-Screen, ça se gère avec un bouton circulaire, « à l’ancienne ». C’est un vieux modèle en fait ! A Harris on utilise le même. Une sorte de vieil iPod géant, quoi !!!  C’est plus facile à calibrer que les Touch-Screens et ça produit surtout moins d’erreurs. Normalement ! L’engin est fabriqué par Hart Intercivic… et donc pas par Dominion ! L’engin a été inventé en… 1997 par Neil McClure et Kermit Lohryn baptisé alors « The Elector ».

Il a été utilisé la première fois en 2000 à Tarrant County, au Texas.:  c’est pas récent !

Certains centres y ont ajouté une imprimante pape, appelée Verified Ballot Option (VBO), qui donne une trace écrite de ce qu’on a voté. Ici son test par la RedTeam (des testeurs nationaux, répertoriés). Son verdict : c’est hackable, notamment par ses ports PCMCIA et USB (mais au moins cryptée) et son vieux système… Windows. Un équipement complet Hart avec un e-Scan (ici à droite) et appareil pour contrôler les cartes de vote est facturé 3 960 dollars : c’est un des moins chers du marché ! On trouve surtout l’engin au Texas et dans le Kentucky, et fort peu en Idaho et dans l’Etat de Washington.

A Clark County, le 16 novembre, le responsable du vote (Registrar of Voters), Joe Gloria, a donc certifié le vote en faisant remarquer que dans le district C, le démocrate Ross Miller avait battu l’opposant républicain Stavros Anthony par seulement 10 voix sur 153 162 exprimés, un score trop étroit qui fait qu’il n’a pas certifié ce seul résultat, et renvoyé les deux candidats pour une prochaine autre élection, dans ce seul district, donc. Gloria a au passage signalé que 936 divergences (entre l’inscription et le bulletin déposé) avaient été identifiées dans le comté sur 974 185 bulletins de vote au total. Trump, via son équipe dépêchée sur place, avec Laxalt, avait parlé d’un « écart d’électeurs à grande échelle » qui montrait selon lui que les responsables « n’avaient pas confiance » dans la sécurité électorale de l’Etat tout entier … En fait, les 936 écarts constatés ne représentent au final que 0,096% du total des votes exprimés dans le comté de Clark lors de cette élection !!! Pas de quoi en modifier le résultat !!! Lisa Mayo-DeRiso, la directrice de campagne du candidat républicain Stavros S. Anthony, opposant de Miller, avait résumé cela à sa façon fort imagée :

«Ce dont nous avons toujours parlé, c’est l’erreur humaine», a-t-elle déclaré. « Je m’en fiche si vous comptez les bulletins de vote ou faites des pizzas, il va y avoir des erreurs. »

Le taux ici à été infinitésimal ! Un président s’était fendu d’une intervention pour une erreur de même pas un centième des votes ! A noter que lors de la présentation de l’avancée des décomptes, le même Gloria avait été interrompu par un fan de Trump… vociférant que Biden avait volé l’élection !!! Un beau spécimen bien représentatif de trumpiste  !

En prévision des problèmes de nouvelles techniques, la direction prévoyante du comté avait attiré pourtant plus d’assistants aux votes en augmentant en août leur paye (ici à droite) ! Le progrès… ça revient cher, mais pas qu’en machines  !! 1600 nouvelles recrues avaient ainsi été dégottées à Clark County ! L’afflux de votants avait été flagrant dès les premier jours de vote anticipé.

Sans oublier les votes par mail  à décacheter, trier et compter :

Ceci pour vous donner une idée de ce qui s’est passé ce 2 novembre en résumé des problèmes techniques mineurs qu’un fou de pouvoir (ou un fou tour court comme on est en train de s’apercevoir) amplifie, déforme et trompette partout, auto persuadé qu’il y a toujours eu de la triche… même l’année où il a fini à la Maison Blanche, une idée à laquelle il s’accroche aujourd’hui encore (un fou, je vous dis !)  !!  Il nous reste d’autres machines à expliquer (et d’autres déboires !), nous verrons ça demain si vous le voulez.  Ce n’est qu’un aperçu aujourd’hui…. Demain aussi, on deviendra un peu hacker. Un peu comme Donald, qui a tweeté dans ce sens… à côté de la plaque, bien entendu, comme vous allez le voir !

 

(1) voici les consignes à respecter à Clark County : on est loin de la situation de l’Ohio en 2004 :

« Les machines à voter électroniques à écran tactile sont des unités autonomes et ne peuvent pas être «piratées» car elles ne sont pas sur un réseau.

Le logiciel utilisé sur chaque machine est obtenu directement du secrétaire d’État qui l’a reçu directement du laboratoire fédéral qui l’a testé. Il est ensuite vérifié avec des algorithmes de codage de hachage pour s’assurer que personne ne l’a falsifié et qu’il s’agit du logiciel exact testé par le laboratoire fédéral.

Les machines sont stockées dans un environnement sécurisé dans lequel l’accès est limité et surveillé par des caméras, des détecteurs de mouvement et divers autres systèmes de détection et de surveillance du personnel.

Les machines sont livrées aux bureaux de vote d’une manière qui empêche quiconque de les altérer sans que cela soit immédiatement évident pour les travailleurs électoraux.

Enfin, une fois l’élection terminée, tous les résultats sont audités. Le nombre d’individus qui ont signé les registres de circonscription correspond au nombre de bulletins de vote exprimés, et les résultats enregistrés électroniquement sont comparés aux résultats vérifiés par les électeurs sur les imprimés papier. »

Ici la consigne pour les votes par correspondance  de l’étranger, dont les militaires mis en cause aussi par l’avocat Laxalt avec ces « 15 000 votes ».

Source à lire impérativement : on y décrit tous les matériels utilisés !

Voting Equipment

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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