6 novembre 2009 |
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232 affichage(s) Le candidat à la présidence de la Fédération professionnelle des journaliste du Québec (FPJQ) Martin Bisaillon, journaliste à RueFrontenac.com et employé en lock-out du Journal de Montréal, accuse le président sortant de d’avoir rompu avec la tradition de neutralité de l’organisme.
Dans une lettre «InfoFPJQ hors-série» consacrée au programme des candidats à la présidence de la fédération, le journaliste Martin Bisaillon écrit : «La Fédération professionnelle des journalistes du Québec a suscité beaucoup de mécontentement ces derniers mois parmi ses membres, notamment en raison de la prise de position du président sortant sur le conflit de travail au Journal de Montréal. En janvier dernier, François Bourque s’était insurgé contre les députés qui disaient ne plus vouloir donner d’entrevue au Journal de Montréal en raison du lock-out décrété par Quebecor le 24 janvier. Par cette prise de position, M. Bourque a rompu avec la tradition de neutralité de la FPJQ. Pis encore, son intervention a fait en sorte que les partis politiques à Québec se sont sentis libres de collaborer avec le Journal de Montréal en lock-out, alimentant ainsi un média privé de ses artisans. M. Bourque aurait du s’en tenir au principe de neutralité de la FPJQ dans ce dossier.» (Voir le programme complet du journaliste Martin Bisaillon)
Pour sa part, le journaliste François Cardinal du quotidien montréalais La Presse, également candidat à la présidence de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, soulève aussi la question de la neutralité mais avec beaucoup plus de délicatesse et de doignté en écrivant: «Imaginons maintenant une FPJQ plus radicale, une FPJQ qui se jette dans la mêlée, bref une FPJQ détournée de ses valeurs fondatrices. Aurait-elle la crédibilité nécessaire pour asseoir à une même table des groupes de presse aux intérêts divergents? Évidemment pas. Certes, il y a du mécontentement au sein de la Fédération, avec raison. Appelée à réagir à chaud sur des dossiers extrêmement complexes et délicats, la FPJQ marche constamment sur des œufs, et en casse parfois. Ayant un large membership, elle déplaît à l’occasion à certains de ses membres, qui hélas s’y retrouvent moins.» (Voir le programme complet du journaliste François Cardinal)
En conclusion
La neutralité de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec occupe donc une place centrale dans la campagne des candidats à la présidence. À titre de citoyen, nous devons nous devons nous réjouir de cette préoccupation des journalistes au sein de leur fédération. En revanche, la neutralité même des journalistes, y compris de leurs choix parmi les informations, n’est pas toujours une partie gagnée d’avance et tous les citoyens doivent demeurer vigilants.
En effet, comme je le mentionne aussi souvent que possible dans ces pages, «Informer, c’est choisir», c’est d’abord et avant tout «choisir». Car les informations disponibles se comptent par milliers à chaque jour. Il faut avoir travaillé dans la salle de rédaction d’un média pour comprendre jusqu’à quel point les journalistes sont débordés d’information d’heure en heure. Leur premier travail : choisir l’information à laquelle ils donneront suite et celle à laquelle ils ne donneront aucun écho. Bref, les citoyens ne sont pas informés de tout par les journalistes. Et leurs choix ne sont pas toujours aussi neutres ou objectifs que le prescrit leur code de déontologie. De plus, il y a la politique éditoriale du médias pour lequel le journaliste travaille, une politique qui n’est pas toujours indépendante des intérêts particuliers des patrons de la rédaction et des propriétaires.
Mais il y a plus encore, il s’agit parfois de critiquer un journaliste pour qu’il rejette d’emblée l’information que vous lui proposée. Et l’affaire n’en demeure pas là nécessairement. Le journaliste avise ses confrères. David Patry, journaliste en louk-out du Journal de Montréal, m’écrivait le 17 mars dernier (2009), à la suite d’une critique de son travail dans ces pages: «Bonne chance pour essayer de convaincre un des journalistes qui écrit pour le Journal de Montréal à ma place actuellement, patron ou scab, de parler de ta fondation!» Monsieur Patry fait-il ici allusion à une liste noire circulant entre les journalistes du Journal de Montréal ? Voilà donc le lectorat du Journal de Montréal privé d’information au sujet de la Fondation littéraire Fleur de Lys uniquement parce que son président a osé critiquer publiquement un de ses journalistes. Dans cette affaire, la neutralité a vite fait place au corporatisme journalistique devant la critique. Ce n’est pas normal. Mais ce sont les règles du jeu. Il y a un prix à payer pour critiquer. Au final, c’est la population qui en paye le prix car elle se voit privée d’information. Il ne faut donc pas s’étonner que des gens passent désormais des heures et des heures à écrire leurs propres nouvelles sur leur propre site web d’information, comme je viens de le faire.
Serge-André Guay
serge-andre-guay@videotron.ca
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19:26, le Dimanche 8 novembre 2009Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
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